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2 (1884) Chants liturgiques
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lie reste de lintroït ne ressemble en rien à loriginal. La phrasesur magni est entièrement gâtée par la suppression de la note liques-cente. Ejus monte déjà dans les cordes élevées, ce qui détruit lecontraste si bien établi dans la version grégorienne.

Quant à la fin du morceau, elle est digne de Y œuvre de dévastationet de vandalisme des éditions modernes.

2.Kyrie in duplicibus (Cf. le n° 12).

Chaque Kg rie est généralement divisé en quatre neumes; mais, enles analysant, on verra, tant par la durée que par le nombre des notes,que les deux neumes du milieu sont incomplets, et quils ne doiventen former qu'un seul. On obtient ainsi trois Kg rie, trois Christe et troisKgne, et chaque invocation est composée, en général, de trois neumesou respirations.

Voilà comment nos ancêtres introduisaient partout lidée mystiquede la Très Sainte Trinité.

3.Graduel de la messe de Requiem (Cf. le n H 21).

Le répons-graduel Requiem æternam est un de ces soit qui étaientsi populaires dans lantiquité, quil a été reproduit au moins vingt-septfois, en tout ou en partie, dans le recueil du Graduel.

11 a été mutilé de toutes les façons pour pouvoir être adapté auxdifférents textes. On le trouve presque intact dans lédition dAnversde 1599; mais depuis, on la de plus en plus abrégé , et on en a re-tranché à peu près la moitié des notes.

4.Dies iræ (Cf. le n° 23).

On remarquera la terminaison sur ut ( par transposition), auxmots in favilla. Cette version est infiniment préférable à celle qui estgénéralement en usage, et qui finit les trois neumes dune même strophesur les mêmes notes.

La phrase foudroyante du Tuba mirum se chante la troisième foissur Recordare, tandis que Rem tremendce est larmoyé sur la mélodie parlaquelle débute la séquence. Cest le bon sens à rebours, et si le chan-

teur doit se pénétrer du sens du texte, comment fera-t-il en présencede contradictions si flagrantes?

On remarquera, en outre, que la coupe du vers Quærens me sadaptemal à la musique du Tuba mirum , tandis quelle convient en toutpoint au thème initial du Dies iræ.

5.Offertoire (le la messe de Requiem Cf. le n" 24b

Loffertoire Domine Je.su est dune époque relativement plus moderne

que le répons-graduel Requiem æternam , et lon ny trouve plus cet artparfait des chants de saint Grégoire. Ce qui peut surprendre, cest queles mélodies de ce genre diffèrent beaucoup plus, dans les éditions etdans les manuscrits, que les chants de saint Grégoire, et leur restaura-tion sera dautant plus difficile, quayant été composées à une époque le chant grégorien était déjà en décadence, elles nont jamais eu laperfection de ce dernier.

6.Regina cœli (Cf. le n° 33).

Cette antienne doit être chantée en solo , et, de préférence, par unevoix denfant ; le chœur chante les alléluias. On remarquera avec quelart chaque alléluia se développe graduellement jusquau dernier qui estun véritable jubilas plein délan, et qui excite lenthousiasme, pourvuquon ne Yassassine pas en le chantant à notes égales.

7.Salve Regina (Cf. le n° 34).

Les éditions donnent la même mélodie sur O pi a! que sur O clemens!Les unes, de part et dautre, la font monter jusquà Vut- dans lesautres, au contraire, elle sélance à chaque fois jusquau. Nous avonschoisi la forme simple sur O clemens! et la forme plus développée surO pia! I)e cette manière, la loi de la gradation est parfaitement ob-servée; et, lorsque, dans le second membre, la mélopée atteint la limitej supérieure du ton pour descendre ensuite dans les cordes inférieures,et reprendre, à la phrase suivante, le premier sujet du Salve , leffetest vraiment admirable.

J.-N. LEMMENS.