* >
IL
La fixation du rhythme a autant d’importance que celle des notes.et il appartient à notre époque de résoudre ce problème d’où dépendXavenir des mélodies grégoriennes.
Pour bien faire comprendre le rhythme de ces mélodies, nous enmarquons les distinctions par une virgule placée au-dessus de la portée
j y y j: la virgule indique alors une pleine respiration. Si elle se
trouve entre les lignes ( jErr— }, elle marque seulement une respirationfurtive, cachée, sans arrêt.
Nous désignons, par une petite ligne horizontale ( — ), le prolon-
gement d’une note auxqui signifie à peu près:
dépens de la suivante
Nous disons à peu près,
ce
car
ceci appartient au domaine du rhythme musical qu’aucune notation nesaurait préciser. Les formes anguleuses de la mesure arithmétique sontarrondies par le rhythme musical 1 ).
Les barres qui marquent la mesure dans la musique moderne,indiquent ici le temps fort. Elles servent aussi à rendre l’écriture plusclaire, à mieux délimiter les périodes, et à faciliter la lecture en ren-dant la séparation des distinctions et des phrases plus évidente. Mais,qu’on le sache bien, elles n’impliquent aucunement la mesure matérielle.
III.
On peut diviser les mélodies grégoriennes en deux catégories. Lapremière comprend les chants fleuris, tels que graduels, alléluias, traits,certaines antiennes, etc.; la seconde, les chants plus simples, à savoirles introïts, les offertoires, les communions, etc.
I) Cette explication de la petite ligne horizontale tracée au-dessus de certaines notes, nes’applique qu’aux formules mélismatiques en tous points semblables à celle dont l’auteur vientde donner un exemple. Ailleurs, le trait indique simplement le prolongement de la note qu’ilsurmonte, sans impliquer aucune diminution de valeur dans la note suivante. C’est ainsi queplusieurs traits horizontaux peuvent se suivre immédiatement. Note des Éditeurs.
Les chants de la première espèce sont d’une exécution difficile,et demandent beaucoup d’art, beaucoup d’intelligence de la part duchanteur. Celui-ci doit avoir assoupli sa voix par des exercices quile rendent capable de faire avec facilité le trille, le gruppetto, les voca-lises, etc. Ces cantilènes sont composées pour des artistes, et le vul-gaire n’y doit point toucher. Ce sont des soli qui ne peuvent êtreexécutés ni à deux ni à plusieurs voix.
Les mélodies de la seconde espèce sont plus simples, et partantplus faciles. Toutefois, pour les bien traduire, il faut presque autantd’art et d’intelligence que pour l’interprétation des mélodies plus ornées.En supposant que l’on parvienne, jusqu’à un certain point, à chanteravec ensemble les notes qui en forment le tissu mélodique, on ne peut,à plusieurs voix, interpréter ces admirables cantilènes avec le sentimentde délicatesse et l'expression qu’elles exigent. Egalement, elles doiventêtre chantées en soli.
Il en est autrement du plain-chant, lequel a été composé pour êtreexécuté par plusieurs voix : plus alors les exécutants sont nombreux,plus l’effet produit est grandiose. Les psaumes, le Te Deum, les séquences,les hymnes, le Credo et autres chants simples de la messe, ainsi queles réponses Amen, Et cum spiritu tuo, etc., doivent être dits par tousles fidèles. Pour bien les rendre, il suffit de les interpréter avec piété,avec onction. Généralement, de nos jours, on ne chante pas, maison crie, — et c’est vraiment intolérable.
Le plain-chant est le père du choral allemand. Les mélodies ensont restées populaires, tandis que le chant grégorien, tout plain-chantiséqu’il est, n’est pas compris de la masse des fidèles. Il est tombé endésuétude dans beaucoup d’églises où, par exemple, on n’en chante plus,à la messe, que le premier mot de l’introït.
Il n’en peut être autrement : le chant grégorien, devenu plain-chant,ri est plus qiiun cadavre.