a Introduction.il ne rentre pas autant d’hommes qu’il en fort ;les combats , les dangers & les fatigues de laguerre , les affaires particulières, les mauvaifesnourritures , les exces dans le boire & le man-ger , la débauche & les maladies qui en font leslùites, le mal du pays ; les maladies épidémiques,peftiientielles ou contagieufes , caufées par l’airpernicieux de Flandres, de Hollande , d’Italie ,de Hongrie ; les longues croifieres , les voyage*aux Indes Orientales & Occidentales , en Gui-née , &c. en emportent- un grand nombre. Ladéfertion d’ailleurs , dont ils craignent les fuitesen rentrant chez eux, en oblige plufieurs à s’ex-patrier pour toujours. D’autres, au fortir du fer-vice, embraffent des établiffements dont le fer-vice leur a fourni l’occafion , & qui les éloignentde tout retour. En fécond lieu , en fuppofantmême qu’ils revinffent tous, le pays fouffriroitégalement de leurabfence , parce qu’ils font ab-fents dans le temps de la plus grande aptitude àla popu’ation ; parce que, quand ils reviennent,ils ont perdu cette aptitude par l’âge, les infir-mités , les débauches ; parce que fouvent , s’ilsfe marient , leurs enfants , victimes des dérè-glements paternels , font foibles , languifiants ,maladifs , meurent jeunes, ou vivent incapables,d’être utiles à la fociété ; enfin , parce que le goûrfdu libertinage qu’ils ont contracté en empêcheplufieurs de fe marier. Mais quoique ces incon-vénients foient réels & très-connus, cependant,comme le nombre de ceux qui peuvent fortir decette façon eft borné , qu’il eu même peu con-fidérable , relativement au nombre des habitantsque le pays devrait avoir ; que cette expatria-tion a peut-être été néceffaire dans un temps, &pourrait le redevenir fi les autres caufes de dé-peuplemcntfiniffoient, c’efl, fans doute, la moinsràcheufe, & la derniere qui demandera quelqueconfidération.
L’expatriation ,