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?eintres Italiens. Il y fit plufieurs copies, qui furent prefqueautant eftimées que les originaux, & fuivit à Madrit le Cardi-nal Zapata, Ambaffadeur d’Efpagne auprès de fa Sainteté. CePrélat le préfenta au Roi, qui lui fit peindre plufieurs tableauxd’importance pour fes palais, & pour quelques lieux de dévo-tion. Ce Monarque l’ayant anobli, lui donna une penfion con-fidérable fur le château d’Anvers, lorsqu’il lui permit de re-tourner en fon païs. Ségers fe fit admirer parmi les Flamands,comme il l’avoit été parmi les Italiens & les Efpagnols. Onloue fort fon tableau de faint Pierre crucifié la tête en bas, & latable du grand autel des Jéfuites, qui répréfente une élévationde la croix. Il fit pour le Duc de Neubourg un portrait de laVierge, duquel ce Prince fut fi fatisfait, qu’il lui donna unechaîne d’or avec fa médaille, outre le prix de fon travail. L’onvoit auiG de fon invention des pièces nofturnes très-ingénieu-fes, dont on a donné des eflampes au Public. Il amaffa quan-tité de rares peintures dans la belle maifon qu’il fit bâtir à An-vers , où il mourut en i< 56 1, âgé de 60 ans. * Vermander.
SE'GESTAN S. Voyez E'GESTANS.
SE'GESTE. Voyez E'G E S T E.
SE’GE'SWAR, ville de Tranffylvanie , fitüée fur le Koc-kel, à quinze lieues d’Hermanftadt vers le nord. Quelques-uns la prennent pour l’ancienne Sandava, ville delà Dace, qued’autres mettent à Soczowa en Moldavie. * Maty, Diiï.Géogr.
S E'G E'T I E, Segetia, Déeffe , pafloit chez les Romainspour l’Intendante de tous les fruits de la terre prêts à cueillir.Elle avoit une ftatuedans le Cirque, & étoit du nombre de cesDivinitez appellées Salutaires, dont le nom étoit à tout momentdans la bouche des Gentils, qui les invoquoient contre les tra-vaux, dont cette vie eft remplie. On la trouve fur une mé-daille de Salonine, dans un temple, tenant des épies en fesdeux mains élevées. * Varron. Macrobe. Pline, l. 18. c. 2.
SEGEWOLDT, petite ville de la Lettonie en Livonie.Elle eft fur la Teidéra, à onze lieues de Riga vers l’orient fe-ptemtrional. * Maty, DiEl. Géogr.
S E'GL À (Guillaume de) Sieur de Cairas , étoit Confeillerau Parlement de Touloufe vers le commencement duXVlIfiécle.Il fut Rapporteur d’un procès criminel, qui a été mis parmi lesHiftoires tragiques du tems, & qu’on peut voir à l’article A-R I A S BURDEUS. M. de Verdun, premier Préfident auParlement de Touloufe, prit toutes les peines imaginables pourl’éclairciffement de ce procès. Les accufateurs furent enfin con-vaincus & châtiez félon leur mérite ; & comme Guillaume deSégla avoit une connoiffance très-exaéte de cette affaire, il futexhorté par ce premier Préfident à la donner au Public. Lalettre Latine qu’il en reçut, a été mife au devant du livre qu’ilpublia, dans lequel on voit, outre les narrez des procédures,cent trente & une obfervations remplies d’érudition. Cet Ouvra-ge fut publié à Paris en 1613, inoÈtavo. La famille de Ségla fub-fifte encore à Touloufe , & pofféde des charges au Parlement.
* Bayle , DiEl. Critiq.
S E'G NA ou S E N G, ville de Croatie, dans la Morlaquie,où elle a un bon port vis à vis de l’Ifle d’Arbe. Ségna eft duRoyaume de Hongrie. Elle a un Evêché fuffragant de Spala-tro, & elle eft fortifiée & défendue par une bonne citadelle, fi-tuée fur un rocher efearpé. Ses Habitans, qui portent le nomà'Ufcoques, font les plus grands Pirates du Golfe de Venife.
* Maty, DiEl. Géogr. Fra Paolo, Continuation de l’Hiftoire desUfcoques.
