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7 (1740) Lettres P - SEG
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de tems après de fuir à Vérone pour remettre en fûïeté. Il ycompofa fon Hiftoire de Venife, qu’il fit imprimer à fon retourdans cette dernière ville. Il fut le premier chargé du foin dela bibliothèque de Saint Marc, que le Cardinal Beffarion avoitdonnée à la République. Les infirmitez aquifes par le travail& par fes débauches ; l'engagèrent à préfenter en 1505, une re-quête au Sénat, pour le fupplierde le décharger de fon emploi& de lui accorder une penfion de deux cens ducats, ce qui luifut accordé. Il mourut le 18 avril 1506, d’une maladie hon-teufe, comme Latomus l’a marqué dans cette Epitaphe qu’il luia faite,

Magnus in hoc tumulo jacet ille Sabellicus, orbisCujus ad ingenium non fatis mus erat.

Tempora perfnodicis incluferat omnia cbartîs,

Servire exemple que potuere aliquo.

în venere incerta tamen bic contabuit, atqueMaluit Italicus gallica fata pati.

Qiiid juvat humanos fcire atque evolvere cafus ,

Si fugienda facis , facienda fugis.

Paul Jôve rapporte une Epitaphe que Sabellicus avoit lui mêmecompofée pour être gravée fur fon tombeau. La voici,

Quem non res bominum, non omnis ceperat atasScribentem, capit biec Coccion urna brevis.

Ses ouvrages font, De vetujlate Aquileia libri fex ; Rerum Fene-tarum Hijloria ; De Fenetis Magijlratibus ; Annotationes in Plinium ,

; Valerius Maximus ex recenjione Sabellici, £?c. ;Suetonius cumParapbraji, &c. ; De Officia Prêtons; De Fenetis urbis Jitu; DePatine Lingue reparatione ; De Officia Scribe ; Rapfodie HijloriarumEnneades. Il y a encore de lui des Poèmes, des Lettres, & desHarangues. Il eut un fils naturel qui mourut au commencementde l’an 1506. Les Ouvrages de Sabellicus ont été imprimez enquatre volumes, in folio en 1560. * ApoftOlo Zeno, dans la Fiequ'il a mife à la tête de l'Hift. de Fenife de Sabellicus, imprimée en1718. Le Père Nicéron, Mémoires pour fervir à ÏHift. des HommesIllujlrcs , tome 12. p. 144 Çÿfuiv. Paul Jove, inElog. c. 42. LéandreAlberti, Defcr. Ital. Bembo, l. 4. Epiji. 4. Philippe de Berga-me , Suppl. Cbron. 1 .16. Bellarmin, de Script. Eccl. Louïs Vivès,de tradendis Difcipl. I. 5. Pierre-George Chalcedoni, en fa Fie.Voflius, de Hijl. Lat. I. 3. Gefner , in Bibliotb. PoiTevin, injippar. Sacro. Pierius Valerianus, de Infelic. Litterat. I. 1. p. 28.Bayle , Dict. Crit.

SABELLIENS, Hérétiques. Foyez l’article de SA-B E L L IU S qui fuit.

SABELLIUS, Héréfiarque, Chef des Sabelliens, étoitde Ptolémaïde, ville de Libye ; & après avoir été Difciple deNoëtus de Smyrne , il répandit fes dogmes vers l’an 250. Con-fondant les Perfonnes de la Trinité, il enfeignoit qu’il n’y avoitpoint de diftinétion entre celles-ci; mais qu’elles étoient une,comme le corps, l’ame &l’efprit, ne font qu’un homme; d’oùil s’enfuivoit que le Père & le faint Efprit avoient feuffert lamort, aufli-bien que le Fils : ce que Noëtus avoit déjà enfeignéaprès beaucoup d’autres. Tertullien attribue cette erreur àPraxéas ; 8c l’héréfîe de Sabellius fubfifta aiTez long-tems dansl’Orient, où fes Difciples étoient appeliez Noëtiens & Sabelliens.Marcel d’Ancyre & Photin furent accufez de la renouveller enOccident : ils étoient connus fous le nom de Patripaffiens. Ondit qu’un apoftat Efpagnol l’a enfeignée en Angleterre au com-mencement du XVII fiécle. Les Sociniens, qui n’admettentqu’une feule perfonne en Dieu, ne diftinguant pas le Verbe &le faint Efprit du Père, font en cela conformes aux Sabelliens.Saint Epiphane ajoûte que Sabellius avoit puifé cette erreurdans les livres apocryphes, & particuliérement celui qu’ils nom-moient l 'Evangile des Egyptiens, où Notre-Seigneur eft introduit,enfeignant à fes Apôtres , que le Père & le Fils n’étoient qu’u-ne Perfonne. Saint Denys à’Alexandrie compofa d’excellensTraitez contre cette erreur, qui fut condamnée dans diversConciles, & entre autres dans le Concile d’Alexandrie, l’an261. * Saint Epiphane, Her. 57 £? 62. Saint Auguftin, Her.36 £? 41. Eufébe, de Préparât. Evang.l. 7. Baronius, A. C.260. n. 6i&fuiv. Godeau, Hijl. Eccl. Gautier, Cbron. feculiXFH. cb. 24. M. Du Pin, Bibliothèque des Auteurs Eccléftafli-ques.

