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Mais voici qu'entre les conséquences auxquelles aboutissaient ces deuxsciences, dont chacune se développait à partir de ses propres principes, desanalogies apparaissaient; les propositions les plus importantes de la Ther-modynamique prenaient une forme semblable à celle qu'avaient, depuis long-temps, revêtue les théorèmes de la Mécanique ; pour énoncer les lois des étatsde repos auxquels aboutissent les changements d'état physique et les réactionschimiques, la Thermodynamique était amenée à considérer une grandeur,Y'Available Energy de Gibbs et de Maxwell, la Freie Energy de Helm-holtz qui, en cette Statique physico-chimique, jouait le rôle que la Statiquemécanique attribue au potentiel des forces intérieures à un système; l'éner-gie utilisable méritait le nom de potentiel thermodynamique. Conduire lesthéories de la Statique thermodynamique par des méthodes toutes semblables,en leur forme, à celles par lesquelles, depuis Lagrange, se déroule la Stati-que mécanique, tel avait été le constant souci de Gibbs et de Helmholtzalors qu'ils composaient les écrits précédemment cités. Le désir de mettreplus fortement encore, si possible, cette analogie en évidence guida nospremiers travaux (i).
Mais le progrès même de ces travaux nous suggéra bientôt une penséeplus ample :
Si la Statique mécanique, d'une part, et la Statique physico-chimique,d'autre part, ont été amenées à procéder par des méthodes analogues,n'est-ce pas parce qu'elles sont, en réalité, deux chapitres particuliers, deuxpar'ies homologues d'une même doctrine?
Cette doctrine ne légiférerait pas seulement sur le mouvement propre-ment dit, réduit au changement du lieu que le mobile occupe, sir le mouve-ment local, comme eussent dit les Scolastiques ; elle réglerait tous leschangements, toutes les modifications dont connaissent la Physique et laChimie : dilatations et contractions qui altèrent la densité, fusions, A'apori-sations qui modifient l'état physique, dissolutions qui mélangent les corps,réactions qui combinent les éléments ou dissocient les composés, phéno-mènes de toutes sortes qui changent l'élcctrisation ou l'aimantation.
Pour imposer ses lois à tous ces changements, cette doctrine n'imiteraitpas les nombreuses théories mécaniques proposées jusqu'alors par lesphysiciens; aux propriétés observables que les appareils mesurent, elle nesubstituerait pas des mouvements cachés de corps hypothétiques, afin depouvoir appliquer à ces mouvements les méthodes de la Mécaniquerationnelle; elle les prendrait telles que les donne la Physique expérimentale,