ï?8 RUT.
fervit de lui pour faire élire Evêque & Prince de Liégë fonfrère, qui étoit Eleéteur de Cologne,& M. Erneft alla exprèsà I.iége en 1694, pour obtenir des voix en fa faveur contrele Prince de Neubourg, Grand-Maître de l’Ordre Teutonique,frère de l’Impératrice femme de l’Empereur Léopold. M. Er-neft réuffit; mais M. Arnauld & fes amis n’ont jamais approu-vé qu’il fe fût mêlé de cette afFaire, quand ils en eurent futoutes les circonftances. M- Erneft demeura toujours néan-moins ami de ce Doébeur, & il l’accompagna dans plufieurs defes voyages. Il étoit venu le trouver à Bruxelles dès le 28 deSeptembre 1690, fe trouva à fa mort en 1694, & fe chargeaavec M. de Guelphe, d’apporter fon cœur à Port-Royal desChamps le neuvième de Novembre de la même année. Ce futdans cette cérémonie qu’il fit le Difcours François que l’ontrouve fous le nom de M. Guelphe dans l’Abbrégé de la Viede M. ArnauId,donné par lePéreQuefnel. Ayant été exilé desPaïs-Bas, il y revint lorfque l’Empereur s’en fut rendu maître,& il y a toujours rélidé depuis. M. de Précipiano, Archevê-que de Malines, ayant préfenté contre lui à la Cour de Bru-xelles, & envoyé en Efpagne un Mémoire qu’il ne jugea pasà propos de laiffer fans réfutation, il y répondit par un Ecritde huit pages in quarto , fous le titre d’Apologie , & qui a étéimprimé. En 1704, il préfenta une Requête à M. le Marquisde Bedmar, qui a été pareillement imprimée in douze. Il y con-firme plufieurs des particularitez de fa vie, que nous avons rap-portées, & montre que la Lettre de Cachet qu’il avoit reçuele 17 de Janvier 1704, étoit fubreptice. Il alla auffi exprès àRome pour fe juftitier aux piez du Pape, du crime d’héréfiedont M. de Précipiano l’avoit accufé, & ce fut alors qu’il fefit Doéteur de la Sapience. Innocent XII le reçut favorable-ment, l’admit plufieurs fois à des audiences particulières, & lerenvoya après l’avoir déclaré innocent. M. Erneft fit beaucouprire ce Pape, en lui apprenant entre autres preuves de fa Ca-tholicité, qu’en paffant par Naples avant que de venir à Rome,le fang de Saint Janvier que l’on garde dans cette ville s’étoitliquéfié en fa préfence. En 1708, il prit aulîl contre le mêmePrélat la défenfe de M. Guillaume Vande-Neffe,Pafteur de SainteCatherine à Bruxelles. Cette Défenfe imprimée en 1708, inquarto, divifée en deux parties, a pour titre, Réfutation d'unMonitoiie de M. l'Archevêque de Malines, fignifié à M. GuillaumeVande Ne/Je, Pafteur de Sainte Catherine à Bruxelles, le il de fé-vrier 1703, & comprend 74 pages. M. Erneft Ruth d’Ans afait auffi la Vie de Sainte Goule, qui a été imprimée à Bruxel-les en 1703, in douze, & un Ecrit fur les dotes des Religieufes.Il eft mort à Bruxelles le 24 de Février 1728. Le Prince Er-neft Landgrave de Heffe Rheinsfelt lui écrivoit fouvent, & ilétoit aulfi en relation avec quelques Cardinaux. Il avoit degrandes liaifons avec le Médecin de l’Empereur aujourd’hui ré-gnant; & il envoyoit au Prince Eugène tous les Ecrits quiparoifloient, & qui méritoient d’être achetez, & lui écrivoitfouvent. 11 aimoit les François; mais fous Philippe V, Roid’Efpagne, après l’exil de M. Opftraet, il s’attacha aux Impé-riaux. Il étoit généreux, mais il aimoit la dépenfe. Il ren-doit volontiers fervice quand il le pouvoit, & il pratiquoitl’hofpitalité avec beaucoup de nobleffe & d’attention. * Mé-moires du tems. Apologie de M. Erneft Ruth d’Ans. Hifioire dela Vie 0? des Ouvrages de M. Nicole, fécondé partie, &c.
R U T H A RI), Religieux de S. Benoît en l’Abbaye de Hir-faugen , Diocéfe de Spire, dans le IX fiécle , fut Profeffeurdans fon Monaftére, & compofa la Vie de S. Boniface, & quel-ques autres Ouvrages. Il mourut en 864. *Trithême,in Cbron.Hirfaug. Moginfride, in Cbron. Voffius. Poffevin.
