Q-
Cette lettre muette femble aufli inutile que leK; parce que le C peut avoir la même figniii-cation, & fervir à leur place. Audi elle n’apoint toûjours été en ufage parmi les Latins,qui apparemment l’ont empruntée du Koph, des Hébreux , & ne l’ont employée que pourjoindre l’U vocale, avec une autre lettre voca-le. I! eft facile de remarquer que le Q ne peut fe mettre dans ladiétion fans l’U. Les Latins changent fouvent cette lettre en C,comme fequor , fecutus , loquor , locutus, Les François , lesItaliens & les Efpagnols ont emprunté la lettre Q des Latins. Lalangue Angloife l’employe plus fouvent que l’Allemande, chezqui l’ufage de cette lettre eft rare , aufli-bien que chez les Hon-grois & les Efclavons, qui ne s’en fervent que pour les motstirez des Latins. Aufone, Tecbnopœgnion , de Literis monofyllabis,parle de trois lettres K, C & Q, comme ayant le même ufage ,
Hœc tribus in Latio tantum addita nominibus K,
Pravaluit pojiquam Gamme vice funtia prius C,
Atque aliam pro fe titulo replicata dédit Q.
Q étoit chez les Anciens une lettre numérale, qui fignifioit 500;& quand on mettoit une barre au deffus, 5000.
Q U A.
* /^v U A A D T ( Matthias) en Latin Qiiadus , du païs de
W Juliers, a publié un Ouvrage qui a pour titre FafciculusGeograpbicus Univerfi, in folio. Valére André, Bibliotb. Belgica,p. 6 < 53 -
QUACKENBRUGGE. Voyez QUAKENBRUG-G E.
QUADERNA DISTRÜTTA, bourg d’Italie dansle Bolonois. 11 eft fitué fur une rivière que l’on nomme aufliQuaderna, à deux lieues de la ville de Bologne du côté de l'O-rient. C’étoit anciennement une petite ville de l’Emilie quel’on nommoit Claterna ou Cliterna. *Maty, Diction. Géogr.
Q U A D E S ( Ouadi) peuples de l’ancienne Germanie , qui,félon Cluvier, habitoient entre le Danube, la Bohême, & larivière de Marck, & qui depuis s’étendirent dans la Hongrie ,entre deux villes fort célébrés, Eriaw & Vaccia. Sanfon croitqu’ils habitoient laMoravie d’aujourd’hui. Ces peuples étoientextrêmement belliqueux. On voit dans l’Hiftoire de Tacite qu’ilsétoient joints aux Marcomans; & du tems de M. Antonin dansle fécond fiécle, ils pafTérent le Danube , & fe jettérent fur lesterres de l’Empire avec les Marcomans. Marc-Auréle leur fit laguerre avec fuccès ; & on rapporte que ce fut dans cette expédi-tion que les Soldats Chrétiens de la Légion Mélitine obtinrentpar leurs prières de l’eau du ciel, dans le tems que l’armée étoitprête de périr de foif. Dans les fiécles fuivans ils en firent demême ; & du tems de Valentinien, joints à leurs voifins , ilss’avancèrent jufqu’à Aquilée. * Tacite, Ptolomée, Eutrope,Ammien Marcellin , Dion , Strabon, Jules Capitolin, Tertullien,ad Scapul. in Apologetico , &c. en font mention, & Cluvier, De-fcript. German. & in Introduis. Géogr. Sanfon, Géogr.
