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Cette lettre, qui eft une de celles qu’on ap-pelle muettes, n’a point d’afpiration après el-le, fi ce n’eft dans les mots dérivez du Grecoù fe trouve la lettre <p, comme à ceux dePhaëton, Philotas , &c. On l’a aulïï quelque-fois changée en B, comme Pyrrhus pour Pyr-rhus, & Balatium, pour Palatium. Les An-ciens fe fervoient encore fouvent de cette lettre pour marquerou le peuple, ou une partie de quelque chofe. P fe met auflien la place du B dans le Latin, & les Grecs changeoient fou-vent une de ces lettres pour l’autre. P, dans les lettres numé-rales, lignifie cent.
P A A. PAC.
* T) A A R > famiIIe diftinguée de Comtes d’Allemagne, dans
I les païs héréditaires d’Autriche, porte le titre de Grand-Maître des Polies Héréditaire de toutes ces provinces-là. Elletire fon origine de la famille Milanoife des Seigneurs Belli Buoni,ou de Belidori de Caftiio, que l’Empereur Frédéric I honora de ladignité de Barons de l’Empire, en leur donnant en même tems laville & Seigneurie de Paar pour la tenir comme Fief de l’Empire:ce qui leur fit quitter leutf ancien nom, pour prendre celui deBarons de Paar. De cette famille étoit iffu Rodolphe qui fuit.
Rodolphe , Baron de Paar, Chevalier de Malte, Grand-Prieur de l’Ordre en Bohême, Commandeur de Furftenveldt &de Medling, Membre du Confeil Privé, Chambellan & Grand E-cuyer de l’Empereur Ferdinand II, & enfin Général des Croates,entra en 1594, dans l’Ordre de Malte. Il entendoit parfaitementtous les exercices qui conviennent à la Nobleffe, & s’infinua fibien dans les bonnes grâces de l’Empereur Ferdinand II, que cePrince le fit d’abord l’un de fes Chambellans, & dans la fuite fonGrand-Ecuyer. Il avoit aquis l’autorité de fon Maître, mais ilen abufa & fut contraint de s’éloigner de la Cour. Cependantquelque tems après il y futwppellé, & pourvu en 1620, delàcharge de Gouverneur de Carloftadt & des païs qui en dépen-dent. En 1626, il fut élu Grand-Prieur de l'Ordre de Maltedans le Royaume de Bohême, mais il mourut avant que de pou-voir prendre poffeiïion de cette dignité. * Gr. Dict. Univ. Holl.Khévenhuller, -Annal. Ferdin. J. W. C. deWurmprand, Colle fil.Hift. Geneal. p. 331. 334. Cruger, Sacrce Memor. Reg. Bob. addiem undechnum oBobris.
* P A AS (Crifpin) habile Graveur, naquit à Cologne. Ilfut Difciple de Cornhard, & grava toutes les Hiftoires de la Bi-ble, & un grand nombre de fujets tirez de la Fable. Sa filleMagdelaine, & fes deux fils Simon & Crifpin, ont excellé dans leburin. Ayant été appellé par le Roi de Danemarc, il demeujadans fon Royaume jufques à la fin de fa vie. * Sandrart, Aca-démie de Peinture, p. 356.
PAASMANS. Voyez PAESMANS.
