L’AMOUR EN RUSSIE
tant de persuasion à la rassurer qu’elle se risquadans l’article de politique étrangère. Ici encore, *le vocabulaire lui manquait pour traduire lesingénieuses considérations du savant auteur del’article. Elle posa le journal :
— Nous n’arriverons ainsi à rien de bon,Monsieur Ekman, dit-elle. Que faire ?
Elle prit sa-jolie tête bouclée entre ses deuxmains et se mit à réfléchir avec un air si con-centré, si sérieux, que Ture Ekman n’osait plusbouger de peur de la distraire.
— Je crois que j’ai trouvé, dit-elle enfin. Jelirai les journaux chez moi avant de venir ; jemarquerai les nouvelles les plus intéressanteset, s’il y a des mots que je ne comprends pas, jeles chercherai dans le dictionnaire.
— Ou vous les demanderez à votre père, in-tervint Ture Ekman, car vous n’en sortirez pastoute seule.
— A mon père, dit la jeune fille avec effroi,vous n’y pensez pas ? Que dirait-il s’il savaitque je travaille pour gagner un peu d’argent ?C’est un grand secret entre nous, monsieur TureEkman ; je vous en prie, ne me trahissez pas.
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