Q U A D I M , village de la Haute Egypte rempli de ruines ,qui font connoître que ce fut autrefois une ville très confidé-rable. Il eft à cinq ou fîx lieues du Tuât, de l’autre côté duNil. On y voit plus de deux cens colomnes plus groffes & plushautes que la colomne de Pompée à Alexandrie. Dans un vieuxTemple , qui paroit avoir été revêtu de marbre blanc & noir,font diverfes chambres pratiquées dans la muraille, où il y a despuits qui apparemment ont fervi de fépulture. Ces chambres fonttoutes remplies de bas reliefs & de figures toutes couvertes dehiéroglyphes. Autour de ce Temple font encore debout plu-fieurs Obélifques ; deux entre autres de granité rouge & noiravec quelques taches blanches, de plus de cent piez de haut furquinze de large par le bas, & pleins de caraftéres hiéroglyphi-ques. Un peu plus loin eft un grand palais fi magnifique qu’onne doute point qu'il n’ait été la demeure des anciens Rois d’E-gypte. * Voyage du Sieur Paul Lucas au Levant, tome 1. ch. 13.Th. Corneille , DiÜ. Géogr.
QUADRAGE’SIME, fixiéme Dimanche avant Pâques.Cherchez C A R E S M E.
Q U A D R A S E'S, petite ville d’Efpagne dans le Royaumede Valence. Elle eft fermée de murailles avec quelques fortifi-cations. Pendant la révolté de ce Royaume contre Philippe V,les Portugais, qui s’en étoient rendus les maîtres, yavoientmisune Compagnie de cavalerie & quelque infanterie, qui faifoientdes courfes fur la frontière, & elle fer voit comme de place d’ar-mes à des milices commandées par le Curé, qui s’étoit aquistant de réputation dans le parti, que tous le reconnoiftoientpour leur Général. Dom Gonçalo de Carvajal, Brigadier, dé-taché avec le Régiment de Pachéco, & deux cens chevaux, s’ap-procha de cette place au commencement du mois de Mai 1707,& y entra par efcalade. Tous les Portugais qui s’y trouvèrentfurent tuez & on prit les autres avec le Curé. * Mémoires du(tms. Th. Corneille , Diü, Géogr,
QUADRATUS, Gouverneur de Syrie. Voyez N II-M1DIUS QUADRATUS.
QUADRATUS, Difciple des Apôtres, fut fait l’an 125Evêque d’Athènes après Publius. Pour adoucir l’efprit de l’Em-pereur Adrien, qui perfécutoit les Chrétiens , il lui préfental’an 126, ou plus vraifemblabîement, l’an 131, une Apologie,où il lui faifoit connoître l’innocence de ceux qu’il pourfuivoieavec tant de cruauté. Il compofa fur le même fujet un excel-lent Difcours qui porta ce Prince à faire ceffer la perfécution,Eufébe dit que Quadratus avoit encore le don de prophétie.Quoique faint Jérôme ait dit que l’Apologie de Quadratus avoicété préfentée à Adrien à Athènes , après que cet Empereur eutété invité aux Myftéres d’Eleufine, ce n’elt pas un fait certain ;car faint Jérôme même dit que ce fut dans le tems de la perfé-cution; & qu’Adrien ayant égard à cette Apologie, fit ceffer laperfécution. Or la perfécution commença en 121, & finit en126. 11 eft vrai qu’en 125 , Adrien alla à Athènes; mais il enétoit peut être revenu quand Quadratus lui préfenta fon Apo-logie. Il y a des gens qui prétendent qu’il faut diftinguer Qua»dratus Apologifte des Chrétiens, de Quadratus Evêque d’A-thénes, & qui difent que le premier avoit été Difciple des A-pôtres , & floriffoit au commencement du fécond fiécle , &que le fécond n’a fuccédé à Publius dans l’églife d’Athènes,que vers la fin du fécond fiécle fous l’Empire de Marc-Auréle.Mais les bons Critiques n’admettent point cette diftinélion. LeMartyrologe Romain fait encore mémoire d’un Quadratus, Mar-tyr en Afrique, dont faint Auguftin avoit fait un Panégyriqueau jour de fa Fête, dans un Sermon dont parle Pofiidius, &dont il eft fait mention dans l’ancien Calendrier de Carthage,au mois d’Août. Le Martyrologe Romain fait encore mentionau 2i d’Août d’un Quadratus Martyr. * S. Jérôme , de Script.Ecclef Eufébe, l. 4. Baronius, A. C. 125. Tillemont, Mémoures Eccléfiajliques, tome 2. Baillet, P r ies des Saints.