RUTHGER RESSIUS, Jurifconfulte. Cherchez R E S-SIUS.
RUTHWEN. Voyez RETHWEN.
RUTILE (Saint) Martyr en Afrique dans le tems de laperféçution de Sévére, après avoir fui la perfécution en fe ca-chant, & en changeant ae demeure, fut enfin arrêté & pré-fenté au Juge. Il confeffa généreufement la P'oi de Jéfus-Chrift, & fut condamné à être brûlé vers l’an 207. Tertul-lien, de Fuga c. 5. L’Eglife honore fa mémoire au deuxièmejour d’Août. * Baillet, Vies des Saints.
R U TI LIE, Dame Romaine, fœur de ce Publius Rutiliusqui fouffrit fi conftamment l’injuftice de fon exil, & femme deMarcus Aurelius Cotta, eut un fils de grand mérite, qu’elle ai-ma tendrement, & dont elle fupporta la perte avec beaucoupde courage. Sénéque l’a propofée en exemple dans le Livrequ’il écrivit pendant fon exil, pour confoler fa mère. Cicé.ron avoit voulu faire la même chofe; mais n’étant pas allez é-clairci du fait, il s’en informa à Pomponius Atticus, qui nefut pas bien l’en inftruire. Comme on n’a point l’Ouvrage deConfolatione, où il vouloit faire entrer notre Rutilie, nous nefavons pas s’il trouva toutes les lumières qu’il cherchoit, &s’il parla d’elle effettivement; mais il eft fort vraifemblablequ’il le fit. Ce qu’il y a de fingulier, c’ell qu’on prétend qu’ildemanda à être inftruit fur des circonftances qu’il avoit déjàdébitées dans fes Ouvrages. Ceci montreroit que même lesplus grands Auteurs oublient les chofes qu’ils ont publiées. *Sénéque, de Confolatione ad Helviam, c. 16. Cicero, de Oratore,l. 1. Corradus, in Epifi- 20. I. 12. ad Atticum.
RUTILIUS.RUFUS (P.) Orateur, Hiftorien & Jurif-confulte, fut Conful à Rome avec C. Manlius, la quatrièmeannée de la CLXVII' Olympiade, l’an 649 de cette ville, &J05 ans avant Jéfus-Chrift Depuis il accompagna Q. Mutius,Proconful d’Afie , en qualité de Lieutenant , & non pas deQuelteur, comme Valére Maxime l’a écrit; & s’étant oppoféavec fermeté aux concuflîons des Traitans, il s’attira l’inimi-tié de l’Ordre des Chevaliers Romains, qui étant alors maî-tres des jugemens, le firent accufer de péculat auffi-tôt après
RUT. RUV. RUX.
fon retour, & le bannirent l’an 662 de Rome. Il fe retira enAllé, & demeura prefque toujours à Smyrne , comme nousl’apprenons d’Ovide, de Ponto, l. 1. Eleg. 4. Toutes les villesd’Afie lui envoyèrent des Ambaffadeurs : de forte qu’on auroicdit que c’étoit plutôt un triomphe qu’un banniffement. Syllale voulut rappel!er;mais Rutilius refufant de revenir à Rome,employa le tems de cet exil à l’étude. Il compofa l’HiftoireRomaine en Grec, celle de fa Vie en Latin, & plufieurs au-tres Ouvrages, dont divers Auteurs anciens font mention. Ci-céron parle ainfi de lui: „ Rutilius étoit homme laborieux, fa-„ vant, agréable dans la converfation, & habile Jurifconfulte.„ Ses Harangues ont peu de force & de vigueur, mais on y,, voit de beaux traits de Jurifprudence ; car il étoit homme„ favant, même dans les Lettres Gréques. 11 fréquenta l’E-„ cole de Panétius,& approcha bien près delà perfeftiondans„ la connoiflance de la Philofophie Stoïque, dont le carafté-„ re eft de parler avec beaucoup d’art, &c.” La loi qu’ils’étoit impofée d’écrire la vérité, le fit mal parler du père dugrand Pompée, que Théopbanès de Lesbos voulut venger enécrivant qu’à la prife d’un château en Afie on trouva des Let-tres de Rutilius à Mithridate,par lefquelles il l’invitoit à égor-ger tous les citoyens Romains; mais cette calomnie ne fit detort qu’à la réputation de fon Auteur. Il avoit une fœur nom-mée Rutilie, femme de Marcus Aurélius Cotta, qui eut un filsnommé Caius Aurélius Cotta , bon Orateur , banni de Romependant les querelles de Marius & de Sylla, & qui fut enfuiteConful l’an 678 de Rome. 11 mourut quelque tems après, &Rutilie fupporta fa mort avec un grand courage. * Cicéron,de Oratore & in Bruto. Velleïus Paterculus, I. 2. Tite-Live, l.70. Vaiére Maxime. Suétone. Plutarque. Sénéque. Voflius,de Hifl. Grec. I. 1. c. 22. & de Hift. Lat. I. 1 . c. g &c.
