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7 (1740) Lettres P - SEG
Entstehung
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s

Lettre demi-voyelle -, prend ordinairement faforce & le fon qui lui eft propre , de lavoyelle fuivante. Mais elle fe joint à celle quila devance avant les lettres M, P, & T, com-me en ces mots, Cofmus, Prqfper & Tejlis. S, fe change fouvent en M, comme rurfus,rurfum;en N, comme Janguis , Jdr.guinis ; & en R, com-mejlos, ftoris. Le changement de l’S en T , effc plus ordinaireen plufieurs fortes de Langues. Enfin la lettre S s’eft entière-ment perdue en divers mots Latins, puisqu’on a dit numérus , demfmerus ; dumofus , de dufmofus; Camtence & Camillus , d eCafmtx-ra , & de Cafmülus. Virgile dit, Enéide, l. n. v. 543

Matrifque vocavit

Nomint Cafniilhe, mutata parte, Camillam.

Varroh nous allure qu’Omen a été tiré d’Ofmen , & idem de ifiem.Le fon de l’S fait une afpiration, d’où elle eft appellée une let-tre afpirante. Pindare l’appelle %![ 35 sAov ou adalteram, c’eft àdire, qu’elle a un faux fon , & il l’a évitée prefque dans tous fesvers. Quintilien dit qu’elle eft rude, & qu’elle fait un mau-vais fon dans la combinaifon des noms : ce qui la faifoit rejet-ter foüvent de la fin des noms: on prononçoit, par exemple,imnibu, au lieu d'omnibus. S fe prononce comme un Z , en Latin& en François, quand elle fe trouve entre deux voyelles î maisquelquefois chez les Latins, pour adoucir ce fon, on la redou-bloit au milieu du mot, & on écrivoit cauffa, pour caufa, com-me Quintilien le remarque. La lettre S chez les Grecs , jointe a-vec un T îous cette figure <r vaut fept; {tftgma f«ul, deux cens.

S A. S A A. SAB.

S A ou SA A (Emanuel) Jéfuite Portugais, né à Villa-de-Condé,dans la Province dite Entre-Minbo & Douro , fe fit Religieuxen 154S, âgé de quinze ans ou environ, enfeignaà Gandie* âCoimbre & à Rome, & fut conlidéré comme un excellent In-terprète de l’Ecriture, & comme un bon Prédicateur. Il prêchadans les principales villes d'Italie, & fut employé par le PapePieV, pour travailler à la nouvelle édition des Bibles. Dans lafuite il fut envoyé à Aronne, dans le diocéfe de Milan, pours’y délalfer de fes longs travaux , & il mourut le 30 décembre1596 , dans la 66 année de fon âge. Nous avons de lui, Scboliain quatuor Evangelia , Anvers 1596, Lyon 1610, Cologne 1620;Notationes in totam Sacrant Scripturam, Anvers 1598, Cologne1610; Apborifmi ConfeJJariorum , Barcelone 1601, Paris 1609,Lyon 1612 , Anvers 1615 & Douay 1627. 11 employa 40

ans à compofer cet Ouvrage, quoique ce ne foit qu’un petit volu-me. Cependant le Maître du Sacré Palais en fit retrancher oucorriger plus de 80 endroits, où les principes & les dédiions nes’accordoient pas avec l’Ecriture, & les Ecrits moraux des Pèresde l’Egiife, ou avec les décillons des Conciles. Ses Notes fur laBible, font courtes & littérales. * Ribadeneira & Alegambe,Bibliotb. Script. Societ. Jefu. Nicolas Antonio, Bibliotb. Script.Hifpati. Mémoires de Portugal.

