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7 (1740) Lettres P - SEG
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4 SAB.

leurs Sabbats ou leurs Fêtes, depuis un foir jufqu’à l’autre. LesJuifs lifoient, & ils lifent encore dans leurs Synagogues , tousles jours du Sabbat, la Loi, qui leur elt expliquée par les Do-cteurs ou Rabbins, & paffent ce jour-là en prières. Les anciensJuifs obfervoient même avec exaétitude la ceffation de toute œu-vre en ce jour & la pouffoient même jufqu’au fcrupule, commeJefus Chrilt le leur reproche dans l'Evangile. On lit dans THi-’ltoire des Machabées, que les Juifs étant attaquez un jour deSabbat, fe Différent malfacrer plutôt que de combattre. MaisMathathias fitconnoître aux Juifs qu’il ne falloit point faire dif-ficulté de fe défendre , quand on étoit attaqué le jour du Sab-bat , I. Macbabées , ch. 2. Les Rabbins ont marqué exaétementtout ce qui leur elt défendu de faire pendant le jour du Sabbat:ce qu’ils reduifent à XXXIX chefs , qui ont chacun leurs dépen-dances. Ces XXXIX chefs font ainfî rapportez par R. Léonde Modéne. Il leur elt défendu de labourer , de femer, demoiffonner, de boteler & lier des gerbes, de battre le grain,de vanner, de cribler, de moudre , de bluter, de paîtrir, decuire, de tordre, de blanchir, de peigner ou de carder, défi-ler, de retordre, d’ourdir, de taquer, de teindre, de lier, dedélier, de coudre, de déchirer ou mettre en morceaux, de bâ-tir, de détruire, de frapper avec le marteau, de chaffer ou depêcher, d’égorger , d’écorcher, de préparer & racler la peau,de la couper pour en travailler, d’écrire, de raturer, de réglerpour écrire, d’allumer, d'éteindre , de porter quelque chofed’un lieu particulier en public. Ces XXXIX chefs renfermentdiverfes efpéces ; par exemple, limer, elt une dépendance demoudre ; & les Rabbins ont expofé toutes ces efpéces avec degrands raflinemens. Quoiqu’ils ne puiffent allumer de feu cejour-là, ils peuvent néanmoins fe fer vir, pour leur en allumer,de quelqu’un qui ne foit pas Juif; mais ils n’apprêtent ni nefont cuire aucune chofe pour manger ; il ne leur elt pas per-mis de parler d’affaires , ni du prix de quoique ce foit; d’ar-rcter aucune chofe qui regarde l’achat ou la vente, ni de don-ner, ni de recevoir. Ils ne peuvent fortir plus d’un millehors de la ville & des fauxbourgs. Le Sabbat commence chezeux , environ une demi-heure avant le coucher du foleil , &alors toutes ces défenfes s’obfervent. Les femmes font obli-gées d’allumer dans la chambre une lampe qui a d’ordinaire fixlumignons, ou au moins quatre, & qui dure une grande par-tie de la nuit. De plus, elles dreffenr une table couverte d’u-ne nappe blanche , & mettent du pain deffus , qu’elles cou-vrent d’un autre linge long & étroit: ce qu’ils font, difent-ils,en mémoire de la manne qui tomboit de la forte, ayant de larofée deffus & deffous ; & le jour du Sabbat il ne pleuvoit point.* Voyez Léon de Modem , Cérémonies des Juifs.

SABBAT (Le) fe prend aufli quelquefois pour toute lafemaine ; & en ce fens le premier jour de la femaine eft ap-pellé prima Sabbati , & les autres de fuite. Il fe donne aufliquelquefois généralement à toutes les Fêtes des Juifs. * Mat-thieu, ch. 28. v. 1. Marc, cb. 16. v. g. Luc, cb. 24. v. 1. Jean,cb. 20. v. 1 £? 19.

SABBAT AIRES , Seétateurs de SAB B A TIU SJuif d’origine.

SABBATIQUE, fleuve imaginaire de la Judée , cef-foit, dit-on, de couler tous les jours du Sabbat. Baroniusparlant de ce fleuve au fujet de la fontaine de Siloé, accufe Plinede s’être trompé, parce que Joféphe affure qu’après avoir cefféde couler pendant fix jours, il recommence à paroître le feptié-me jour. Mais tous les Rabbins qui ont fait mention de cet-te Hiftoire ou de cette fable , difent la même chofe. que Pli-ne. Selon Elie le Grammairien, on l’a appellé Sabbathicus , àcaufe qu’il ceffe de couler, & femble fe repofer le jour duSabbat ou du repos. Au relie, ce fleuve, félon quelques Au-teurs, n’ell autre que l’Eleuthére dont parle Strabon. Les Juifs,qui font inventeurs de cette fable, difent que les dix Tribusfont retenues en captivité au delà de ce fleuve, que l’on nepeut pafftr que le jour du Sabbat. * Pline, l. 31. c. n. Ba-ronius, ann. 33. n. 37. Joféphe , Guerres des Juifs, l. 7. c. 23.Cafaubon , in Baronium. Voyez Buxtorf, Di &(. Thalmudicum, furle mot Sambatbion.

