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Cette Lettre, dont la pronon-ciation a quelque chofe d’âpre& de rude, a étéappellée la Let-tre canine , parce qu’en effet el-, te femble imiter l’aboyementdes chiens. C’eft aufli en ceCens que Perfe, Sat. i.v. 109,a dit
Sonat hic de nart canina
Litera.
Chez les Latins elle fe changequelquefois en S , comme arbos pour arbor, odos pour odor. D’au-tres changent de la même façon R en i., comme Fratcr, Fra-tellus; Caper, Capella , &c. C’elt à quoi Ovide a fans doutevoulu faire alluiion, Fuji. I, 5. v. 481.
Afpera mutât a eft in lenem tempore longoLitera, quœ toto nomine prima fuit.
Dans les infcriptions & les médailles, l’R étoit la Lettre quel'on mettoit fouvent feule pour exprimer la ville de Rome.Suivant les Lettres numérales R eft quatre vints; & avec unebarre au deffus quatre-vint - mille.
R A A.
R AAB ou JAVARIN, ville & fortcreffe de Hongrie,au confluent du Raab & du Danube, avec Evêché fuffra-gant de Gran ou Strigonie, eft nommée par les Allemans Raab ;par les François Javarin; par les Hongrois Gevoer ; par les Ita-liens Giavann; & par les Auteurs Latins Javanmm, Arabo &Arrabo. Cette ville fut prife par les Turcs Tan 1591, & futreprife fous le commandement de M. de Vaubecourt, SeigneurFrançois, Tan i 6 o< 5 . George Dracovits, Evêque de cette vil-le, y tint Tan 1579 un Synode, dont on a publié les Ordon-nances.
RAAB ou RAB, rivière qui a fource dans la BafTe Stirie,& qui entrant dans la BafTe Hongrie, y arrofe les Comtez deSarwar &de Gewer ou Javarin. Elle reçoit dans ces Comtezcelles de Laufnitz, de Pica, de Gunez, & quelques autres; &après avoir pafTé devant les bourgs de Saint-Gothard & deKermend ou Kermein, elle fe divife en deux bras au defTousde Sarwar. Le gauche, appellé Rabnïtz, forme une Ifle defept milles d’Allemagne d’étendue, qu’on appelle IJle de Rabou Rabair. Cette rivière, que les Latins nomment Arrabo,réunit enfuite Tes eaux dans un même lit, & les porte dans leDanube, près de la ville de Raab ou Javarin. Le Raab feraà jamais fameux dans THiftoire, par la viftoire célébré que lesFrançois, envoyez par le Roi Louis XIV au fecours de l’Em-pereur Léopold, & commandez par le Comte de Coligny,remportèrent fur les Turcs Tan 1664. Ces Infidèles avoienttrouvé un endroit guéable à demi-lieue au defTous de Saint-Gothard, & le 31 de Juillet ils difpoférent toutes chofes pouren profiter. Leur Armée fe pofta à l’oppofite d’un petit vil-lage où étoit le gué. Us mirent onze pièces de canon en bat-terie proche du bois; & de lâ, en defcendant vers la rivière,ils tirèrent un long retranchement, foutenu par quatre autrespièces d’artillerie pour loger des moufquetaires. Le Rab encet endroit-là eft large d’environ un jet de pierre, & couledans un vallon affez inégal, ferré de part & d’autre par desMontagnes éloignées d’une portée de canon , & couvertes laplupart de bois affez forts. L’Armée Ottomane n’ayant pucamper tout entière dans le bas, avoit occupé une partie descôteaux, où il n’y avoit point de bois. Celle des Chrétiensétoit au pié de la montagne. Là le Raab s’avançant dans levallon du côté que les ennemis étoient campez , forme ungrand coude, qui laiffoit du côté des Chrétiens une plaine ca-pable de contenir fept à huit mille hommes. Les arbres &les maifons du village couvroient cette plaine, quoiqu’elle s’é-tende un peu loin au delà fur la droite, où elle eft fermée parun bois qui joint les jardins & le cours de la rivière, laquel-
le, après avoir fait ce grand circuit, vient paffer près du vil-lage le long d’une prairie baffe & marécageufe, qui étoit ence tems-là inondée en partie. Le premier jour d’Août lesTurcs firent défiler des troupes de grand matin vers l’endroitde la rivière où ils vouloient paffer; & s’étant affurez du guémalgré la réfiftance des Allemands, ils pafférent dans la plai-ne, où la meilleure partie fe rangeoit en bataille, pendantque les autres poulïoient jufqu’aux premières maifons du vil-lage. Cependant, quoiqu’ils fe fuffent poftez avec avantage,la Cavalerie Françoife, au nombre de deux mille hommes,foutenue de l’Infanterie, qui étoit de quatre mille, les char-gea d’une manière fi vigoureufe, qu’ils en furent ébranlez, &contraints de tourner tête vers la rivière & vers leurs retran-chemens, qui étoient fur la gauche, à quarante pas les unsdes autres. Lorsqu’ils furent acculez en cet endroit, ils n’eu-rent plus d’autre parti à prendre que celui de défendre ces re-tranchemens, ou de fe jetter dans l’eau; ce qu’ils firent enfoule : en forte qu’elle en fut toute couverte pendant une heu-re, & la meilleure partie fut noyée, le refte périt par le feudes François, qui faifoient inceffamment des décharges furceux qui vouloient gagner les bords, affez efcarpez de part& d’autre. * Hift. & Deftript. du Royaume de Hongrie, I. I.1698.