* S A (Dom Pantaléon) Chevalier de Malte & frère de I’Ara-baffadeur de Portugal en Angleterre, du teins de Cromwel, ayantpris querelle avec le Colonel Gérard, à la nouvelle Bourfe,retourna le lendemain bien accompagné dans le même lieu.11 y trouva des gens dont il prit l’un pour Gérard,& lui ayantcherché querelle le tua, & quelques uns de la même troupe fu-rent blelfez par fes gens. Après ceia il le retira dans la maifonde i’Ambaffadeur fon frère. Sur ce tumulte le peuple, s’attrou-pa, inveftitla maifon de l’Ambafiadeur, & menaça d’en arracherles coupables pour les livrer à la Juftice. Cromwel en ayantété informé, y envoya un Officier avec quelques Soldats,pourdemander qu’on livrât les Meurtriers. Sur cela l’Ambalfadeurfit demander audience au Protecteur qui la lui refufa. Cepen-dant le peuple faifant beaucoup de bruit & continuant à mena-cer , l’Ambafiadeur qui fe vit trop foible pour réfilter, fut en-fin contraint de livrer fon frère, avec ceux qui l’avoient accom-pagné , dans l’efpérance d’obtenir enfuite leur grâce. MaisCromwell ayant été inflexible, le Gentilhomme Portugais futdécapité dans la Tour, & fes complices, pendus à Tyburn.M. de Rapin-Thoyras, Hiji. <P Anglet. tome 9. 1 . %x. p. <57.

SAM E'N E'Z E’S (Jean-Rodriguès de) Seigneur de Séver& Matofinhos, & Seigneur Châtelain de la ville de Porto , fediftingua non feulement à la guerre, ayant paru avec honneurà l’expédition d’Azamor, au fiége d’Arzile, & au combat na-val contre les Mores près d’AIcacer, mais encore dans les Con-feils, & s’acquit aufli beaucoup de réputation par fes Poëfies,& par la connoiftance des Langues favantes. Le Roi D. Em-manuel le fit en 1516, fon Ambafladeur à la Cour d’Efpâgne,& en 1521 il lui donna la conduite de l’Infante Béatrix, quialloit épourer le Duc de Savoye. On a quelques unes de fesPoëfies, qui ont été imprimées en 1516, à Lisbonne, & il eftfûr qu’il vivoit encore en 1537, mais on ne fait pas en quelleannée il mourut. On allure qu’il parvint jufqu’à l’âge de 115ans. Il lailfa plufieurs enfans, dont l’un nommé François deSa Ménézès, fut fait en 1540, Grand Chambellan du Prince D.Jean & enfuite Garde & Confeiller de Dom Sébaftien ,qui étantparvenu â la Couronne, k nomma Grand-Maître de la MaifonS

de la Reine qu’il devoit époufer, à dans fes deux expédition*en Afrique lui confia le gouvernement du Royaume. Le Car-dinal Roi Dom Henri le fit enfuite premier Comte de Matofinrhos, & il fut aufli un des Commiflaires chargez d’examiner àqui appartenoit le droit du Royaume. Enfin il mourut fort âgéle 17 mars 1585* & laifTa diverfes Poëfies que les Curieux aePortugal gardent dans leurs cabinets.

SA DE MIRANDA (François) Chevalier de l’Ordrede Chrift en Portugal, né le 27 oétobre de l’an 1495, â Coïm-bre, y enfeigna le Droit avec réputation. Dégoûté de cetteforte d’emploi, par les difputes fréquentes de l’Ecole, il s’oc-cupa à faire des vers en fa Langue naturelle, & il y réüffit fibien , que les Portugais le confidérent lui, & leCamoëns, com-me les premiers de leurs Poètes. Il ne léüfEt pas de mêmedans les Poëfies Efpagnolesparce qu’il ne poffédoit pas biencette Langue. Il mourut Je 15 mars 1558, âgé de 63 ans, &laifTa deux Comédies, dos Vilbalpandos , & des Eftrangeiros, quiont été imprimées en 1650, i Coïmbre ; & à Lisbonne, en1595 & en 1622, avec un volume de Poëfies, dont il y a entrois éditions à Lisbonne, favolr, en 1595 , 1614 & 1677.

* Mémoires de Portugal.

S A A D A, ville d’Afie, dans l’Arabie Heureufe , dans laPrincipauté de Théma. Elle eft fituée fur une rivière environà quarante-trois lieues d’Almacarana vers le Nord Oriental. M.d’Herbelot dans fa Bibliothèque Orientale dit que Saada, ouSaadah eft une ville fituée entre celles de Hadharmamout & deSanaa, â deux cens quarante milles de la première, & à fit-vints de l’autre, félon le Chérif Al Edriifi < qui la place dan*le premier climat, & qu’on y prépare les plus beaux maroquin#de tout le Levant : on l’appelle quelquefois Sam ou Sanaa.

* Th. Corneille, Diiï. Géogr.