SABELLUS, Poëte Latin, qui vivoit du tems de Do-mitien 8c de Nerva, publia des Ouvrages très - impurs , versi’an de Jefus Chrift 96. * Martial parle de lui, l. 12. Epigr.

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S A B E'O , connu fous le nom de Faustus Sabe'us , né deparens obfcurs, à Chiari dans le territoire de BrefTe en Italie,fut appellé à la Cour de Rome par le Pape Léon X, qui le fitGarde de la bibliothèque du Vatican. Peu après, il fut envoyéen Angleterre & en Irlande, pour y chercher dans les monafté-res divers Manufcrits qu’on y confefvoit, &‘fit d’autres voya-ges pour l’augmentation de cette bibliothèque ; mais il eut lemalheur de perdre le Pape fon patron, & revint à Rome, oùil vécut affez pauvrement, fans pouvoir obtenir aucune récom-penfe de fes fervices. Depuis il publia une Cofmographie, &en 1556, cinq livres d’Epigrammes, qu’il dédia au Roi Hen-ri II, dont il eut une chaîne d’or qui valoit plus de cent pifto-les, 8c quelques autres préfens. Ce fecours vint fort à propospour Sabéo , qui mourut âgé de 80 ans, fous le pontificat dePaul IV, vers l’an 1558. * Bayle, DiSt. Crit.

* S A B I A (Le port de) port d’Afrique dans le Royaumede Tripoli, fur la pointe occidentale du Golfe de Sidra ou de

SAB.

là Sidre. * M. Delifie , Carte de la Barbarie, de la Nimtie fc?de la Guinée. ù

S A B I N (Saint) Evêque d’AIïïfe , Martyr dans le tems de laperfécution de Dioclétien , avec Marcel & Exupérance fes Dia-cres, fut arrêté avec eux par ordre de Vénuftien, Gouverneurd’Ombrie. Marcel & Exupérance moururent dans les tourmens.Sabin, après avoir refufé de facrifier aux idoles, demeura ren-fermé dans la prifon , où il guérit le petit-fils d’une veuve quil’afliftoit. Vénuftien, touché de ce miracle fe convertit & fefit batifer ; avec fa femme & fes enfans. Maximien Herculeayant appris ce changement de Vénuftien, en fut tellement ir-rité , qu’il envoya aufli-tôtà AlEfe un Tribun nommé Luce, a-vec ordre de lui couper la tête. Luce, après avoir fait cetteexécution, fit fouetter Sabin jufqu’à ce qu’il eût rendu l’ame.La Fête de ce Saint eft marquée dans le Martyrologe de Ilabanau feptiéme décembre ; cependant on la fait à préfent avec cel-le de fes compagnons, au 30 de ce mois. Saint Grégoire leGrand parle d’une chapelle bâtie en fon honneur, près de laville de Fermo, où il fit mettre de fes Reliques , qu’il avoit1 demandées à Chryfanthe, Evêque deSpoléte. Il fait aulfi men-tion d’un monaftére fondé en fon honneur dans le diocéfe decette ville. Paul Diacre nous apprend que les Soldats Chrétiensavoient foin d’invoquer faint Sabin , lorsqu’ils alloient à laguerre. Aüa apud Bollandum. Grégoire le Grand, l. 7. Epiji. 7273. £? /. n. Epiji. 20. Paul Diacre, de Gejl. Longobard. I. 4. <■.17. Baillet; Fies des Saints.

SABIN (Mafurius) Chevalier Romain. Foyez M A S U-RIÜS SABINUS;

SABIN, Sabinus, Evêque de Plaifaiïce, célébré par fa do-ftrine 8t par fa piété; aififta au Concile d’Aquilée en 381 &fut fort confidéré de faint Ambroife, qui le prenoit quelque-fois pour Juge de fes Ecrits. S. Grégoire le Grand rapportequelques uns de fes miracles, & le Martyrologe fait mentionde lui fous le onzième décembre.

