Des Charlatans. 329plus d’éducation, font regardés commemieux raifonnans, pour des remedesvantés, ou même pour quelque Maige ac-crédité : l’on peut cependant en indiquerquelques raifons.
La première eft ce grand principe dumoi , inné chez l’homme, qui l’attachantà la prolongation de fon exiftence plusqu’à toute autre chofe au monde , luitient continuellement les yeux fixés furcet objet, & l’oblige à en faire le but detoutes fes démarches, mais ne lui laiifepoint diftinguer les fentiers fîirs des fen-tiers dangereux. C’eft ici le plus iur & leplus court, lui dit le Commis d’un Bu-reau , où l’on fait payer de gros péages ,il palfe , paie, & périt dans les précipicesde la route.
Ce même principe eft la fource d’uneautre erreur qui confifte à donner invo-lontairement un plus grand degré deconfiance à ceux qui nous flattent le plusdans nos idées favorites. Le Médecinéclairé qui voit la longueur & le dangerd’un mal > & qui eft trop honnête hommepour dire ce qu’il ne penfe pas , doit, parune fuite néceflaire de la conftitutionhumaine , être écouté moins favorable-ment que celui qui flatte : l’on cherche àéloigner les idées de l’un , l’on fourit à