SOUVENIRS BE CAMPAGNE.
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expression bruyante de joie et de triomphe.Parmi les Allemands que j’ai vus ce soir-là, jen’ai entendu exprimer qu’un sentiment : lajoie de voir la guerre terminée. Pour nous, cedénoûmeht prévu ne nous étonnait pas; lesémotions multipliées nous rendaient presqueinsensibles; nous espérions aussi la paix, etnous éprouvions une sorte de soulagement àpenser que tous ces carnages allaient cesser.Raucourt contenait plus de neuf cents blessés,et le dégoût de ces scènes de sang nous montaitau cœur.
La seule consolation qui nous restât danscet accablement, c’est que l’empereur n’étaitpas tué, ni même blessé. Nous étions persua-dés que le désespoir l’aurait poussé à chercherla mort au milieu de sa défaite. Nous trem-blions déjà de voir la légende napoléonienneressusciter sanglante et transfigurée, grâce àl’immensité même de ce désastre, expié parune mort héroïque. Ce dernier malheur futépargné à la France. L’empereur était vivantet l’empire tué.