lUJWiyU.
4. R A B.
R A B B O T H. Les Juifs donnent ce nom à de certains Com-mentaires allégoriques, fur les cinq, Livres de Moïfe. CesCommentaires font d’une grande autorité chez eux, 6c fontconlîdérez comme très anciens. Les Juifs prétendent qu’ilsont été compofez vers l’an 30 de Jéfus-Chrift. Us contiennentun Recueil d’explications allégoriques des Do&eurs Hebreux ,où il y a quantité de fables 6c de contes faits à plaifir. On peutprouver aifément que ces livres n’ont pas l’antiquité que lesRabbins leur attribuent: c’eft ce que le Père Morin a montréévidemment dans la fécondé partie de fes Exercitations fur laBible. Quand ils veulent citer ces livres , ils les marquent parle premier mot de chaque Livre de Moïfe. Par exemple, ilsnomment la Genéfe, Berefchit Rabba; l’Exode, Scemot Rabba}les Nombres, Bammidbar Rabba , & ainli des autres; & ils lesnomment au pluriel, Rabboth , comme qui diroit grandes Glofes.Il y en a eu diverfes éditions, tant en Italie que dans le Le-vant. II. Simon témoigne s’être fervi d’une édition de Salo-nichi. Voyez M E D R A S C HIM.
RABDOLOG 1 E, partie de l’Arithmétique, qui enfei-gne à en faire facilement les deux plus difficiles régies, quifont la multiplication & la divifion, par les deux plus Amples,qui font l’addition 6c la fouftraètion; & cela par le moyen depetites languettes féparées, timbrées des nombres Amples, quel’on change fuivant l’occaAon. Cette invention eft de Néper,Baron de Merchiftod , Ecoiïois, qui a auAî trouvé la belle in-vention des Logarithmes.
* R ABEL (Jean) Peintre François, a Aeuri dans le XVIAécle, 6c excelloit fur-tout dans les portraits. C’étoit auiïiun bel efprit 6c il ne manquoit pas d’érudition. Il mourut lequatrième Mars 1703. Voyez le Supplément de Paris 173 6.
RABELAIS (François) Médecin de profeffion, étoit deChinon, ville de Touraine, 6c fe rendit très célébré dans leXVI Aécle. 11 prit l’habit de Religieux de faint François dansle Monaftére des Cordeliers de Fontenay-le-Comte dans leBas Poitou, où il fe rendit habile dans les Langues, & princi-palement dans le Grec. C’eft ce qu’on peut apprendre desEpîtres Gréques de Budé, qui le loue de ce qu’il polfédoitparfaitement cette Langue. Des- perfonnes de la premièrequalité, à qui fon efprit enjoué êc’fes plaifanteries étoient a-gréables, fécondèrent le panchant qui le portoit à fortir defon Cloître, & lui obtinrent permiffion du Pape Clément VII,de pouvoir pairer dans l'Ordre de S. Benoît, au Monaftérede Maillezais. Mais depuis, il quitta tout à fait l’habit de Re-ligieux, & alla étudier en Médecine à Montpellier, où il pritles degrez de Dofteur, 6c où il publia les Aphorifmes d’Hip-pocrate en Latin. On dit que le Chancelier du Prat ayant faitabolir par Arrêt du Parlement les privilèges de la Faculté deMédecine de Montpellier, Rabelais eut l’adreffe de le fairerévoquer ; & que c’eft pour cette raifon que ceux qui font reçusDofteurs en cette UniverAté, portent la Robe de Rabelais, quiy eft en grande vénération. L’artiAce dont il fe fervitpour avoiraudience du Chancelier du Prat, eft allez Angulier,s’il eft vrai.Il s’adrefta au Suiiïe de ce Chancelier, auquel il parla Latin ; ce-lui-ci ayant fait venir un homme qui favoit cette Langue, Rabe-lais lui parla Grec; un autre qui entendoit le Grec ayant paru.illui parla Hébreu; & l’on ajoûte qu’il parla encore pluAeursautres Langues : mais on fe trompe au moins en y comprenantl’Arabe, dont il n’avoit èncore aucune teinture. La capacitéde Rabelais ftjrprit tellement I’Atïemblée, que l’on courut enavertir le Chancelier, qui charmé de la Harangue qu’il lui ftt,& de la fcience qu’il At paroître, rétablit à fa conAdérationtous les privilèges de l’UniverAté de Montpellier, qui avoientété abolis, l^fe At enfuite connoître à Paris, où le CardinalJean du Bellay, Evêque de la même ville, le choiftt pour êtrefon Médecin ordinaire. Ce Prélat le mena en cette qualité àRome, où Rabelais