SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
57
se défendent non en dressant des embuscades,mais en combattant comme des soldats. Châ-teaudun est bombardé ; rien de plus légitime,puisque les habitants en faisaient une forte-resse; mais, une fois vainqueurs, les Bavaroisbrûlent à la main plus de cent maisons, pourterroriser les villes qui seraient tentées desuivre l’exemple héroïque des Dunois. On m’aaffirmé qu’ils avaient volontairement laissépérir dans les flammes un vieillard paraly-tique. A l’hôtel, ce fut après avoir fait unexcellent déjeuner que les officiers mirent lefeu aux rideaux de la salle à manger. S’il yavait des soldats qui accomplissaient à regretles ordres de destruction, d’autres y trouvaientune joie détestable. Les officiers vous disaienttranquillement que, si on laissait les popula-tions civiles se mêler à la guerre, les assas-sinats, les empoisonnements, les violencesd’homme à homme et par suite les affreusesreprésailles se seraient multipliées; que laguerre serait devenue une guerre d’extermi-nation, et que leur cruauté était au fond de