P A A U W (Pierre) en Latin Pavius & Paùvoius , naquit àAmfterdam en 1564, de Pierre Paauw, qui ayant embraifé laReligion Proteftante, fut obligé dans la fuite d’abandonner fapatrie, & de Gertrude Spiegel, fœur de Jean & de Henri Spiegel,fameux Poètes Hollandois. Lorsqu’il nit en état d’étudier, fonpère l’envoya à Amersfort, où il apprit les premiers principes dela Langue Latine; mais il ne demeura pas long-tems-en ce lieu.De retour à Amfterdam, il étudia fous AlardFrifius, fous le-quel il fit de grands progrès. En 1580, il alla à Leyde dans ledeffein de s’appliquer à la Médecine & il étudia fous GérardBoutius, Jean Heurnius & Rambert Dodonée. Après un féjourde quatre ans dans cette ville, il vint à Paris l’an 1584, pours’yperfeftionner dans les connoiffances qu’il avoit acquifes. II yprit des leçons des deux Durets, le père & le fils, & s’y exerçafous Jean Faber dans l’Anatomie, pour laquelle il avoit une in-clination &des difpofitions particulières. La France étoit alorsdans un état trop agité pour qu’il y demeurât long-tems. Il laquitta pour paffcr en Danemarc, & alla enfuite à Roftock dansle Duché de Meckelbourg, où il s’appliqua beaucoup à l’Anato-mie fous Henri Brucæus, qui y étoit fort habile. • Ce fut en cet-te ville qu’il fe fit recevoir Dofteur en Médecine en 1587 ,’&qu’il commença à enfeigner publiquement à l’âge de 23 ans. Ilfit enfuite un voyage en Italie & y eut le plaifir d’affifter aux dé-monftrations anatomiques qu’Aquapendente faifoit à Padoue.Son féjour n’y fut pas aulli long qu’il auroit fouhaité, parce quefon père étant tombé malade, le rappella au bout de trois mois.Apres avoir demeuré quelque tems dans la maifon paternelle , ilretourna à Leyde, où on lui donna en 1589, à la follicitationde Jufte Lipfe & de Jean Heurnius, une Chaire de Médecine,pour enfeigner la Botanique en été & l’Anatomie en hiver. Il femaria en 1593, & époufa Marie, fille de Jean Hautenus, Sé-cretairede la ville de Leyde; mais ilia perdit en 1612, après enavoir eu quelques enfans. C’eft à fes foins que l’on eft redeva-ble des fquélettes qui fe voyent dans l’Amphithéâtre de Leyde,dont il a eu la furintendance, qu’il a exercée pendant 22 ans;aufli bien que du bon ordre qui fe trouve dans le Jardin desplantes, dont il a eu la direftion. 11 mourut le premier août1617, âgé de 53 ans. C’éfoit un homme vif 6c infatigable auP
travail , d’une mémoire prodigieufe , 6c qui s’exprimoit avecbeaucoup de facilité. Ses Ouvrages font, Hortus publions Aca-demits Lugduna-Batavæ ; Primitice Anatomies de bumani corporis of-Jibus; Succenturiatus Anatomicus , feu Commentarii in Hippocratcnde vulneribus capitis, additæ in aliquot capita libri oBavi Cornelii Cel-Ji Explicationes ; Andréa Vefalii Epitome Anatomica ; De valvula in-teftini Epiftolæ dus; De Pejie TraBatus , cum llenrici Florentii adJingula ejufdem TraBatus capita additamentis; Obfervationes Anatomi-ca ; Galenus de cibis boni inali fucci, cum Notis ; TraBatus deExercitiis, LaBiciniis & Bellariis. * Frehéri Tbeatrum, p. 1338.Le Père Niceron, Mémoires pour fervir à l'Hifoire des Hommes II-luftres, tome 12. p. 1 yô&fuiv. Meurfii Atbence Batava. ValéreAndré, Bibliotb. Belgica, p. 754.
PACÆUS. Voyez P A C Z.
P A Ç A M O II E S , peuples de l’Amérique méridionale dansle Pérou, habitent le long du fleuve Maragnon ou Xauca , dansle lieu où il fe jette dans celui des Amazones, comme nous l’ap-prenons de Pierre Texeira.
PACARD ou PACART (George) vivoit dans leXVI fiécle. M. Bayle croit qu’il étoit Miniltre à la Rochefou-caut en 1574, lorsqu’il dédia fa Théologie Naturelle au Comtede la Rochcfoucaut. Cet Ouvrage fut imprimé à la Rochelle inoBavo, en 1579. Le Manufcrit de cet Ouvrage rendit un bonfervice à fon Auteur, comme il le dit dans fonEpître dédicatoi-re. Etant, dit il, forti de prifon, où j‘ai été retenu à Grenoble en-viron un an, je fies averti par un Gentilhomme, Sieur de Bompar ,qui avoit moyenné ma délivrance, que f avois été garanti & J'auvé duchemin de mort, où avaient paffé huit des nôtres, pour raij'on d’une co-pie de ce Recueil que j’avais lorsqu’on me prit prifonnier, laquelle cou-rut par les mains de Meffeurs du Parlement dudit lieu. 11 y a unefécondé édition de ce livre, revue & augmentée par l’Auteur ,imprimée à Niort en 160 6. L’Auteur retrancha le chapitre del’Antechrift qui étoit dans la première édition. Il avoit publiéun Traitté là-deffus à Niort deux ans auparavant. * Bayle, Dict.Crit. 4. édit.
