SAB.
noître que cette ville a été grande autrefois. Il y paffe un petitfieuve & quantité de canaux. Son terroir eft fi fec & fi fablon-neux, qu'il n’y vient rien que par art, & à force de travail. Au-près de la ville, au pié du Mont-Alouvent, il y a quantité deris & de coton , dont les Habitans font-leur principal commerce.Ils font aufli négoce de petites peaux d’agneaux dont la frifureeft fort belle, & qui fert à faire des fburriires. Les Hiftoiresde Perfe difent unanimement que toute la pleine de Saba étoitautrefois un lac falé, pareil à la plaine qu’on appelle la Mer deSel, qui n’eft qu’à vint lieues de cette ville , en tirant à l’O-rient, & que l’on traverfe fur une chauffée de trente lieues,en allant d’Ifpahan en Hyrcanie; maison n’eft pas d'accord furle tems que ce marais a été defféché. Les uns veulent que cefut la nuit de la naiffance de Mahomet, & les autres qu’Haly,fon gendre, en fit miraculeufement écouler les eaux, & qu’il fitce miracle fans venir fur le lieu , & prononçant feulement uneparole, & cela à la confidération des Habitans de Coni, qui te-noient fon parti contre le beau-péfe de Mahomet. Ilsajoûtentqu’en mémoire d’un fi furprenant événement, ce peuple bâtitune ville au milieu de ce marais defféché. Les peuples du Se-ptentrion la ruinèrent au quatrième fiécle du Mahométifme. Onla rebâtit quarante ans après plus grande qu’elle n’étoit avant fadeftruétion, & elle fut entourée de murs & pavée de briquesrouges. Quelque tems après, Cujé Chems-Esdin la fit aggrandirdu côté du Nord. On y conduifit l’eau par dix canaux, & unegrande Mofquée y fut bâtie à la partie Occidentale. Vis à vis desaba à l’Occident, à quatre lieues, eft un pèlerinage fameuxpar la dévotion des Perfans, qui l’appellent, Echmouil , c’eft à di-re, Samuel. Ils croyent que ce Prophète a été enterré en celieu-là , & on a bâti fur fon tombeau un beau Maufolée, aumilieu d’une Mofquée magnifique. * Oléarius. Tavernier. Tho-mas Corneille, Diiï. Géogr.
S A B A C H. Voyez S A B A C O N.
SABACON ou SABACH, Roi d’EthiOpe, chaffa A-nylis, Roi de la Haute Egypte , & fit brûler vif Bocchoris, filsde Gnéphactcs Saïte, qui occupoit la Baffe Egypte. Hérodotedonne cinquante années de régne à Sabach ; & Manéthon nelui en donne que huit. Il y a apparence que pour faire lescinquante années, il faut y joindre les régnes de fes fils Sévé-chus & Tarachus, qu’il avoit laiffez en Egypte, & qui y ré-gnèrent 32 ans, après que Sabacon y eut régné huit ans: cequi fait quarante ans, au bout defquels Sabacon revint en E-gypte, fit la guerre à Néchaon, le tua, mit en fuite fon filsPfamméticus, & régna encore dix ans. Le commencement durégne de Sabacon doit être placé, félon Ufferius, à l’an 732avant Jefus Chrift, & 3272 du monde. Hérodote rapporte quece Roi ne puniffoit les Criminels, qu’en les obligeant de por-ter en des lieux marquez, une certaine quantité de terre; &que par cet artifice il avoit rehauffé toutes les villes de Ce Royau-me, qui avant cela étoient extrêmement baffes. * Hérodote,Euterpe ou l. 2. Manéthon. Jules Africain. Scaliger. M. DuPin*, Bibliotb. Hifl. des Aut. prof.
* SABACZ ou SABA T Z, fortereffe de Hongrie eftfur la Save dans un endroit ou la Save forme une ifle. Elleeft à l’oueft de Belgrade, tirant vers lefud, & en eft éloignéede près de vint lieues.
SABAITES ou S A B I E N S. Voyez SABE'ENS.
S AB AMA, SE’BAMA ou SIBMA, ville bâtie parles Defceudans de Ruben, Nombres, cb. 32. v. 38. Efaïe parlech. 16. v. 8. des vignes de Sabama, qui furent ravagées par lesMoabites , & Jérémie, cb. 48. v. 32. Saint Jérôme affûre qu’il y aà peine 500 pas entre Esbon & Sabama. * Relandi Palaflina,i- 3-
SABARDI félon M. Mâty ,ou CIBARDI félon M.Sanfon dans fa Carte des Etats de l'Empire du Turc en Afie , bourgde la petite Tartarie. On le place vers le milieu de la côte fe-ptentrionale de la Mer de Zabaché , & on croit qu’il eft l’an-cienne Hygris, petite ville de la Sarmatie Européenne.
