Musikdruck 
2 (1884) Chants liturgiques
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

TOME DEUXIÈME.

CHANTS LITURGIQUES.

INTRODUCTION.

i.

»

écriture neumatique nexprimait la position relative des notesque dune manière fort incomplète.

Le chantre devait savoir par cœur la mélodie et le rhythmede chaque morceau. Les neumes ne servaient quà lui rafraîchir lamémoire.

Linsuffisance dune telle notation était déjà démontrée dès la findu VIII e siècle, quand Romanus, artiste envoyé à Charlemagne par lepape Adrien, jugea nécessaire dajouter aux neumes des lettres explica-tives qui, entre autres choses, avaient pour but dindiquer plus claire-ment le rhythme et les nuances de la mélopée grégorienne.

Au XI e siècle, Guido dArezzo régularisa définitivement la sémio-graphie des neumes, en écrivant ceux-ci sur une portée musicale quirendait impossible toute hésitation de lecture. Depuis lors, la notationna pas notablement changé, la notation carrée noire des éditions actu-elles du plain-chant étant virtuellement la même, à quelques excep-tions près.

Chose remarquable : de toutes ces modifications sémiographiques,une seule, celle de Romanus, indiquait surtout les nuances durhythme grégorien ; mais elle neut point le succès dont elle était digne,

du moins si lon en juge par le petit nombre de manuscrits dans les-quels on en trouve lapplication. Aussi, linsistance avec laquelle lesauteurs des IX e , X e et XI e siècles recommandent de chanter en mesure ,est pour nous une preuve que, de leur temps, le rhythme musical duchant grégorien laissait beaucoup à désirer. Toutes ces notations nontpu empêcher la ruine totale du rhythme grégorien, et prétendre lerestaurer aujourdhui par lune delles, cest évidemment vouloir une im-possibilité et méconnaître lenseignement de lhistoire.

Pour ces motifs, nous avons préféré la notation moderne, la plusparfaite de toutes, parce quelle exprime la valeur exacte des notes etquelle offre un caractère graphique dune grande simplicité. Grâce àelle, les personnes qui savent la musique et qui désirent étudier le plain-chant, ne devront point commencer par apprendre une nouvelle notation ;et, comme en définitive laccompagnement du plain-chant sécrit dansla notation moderne, celle-ci nous permettra déviter un double emploi.

Quelle que soit, en effet, la notation que les chantres adoptent,les fidèles ne pourront point la distinguer par laudition. Au surplus,si lon veut conserver la sémiographie musicale de nos livres liturgiques,rien ny fait obstacle, pourvu que lon en étudie le rhythme dans la no-tation moderne.