L’AMOUR EN RUSSIE
brûlaient dans un brasero. Un dvornik, enfouisous une épaisse touloupe et qui n’avait plusforme humaine, somnolait sur un banc près dufeu.
Je fis quelques pas vers la Perspective Nevskipour trouver un izvostchik. Je fus bien surprisde voir à quelque distance de moi une femmemarcher, de tournure élégante. « Qui diable,me dis-je, peut être dehors à pied, si tard, parcette nuit glaciale ? » Et comme je la dépassais,je me retournai pour la dévisager. Le hasardvoulut qu’à ce moment-là elle se trouvât sousun réverbère. Je reconnus Sonia. Elle me vitet sa surprise fut aussi grande que la mienne,mais je devinai sur-le-champ que cette ren-contre ne lui causait aucun plaisir.
— Au nom des dieux, que faites-vous ici ?lui dis-je en la prenant par le bras.
Elle hésita un instant. Elle se demandait sansdoute si elle allait se fâcher et m’envoyer pro-mener. Mais elle haussa les épaules et se mit àrire.
— Et vous ? dit-elle. Quel coureur vous êtes !Une femme ne vous suffit donc pas pour une nuit ?
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