PACARIUS (Décimus) fe déclara pour VitelÜus qui dif-putoit l’empire à Othon, l’an 69 de Jefus Cbrift. Il étoit alorsIntendant de Tille de Corfe , où il fut tué ; & fa tête fut portée auPrince contrelequel il s’étoit foulevé. * Tacite, Hijlor. I. 2. c. 16.
PACART. Voyez PACARD,
PACATIANUS (Titus Julius Marius ou Marinus) Au-gufte, n’eft connu que par les Médailles dont le goût fait jugerqu’il vécut du tems de Philippe & de Déce. Comme ces Médail-les ont été trouvées en France, & qu’elles font Latines, il y au-roit affez d’apparence que Pacatianus ferait le Tyran que Décea défait dans les Gaules, & dont les Auteurs ne difent pas lenom; peut-être aufli eft-ce le nommé Marin, qui fe révolta dansla Méfie fous le régne de Philippe; mais ce ne peut être le Jota-pien, qui alors même fe révolta dans la Syrie, félon Zofime.Voyez ces Médailles dans le livre intitulé Numifmata Imperato-rum Romanorum du Père Banduri.
PACATIANUS, Conful fous l’empire de Conftantin enl’an de Jefus Chrift 332, fut aufli Préfet du Prétoire fous le mê-me Prince deux années après. * Idacius. Onuphre.
P A C A T U S (Claudius) de fimple Efclave qu’il étoit, s’é-leva dans les armées fous l’empire de Domitien dans le premierfiécle, jufqu’au degré de Centenier. Il fut reconnu par le Maî-tre auquel il s’étoit dérobé, & lui fut livré comme fon Efclavepar ordre de l’Empereur, fans que fa qualité de Centenier pût l’engarantir. * Dion, l. 67.
P A C A T U S. Cherchez LATINUS PACATUS.
P A C C I U S , Poète Latin , contemporain de Martial.* Voflius., de Poët. Lat.
* PACCORI (Ambroife) Diacre du diocéfe du Mans, na-quit à Céaucé dans le Bas Maine, & le diftinguapar famodeftie &par fes talens dans le Collège nouvellement établi à Céaucé. Ilétudia en Philofophie & en Théologie à Angers. Il entra parordre de fes Supérieurs dans la Cléricaturc, mais on n’a jamaispu le réfoudre à monter jufqu’au Sacerdoce. Lorsqu’il n’étoit en-core âgé que de 23 ans, M. de la Vergne de Treffan l’on Evê-que le fit Principal du Collège de Céaucé, où il enfeigna les Hu-manitez & la Rhétorique. En 1684, la veille du jour de la Con-ception de la fainte Vierge, il fut empoifonné par un Ecolier defon Collège, qui mit du verd-de-gris dans fa foupe. lleureufe-ment il s’en apperçut affez tôt pour fauver fa vie, mais fa fan-té en a toujours fouffert. Cette affaire a eu des fuites confidéra-bles; mais tout fut affoupi à la fin de l’année 1685. CependantM. Paccori ne jugea pas à propos de demeurer plus Iongtcms àCéaucé,& fe retira en Anjou, d’où M. de Coiflin Evêque d’Or-léans le fit venir pour le faire Supérieur de fon petit Séminaire quiétoit alors à Meun. Il a exercé cet emploi pendant plus de dix-huit ans jufqu’à la mort de M. de Coiflin , arrivée au commence-ment de février 1706. Alors il fe retira .à Paris où il a toujoursvécu depuis dans une grande pénitence. 11 y eft mort le 12 defévrier 1730,. âgé de 81 ans. O11 a de lui les Ouvrages fuivans ,Avis falutaire aux Peres aux Mores, pour bien élever leurs en-fans ; Entretien fur la fantification des Dimanches des bêtes ; Ré-gies Chrétiennes pour faire faintement toutes fes aBions ; Abbrégé dela Loi nouvelle, avec la fuite ; Journée Chrétienne ; Devoirs desVierges Chrétiennes ; Régies pour travailler utilement à l éducationChrétienne des enfans ; De l’honneur qui (fi dû à Dieu dansJ'es myfté-