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Le Prince de Condé, qui joignoit l’amour de l’Agricultureà la paffion de la guerre, prenoit’un extrême plaifir à enten-dre la Quintinie parler de fon Art. Charles 11 , Iloi d’Angle-terre , lui donna beaucoup de marques de fon ellime , dansdeux voyages qu’il fit en ce païs-là. Il lui offrit une penfiontrès coniidérable pour l’attacher à la culture de fes jardins ;■mais l’ainour de fa patrie, & peut-être l’efpérance de s’avancerpour le moins autant dans fon païs qu’ailleurs, l’empêchèrentd'accepter ces offres avantageufes. 11 s’acquit dans ces deuxvoyages l’amitié de pluileurs Seigneurs Anglois, avec lefquelsil entretint un commerce de lettres jufqu’à fa mort. Ces let-tres, qui de fa part contenoient toûjours quelques inftruélionspour le jardinage, ont été pour la plupart imprimées à Lon-dres, pour rendre ces inftruftions utiles à tout le monde.
Le Roi Louis XIV augmenta en fa faveur le nombre desOfficiers de fa Maifon, en créant la charge de Direéteur géné-ral des jardins fruitiers & potagers de toutes fes Maifons roya-les, dont M. Colbert expédia les provifions, & les envoya à laQuintinie. Dès qu’il fut pourvu de cet emploi, il fit augmen-ter de beaucoup l’ancien potager de Verfailles , où la beauté desfruits, & l’excellence des légumes & des herbages qu’il lui fitproduire , porta le Roi à faire celui que l’on voit aujourd’hui,qui eft l’admiration de tous ceux qui le confidérent.
La Quintinie eut trois fils de Marguerite Joubert fon époufe.L’aîné, qui promettoit beaucoup, & le plus jeune , moururentavant lui; & le fécond , qui étoit Abbé, ne lui furvécut qu’au-tant de tems qu’il en fallut pour faire imprimer l’Ouvrage de fonpère, dont nous avons parlé. * Perrault, les Hommes Illujlresqui ont paru en Francedans le XVII Jiécle, tome 2.
Q U I N T 1 N N U S. Voyez Q U I N Z A N O.
* Q U 1 N T O , nom d’une place d’Efpagne dans l’Aragon,au fud-eft de Saragoffe , dont elle eft éloignée d’environ huitlieues. Elle eft défendue par une affez bonne fortereffe. * Col-menar, Délices d’Efpagne, p. 649.
QU IN TUS Phrygien, vivoit dans le fécond fiécle, fousl’Empereur Verus, qui perfécuta les Chrétiens. Etant à Smyr-ne , il fe préfenta pour fouffrir le martyre ; mais à la vue destourmens, il renonça à la Foi, & adora les faux Dieux. * Eu-febe , FUJI. Ecclef.
QUINT US CALABER ou LE CALABROIS,Poète Grec, a vrai femblablement vécu dans le cinquième fié-cle. Il a compofé un Poërne de XIV livres de Paralipoménes,ou de fupplément à l’Iliade d’Homére , dans lequel on trouve lacontinuation de la guerre deTroye, depuis la mort d’Heâorjufqu’à la prife de la ville. Le Cardinal Beffarion efi: le premierqui a fait connoître ce Poërne , qu’il trouva dans l’églife de faintNicolas, proche d’Otrante en Calabre, & c’eft de là que l’Au-teur a été appelle vulgairement Quintus Calaber. Quelques unsprétendent qu’il étoit deSmyrne; d’autres le nomment Cointus,
& le confondent avec un Grammairien nommé Corintbus. Quel-ques Critiques admirent le Poërne de Quintus; d’autres en par-lent avec mépris. Il eft certain qu’il n’approche pas d’Homére,quoique fon iiyle foit affez net, & qu’il ne foit ni trop enflé,ni trophardi. Michel Néander a fait imprimer féparément le douzième &le treiziéme livre du Poërne de cet Auteur , lefquels livres M.Baillée a eu tort de regarder comme un Ouvrage féparé. * Con-ftantius Lafcaris , in Grammatic. Graec. {*? apud Laurenzo Craffo.Laurent Rodoman , Prcefat. in édit. Quint. Smyrn. Calabr. & ail-leurs. Pierre Mambrun , DiJfert.Peripat. de Carminé Epico. Rapin,Compar. d’Homére & de Virgile. Baillet, Jugement des Savant,Rc. tome 3. partie 2. p. 431. n. H 95 - édit. d’Amfterdam 1725.
Q U I N Z A N O, dit Q U I N T I N N U S (Jean-FrançoisConti de) étoit hé dans un bourg près de Breffe en Italie, dontil prit le nom. 11 écrivit heureufement en profe & en vers,
& demeura affez long-tems en France, fous le régne de LouisXII, qui lui fit du bien. Depuis il enfeigna à Pavie, & mou-rut âgé de 70 ans. On a divers Traitez de fa façon. * Gefner,Bibliotb. Ghilini, Tbeatr. d’Huom. Letter.