RUTILIUS (Publius) noble Romain, étant attaqué, d’u-ne légère maladie, & ayant appris que fon frère avoit été re-fufé dans la pourfuite du Confulat, mourut fubitement de dé-plaifir. * Pline, l. 7. c. 36.
RUTILIUS FLACCUS, a écrit l’Hiftoire des Empe-reurs Théodofe & Honorius. * Voffius.
RUTILIUS GEMINUS, Auteur d’un Livre de l’Hi-ftoire Pontificale. Cette Pièce eft citée par Fulgence & pard’autres.
RUTILIUS LUPUS, Rhéteur,dont on a un Traité deRhétorique , De Piguris Sententiarum & Elocutionis, & dontQuintilien fait mention , vivoit du tems de Néron, *Voffius.
RUTILIUS CL AUDIUSNUM ATI ANUS ou MU-N A TI AN U S GA L LUS, perfonnage de grande réputa-tion, au commencement du cinquième fiécle, vers l’an 410,compofa un Itinéraire en Vers Elégiaques, après la prife deRome par Alaric, & il les dédia à Venerius Rufus. Dans cecOuvrage, qui étoit divifé en deux Livres, & que nous avonshors une partie du dernier, Rutilius fe déchaîne contre lesChrétiens & les Juifs, en faveur du Paganifme, dont il faifoitprofeffion. Il étoit Préfet de la ville, avoit été Conful, &avoit exercé d’autres charges très confidérables. Cet Ouvragefut trouvé dans un Monaftére d’Italie, du tems de Volaterrant& a été fouvent publié. La meilleure édition eft celle d’Atn-fterdam en 1687, «* douze, où l’on voit les Notes entières deplufieurs Savans qui ont écrit fur cet Auteur. * Voffius, deHift. Lat. I. 2. c. 15. /. 3. c. 2. Voyez Baillet, Jugemens des Sa-vans , &c.tome 3. partie 2. p. 408. «• 1186. édit. d'Amfterdam1725. Voyez auffi le Supplément de Paris 173Ô.
RUTILIUS (Bernardin) né dans un bourg du territoirede Vicenze en Italie, vivoit au commencement du XVI fiécle,& avoit une grande connoiflance de l’Antiquité. Il eut pourProtecteur le Cardinal Nicolas Ridolfi, chez lequel il vécut,& auquel il dédia fes Vies des Jurisconsultes, publiées en 1537fous ce titre, Jurifconfultorum Vita, novijftmè el’mata, & mendisnon paucis, quitus featebant , repurgatte. On attendoit d’autresOuvrages de la façon de Rutilius, qui mourut fort jeune à Ve-nife l’an 153 6. * Paul Jove, in Elog. c. 196.
RUTI.AND, Province & Comté en Angleterre, dans lemilieu du païs. Elle eft dans le Diocéfe de Péterborough, &elle a 40 milles de tour. C’eft la plus petite Province d'An-gleterre, mais elle eft très fertile en blé & en bétail. Ellenourrit une infinité de brebis, dont la laine eft rougeâtre ainfique le terroir. C’eft pourquoi on appelle ce païs Rutland,comme qui diroit Rcd-Land, Terre Rouge. Il y a beaucoup debois dans cette Province & plufieurs petites rivières, entrelefquelles le Weland & le Wasb font les principales. CetteProvince a, dit-on,plus de parcs à proportion de fon étenduequ’aucune autre en Angleterre. Ses villes font Oakam & Up -pingbam. * Cambden. Etat de la Grande Bretagne, fous George11, tome 1. p. 103.
R UT U LES, Rutuli, anciens peuples d’Italie dans le La-tium. Ardée en étoit la ville capitale. * Strabon , Pline,Tite-Live &c. en font mention; & Virgile, Enéide, l. 9• &fuiv.
RUV. RUX.
R UVERE. Voyez ROVERE.
RUVIO (Antoine) natif de Léon, ville d’Efpagne»
Religieux de l’Ordre de S. François, & Profeffeur en Théo-logie, a écrit neuf Livres contre les erreurs qu’Erafme^a le-mées dans fes Ouvrages. Cet Ouvrage parut en i 5<58- 1 ‘
bliotb. Hifp. _ . . ,
RUV O, Rubi, ville du Royaume de Naples avec Ejecnefuffragant de Bari, & titre de Comté, appartenant a la Manonde CarafFe. Voyez C A R A F F E. c „ r
RUXEL 1 US (Jean Rouffel). Voyez ROUSoEL.