S A B A R I E, Sabaria, ville de l’ancienne Pannonie, a étécélébré par la naiffance de faint Martin. Clufius, Lazius, &quelques autres la prennent pour Stainan Angern d’aujourd’hui;mais Cluvier veut que ce foit Sarvat , que les Allemands nom-ment Rbotenturn, à trois lieues de l’autre, & fur le confluent duRaab & du fleuve Sabarie, que les Allemands nomment Gunjf,& les Hongrois Benge. * Cluvier. Sanfon. Baudrand.
S A B A S , Goth de nation, Martyr, étoit né fous le régnede Conftantin le Grand. Les Goths ayant depuis embraffé l’A-rianifme, il demeura ferme dans la Foi Catholique. Athana-ric, Roi des Goths, qui étoit refté Payen, perfécuta les Chré-tiens. Sabas fut un de ceux qui fut arrêté l’an 372 , & n’ayantpas voulu manger des viandes offertes aux idoles, il reçut plu-fieurs mauvais traitemens, & fut enfuite noyé le 12 d’avril del’an 372 , qui eft le jour où on célébroit autrefois fa Fête chezles Grecs, & encore à préfent chez les Latins, les Grecs ayantchangé de jour. * ASta apud Mabillonii AnaleSa.
SABAS (Saint) Abbé, Exarque , ou Supérieur général desmonaftéres de Paleftine, né l’an 439, dans le bourg deMutal-lofque, au territoire de Céfarée en Cappadoce, étoit fils de Jean& de Sophie, & fon père commandoit une Compagnie d’Ifauriens.11 quitta le monde pour fe retirer dans le monaftére de Fla-vien, habité par des Religieux de h Régie de faint Bafile. En457. il fit I e voyage de Jérufalem , & demeura en Paleftinedans le monaftére de faint Euthyme. Il fit un voyage à Alexan-drie, où il trouva fon père & fa mère qui le follicitérent inutile-ment de quitter la vie qu’il avoit embraffée. Etant de retour enfaleftine, il fe retira avec fes Supérieurs dans unefolitude, oùil vécut pendant quelques années enfermé dans une grotte.L’Abbé Euthyme le fit revenir auprès de lui; mais après la mortde cet Abbé, Sabas s’établit dans une folitude près du Jourdain ,
s À B. 3
| où il \'écut feul dans une caverne pendant cinq années. PIiLfleurs perfonnes l’étant venu trouver en ce lieu , il y bâtit uneLaure, qui fut bientôt peuplée d’un grand nombre de Solitai-res. Sallufte, Patriarche de Jérufalem, l’ordonna Prêtre, &.quelque tems après le fit Exarque, ou Supérieur général de tousles Anachorètes de Paleftine. Ses Religieux fe révoltèrent con-tre lui, & l’obligèrent de fe retirer à Jérufalem ; mais il revintpar l’ordre du Patriarche Elie, & trouva moyen de les gagnerpar fa douceur & par fa charité. IL fut député à l’Empereur A-naftafe, par. fon Patriarche pour le rétabliffement de Macédo-niùs; mais il le demanda inutilement à l’Empereur ,& revint en-fuite dans fa folitude. 11 défendit fortement dans la fuite laFoi du Concile de Chalcédoine, foüs le régne d’Anaftâfe. Il futdéputé vers Juftinien pouf juftifier les Chrétiens de Paleftine ,accufez d’avoir excité une fédition dans la ville de Samarie. Nonfeulement il obtint ce qu'il demandoit, mais aufli il fit condam-ner les Samaritains à être Chaffez de Samarie. Etant revenu en-fuite en Paleftine , il mourut le cinquième décembre 531, âgéde 92 ans. * Cyrille, VitaJ'anldi Sabce , apud Cotelerium. Mo-nument. Ecclef. Grœcce.
S A B A S I E. Voyez S A B A Z I E.
S A B A T A, rivière. Vtyez S A B B A T O.
S A B A T H A ou S A B T H A , troifiéme fils de Chus,fils de Cham , qui l’étoit de Noé. Il s’établit dans l’Arabie Heu-reufe, près du Golfe de Perfe, où Ptolomée met une ville nom-piée Sapbta Sa; pin. Mais ils s’étendirent enfuite jufqu’en Per-fe , où il y avoit des peuples nommez Mejjabatbes, Mejfabatbæ,comme qui diroit, les Sabatbiens Méditerranéens, ou qui habi-toient loin de la mer. * Genéfe, cb. 10. v. 7. J. le Clerc, furcet endroit.
