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2 (1884) Chants liturgiques
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La fixation du rhythme a autant dimportance que celle des notes.et il appartient à notre époque de résoudre ce problème d dépendXavenir des mélodies grégoriennes.

Pour bien faire comprendre le rhythme de ces mélodies, nous enmarquons les distinctions par une virgule placée au-dessus de la portée

j y y j: la virgule indique alors une pleine respiration. Si elle se

trouve entre les lignes ( jErr }, elle marque seulement une respirationfurtive, cachée, sans arrêt.

Nous désignons, par une petite ligne horizontale ( ), le prolon-

gement dune note auxqui signifie à peu près:

dépens de la suivante

Nous disons à peu près,

ce

car

ceci appartient au domaine du rhythme musical quaucune notation nesaurait préciser. Les formes anguleuses de la mesure arithmétique sontarrondies par le rhythme musical 1 ).

Les barres qui marquent la mesure dans la musique moderne,indiquent ici le temps fort. Elles servent aussi à rendre lécriture plusclaire, à mieux délimiter les périodes, et à faciliter la lecture en ren-dant la séparation des distinctions et des phrases plus évidente. Mais,quon le sache bien, elles nimpliquent aucunement la mesure matérielle.

III.

On peut diviser les mélodies grégoriennes en deux catégories. Lapremière comprend les chants fleuris, tels que graduels, alléluias, traits,certaines antiennes, etc.; la seconde, les chants plus simples, à savoirles introïts, les offertoires, les communions, etc.

I) Cette explication de la petite ligne horizontale tracée au-dessus de certaines notes, nesapplique quaux formules mélismatiques en tous points semblables à celle dont lauteur vientde donner un exemple. Ailleurs, le trait indique simplement le prolongement de la note quilsurmonte, sans impliquer aucune diminution de valeur dans la note suivante. Cest ainsi queplusieurs traits horizontaux peuvent se suivre immédiatement. Note des Éditeurs.

Les chants de la première espèce sont dune exécution difficile,et demandent beaucoup dart, beaucoup dintelligence de la part duchanteur. Celui-ci doit avoir assoupli sa voix par des exercices quile rendent capable de faire avec facilité le trille, le gruppetto, les voca-lises, etc. Ces cantilènes sont composées pour des artistes, et le vul-gaire ny doit point toucher. Ce sont des soli qui ne peuvent êtreexécutés ni à deux ni à plusieurs voix.

Les mélodies de la seconde espèce sont plus simples, et partantplus faciles. Toutefois, pour les bien traduire, il faut presque autantdart et dintelligence que pour linterprétation des mélodies plus ornées.En supposant que lon parvienne, jusquà un certain point, à chanteravec ensemble les notes qui en forment le tissu mélodique, on ne peut,à plusieurs voix, interpréter ces admirables cantilènes avec le sentimentde délicatesse et l'expression quelles exigent. Egalement, elles doiventêtre chantées en soli.

Il en est autrement du plain-chant, lequel a été composé pour êtreexécuté par plusieurs voix : plus alors les exécutants sont nombreux,plus leffet produit est grandiose. Les psaumes, le Te Deum, les séquences,les hymnes, le Credo et autres chants simples de la messe, ainsi queles réponses Amen, Et cum spiritu tuo, etc., doivent être dits par tousles fidèles. Pour bien les rendre, il suffit de les interpréter avec piété,avec onction. Généralement, de nos jours, on ne chante pas, maison crie, et cest vraiment intolérable.

Le plain-chant est le père du choral allemand. Les mélodies ensont restées populaires, tandis que le chant grégorien, tout plain-chantiséquil est, nest pas compris de la masse des fidèles. Il est tombé endésuétude dans beaucoup déglises, par exemple, on nen chante plus,à la messe, que le premier mot de lintroït.

Il nen peut être autrement : le chant grégorien, devenu plain-chant,ri est plus qiiun cadavre.