S E'G NE'RI (Paul) naquit à Nettuno le 21 mars 1624, d’u-ne famille diftinguée, originaire de Rome. Etant entré dansla Société des Jéfuites, il y brilla beaucoup par la faintetéde fesmœurs , & par une application à l’étude. Il lut l’Ecriture, lesPères, & les Théologiens pendant plufieurs années. Et commeil fe fentoit porté à l’inftruétion des peuples & à la prédication,il ne négligea rien pour fe perfectionner dans la Langue Italien-ne , & pour fe former à l’éloquence. Les fuites de ces prépa-ratifs furent très-heureufes. Il prêcha dans les principales vil-les d’Italie avec un fuccès extraordinaire jufqu’à l’âge de 41 ans.Il crut alors devoir joindre à l’emploi de Prédicateur celui deMillionnaire, & il continua dans ces fondions pendant 27 ans,qu’il parcourut plus de vint diocéfes avec des peines incroyables.Il marchoit toûjours à pié, vêtu d’un habit tout déchiré, lesjambes & les piez nuds, un Bréviaire fous le bras ; & un cruci-fix fur la poitrine. Chaque année il commençait fes fondionspar prêcher le Carême dans quelque grande ville. Il employoitenfuite fix mois entiers à faire fes millions. L’hyver venu, ilfe retiroit dans une des maifons de la Compagnie j pour recom-mencer au bout de quelques mois fa courfe ordinaire. Son temsde retraite étoit employé à compofer les livres qu’il a donnezau Public, & qui font tous excellens. Le Pape Innocent XII,
* qui avoitpourlui uneeftime finguliére, l’appellaàRome; poury remplir la place de fon Prédicateur ordinaire. 11 s’acquittade fon nouveau miniftére avec une approbation univerfelle ; &le Pape y joignit bientôt l’emploi important de Théologien dela Pénitencerie. Mais il ne l’exerça pas longtems. Üfé par fesauftéritez continuelles ; il tomba dans une langueur qui infenfi-blement devint mortelle,& il mourut le neuvième décembre 1694,âgé de 70 ans. Tous fes Ouvrages furent réünis après fa mortdans un recueil de plufieurs volumes, in folio. Outre fes Ser-mons & fes autres Difcours, il nous a laiiTé, le Chrétien inftruitdans fa loi; L’Incrédule fans exeufe; La Manne ou la nourriture dél’ame ; Le Pafteur inftruit; Le Confeffeur inftruit; Le Pénitent in-ftruit ; L'Accord de i’aSionfj du repos dans l’oraifon; Les Illufions desQuiétiftes ; Le Serviteur de Marie ; L’Expofitkn du Miferere ; diversautres Opufcules depiété. On en a traduit quelques.uns en Fran- ,çois. * Voyez la Préface qui eft au devant de fes Méditations furdes paffages eboifis de l'Ecriture Sainte pour tous les jours de la femai-
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ne, à Paris, 1713 , in douze.
S E'G N E'R I (Paul) Jéfuite, neveu dü fameux Père PaulSegnéri, dont il eft parlé dans l’article précédent, étoit un zélé Mil-lionnaire ; dont on affûte que les travaux ont fait beaucoup defruit. On prétend qu’il prédit fa mbrt arrivée le 25 juin 1713;à l’âge de 40 ans, à Sinigaglia en Italie. Le peuple de cetteville, qui le regardoit comme un Saint, obtint du Pape que foncorps leur demeurèroit, & ils l’ont enterré dans la cathédrale.* Mémoires de Trévoux, Janvier 1714, p. 177.
S E'G N I, en Latin Signia , ville de la Campagne de Rome;à trente deux milles de Rome vers l’orient, eft bâtie fur lamontagne appellée la Montagne de Ségni, avec Evêché & titréde Duché, autrefois Comté , qui appartient à la Maifon deSforce. Voyez S F O R C E. Les Papes Innocent III, GrégoireIX -, & Alexandre IV, étoient de la Maifon des Comtes de Sé-gni. C’eft dans cette ville que le Pape Vitalien prit naiffan^ce, & que les orgues furent inventées, félon quelques-uns; carles autres difent qu’elles furent apportées de Grèce par un Prê-tre appellé Grégoire. Le terroir de Ségni eft abondant en vins ;ipais qui font fort rudes. * Silius Italicus, l. 8. v. 380. Pétrar-que. Holftenius.
* S E'G N I, montagne d’Italie, dans l’Etat de l’Eglife. Elleeft dans la Campagne de Rome, & traverfant cette provinced’orient en occident, elle la divife en deux parties, dont la fe-ptentrionalé porte le nom de Campagna ; & la méridionale celuide Marina.
S E'G O N (Dibbale) Voyez D I B B A I. E.