ne put s’empêcher de goguenarder devantle Pape Paul III, comme Scévole de Sainte Marthe l’a remar-qué , in Pauli III confpeBum ventre jujfus, ne ip(i quidem PontificiMaximo pepercit. Ce Cardinal lui procura une Bulle d’abfolu-tion de fon apoftaAe. A fon retour, il l’employa en quelquesnégociations , & lui donna une Prébende à Saint-Maur-des-FolFez, avec la Cure de Meudon. Ce fut vers ce tems-là queRabelais écrivit fon Pantagruel, Satyre Comique, trop licen-tieufe.femée de traits vifs, 6c d’agrémens ineliimables au goûtde ceux qui fe piquent d’entendre cet Ouvrage, & que d’au-tres trouvent fade 6c inlipide, avec d’autant plus de raifon,que ceux qui le louent le plus, n’y peuvent trouver de fuite,& font obligez de convenir que A l’Auteur a eu quelque chofeen vue en compofant cet Ouvrage, il y a le défaut d’unité,puisque quelques Chapitres félon eux conviennent à la Courde François I, & que d’autres ne font que des Rélations dé-guifées de ce qui étoit arrivé peu auparavant aux environs deChinon. Selon les Critiques bien fenfez & habiles, il ne fautrechercher aucune fuite hiftorique dans le Roman de Rabe-lais. Ce qu’il y a de fatyrique porte moins, félon eux, furiesperfonnes que fur les chofes, l’Auteur s’étant plus attaché àpeindre en général le ridicule de fon Aécle, qu’à faire fentirles defauts des Particuliers. Cependant M. Pierre le Mot-teux , Proteftant, n’eft pas de leur avis, & croit que Rabe-lais a repréfenté l’Hiftoire de fon tems Tous des fictions.Voyez M O T T E U X (Pierre Le). Nous avons de la façon deRabelais, d’autres Ecrits qui font plus férieux; car outre lesAphorifmes d’Hippocate, on a imprimé des Epîtres Françoi-fes & Latines, qu’il écrivit au Cardinal de Châtillon, à Geo-froi d’Eftiiïac,Evêque de Maillezais, à André Tiraqueau,& àd’autres grands Hommes. Il publia auilî la Sciomacie, ou fe-ftins faits à Rome pour la naiftance du Duc d’Orléans. SesLettres Françoifes, que Mrs. de Sainte-Marthe n’ont pas dé-daigné de commenter, témoignent qu’il étoit propre pour les
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négociations, & qu’il s’étoit acquis à Rome l’amitié de pîu-Aeurs Cardinaux, 6c d’autres Prélats. Elles ont été impriméesà Paris en 1652; & en 1710, à Bruxelles. Au refte, quoiqu’ilfoit fort décrié pour les mœurs, & pour les railleries qu’il afaites des chofes facrées 6c des Religieux, il faut avouer quec’étoit un excellent homme. Il favoit le François, l’Italien,l’Efpagnol, l’Allemand, le Latin , le Grec, & l’Hébreu , 6cn’ignoroit pas même l’Arabe, qu’il avoir appris à Rome, d’unEvêque de Caramith. C’eft du moins ce qu’il témoigne lui-même. Outre cela, il étoit Grammairien, Poète, Philofophe,Médecin, Jurifconfulte & Aftronome; car nous avons de luiun Almanac pour l’an 1553, calculé fur Lyon, & imprimé encette ville. Budé, l’un des plus favans hommes que la Franceeût de fon tems, lui a écrit des Lettres Gréques & Latines.Scévole de Sainte-Marthe a fait fon éloge parmi ceux des Hom-mes Illultres de France. Clément Marot, Joachim du Bellay,Jean-Antoine de Baïf, Théodore de Beze, le Préftdent deThou, Etienne Pafquier , François Bacon Chancelier d’An-gleterre, André du Chêne, la Croix du Maine, Antoine duVerdier-Vauprivas, François Ranchin Médecin à Montpellier,Jean-Cécile Frey, 6c divers autres, en ont parlé avec eftime.Rabelais, que M. Despreaux appelloit la raijon habillée en mafque,étoit fort du goût de M. de la Fontaine. Se trouvant un jourchez M. Despreaux avec Meftieurs Racine, Boileau le Do-cteur, & quelques autres, où l’on parla fort de Saint Augu-ftin; comme s’il fe fût réveillé d’un profond fommeil, il de-manda férieufement au DoCteur, s’il croyoit que Saint Augu-ftin eût autant d’efprit que Rabelais. Les Poètes de fon temscompoférent des Epitaphes à fa mémoire. Etienne Pafquierrapporte celle-ci dans fon Livre des Tombeaux:
Sive tibi fit Lucianus altcr,
Sive Jit Cynicus, quid Ilofpes ad te ?
