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lie reste de l’introït ne ressemble en rien à l’original. La phrasesur magni est entièrement gâtée par la suppression de la note liques-cente. Ejus monte déjà dans les cordes élevées, ce qui détruit lecontraste si bien établi dans la version grégorienne.
Quant à la fin du morceau, elle est digne de Y œuvre de dévastationet de vandalisme des éditions modernes.
2. —Kyrie in duplicibus (Cf. le n° 12).
Chaque Kg rie est généralement divisé en quatre neumes; mais, enles analysant, on verra, tant par la durée que par le nombre des notes,que les deux neumes du milieu sont incomplets, et qu’ils ne doiventen former qu'un seul. On obtient ainsi trois Kg rie, trois Christe et troisKgne, et chaque invocation est composée, en général, de trois neumesou respirations.
Voilà comment nos ancêtres introduisaient partout l’idée mystiquede la Très Sainte Trinité.
3. —Graduel de la messe de Requiem (Cf. le n H 21).
Le répons-graduel Requiem æternam est un de ces soit qui étaientsi populaires dans l’antiquité, qu’il a été reproduit au moins vingt-septfois, en tout ou en partie, dans le recueil du Graduel.
11 a été mutilé de toutes les façons pour pouvoir être adapté auxdifférents textes. On le trouve presque intact dans l’édition d’Anversde 1599; mais depuis, on l’a de plus en plus abrégé , et on en a re-tranché à peu près la moitié des notes.
4. —Dies iræ (Cf. le n° 23).
On remarquera la terminaison sur ut (ré par transposition), auxmots in favilla. Cette version est infiniment préférable à celle qui estgénéralement en usage, et qui finit les trois neumes d’une même strophesur les mêmes notes.
La phrase foudroyante du Tuba mirum se chante la troisième foissur Recordare, tandis que Rem tremendce est larmoyé sur la mélodie parlaquelle débute la séquence. C’est le bon sens à rebours, et si le chan-
teur doit se pénétrer du sens du texte, comment fera-t-il en présencede contradictions si flagrantes?
On remarquera, en outre, que la coupe du vers Quærens me s’adaptemal à la musique du Tuba mirum , tandis qu’elle convient en toutpoint au thème initial du Dies iræ.
5. —Offertoire (le la messe de Requiem Cf. le n" 24b
L’offertoire Domine Je.su est d’une époque relativement plus moderne
que le répons-graduel Requiem æternam , et l’on n’y trouve plus cet artparfait des chants de saint Grégoire. Ce qui peut surprendre, c’est queles mélodies de ce genre diffèrent beaucoup plus, dans les éditions etdans les manuscrits, que les chants de saint Grégoire, et leur restaura-tion sera d’autant plus difficile, qu’ayant été composées à une époqueoù le chant grégorien était déjà en décadence, elles n’ont jamais eu laperfection de ce dernier.
6. —Regina cœli (Cf. le n° 33).
Cette antienne doit être chantée en solo , et, de préférence, par unevoix d’enfant ; le chœur chante les alléluias. On remarquera avec quelart chaque alléluia se développe graduellement jusqu’au dernier qui estun véritable jubilas plein d’élan, et qui excite l’enthousiasme, pourvuqu’on ne Yassassine pas en le chantant à notes égales.
7. —Salve Regina (Cf. le n° 34).
Les éditions donnent la même mélodie sur O pi a! que sur O clemens!Les unes, de part et d’autre, la font monter jusqu’à Vut- dans lesautres, au contraire, elle s’élance à chaque fois jusqu’au ré. Nous avonschoisi la forme simple sur O clemens! et la forme plus développée surO pia! I)e cette manière, la loi de la gradation est parfaitement ob-servée; et, lorsque, dans le second membre, la mélopée atteint la limitej supérieure du ton pour descendre ensuite dans les cordes inférieures,et reprendre, à la phrase suivante, le premier sujet du Salve , — l’effetest vraiment admirable.
J.-N. LEMMENS.