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7 (1740) Lettres P - SEG
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Ifraëlites. On voit dans leurs livres l’Hiftoire d’Abraham & desautres Patriarches : ce qui n’eft pas furprenant, puis qu’Abra-ham étoit Chaldéen. Ils ont auiîi les Hiftoires d’Adam, deSeth & des autres Patriarches, mais pleines de fiétions, outred'autres livres qui portent le nom d’Adam, dont Abraham Ec-chellenfis a parlé dans fon Eutycbius vindicatus, écrits en langa-ge Chaldéen, mais en des caraétéres fort différens de ceux desChaldéens. On trouve dans la bibliothèque de M. Colbertquelques uns de ces livres manufcrits qui ont été apportez duLevant. Le Père Ange de Paint Jofeph, Religieux Carme,quia été Millionnaire dans le Levant, parle dans tes Ouvrages at-fez au long de ces Sabéens, qu’il prétend être les mêmes queceux qu’on appelle Chrétiens de Paint Jean , & un relie des an-ciens Chaldéens ou Sabéens. Selon cet Auteur on les appelleMendai, c’eft à dire, félon leur interprétation, Bendëbai ouCréatures du Vivant. Mais d’autres Ecrivains veulent que Men-dai foit un nom Chaldéen qui lignifie yvieçixbç Gnojlique, commefï les Sabéens d’aujourd’hui étoient un relie des anciens Gnolli-que. Pour appuyer ce fentiment, ilsdifent que les anciens Gno-ltiques n’étoient Chrétiens que de nom , mais Philofophes eneffet ; qu’ils fuivoient la Philofophie & les rêveries des Chal-déens fur l’Ailrologie; & qu’ils ont eu des livres d’Adam, deSeth & de plulieurs autres Patriarches. Ils remarquent de plus,comme une chofe fort linguliére, que la Langue Chaldaïquedes Sabéens exprime les voyelles. Par exemple , la voyelle a,par un aleph , la voyelle*, par un jod ; & qu’ils n’écriventpoint par abbrégé, comme on fait dans l’Hébreu, l’Arabe, leChaldéen & le Syriaque, où l’on fupplée par certains pointslorsqu’on veut les marquer. Au relie , ces peuples adorent lefoleil, comme le plus grand des Dieux; la lune , comme la pre-mière DéelTe, & les étoiles, comme des Dieux inférieurs. Cettereligion a infeété une bonne partie de l’Orient. Mahomet en par-le dans fon Alcoran, & accorde aux Sabéens les mêmes privi-lèges qu’aux Chrétiens. Ces Idolâtres font appeliez de diversnoms; mais qui délignent tous une même forte de gens, ouqui ont peu de différence entre eux. On leur a donné le nomde Chaldéens, de Nabathéens, de Chananéens, &c. 11 y aquelques Aflrologues & quelques Médecins de cette Seéte àConllantinople ; mais dans le Royaume de Perfe, vers la merde Tabariftan, ils font en grand nombre. Ils ne font pas tropperfuadez de l’immortalité de l’ame, ni des peines ou des récom-penfes de l’autre vie. Ils ne fe vengent guéres des injures, nides outrages qu’on leur fait, parce qu’ils regardent tout celacomme des effets naturels des influences céleftes, & n’en fontpas plus irritez que nous le fommes, lorsque nous fentons tom-ber une groffe pluye fur nous, ou lorsque l’ardeur du foleilnous brûle dans le fort de l’été. Ils s’appellent entre euxMendai, & outre l’Arabe, ils parlent une forte de Chaldéencorrompu , qu’ils écrivent avec des caraétéres particuliers ; maisil n’y a guéres que leurs Sacrificateurs qui le fâchent lire &écrire. Ces Sacrificateurs fe nomment Scbeicbs, c’efl à dire, Vieil-lards, & obéïffent à d’autres fouverains Sacrificateurs, Moinesou Evêques, qu’ils appellent Cbanzebra. Ils croyent qu ’ljfa,que nous interprétons Jefus, efl l’ame de Dieu, c’efl à dire,fon bien-aimé ; & qu’il n’efl point mort, mais que les Juifs ontcrucifié un fantôme en fa place. Us ont trois facrifices, dont lepremier efl de pain, de vin & d'huile ; le fécond, d’une poule ; letroifiéme, d’un mouton.