Hac , unus RabeUjius facetus,
Nugarum pater, artifexque mirus ,
Quidquid is fusrit, rccumbit urnâ.
II rapporte ce Quatrain dans fon Recueil des Portraits:
Ille ego Gallorum Gallus Democritus , illoGratius aut fi quid Gallia progenuit,
Sic homincs, Jic & cœlefiia lVumina lufi ,
Vix bomïnes , vix ut Numina IceJ'a putes.
Voici encore le fens d’une Epitaphe de François Rabelais,par Jean Antoine de Baïf:
Pluton, Prince du noir Empire,
Où les tiens ne rient jamais,
Reçois aujourd'hui Rabelais ,
Et vous aurez tous dequoi rire.
On trouve fa Vie dans le Livre intitulé, Floretum Pbilofophicum,avec le nom de ceux qui parlent de lui. Rabelais mourut l’an15531, âgé de 70 ans, non à Meudon, mais à Paris dans unemailbn de la rue des Jardins, & fut enterré au cimetière defaint Paul. Un Curé de Meudon a fait imprimer dans le XVIIAécle tout ce qui fe trouve à fa louange. On a réimprimé tou-tes fes Oeuvres en Hollande en 1711, en cinq petits volumesin ociavo, avec des tailles douces, & un Commentaire amplede M. le Duchat, fur les endroits difficiles de cet Auteur trèsfouvent obfcur.
RABENECK (Daniel-Stibarus de). Voyez STIBA-RUS.
* RABENER (Jufte-Gotthard) Miniftre à LeipAe, mou-rut le 24 Août 1732, âgé d’environ 44 ans. 11 joignoit à beau-coup d’éloquence une érudition peu commune. Sans avoir pu-blié de gros Ouvrages, il étoit très connu êt très eltimé enAllemagne, fur-tout parmi les Proteftans. 11 avoit autrefoistravaillé aux AB a Eruditorum Latins, 6c c’eft auffi à lui qu’oneft redevable des premiers volumes du Journal Allemand quiporte ce même titre de ABa Eruditorum. 11 y a pluAeurs an-nées que M. Rabener avoit entrepris la fuite de l’Hiftoire duLuthéranifme de M. Seckendorf. C’eft grand dommage qu’iln’ait pas eu le tems d’exécuter ce deflein. * Bibhoth. Germani-que, tome 28. p. 228.
* RABENHAÜPT de Suche ou de Sucha, famille conft-dérable de Barons, connue d’ancienneté dans la Bohême, s’eftétablie dans le Palatinat du Rhin à Windeg qui eft à deux lieuesd’Heidelberg. C’eft de cette famille qu’étoit le Baron Charlesde Rabenhaupt, qui dans la guerre de trente ans fut Généraldes troupes du Landgrave de.Hefle. En 1648, il quitta le fer-vice de ce Prince, pour entrer dans celui de Hollande en qua-lité de Lieutenant Général, & fut fait Gouverneur de Gronin-gue en 1672. 11 mourut à Coevorden en 1675, dans un âgefort avancé. * Gr. DiB. Univ. Holl. Balbin. Spangenberg,Adclfpiegel, C’eft à dire , Le Miroir de la Noblcjfe. Puffen-dorf.
* RABENSTEIN, petite ville d’Allemagne dans le Ro-yaume de Bohême, dans le Cercle ou la Préfecture de Satz,vers les confins du Cercle ou de la Préfecture de Pilfen. EA eeft au fud de la ville de Satz, dont elle eft éloignée d’environAx lieues.
RABERG. Voyez RADEBERG. , _ 7 .
R AB 1 RI US (Caius) Poète Latin, vivoit du tems de: Vir-gile, fous les Triumvirs, 6c écrivit un Poème qui traite de laguerre entre Augulte 6c Marc-Antoine, & que l’on n’a plus-paiïbit pour un A bon Poète, que pluAeurs lui donnent j e P z ~mier rang après Virgile. Il ne refte de lui qu’un denn-ver ,
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