QUADRATUS. Cherchez ASINUS QUADRA-TUS.
QUADRIGARIUS (Claudius) ancien Hiftorien La-tin , dont nous avons perdu les Ouvrages. On ne fait pas enquel tems il a vécu, mais il eft fouvent cité par les anciensGrammairiens. * Volfius, de Iiifi. Lat. I. 1. c. ro.
QUADRILLES dans les Jeux Circenfes. Voyez F A-CTIONS.
QUADRILLES. Cherchez CARROUSEL.
QUADRISACRA MENTAUX, Hérétiques , quireconnoiffoient quatre Saçreinens, favoir le Batême, l’Eucha-riftie, l’abfolution & l’Ordre de Prêtrife. * Pratéole.
QUAHOE, Province d’Afrique au dedans du païs desNègres. Elle confine au petit Acara & à Cammanah du côtédu Midi, & à Tafoë du côté de l’Oueft. On en tire beaucoupd’or qu’on porte vendre au marché du grand Acara dans Ucontrée d’Abanoë. * De la Croix, Relation de l’Afrique, tome3. Th. Corneille, Dict, Géogr,
Q U A 1 R. Voyez Q U O I R.
QUARENBRU GGE, petite ville du Cercle de Weft-phalie. Elle eft dans l’Evêché d’Ofnabrug aux confins de celuide Munfter, fur la rivière de Hafe, à neuf lieues de la villed’Ofnabrug vers le nord. * Maty, DiBion , Géogr.
QUAKERS ouTREMBLEURS, Fanatiques d’An-gleterre, ainfi nommez du mot quake qui veut dire trembler ,parce qu’ils affeétent de trembler quand ils prophétifent, ouquand ils prient. Cette Seéte fut enfantée dans le XVII fiécle,pendant les guerres civiles, qui furent fi fatales au Roi Char-les I. George Fox en fut le Chef & l’Inftituteur: aufli l’ont-ilsqualifié de grand Apôtre & de glorieux Infiniment dans la main deDieu. 11 étoit né dans le village de Dreton en la province deLeicefter. Son humeur étoit fombre & mélancolique: il n’a-voit aucun talent pour les Sciences, parlant même fa Languenaturelle grofliérement, & étoit fils d'un Artifan ; fon éducationfut conforme à fon état. Il n’avoit pas lui-même des vues plusélevées , ainfi il fe fit Cordonnier dans la ville de Notting-ham. Pendant cette occupation fédentaire , il méditoit fansceffe l’Ecriture Sainte, & s’en rempliffoit l’efprit: en forte quetous fes difcours n’étoient autre chofe que des paffages coufusenfemble, & appliquez avec plus de piété que de choix. Legenre de vie folitaire & contemplative qu’il choifit, augmentafa noire mélancolie; & s’étant abandonné â fes méditations,il fe figura que Dieu lui envoyoit des révélations, & qu’ilétoit quelquefois ravi & enlevé par l’F.fprit divin ; puis quit-tant fa boutique, il s’érigea en Prédicateur envoyé du ciel pourréformer les hommes. Le peuple frappé par la nouveauté, ac-courut à fes Sermons, & ce fuccès le confirma dans fes imagi-nations, que Dieu l’avoit appellé immédiatement. Il prêchoiten termes dévots, que tous les hommes avoient apoftafié, &n’avoient rien laiffé de faint & d’entier ni dans la doélrine, nidans les mœurs. Encouragé par le progrès & par le concoursd’Auditeurs, Fox parla avec plus de hardieffe & de véhémen-ce; & pour autorifer fa million, il débita des guérifons mira-culeufes opérées par l’interceflïon de fes prières. U propofoitpeu d’articles de foi, & réduifoit toute la Religion aux mœurs,à la charité mutuelle, à l’amour de Dieu , & à une obferva-tion attentive des mouvemens internes & fecrets de l’efprit,A l’égard du culte, il le voulut très-fimple, fans cérémoniesA
I