VERA ALEXANDROVNA
— Quelles sont les nouvelles de la guerre ?demanda-t-il.
La jeune fille se mit à feuilleter le vaste journalet, non sans peine, trouva le bulletin du grandquartier général. Elle commença à le traduire ; -mais il était hérissé de termes techniques devantlesquels elle hésitait, cherchant ses mots, faisantde grands efforts pour essayer de franchir lestirs de barrage et d’enjamber les tranchées.Finalement, elle resta prise dans les fils de ferbarbelés. La peine qu’elle se donnait pour s’endégager lui rosissait les joues. Ture Ekman vintà scn secours, mais ne réussit qu’à s’empêtreravec elle ; au bout d’un quart d’heure de travailopiniâtre, ils étaient tous deux fatigués, à boutde souffle, et n’avaient pas fait grand chemin.
Véra Alexandrovna soupira :
— Je ne pensais pas que ce fût si difficile,dit-elle, j’aurais tant voulu vous être utile ! Maisje crois que je n’y arriverai jamais.
Sa bonne volonté était si manifeste, et saconfusion, que le cœur du bon Suédois s’émut.C’était un métier à apprendre, elle en sur-monterait vite les difficultés initiales. Il employa
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