SAADEDDOULAT, Médecin Juif, habité & agréa-ble dans la converfation, fut éiévé environ l’an 1287, à la char-ge de premier Miniftre du Sultan Argoun. On rend ce témoi-gnage à ce Miniftre, qu’il ne fit rien perdre aux Chrétiens duce qu’ils poffédoient dails l’Empire d’Argoun. Mais il fe fer-vit de tout fon crédit pour élever fa nation & pour lui procu-rer de nouveaux établiflemens. Ainfi les Juifs d’Orieixt com-mencèrent à refpirer & à jouir des avantagés qu’ils avoient per-dus depuis longtems. Mais Argoun étant mort, on accufa leMiniftre d’Etat d’avoir empoifonné fon Maître. On égorgeadonc Saadeddoulat & on maflacra un grand nombre de Juifs.

* Bafnage, Hiji. des Juifs, &pc. tome 5. p. 1748.

♦SAADI&SADI. C’eft le nom du plus célébré Auteur

des Perfans. 11 menoit une vie de Derviche & de Solitaire qu’ilpafla pour la plus grande partie en voyages. II fut fait efclavepar les Francs dans la Terre-Sainte, & travailla en cette qüalitéaux fortifications de Tripoli. Un Marchand d’Alep le racheta decette captivité pour le prix de dix écus d’or, & lui en donnacent autres pour la dot de fa fille qu’il lui fit époufer ; maiscette femme lui donna tant de peine qu’il n’a pu s’empêcher d’eûfaire connoître fon chagrin dans fes Ouvrages, & particuliérementdans fon Gulifian. On a aufli de lui deux autres Ecrits intitulezËoflun & Molamudt. Gulfian veut dire en Perfan un Jardin ouparterre de fleurs, Brfian fe prend pour un Jardin de fruits , éfcMolama&t ftgnifie en Arabe des Etincelles , des Rayons & de#Echantillons. * D’Herbelot, Bibliotb. Orient.

SAADIAS G AON, c’eft à dire, Saadits T excellent iRabbin, vivoit au commencement du dixiéme fiécle, & étoitle Chef d’une célébré Académie des Juifs, à Sora près de Bâ-,-bylone. Il fut appellé d’Egypte dans cette Académie, par Da-vid Ben-Chair, Prince de la captivité. Il s’acquitta de fon em-ploi avec beaucoup de fuccès ; y combattit le fentiment de latranfmigration des âmes, que plufieurs Juifs croyoient; mai*s’étant brouillé avec ie Prince de la captivité, il fut obligé dedemeurer caché pendant fept ans, au bout defquds il en fortit,& fe réconcilia avec ce Prince, auquel il furvécut, & demeurapaifible poflèfleur de l’Académie de Sora. Ce fut dans fa retrai-te qu’il compofa la plupart de fes Ouvrages. Il mourut eh 943,âgé d’environ 50 ans. Il eft un des premiers qui ait réduit eaArt la Grammaire Hébraïque, vivant dans un pals où l’on par-loit la Langue Arabe, & où il y avoit des Grammaires- de cetteLangue. Nous n’avons point fa Grammaire ; mais on juge patles Ouvrages de cet Auteur, qu’il a été peu exaft dans cet Art,pour s’être trop préoccupé des fubtilitez puériles de la Cabale.Il a écrit un livre de la Théologie des Juifs,intitulé, SeplerHaf*munotb, c’eft à dire, Livre de la Créance, où il traite des prin-cipaux articles de leur créance. On ne le trouve guéres qu’enHébreu de Rabbin, quoique l’Auteur l’ait compofé en Arabe;& il y a quelques fentimens particuliers : il a été imprimé àConftantinople en 1647. Il y traite de Dieu, du Monde, desAnges, de la Réfurreétion, & de la Promulgation de la Loi. Ila encore fait une explication du livre Jetfira, imprimé à Man-toue en 1592, un Commentaire fur les** alliances illicites, dontAben Efra fait mention, & un Commentaire fur Daniel, inférédans les grandes Bibles Hébraïques. On lui attribue une Ver-fion Arabe de l’Ancien Teftament, dont le Pentateuque a étéimprimé par les Juifs de Conftantinople, en caraétéresHébreu»Il a été depuis réimprimé en caraétéres Arabes, dans les BiblesPolyglottes de Paris & de Londres, avec quelques changemens.Cette Vcrfion Arabe du Pentateuque, qui a été traduite enLa-A