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2 (1884) Chants liturgiques
Entstehung
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IY.

Passons aux observations particulières qui ont rapport à quelques-unes des pièces contenues dans notre recueil.

1. Puer liatus est (Cf. le n° 5 de ce recueil).

Prenons la leçon grégorienne de cet introït, et méditons lart exquisavec lequel la phrase mélodique suit, comme pas, à pas, le sens dutexte sacré dIsaïe.

Nous remarquerons dabord que, sur natus est , la phrase est bienconclusive, affirmative, comme la vérité quelle énonce.

Nous observerons ensuite que des quatre notes placées sur la pre-mière syllabe du mot nobis, la troisième mi porte laccent. Bien que ladernière ne soit quun simple portamento, cependant cette petite note, sansvaleur dans lharmonie, donne toute lénergie à la cadence et la complète.

Mais cest sur le mot filius que se manifeste, dans toute sa pléni-tude, le génie de saint Grégoire. Le neume est en mineur. Comme cemineur, avec sa petite tierce, peint admirablement la faiblesse du petitenfant Jésus! Quelle douceur, quelle suavité, quelle tendresse dans cessix notes!

Au mot imperium, le neume sélance vigoureusement jusquà la noteculminante de la mélodie, qui napparaît que cette seule fois.

C'est puissant!

Lentrain de cette noble phrase provient de la perfection de sonrhythme et du mouvement ascendant vers la quinte mineure.

Les deux fois que le mot ejus apparaît, le chant est en mineur,parce quil se rapporte à lEnfant divin.

T ocabitur renferme lidée du commandement, exprimée par lacadence affirmative.

Quel éclat sur magni, et comme le neume mineur à!ejus, en res-tant dans les cordes inférieures, fait ressortir la vigueur de la phrasefinale, qui est le couronnement de cette céleste mélodie !

Quel effet de contraste!

Cest le comble de la perfection.

Oh! quil est heureux, le catholique qui entend idéaliser ainsi sesplus intimes sentiments de piété et damour!

Si nous nous arrêtons maintenant aux notes finales de chaqueneume, nous verrons que Puer natus est conclut sur ut, nobis sur,filins sur la, et datas est nobis sur sol.

Quelle variété dans lunité!

Comme cest beau!

Comme cest sublime!

Mais retournons la médaille, et analysons cet introït daprès leséditions modernes. Cest à faire pleurer tous ceux qui sont sensiblesaux beautés du chant de saint Grégoire.

Le premier neume sur Puer natus est a été respecté, mais tout lereste est changé arbitrairement.

Sur nobis, le portamento est supprimé, d il résulte que laccenttombe deux fois sur, aux syllabes no et bis. La phrase en devientmonotone et plate.

Sur filius, le neume mineur est remplacé par la conclusion affir-mative de natus est. Toute poésie a disparu.

lia phrase conclusive qui doit reparaître sur datas est, est changéeen une hérésie musicale. En effet, au lieu dêtre affirmative, elle estinterrogative par la chute du demi ton ut-si, et, de cette manière, datasest nest plus une certitude : cest un doute!

Sur imperium, le si est supprimé, probablement pour obéir à la faussenotion que la quinte mineure, même indirecte, doit être proscrite du chantgrégorien. En outre, par laddition maladroite de deux notes ajoutées endépit du rhythme, la phrase est allongée et perd toute sa puissance.

Il en est de même de vocabitur,, de nouveau, la phrase affir-mative du commandement est changée, en interrogation par suite delallongement de la mélodie.