§. 199- On guérit les chiens en les frottant«vecdesdofes depommade, triples de celles qu’onemploi; pour les hommes, & en leur donnant lebol N° 33 ; mais il faut employer ces remedes dèsqu’ils font mordus. Quand la rage elt déclarée, ily auroit trop de danger à les aJminiftrcr , K ilf'autincelîàmmentles tuer. L’on peut tenter cepen-dant fi, en leur jettant le bol, ils l’avaleront.
Dès qu’ils font mordus il faut les tenir enfer- -niés , Sc ne les relâcher qu’au bout de trois ouquatre mois.
aoo. L’on a fur la morfure des chiens unpréjugé dangereux & faux ; c’cit que , fi unchien qui a mordu quelqu’un fuis être enragé ,le devient un jour, la perforine mordue le devien-dra en même-temps. Une telle idée eft auffi ri-dicule que fi l’on difoit, que quand deux per-fonnes ont couche dans le même Ut, fi l’une prend,la gale ou la petite-vérole , ou quelqu’autre ma-ladie contagieufe, au bout de dix à douze ans,l’autre en tera attaquée en même-temps.
De deux chofes l’une, ouïe chien qui mord eftdans un commencement de rage ; dans ce cas élisfera maniftffeau boutdeqnelques jours,&l’ondoicdire qu’on a été mordu par un chien enragé, ou iin’en a abfolument aucun principe ; dans ce fé-cond cas, je demande à tout homme fenfé s’ilpeut la donner ? Perfonne ne donne ce qu’il n’apas. Cette idée faufle & baroque fait faite uneaclion dangereufe à ceux qui en font imbus ; Usfe fervent du droit que malheureufement la loileur accorde , de faire tuer le chien , & par-là il3reftent dans l’incertitude fur fon état & fur leurfort; incertitude effrayante, & qui peut avoir desfuites fàcheufes , indépendantes de tout venin.
Le parti qu’on doit prendre,c’eft défaire enfer-mer le chien fous fes yeux, afin de s'affiner s’U eftenragé ou s’il ne l’eft pas.
Tome l.
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