118 ALLEMAND» ET FRANÇAIS.
innocent parce qu’il est superficiel et quiabaisse et salit toutes les choses grandes etsaintes, est le ton naturel de la conversationdu troupier français. On doit s’estimer heu-reux quand il ne va pas jusqu’à l’obscénité.C’était un spectacle navrant que de voir dansnos villes les mobiles nouvellement recrutéspasser dans les rues avec une démarche avinéeet chantant des chants de débauche. La pro-bité elle-même manquait bien souvent à cesâmes mal dégrossies. Les paysans peuventdire si le soldat français respecte plus la pro-priété du compatriote que le soldat allemandcelle de l’ennemi. L’ignorance rend presqueinconscient du mal. Un de nos blessés, garçondoux et naïf, me racontait qu’il avait trouvédans une grange un officier bavarois blessé,et il ajoutait avec une tranquillité effrayante :« Si j’avais vu qu’il avait une si belle montreavec une chaîne, je lui aurais joliment fourréma baïonnette dans le ventre. » D’autres ra-contaient sans honte des vols commis sur lesblessés et s’étonnaient à peine des actes sem-