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ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
éloignés de la patrie, ils s’en étaient forméune idée plus claire que ceux qui ne l’a-vaient jamais quittée, et ils comprenaientmieux pour quelle cause ils allaient lutter etmourir.
Un peu plus tard, au siège de Paris et surla Loire, vint le tour des gardes mobiles.Ces jeunes recrues, à peine instruites du ma-niement des armes, n’ont presque jamais étéde véritables soldats. Certains bataillons sesont admirablement battus; ceux de la Sarthe,de la Bretagne, du Loir-et-Cher, de la Dor-dogne, de l'Isère, du Haut-Rhin, ont étonnéles vieux soldats par leur courage. Parmi lesmobiles se trouvaient beaucoup de jeunesgens de familles aisées, qui savaient pourquoiils se battaient et par suite se battaient bien;mais le plus grand nombre étaient des paysansou des ouvriers arrachés à la charrue ou àl’atelier; ils s’étaient crus libérés du servicemilitaire, subissaient à contre-coeur la loi nou-velle, supportaient mal les privations d’uneguerre désastreuse et les intempéries d’un