SABATHACA ou SEBTE’CA, cinquième fils deChuS fils de Cham, quil’étoit de Noé. On croit qu’il paffa d’A-rabie en Caramanie foit par mer, foit par terre, le chemin n’é-tant pas fort long. Ce fut là où il habita une ville qu’Etien-ne de Byzance appelle Samydace. Il y avoit aufli un fieuve dumême nom. Bochartfait voir dans fon Phaleg, l. 4. cb. 4. que lemot Samydace peut facilement être corrompu de celui de Saba-tbaca. * Voyez Genéfe, cb. 10. v. 7. & J. le Clerc, fur ce paf-fage.
S A B A T H A I S E'V L Voyez S E'V I.
* SABA THAÏ ou S A B B E'T H AI, nom d’un desLé-vites, qui, après le retour de la Captivité de Babylone, eurentfoin de rétablir le Temple & la ville de Jérufalem. * Nébémie oùIL Efdras, ch. n. v. 16.
S A B A T H I E N S, Seélateurs de Sabathius. On donnadans le XVI fiécle, le nom de Sabathiens , ou Sabbathaires, àune troupe d’Anabatiftes , qui, fous prétexte de réforme, ob-fervoient le Samedi, à la façon des Juifs. * Sandére , llcer. 195.Florimond de Raimond, l. 2. c, 15. n. 3.
SABATHIUS, Juif, Evêque hérétique. Voyez SAB-BAT I U S.
SABATHUS, Valet de l’Empereur Augufte, fut tué parSylleus, Prince Arabe, parce qu’il avoit donné avis àHérodeRoi des Juifs, que Sylleus avoit attenté à fa vie. En effet Syl-leüs avoit corrompu un Garde d’Hérode à force d’argent, &l’avoit engagé à tuer le Roi fon Maître. * Jofephe , Antiq.Jüdaïq. I. 17. cb. 4. de la Traduction de M. Arnaud d’Andilly,
S A B A T O, rivière d’Italie. Voyez S A B B A T O.
* SABATSIM ou S Ç ABAT SIM, ville de la Pa-leftine, appartenante à la Tribu d’Iffachar. *Jofué, ch. 19. v.22 ;
S A B A T U S. Voyez S A B A T II U S.
S A B A T Z. Voyez SABACZ.
S A B A Z I E : c’eft le nom d’une certaine Fête des Payens,qu’on dit avoir été inflituée en l’honneur deDenÿs, ou Bac-chus, Conquérant des Indes. * Cicéron, de Natura Deorum, I.3. Le mot Sabatius, étoit aufli un furnom de Jupiter , & fem-ble être le même que celui d ’Ægiocbus; parce que, comme cedernier vient du mot Grec b/Ç qui lignifie une chèvre, l’autrevient du Phénicien Tfebaotb, qui lignifie des chevreuils. Qn cé-lébroit aufli une Fête en l’honneur de Jupiter, nommée Saba-zia; fur quoi L’on peut voir le livre de J. Meurfius, intitulé,Gracia Feriata. Pour Bacchus on a dit qu’il étoit fils de Ca-prins, pour fignifier, qu’il étoit fils de ce Jupiter, furnommé Sa-bazitts. On peut voir Une autre origine de ce nom dans Bo-chart, Cbanaan, l. r. c. 18.
SABBAT, eft un mot Hébreu , qui fignifie proprementrepos, & qui eft le jour que nous appelions Samedi. RabbinMoïfe, dans fon More Nevocbim, partie 2. c. 31. dit que l’obfer-vatioh de ce jour a été commandée aux Juifs comme le fonde-ment de leur religion, touchant la création du inonde, afinqu’ils fe fouvinffent toûjours que Dieu avoit créé de rien le mon-de en fix jours, & qu’il s’étoit repofé le feptiéme jour. Ainfîle Sabbat a été inftitué, pour conferver la mémoire de la créa-tion. Le9 anciens Pères de l’Eglife conviennent en cela avec’les Juifs, comme il paroît par les Conftitutions fauffement di-I tes des Apôtres, qui ordonnoient d’obfefver le jour du Sabbat,
I àufli-bien que le Dimanche; parce que l’ün eft confacré à la mé-! moire de la Création , & l’autre à la mémoire de la RéfurreCtion.
1 R. Moïfe rapporte de l’inftitution du Sabbat, une fécondé rai-fon, qui regarde purement les Juifs, favoir, leurdélivrance de-là captivité d’Egypte, afin qu’ils fe fouvinfient qu’ils avoientété efclaves en ce païs-Ià, & que Dieu avoit fait fuccéder lerepos aux miféres qu’ils avoient fouffertes en Egypte. Le pré-cepte de la célébration du Sabbat fut établi, ou plutôt renou-vellé par la Loi de Moïfe, & depuis exactement obfervé parles Juifs, qui confidérent le Sabbat comme un jonr confacréparticuliérement aü culte du vrai Dieu. Il commence lç Ven-dredi au fôir, fuivant l’ufage général des Juifs, qui célébrenïA 2 leurs