SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
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elles étaient absorbées par les premiers arri-vants. Sans l’abondance et la merveilleuserégularité des approvisionnements allemands,les soldats comme les habitants auraient bien-tôt été réduits à la famine. Le passage des im-menses armées modernes est un fléau dont onpeut difficilement se faire une idée quand onn’en a pas eu le spectacle sous les yeux. AMarchenoir, à Saint-Léonard et à Oucques,sur la grande route de Beaugency à Ven-dôme, les habitants n’eurent pas une minutede rèpos du 10 au 31 décembre. Toute lanuit, ils étaient sur le qui-vive, obligés par-fois de se lever de leur lit pour le donner àun soldat ennemi et d’aller chercher refugepar la neige ou la pluie dans une écurie ouquelque hangar. Jour et nuit, les maisonsétaient pleines de soldats ou affamés ou avidesqui fouillaient partout, enlevaient tout, man-geaient, buvaient et faisaient un vacarmeépouvantable. J’ai vu des femmes et desvieillards perdre la raison des suites de leursterreurs, ou mourir des suites de leurs fati-