* RAAPHORST, ancienne famille noble de Hollande.Elle tire fon nom du village de Raaphorft dans la Hollandeméridionale, entre Leyde & la Haye. Le premier dont ilfoit fait mention eft Chriftian de Raaphorft, Chevalier, qui vi-voit vers Tan 1238. Cette noble race s’eft éteinte dans la per-fonne de Henri de Raaphorft, mort dans le XVII fiécle.
RAARSE, Ifle de la Mer d'Ecoffe, Tune des Hébrides.Elle eft longue de fept milles, & large de deux, & il y a for-ce cerfs dans fes forêts. * Davity, Hébrides.
RAB.
* D AB (Jufte) Jéfuite de Pologne, compofa en Langue£v vulgaire un Ouvrage, intitulé Anti Diatribe, contre unMiniftre de la Religion Réformée, qui écrivoit contre les Ca-tholiques & les Luthériens. * Baillet, Jugement des Savons,&c. tome 6 partie 2. p. 189. h. 3. édit. d’Amlterdam 1725.
* RABACAL, bourg de Portugal dans l’Eltremadure furles confins de la Province de Beira, eft au nord-nord-eft deLeiria, dont il eft éloigné d’environ dix lieues.
RABACH, RABAT, grande ville d'Afrique, qui futautrefois comprife dans la Mauritanie Tingitane, & qui eftaujourd’hui en la Province deTrémécen, Royaume de Fez,entre la ville de ce nom & celle de Tanger, à vint-cinq lieuesde la première, & à vint & une de l’autre : en Latin Rabacha.Ella elt fituée fur la côte de l’Océan, à l’embouchure de la ri-vière de Burregreg, du côté de l’occident, & a été bâtie parJacob Almanfor, félon ce qu’Abdulmalic rapporte. D’autresattribuent fa fondation à Abdulmumen, qui la nomma Méhedie.Quelques-uns la prennent pour l’Oppidum de Ptolomée. Cetteville a un fort château , que la mer borde d’un côté, & la riviè-re de l’autre; & quoiqu’elle foit beaucoup plus petite que Ma-roc, elle lui reffemble pour les bâtimens. Ce Prince la fitconftruire pour y demeurer l’Eté, afin d’être plus proche desArmées qu’il envoyoit en Efpagne. Elle fut nommée Rabat,comme qui diroit Fauxbourg, & achevée en peu de tems, quoi-qu’il y eût de grands Palais & de fort grandes Mofquées, avecplufieurs autres édifices pour l’ornement de la ville. U prittant de foin de l’embellir, que celle de Maroc Temportoit àpeine. La Tour de fa principale Mofquée eft toute femblableà celle de la ForterelTe de cette dernière ville, & à la Tour dela grande Eglife de Sévilie. Aufli ont-elles été faites par lemême Maître, quoique l’efcalier de celle de la grande Mof-quée de Rabat foit plus large que celui des deux autres Tours,&que quatre chevaux y puiffent monter de front jufqu’au haut.On la tient la plus élevée de toute l’Afrique, & Ton y décou-vre un vaiffeau de vint lieues loin. Si tôt que cette ville eutété bâtie, Jacob Almanfor y mit toute forte d’Artifans, deMarchands & de Doéteurs, & les entretint à fes dépens. 11 ydemeuroit depuis le commencement d’Avril jufqu’à la fin deSeptembre. Ces avantages y attirèrent tant de gens de tou-tes parts, qu’elle devint une des meilleures villes d Afrique.r ^ A Com-