Dominique Magri dans fon voyage qu’il fit en Syrie,âgé dedix-neuf ans, affûre qu’étant arrivé au bord du fleuve Sabbathi-que avec fa caravanne, un jour de vendredi, 21 juin au foir,il vit le fleuve fe tarir vers le coucher du Soleil du vendredi, &demeurer à fec jufques au lendemain, que la caravanne étantpartie, il n’eut pas le loifir de voir fi le famedi au foir, lors-que le repos du Sabbat feroit paffé, le fleuve recommenceroit àcouler. Ce Voyageur cite les Marchands de fa caravanne &les Païfans des environs du lieu, pour témoins de ce qu’il a-vance, & il en conclut que Joféphe fe trompe lorsqu’il ditque ce fleuve ne couloit que le Samedi. *DomCalmet, Ditl.de la Bible.

5 A B B A T I Q U E (Année). Chaque feptiéme année chezles Juifs étoit appellée Sabbatique. On laiffoit en cette année-là repofer la terre , & il n’étoit pas permis de la cultiver, ni defemer, ni par conféquent de faire aucune moiffon. Les Efcla-ves dévoient, cette année .être mis en liberté. Il n’étoit pointpermis de demander aux débiteurs ce qu’ils dévoient: c’elt pour-quoi elle étoit aufli appellée année de rémijfion. * Deuteronome ,ch. 15. v. 1. 2. 3.

SABBATIUS, étoit Juif d’origine. S’étant fait Chré-tien dans la Seéte des Novatiens, il y fut ordonné Prêtre parMarcien leur Evêque, qui avoit fuccédé à Agelius à Conftanti-r.ople vers l’an 383- Sa converfion à la foi ne lui fit pas renonceraux pratiques des Jùifs.&il demeura toujours fort attaché à l’ob-fervation de la Loi Judaïque. Sa vie étoit fort réglée & mêmeauffére; mais il étoit ambitieux, & defiroit d’être Evêque. Dans«e deffein il s’affocia deux Evêques de fa Seéte, Thérétifte &

SAB.

! Macaire, réfolu de fuivre ce qui avoit été arrêté touchant laPâque, dans un Concile des Novatiens tenu à Paze fous le ré-gne de Valens, favoir, que l’on fe conformeroit au calcul desJuifs pour la célébration de cette Fête, excepté qu'on la célé-brerait toujours le dimanche. Paze étoit une petite ville dePhrygie : le Decret du Concile qu’on y avoit tenu, paroît n’a-voir été qu’un prétexte que Sabbatius avoit cherché pour fai-re fchifine & fe former un parti. Mais il en allégua un autre:il dit qu’il ne fe féparoit de l’Eglife que pour fuivre une plusgrande perfection. Marcien voyant qu’il commcnçoit à tenirdes affemblées à part, fe repentit de l’avoir ordonné Prêtre, &difoit, „11 eût mieux valu mettre mes mains fur des épines, que„ de les impofer fur fa tête. ” Cependant, comme il vit queSabbatius divifoit les Novatiens, il affembla un Concile des E-vêques de fa Seéte à Sangaré, port de mer dans la Bithynieprès d’Hélénople. Sabbatius y fut mandé. On l’interrogea furle fujet de fon mécontentement, & il dit qu’il venoit de ceque l’on n’obfervoit pas le Decret du Concile de Paze touchantla Pâque. Marcien & les autres Evêques fe doutérentbien quefon mécontentement avoit une autre caufe, & que fon véritabledefir étoit de parvenir à l’épifcopat. Pour rompre fes mefures,on lui demanda qu’il fît ferment de n’accepter jamais cette digni-té. Il le fit : & aulfl-tôt le Concile, qui vouloit lui ôter tout pré-texte de fe divifer, fit un Canon qui fut furnommé Y Indiffèrent,par lequel il fut ordonné que chacun célébreroit la Pâque teljour qu’il voudroit, pourvu que l’on ne quittât point les affem-blées, & que l’on ne fe féparât point des autres. Parce Décretils violèrent la difcipline que le Concile de Nicée avoit cru de-voir établir d’une manière uniforme dans toute la terre. Maisleur condefcendance en ce point , n’étant pas l’effet d'unevraye charité,n’eut que de fâcheufes fuites. Sabbatius,quoiqu’un!de communion avec les autres Novatiens , ne voulut pas s’ac-corder avec eux fur la célébration de la Pâque ; & quand laPâque commune ne s’accordoit pas avec la fienne , il prévenoicla commune, faifant en fon particulier le jeûne & les autres cé-rémonies de cette Fête. Divers Novatiens de Phrygie & deGalatie fuivirent fon exemple, & mirent ainfî le trouble dansleur Seéte. Sabbatius fe fépara même ouvertement de Sifinniusqui avoit fuccédé à Marcien, fous le même prétexte de célébrerla Pâque avec les Juifs, & tint fes affemblées à part. On ra-conte de lui que lifant un jour publiquement cet endroit de l’E-vangile, La Fête des Azymes qu'on appelle Pâque approchait , il yajoûta comme texte de l’Evangile , Maudit eji celui qui fait laPâque hors les jours des Azymes. Plufieurs Laïcs ignorans fe laiffé-rent tromper par cette fourberie, mais la fauffeté en fut bien-tôt découverte. Comme il célébrait la Fête de Pâque avecquantité de monde qu’il avoit féduit, il fe répandit un bruitparmi eux, que l’Evêque Sifinnius venoit les attaquer à mainarmée. La frayeur s’étant faille de la multitude, ils fe prefférentfi fort de fortir, qu’ils s’étouffèrent les uns les autres, & il yen eut foixante & dix qui y perdirent la vie. Cet accident fitabandonner à plufieurs le parti de Sabbatius, mais il eut tou-jours des Difciples. Après la mort de Sifinnius, arrivée fur lafin de l’an 407, comme on vouloit mettre en fa place Chryfan-te, & que celui-ci pour l’éviter, demeuroit caché, Sabbatiusprit ce tems pour fe faire Evêque, & fe fit ordonner, malgréle ferment qu’il avoit fait de ne pas même accepter l’épifcopat.Cette tentative ne lui réuflit pas : les Novatiens indignez defon ambition, continuèrent à chercher Chryfante,& firent ban-nir Sabbatius à Rhodes, où il finit fes jours. * Socrate, Hijlor.I. 7. Baronius , dans fes Annales fous l’an de Jefus Chrilt 391.n. 7. Sanderus, Hæref. 88. Dom Remi CeilYier, Hiftoire des Au-teurs facrez profanes , tome 5. Godeau, Hiftoire Ecclef. £?c.