QUINZANO. Voyez Q U I N T I A N A.
Q U I N Z E-V I N T S <; fameux Hôpital de Paris établi parS. Louis, Roi de France', en faveur de 300 pauvres aveugles.
Il fit cette fondation en mémoire de ce qui arriva en 1253 , enEgypte à trois cens Gentilshommes François, à qui les Egyp-tiens , pour témoigner leur mépris pour la nation, crevèrentles yeux & les renvoyèrent ainfi à leur Roi. Telle eft l’opi-nion du Vulgaire ; mais ce fait ne fe trouve dans aucun Auteurdu tems. La maifon de l'Hôpital des Quinze-vints fut commen-cé en 1254, & la chapelle en 1260, proche du palais des Thui-leries. Dans les titres de la fondation , l’églife eft appellée l’é-glife de S. Remi. * Mezeray, Hiji. de France ^ tome 1. p. 253.264. Di&ion. Allemand. Hiftoire de la ville de Paris par les Béné-diétins. Hijloire de l’EgliJe , de la Ville & de l’UniverJité de Parispar Grancolas , tome 2. Monument de la Monarchie Françoife parle Père Dom de Montfaucon, tome 2.
QUIPIA ou A L C I B 1 A , en Latin Clypea, Clupea, del’Airique propre. Elle fut épifcopale fuffragante de Carthage.Elle eft aujourd’hui peu coniidérable. On la trouve dans le Royau-me de Tunis, fur la côte occidentale du Cap deBone, où ellea un port, à vint lieues de Tunis, vers le feptentrion orien-tal. * Maty , DiQion. Géogr.
* QUIQUERAN (Pierre de) Evêque de Senès dans leXVI fiécle, fut fils d’Antoine de Quiqueran, Seigneur & Ba-ron de Beaujeu en Provence. II étudia la Rhétorique & la Poé-tique , à Paris, fous Jacques-Louïs Strebe ; après quoi il paffaen Italie, où il s'attacha beaucoup à l’étude de la Mufique. E-tant retourné à Paris, il s’appliqua aux Mathématiques & à com-pofer en Latin un livre des louanges de la Provence fon païsnatal. Il le faifoit imprimer lorsqu’il mourut à Paris le 18 d’aout1550, à l’âge de 24 ans. Sa xnére & fa fœur firent achever
QUI.
l’impreffion de cet Ouvrage. C’eft un petit in folio de §9 feuil-lets, imprimé à Paris par Lambert Dodu l’an 1551. On y joi-gnit cent vers Latins hexamètres que Quiqueran avoit compofezfur l’arrivée d’Annibal à Arles. Il y a beaucoup d’érudition &de curiofitez dans l’Ouvrage de cet Ecrivain, qui fans doute fe-roit devenu l’un des plus favans perfonnages de fon fiécle, s’ileût joui d’une longue vie. Il méritoit les beaux éloges qui luifont donnez dans les Epitaphes que l’on a faites à fon hon-neur. Si l’on s’étonne que le détail qu’il a donné de quelquesunes de fes occupations le faffe connoître fort éloigné des vé-ritables devoirs d’un Prélat, on ne confidérera pas qu’il n’étoitpoint encore parvenu à l’âge de faire les fondions épifcopales.11 régnoit alors un grand abus de donner des Evêchez à des en-fans. * Bayle, Diâ. Crit.
Q U I R, ou T E R R E DE Q U I R , côte de la Mer Pa-cifique entre le dixiéme & le vintiême dégré de latitude méri-dionale environ à 20 lieues de la Nouvelle Guinée en tirant versle Pérou. Ferdinand de Quiros, Efpagnol, qui la découvriten 1606, l’appella Terre Aujlrale du S. Ejprit. On lui fait au-jourd’hui porter fon nom dans toutes les Cartes, où elle eft ap-pellée Terre de Quir. * Maty, Diü. Géogr.
QUIRAN DES , Sauvages de l’Amérique, qui habitentle rivage méridional de la rivière de la Plata du côté que laville de Buenos-Aires eft fituée. Ils font errans & changencfouvent de place à la façon des Scythes , & demeurent dans descabanes par villages. C’eft une nation furieufe, agile, vaillan-te , & qui à caufé autrefois de grands dommages aux Efpagnols.Ces peuples étoient Anthropophages. * Laët, üefeript. des Ind.Occid. I. 14. ch. 5. Th. Corneille, Ditt. Géogr.