S E'G O R ou T S O H A R , ville de Paleftine dans la Ju-dée , près du Mont-Engaddi, à quinze milles de Jéricho versle midi, près du Lac Afphaltite ou Mer Morte. Ce n’elt plusaujourd’hui qu’un village, qu’on nomme Séor. * Baudrand.Elle appartenoit à la Tribu de Siméon. Longtems auparavant;même avant qu’on la nommât Ségor , lorsqu’elle avoit l’anciennom de Bala, elle fut prife par Codorlahomor, Chodorlahomorou Kédor-lahomer, Roi d’Hélam , Genéfe, cb. 14. v. 1. & fuiv.Quand Dieu détruifit les villes de la plaine , Sodome , Goinor-re, &c., Loth demanda de pouvoir s’y retirer , ce que Dieu luiaccorda, & depuis ce tems cette ville fut nommée Ségorou Tfobar, c’eft à dire , petit ou petite, parce que Loth avoitdit, Voilà ici près une ville où je puis fuir : elle eft petite, je puism'y fauver, Genéfe , cb. 19. v. 20. Voyez pour la fituation de cetteville, J. Le Clerc, dans fa Dijfertation fur la ftatue de fel. Î 1 laplace tout autrement que Baudrand, à l’orient du Lac Afphalti-te, & fort près de fa partie la plus méridionale; & par cbnféquèntil y a, entre Jéricho & "*»te place, tout le Lac Afphaltite félonfa longueur. S. Jérôme parlant de cette ville dit qü’elle a éténommée Bala, c’eft à dire , engloutie , parce que fuivant lesJuifs elle avoit été abforbée au troifiéme tremblement de terre.Il ajoûte que de fon tems elle s’appelloit Zoora en Syriaque. Eu-fébe dit que de fon vivant elle étoit habitée, qu’il y avoit unegarnifon Romaine , qu’elle n’étoit pas éloignée de la Mer Mor-te , & qu’elle étoit fituée à l’Orient de la J udée. * Relandi iVUeftina, l. 3.
SE'GORBE ou S E'G O R V E, ville du Royaume deValence en Efpagne, avec Evêché fuffragant de Valence, quifut rétabli, lorsque Jacques I, Roi d’Aragon reprit cette villefur les Mores, l’an 1245. C’eft un Duché & une Grandeffed’Efpagne: il a été poffédé longtems par la Maifon d’Aragon,d’où il a paffé dans celle de Folch-Cardonne. Les Ducs de Mé-dina-Céli, qui ont hérité de la Maifon de Cardonne ; font enpoffeiEon du Duché de Ségorbe; On la nomme, en Latin Segor-bia , & on ne doute point qu’elle ne foit la Segobriga des An-ciens , qui étoit aulli une ville épifcopale fous la métropole deTolède. Il y ep a néanmoins qui confondent Segobriga avec Si-guenza ; d’autres, avec Jérôme Surita, croÿent, qüe c’eft Inje-ftai Mariana & Moralès la prennent pour un bourg dit CabeçaelGriego ; & Vafée, Clufius; Tarapha ne doutent point qu’ellene foit Ségorbe. Elle eft fituée au bord du Morviédro, fur lepenchant d’une colline, dans une vallée entre des montagnes.Son terroir eft trés-fertile, & l’on y trouve des carrières de très-beau marbre.
S E'G O V E'S E, ancien Capitaine des Gaulois, & neveud’Ambigat, étant forti de fon païs vers l’an 590 avant JefusChrift, paffa le Rhin & la Forêt Hercynie , & établit une partiede fes troupes dans la Bohême, une partie fur le bord du Da-nube, & une troifiéme près de l’Océan dans laFrife & la Weft-phalie. * Tite-Live, l. 5. cb. 34.
S E'G O VIE, ville d’Efpagne dans la Vieille Caftille, àneuf lieues de l’Efcurial, à douze de Madrid, à dix-neuf deValladolidj à vint-quatre de Tolède, & environ à vint-cinq deSalamanque,.eft bâtie fur une montagne entre deux collines.La petite rivière d’Atayada coule au bas de cette ville; &aprèsavoir mêlé fes eaux â quelques autres, va fe précipiter dans leDouro, qui traverfe les Royaumes de Léon & de Portugal. Leterritoire des environs eft fort fertile, principalement en pâtu-rages , où l’on nourrit un grand nombre de troupeaux de mou-tons & de brebis, qui produifent cette laine^fi fine & fi eftiméedans l’Europe, & dont on fabrique dans la même ville ces beauxdraps, qui portent le nom de Ségovie; & qui font fubfifter untrès-grand nombre d’Ouvriers, dont la ville eft peuplée: ce quicontribue beaucoup à l’enrichir, de même que le papier fort finqu’on y fabrique en grande quantité : aufli n’y voit-on aucunmendiant. La ville eft divifée en haute & baffe, féparée par unfimple mur ; & elle eft fi peuplée , qu’on y compte isco mai-fons, dont la plupart pafferoient ailleurs pour d’affez beaux hô-tels. Elle eft ornée d’un Evêché de vint-cinq mille ducats derevenu, fuffragant de Tolède. Sa cathédrale qui eft dédiée àla fainte Vierge, eft au devant de la grahde place : elle paffepour une des plus belles & des plus riches du Royaume de Ca-r Dd 2