136 ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
Des faits analogues se présentaient tous lesjours. Je ne pouvais m’empêcher de réfléchirqu’il y a des périodes entières de l’histoirepour lesquelles nous ne possédons que desdocuments du genre des récits que je viens deciter. Il y a eu des époques où la guerre étaitl’état habituel de la société, où l’on ne savaitrien que par des rapports oraux, et où leshistoriens ont raconté les événements d’aprèsleurs souvenirs personnels ou même d’après lessouvenirs de contemporains plus âgés qu’eux.Et nous scrutons le texte de leurs récits avecun religieux respect ; nous déterminons la va-leur, le sens exact de chaque phrase, de cha-que mot; dans les faits les plus fabuleux,nous nous efforçons de retrouver le fait réelqui doit avoir servi de point de départ à lalégende! Quelle précieuse leçon de critiquehistorique a été pour nous la campagne de1870!