SABBATIUS, Hermite & Magicien , fuccéda dans laprofeflion de Devin, au Solitaire qui avoit prédit que Léonl 'Arménien parviendroit à l’Empire, & refufa les préfens que cetEmpereur envoyoit à ce Devin, qui étoit mort,déclarant à ce-lui qui les apportoit, qu’il n’acceptoit point les préfens d’unIdolâtre. Il eut la hardieffe d’écrire à Léon, & de iui prédire,en contrefaifant le Prophète, qu’il perdroit bientôt l’Empire& la vie, s’il ne détruifoit les idoles, en aboliffant les imagesque les Chrétiens adoroient. Ces menaces firent prendre à Léonla réfolution d’interdire le culte des images, & de renouvelerla perfécution contre ceux qui le pratiquoient, l’an de JefusChrilt 814. * Maimbourg, Hift. des Iconoclaftes.

SABBATIUS, Evêque dans les Gaules, avoit compoff,à la prière d’une vierge confacrée à Dieu, nommée Seconde ,_ unlivre de la Foi contre Marcion , Valentin , Aëtius & Eunomius,dans lequel il prouvoit l’unité d’un Dieu , la vérité de la chairde Jefus Chrilt, & la confubllantialité des trois Perfonnes Di-vines. Nous n’avons plus cet Ouvrage dont Gennade fait men-tion , de Script. Eccl. c. 1.

S AB B ATO, rivière du Royaume de Naples, qui a fafource dans la Principauté Citérieure, traverfe l’Ultérieure, re-çoit le Calore, un peu au deffous de Benévent, & va fe join-dre au Volturno, dans la Terre de Labour. *Maty, DiÜ.Geogr.

SABBETHAI. Voyez S A B A T H A I.

SAB E'ENS ou SABIENS, nom d’une certaine Seéte,mêlée du Chriltianifme , du Judaïfme , de la réligion des Turcs,& des fuperltitions Payennes. R. Moïfe avoit lu plufieurs li-vres Arabes que nous n’avons plus, qui donnoient une con .J 1 , 7fance affez exacte de ces Sabéens. Il dit qu’Abraham aV01 .élevé dans la Religion de ces Sabaïtes, qui étoient ] e ? a " ,

Chaldéens, lefquels n’adoroient point d’autre Divinit qfoleil & les affres; & qu’Abraham s’oppofa enfuite, ,, .

cette créance , en établiffant un feul Dieu , auteur de ’

& qui gouverne tout par fa providence. C’elt ce ^

Moïfe a inféré plufieurs chofes dans fes livres, P a *j ner i esdogmes de ces Chaldéens ou Sabéens, pour en iffaë