Ceux qui appellent les Sabéens, Chrétiens de faint Jean, fefondent fur ce qu’ils honorent ce faint Prophète; mais ils fontplus Gentils que Chrétiens. Il y en a quantité dans le Curdi-lian, Province de la Perfe, & à Balfora dans l’Arabie Deferte.Us reçoivent le Batême en mémoire de ce que faint Jean batifa Je-fus Chrifl; mais ils ne batifent point au nom de la fainte Tri-nité. Us reconnoiffent feulement quatre Sacremens, le Batê-me, l’Euchariftie, l’Ordre & le Mariage; mais ils n’admettentni la Confirmition, ni l’Extréme-Onétion, ni la Pénitence. Dansleur Euchariflie, qui n’efl Sacrement que de nom , non plusque leur batême, ils nedifent point les paroles delà confécra-tion fur l'hoflie , mais feulement quelques prières. Us fontleurs hofties de farine détrempée avec du vin & de l’huile.Pour le vin de leur confécration, ils le tirent de raifîns fecs,bumeétez dans de l’eau , qu’ils preffent; & c’eft ce même vindont ils ufent pour détremper la farine de l’hoflie. A l’égardde l’Ordre, ils ont des Miniftres fupérieurs & inférieurs; maisce font les enfans qui fuccédent à leurs pères ; ou au défautdes enfans, ce font les plus proches parens,& toute la cérémo-nie de leur confécration confifle en quelques prières, qu’un au-tre Miniftre dit fur celui qui reçoit cette dignicé. Pour le ma-riage, leur cérémonie eft de faire jurer à l’époufe qu’elle eflvierge: après ce ferment, le Miniltre batife l’époux & l’époufe,& les fait mettre dos à dos , & lit quelques prières. Les Mi-niftres aulîi-bien que les Laïques, peuvent avoir chacun deuxfemmes. Leur MelTe confifle en quelques oraifons, & à com-munier de leur hoftie préparée & confacrée à lenr mode , & deleur vin fait de raifîns fecs. Outre le Dimanche , ils ont voisFêtes en l’année; la première, au premier jour de l’an, qui du-re trois jours, en mémoire de la création d’Adam; la fécondé,au commencement du quatrième mois, qui fe célébré auflï pen-dant trois jours, en l’honneur de faint Jean-Baptifle; & la troi-fféme , au commencement du feptiéme mois, qui dure cinqjours, en mémoire du batême de Jefus Chrifl, qui fut batiféparfaint Jean. Us fe font tous batifer pendant ces cinq jours ,& ilsappellent cette dernière Fête Pendgia. Us ne connoiffent pointd’autres Saints que faint Jean-Baptifle , faint Zacharie fon père,& fainte Elizabeth fa mère; & ils n’honorent Jefus Chrifl, quecomme ferviteur de S. Jean. Ils croyent qu’il y a un Paradis& un Enfer; mais ils n’admettent point de Purgatoire; & ils di-fent que les méchans après leur mort, paieront par un chemin

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étroit, bordé délions , de ferpens & de dragons, qui les dévo-reront ; mais que les bons pali’ant par ce chemin , ne feront pasmême épouvantez par ces bêtes farouches, & qu’ils iront jouïrdu Paradis,qu’ils rempliffent de toutes chofes agréables à l’hom-me, & capables de contenter les fens, fuivant les rêveries del’Alcoran , dont ils ont pris plufit-urs fablps, qui font une bonnepartie de leur créance, lis ne mangent point de la chair des ani-maux tuez par ceux qui ne font pas de leur Religion , & leursMiniftres leur fervent de Bouchers ; car ce font eux qui tuentles poules , les moutons , & les poilfons dont ils mangent. Usne voudroient pas boire non plus dans un vafe qui auroit fer-vi à un autre qu'à un Sabéen, parce qu’ils s’imaginent que tousles autres hommes font profanes. Leur année ell compofée detrois cens foixante-fix jours; à favoir , de douze mois, de tren-te jours chacun, & de fix jours furnuméraires. En 1665 , lefécond jour de novembre ils comptoient le vintiéme de leur pre-mier mois: de forte qu’il falloit que leur année eût commencéle quatorzième d’oétobre. * M. Thévenot, Voyage du Levant,tome 2. Vanfleb , Relation de Perfe. Le Père Ange de faint Jo-feph , DiJJ'ertation fur la Religion des Sabaïtes , en 1680. Ricaut,de l’Empire Ottoman.