QUIRIACE ou CYRIAC, Diacre de l’églife de Ro-,me , Martyr dans la perfécution de Dioclétien, l’an 303, avecfaint Large, faint Smaragde & vint autres.. C’eft tout ce quel’on Tait de lui; car les Aétes des Papes Marcellin & Marcelle,où il eft parlé fort au long de fes aétions & de fon martyre, nefont qu’un tiffu de faits fabuleux. Les Martyrologes font mé-moire de ces Martyrs au huitième d’août. * Baillet, Vies desSaints , 8 août. On fait au deuxième de mai la Fête d’un autreQuiriace , Evêque & Martyr, dont on n’a rien non plus decertain.
QUIRIACE ou CYRIAC, Anachorète de Paleftine,dans les cinquième & fîxiéme fiécles, né à Corinthe vers l’an448 , fe retira à Jérufalem dans le monaftére de S. Euftorge, àl’âge de dix-huit ans, & fe mit fous la difeipline de faint Eu-thyme qui l’envoya au monaftére de Saint-Gérafime. Après yavoir paffé quelques années, il revint à la Laure de faint Eu-thyme en 474. En 484, il quitta cette Laure , pour venir àcelle de Suça, où il demeura 39 ans. Enfin il fe retira dansles déferts. En 541, il revint dans la Laure de Suça, & paffa cinqans entiers dans la grotte de S. Chariton. Il combattit pendant cetems-là les Origéniftes : la contradiftion qu’il y trouva, le fitréfoudre de fe retirer encore dans le défert de Sufac. Sur lafin de fa vie , les Moines de la Laure de Suça le ramenèrent àfa grotte de S. Chariton, où il mourut deux ans après en 557,âgé de 109 ans & quelques mois. * Vita Cyriaci in Analett. Grec.Baillet, Vies des Saints , au mois de feptembre.
QUIRIACE, Kiriacus, Juif, qui fe nommoit auparavantJudas, contribua beaucoup à la recherche de la fainte Croix.L’Impératrice Héléne étoit à Jérufalem , où elle cherchoit ceprécieux thréfor , lorsque cet Hébreu lui vint préfenter un Mé-moire, qui avoit été confervé dans fa famille, depuis 326 ans,& où étoit marqué le lieu dont on étoit en peine. L’Impératri-ce y fit fouiller, & y trouva la fainte Croix. Judas ayant étébatifé , prit le nom de Quiriace ; & félon le fentiment de Béde,fut enfuite Evêque, & fouffrit le Martyre à Jérufalem, le pre-mier jour de mai. * S. Paulin, Epifi. ad Severum. Grégoire deTours , de tempore Conjlantini. Béda, in Martyrol. I. die ma». So-zoméne, l. 1. c. 2.
* Q U I R I N A L (Le Mont-) Voyez l’article de Q U I R I-NUS.
* QUIRIEU, petite ville de France dans le Dauphiné,eft fur une hauteur à la gauche du Rhône , dans le Bailliage deVienne, au nord-eft de la ville devienne, dont elle eft éloi-gnée de dix à onze lieues.
QUIRIMBA, Ifies qui commencent vis à vis de la côtede Zanguébar dans l’Afrique, & qui s’étendent dans un Golfe,jufqu’à Cabo del Gado , pendant plus de vint lieues. Il y ena de grandes & de petites & quelques unes qui font plus près dela cote que les autres. Les canaux qui les féparent ont fi peude profondeur & de largeur, qu’ils font guéables lorsque l’eaueft baffe. Quoique chaque Ifle ait fon nom particulier, les Por-tugais leur ont donné à toutes celui de Quirimba, qui eft la pre-mière qu’on découvre en venant de Mozambique. C’eft la plusgrande & la mieux peuplée. II y a vint-cinq maifons bien bâties,éloignées les unes des autres comme des métairies. Elle a l’Egli-fe au milieu, & un Prêtre Dominicain, envoyé par l’Achevêquede Goa , a foin d'y venir dire la Meffe. Tous les Habitansfont égaux & ont chacun leurs affaires & leurs Efclaves à parLIl y a une autre Me appellée Oibo , qui n’eft pas fi grande, &en général la plupart de ces Mes n’ont pas plus de deux ou troismilles de circuit. Elles font extrêmement fertiles en fruits,en dattes, en oranges, en citrons, en raifins, en herbes pota-gères , & abondantes en pâturages pour le bétail qu’on y^v°>en quantité , tant gros que menu. On y trouve des puits d eaufraîche & on y pêche force bons poiffons. Il y a beaucoup echaffe, des pigeons ramiers, & des tourterelles, & I esreçoivent d’Ormus du froment, du ris, des confitures leene .Ces Mes étoient anciennement peuplées d’Arabes & on le connoit aux mafures des maifons, qui étoient bâties de chaux,pierre & de briques, mais dans les premières navigations q