330 Des Charlatans.celles de l’autre , il doit bientôt avoir lapréférence.
Une troifieme caufe, qui tient encoreau même principe , c’eft que l’on fe livreà celui dont la méthode eft la moins pé-nible & flatte le plus nos pallions. LeMédecin qui preferit un régime, qui exi-ge des privations , qui demande du tenus,qui veut de la régularité , rebute un ma-lade accoutumé à fe livrer à tous fes goûts;l’empirique qui lui permet tout l’en-chante. L’idée d’une cure fi longue & hé-rilfée de tant d’épines fuppolë un malbien grave ; cette idée attrifte; on ne l’ad-met qu’avec peine , & , faits, s’en apper-.cevoir , on eritbrafle ,. pour l’anéantir,le fyftême oppofé qui ne nous laide voirqu’une maladie de nature à céder Àqtiel~ques prifes de fimples.
Ce goût pour le nouveau & pourl’extraordinaire; qui conduitdefpotique-ment un fi grand nombre d’hommes,& qui accrédite tant d’êtres & tant dechofcs ridicules , eft une: quatrième rai-fon très-puilfante. L’ennui eft ce quel’homme craint le plus, & il y eft fansceife entraîné par fon propre vuide & parcelui delà Société; les fenfations neuves& extraordinaires l’en tirent mieux querien autre, il s’y livre fans en prévoirles conféquences.