Anciennement toutes les nations qui adoraient les fimulacresétoient comprifes fous le nom de Sabéens. Les relies de cetteSeéte fubfillent encore dans l’Orient fous le nom de Sabéensqu’ils prétendent avoir reçu de Sabius, fils de Seth. Une deschofes qui leur a attiré le plus de confîdération parmi les peuplesd’Orient, c’efl que leurs meilleurs Aflronomes ont été de cetteSeéte, comme Thebes Eba, Korrah , Albathni & d’autres. CesSabéens employoient dans la confécration de leurs fimulacres, ungrand nombre d’enchantemens, pour y attirer du Ciel ces In-telligences pour lesquelles ils les érigeoient, & dont ils croyoientque la vertu & les influences y réfidoient enfuite. C’eft de làqu’efl venue la folie des Talismans, dont quelques perfonnesfont encore aujourd’hui tant de myflére. * Prideaux, Hijl. desJuifs , tome i.p. 323. Selon Houffain Vaès, dans fa Paraphra-l'e Perfienne de l’Alcoran, les Zabiens ont diverfes obfcrvance*tirées du Judaïfme, du Chriltianifme & du Mahométifme : ils ho-norent les Anges d'un culte religieux ; ils lifent les Pfeaumesde David; ils prient tournez, tantôt au Midi & tantôt au Septen-trion. Il y en a qui croyent qu’ils font dans les principes desSaducéens ; ils ont auffi , dit m. d’Herbelot , un livre qu’ils at-tribuent à Adam, & qu’ils regardent comme leur Bible , & dontles carafléres fon tout à fait particuliers, mais dont la Langueefl prefque entièrement Chaldaïque. Ben-Schunab, Auteur Per-fan,.nous dit encore quelque chofe de plus précis fur les Sa-béens, qu’il nomme Sirians ou Syriens. Us font, félon lui , lesDefcendans de la plus ancienne nation du monde, & parlentencore aujourd’hui au moins dans leurs livres , la Langue d’A-dam & de fes enfans. Us ont reçu leur Religion & leur Loi deSeth & d’Enoch, dont ils prétendent avoir encore aujourd’huiles livres remplis d’inflruélions morales pour fuir le vice & pra-tiquer la vertu ; ils prient Dieu fept fois le jour, avec une ap-plication fl férieufe , qu’ils n’y mêlent aucune autre aftion ; ilsjeûnent pendant le cours entier d’une Lune , depuis le leverjufqu’au coucher du Soleil, fans boire ni manger chofe quel-quonque; ce jeûne finit toûjours à l’équinoxe du Printems; ilshonorent le Temple de la Méque & ont auffi beaucoup de re-fpeét pour les pyramides d’Egypte , à caufe qu’ils croyent queSabi , fils d’Edon ou d’Enoch, efl enterré fous la troifiéme;mais leur principal pèlerinage fe fait en un lieu proche de 11a-ram , qui efl l’ancienne Carra en Méfbpotamie , que quelquesuns croyent être le lieu de la nai.llance d’Abraham, & qui eflcertainement le lieu , d’où il partit pour fe rendre avec toute fafamille dans la terre de Chanaan ; quelques uns veulent que lesSabéens refpeélent particuliérement ce lieu à caufe de Sabi, filsde Mari, qui vivoit du tems d’Abraham , & duquel ils tirentplus -probablement leur origine & peut être leur Religion , quede Sabi, fils d’Enoch, qui vivoit avant le Déluge. Ben-IIazem,dit que la Religion des Sabéens efl non-feuletnent la première& la plus ancienne, mais auffi la générale & la feule Religiondu monde jufqu’au tems d’Abraham, duquel toutes les autresReligions font defeendues ; & les Arabes dans toutes leurs Hi-floires, difent ordinairement que les anciens Perfes, Chaldéens,Aflyriens, Grecs, Egyptiens, & Indiens, étoient tous Sabéens,avant qu’ils euffent embraffé le judaïfme, leChriflianifme , oule Mahométifme, & les Chrétiens orientaux ne font point dedifficulté de dire, que le grand Conflantin quitta la Religiondes Sabéens pour prendre celle des Chrétiens. * Dom Calmet,Diü. de la Bible dans l’article ZABIENS.

SABELLICUS, (Marc-Antoine Coccius) naquit versl’an 1436, à Vicovaro, petite ville d’Italie fur le Tévéroné,à qui il donna le premier le nom de Viens Varronis, pour le ren-dre plus célébré, au lieu qu’il s’appeiloit Valeria , ou Viens Va-lerius. Le nom de fa famille étoit Coccius, dont il fit Cocceiuspour le rendre plus Romain. Son père fe nommoit , étoitaccommodé des biens de la fortune & avoit fervi fous RobertUrfini ; fa mère fe nommoit Cœcia. 11 alla fort jeune à Rome,où il étudia quelque tems fous Gafpard de Vérone,& fous Por-cellio, Napolitain. U prit enfuite des leçons de Domitio Cal-derino, fous lequel il aquit une grande facilité de faire de*vers. La réputation avec laquelle Pomponius Lætus enfeignoitalors à Rome, l’engagea à étudier auffi fous lui, & il le fit a-vec tant de fuccès, que ce Savant le mit de fon Académie & luifit prendre un nouveau nom, favoir celui de Sabellicus. .11 quit-ta enfuite Rome pour aller enfeigner la JeunefTe àUdine, oùon ledemandoit: cela arriva vers l’an 1475 - H ne tailla pas d é-tudier la Logique, les Mathématiques & le Grec. La pelle 1 o-bligea de fe retirer à Triefle. U fut appel lé à Venife en 1484,pour y enfeigner les Belles Lettres ; mais la pelle 1 obligea peuA3 e