S AB'IN, Sabinus, Evêque d’Heraclée, & Hérétique Macé-donien , vivoit fur la fin de l’Empire de Théodofe le Grand,vers l’an 395, & fit un recueil des Aétes de divers Concilesqu’il publia, comme nous l’apprenons de Socrate. QuelquesAuteurs ont cru qu’il pouvoit être le même que cet autre Sa-bin, Moine, qui avoit compofé un Abbregé de tous les Syno-des généraux & provinciaux ; mais il y a peu d’apparence. ’ ,t So-crate, l. 1. c. 5. I. 5. c. n.&fuiv. PoiTevin , in Append. ad Ap-par. Sacrum. Voflius, de Hijl. Lat.

SABIN (George) né l’an 1508, dans la famille des Scbal-ter, ou félon Mrs Baillet 8c Teiflier Scbuler , dans la Marche deBrandebourg, changea le nom de fa famille, comme faifoientplufieurs Savans de ce tems-là, & prit celui de Sabin. Il a étéun Poëte d’une affez grande réputation parmi les Allemands, &fut fort eftimé pendant fa vie par les Cardinaux Bembo & Con-tarini ; & par Baptifte Egnace, 8c Louïs Beccatelli. Dès qu’ileut commencé fes études, il témoigna une fi forte inclinationpour la Poëfie, que lorsqu’il lifoit de beaux vers, il verfoit deslarmes, fe plaignant non feulement de ce qu’il n’étoit pas capa-ble de faire des Ouvrages de cette nature, mais fur tout de cequ’il h’avoit aucune efpérance d’en faire un jour de femblables.A l’âge de quinze ans il fut envoyé à Wittenberg , & logeadans la maifon de Mélanchthon, qui l’inftruifit avec un foinparticulier. Ce favant homme connoiffant que Sabin avoit beau-coup de penchant pour la Poëfie, lui confeilla de s’attacher àcet exercice , & de fe propofer Ovide pour modèle de fes vers.A l’âge de 20 ans , Sabin mit au jour le Poëme intitulé Resgejlce Cœfarum Germanicorum. C’eft ce qu’il dit lui même dansce diftique,

Hoc opus exegi florentibus integer amisBis duo cum natus lujlra Sabinus eram.

Cet Ouvrage lui acquit l’eftime, non feulement des Savansd’Allemagne, mais encore des Princes qui étoient les prote-éleurs des Gens de Lettres. A fon retour d’Italie , il fut ap-pellé par l’Eleéteur de Brandebourg, pour enfeigner les BellesLettres à Francfort fur l’Oder; puis fut fait Refteur delà nou-velle Académie, que le Duc de Pruffe établit à Konisberg. De-puis étant retourné à Francfort, il fut honoré de la charge deConfeiller de l’Eleéleur de Brandebourg, & employé en diver-verfes Ambaffades, dans lefquelles il fit également paroître fonéloquence, & fa prudence dans les affaires. Enfin, ayant étéenvoyé en Italie par le Prince qu’il fervoit,il fut attaqué enchemin d’une fièvre quarte, qui l’obligea de retourner en fonpaïs, où il mourut le deuxième décembre de l’an 1560, à Franc-fort fur l’Oder. Son rare génie pour la Poëfie ne lui mérita pasfeulement la couronne Poétique, dont il fut honoré à Venifepar le célèbre Alcander, mais encore une nobleffe ancienne,qu’il n’avoit pas reçue de fes ancêtres; car l’Empereur Charles-Quint, à la Diète de Rati?bonne, l’an 1540, le mit au nombredes Nobles de l’Empire de quatre races , du côté de père & demère. Il avoit époufê en premières noces Anne, fille de Mé-lanchthon. On trouve parmi les Délices des Poëtes Latins d’Al-lemagne, diverfes Poëfies de Sabinus, comme de Lotichius, deMélanchthon, &c. mais ce n’eft pas un recueil fort accompli»

8c il s’en trouve de Sabinus, qui font encore éparfes de cote ocd’autre. On a tâché de les ramaffer toutes dans Téditi°n eI.eipfic de l’an 1597, in oBavo. Ce Poëte eft encore aujourd nuieftimé de tous les Connoiffeurs : il n’a prefque fait que des /legies & quelques Hendécafyllabes. Nous avons, outre les -fies, un livre de Lettres à la fin de fes Oeuvres. U 1 a . . ,Poëtes Allemands que l’on doive préférer à Sabinus, qui afur tout de fe former fur les Anciens. Sabin a compolé uté de préceptes, pour apprendre à faire des vers a 1 imitation