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7 (1740) Lettres P - SEG
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Q U L

ia douleur, Quel courage & quelle grandeur d’ame n’a-t’il’’ pas fait voir pendant une maladie de huit mois entiers V Com-” bien de fois a-t’iljetté fes Médecins dans l’étonnement VQuel-’’ le préfence d’efprit, & quelle force de raifonnement ne fai-” foit-il point paroître dans les dernières heures de fa vie pour” ine confoler , pour me relever de mon abattement, & pour\ tâcher de me réfoudre à fà perte?” Voilà le portrait du jeu-ne Quintilien , tel que fon père nous l’a lailfé; & l’on peut di-re que, s'il tenoit du père du côté de l’efprit, le père n’a pointflatté le fils, lorsqu’il en fait une fi belle peinture. * Quinti-lien , prcef. in Rbetoric. Baillet, Traité Hijlorique des Enfans de-venus célèbres far leurs études , £?c.

Q U I N T I L I E N S, Hérétiques, Difciples de Montanus,tiroient leur nom de celui de Qiiintilla , qu’ils fuivoient com-me une Prophétefie. Ils faifoient l’Euchariftie avec le pain &le fromage: ce qui leur fit donner le nom d'Artotyrites ; & par-mi eux, les femmes étaient Prêtres & Evêques. * S. Epiphane,liaer. 27. Baronius, A. C. 173. £fc.

QUINT 1L1 US Caedianus ou Condianus , & Maxi-me, é-toient deux frères d’une race illuftre & de grande réputa-tion fous l’Empire de Marc-Auréle & de Commode; ce dernierles fit périr à caufe de leur puiiîance, de leurs richeifes deleur mérite. Ils avoient été enfemble Confuls, Gouverneurs deProvinces, ôt.Auteurs. * Ælius Lampridius, in Commode. Dion,in Fi:a Marci. Philoftrate.

Q U I N T I L L U S (Marcus-Aurelius-CIaudius) étoit frèrede l’Empereur Claude, & lui fuccéda l’an 270. Sa rigueur lerendit odieux aux Soldats, qui le tuèrent 17 jours après qu’ilfut revêtu de la pourpre. D’autres difent que fe fentant tropfoible pour réfifterà Aurélien , il fe fitcouperies veines. *Tre-bellius Pollio , in Claudio. Vopifcus, in Aureliano. Eufébe, inCbron.

QU1NT1N MESIUS, ou MATSIS, Peintre,na-tif d’Anvers, ou, félon d'autres, de Louvain , furlafinduXVfiécle, & an commencement du XVI, avoit eu dès fon enfancebeaucoup d’inclination pour la Peinture, & fut néanmoins con-traint par fon péte d’apprendre le métier de Maréchal. Commeil étoit trop-foible pour un travail fi rude, il tomba dans unedangereufe maladie; & n’ayant pas allez de bien pour fe faireallifter, il fe fit porter à l’Ilopital, où étant revenu en conva-lefcence, il s’amufa à crayonner quelques tableaux. Après avoirrecouvré fa fanté, il retourna à fon premier métier; mais nepouvant s’arrêter à de gros ouvrages, il entreprit de couvrir &d’environner de fer un puits, qui eftproche de la grande égli-fe d’Anvers, & fit alors paroître l’excellence de fon efprit.parl’drtifice & la délicatefle de fon travail. Ce fut vers le mêmetems qu'il devint paflionnément amoureux d’une fille, qu’unPeintre recherchoit en mariage. Elle témoigna à Quintin, qu’el-le avoit plus d’inclination pour lui que pour le Peintre; maisqu’elle avoit une très grande averfion pour fon métier de Maré-chal. Quintin voulant pofféder fa Maîtrefie, quitta fon métierpour s’appliquer à la Peinture, & la cultiva avec tant de foin& d’aflîduité, qu’il fe rendit comparable aux meilleurs Maîtresqui fulfent en Flandre. Ainfi l’amour le rendit habile Peintre,& lui fit époufer dans la fuite celle qu’il avoit recherchée avectant de paillon. 11 fit quantité de bons tableaux; & entre au-tres une defcente de croix, qui ell fon chef d’œuvre; mais ilexcella fur tout à faire des portraits. Ce Peintre mourut l’an1529 , à Anvers, où il fut enterré dans l’églife des Chartreux.Cent ans après , Corneille Vander Geeft fit transférer fes os aupié de la tour de l’églife de Notre Dame , où l’on voit la ftatuede marbre de ce Peintre, avec cette Epitaphe, Quintino Matjis,incomparabilis artis PiBori, admiratrix , grataque pojleritas , annopoft obitum fœculari, 1629.

QUINTIN (Jean) Picard, & Tailleur d'habits de profef-fion , au commencement du XVI fiécle , fe joignit à un certainCopin , avec lequel il fe fit chef de l’infame doftrine des Liber-tins. Ils la publièrent dans la Hollande & dans le Brabant ; maisayant été pris à Tournay, ils y furent punis vers l’an 1630.Cherchez LIBERTINS.

QUINTIN (Jean) natif d’Antun, avoit été à Malte enqualité de Domefiique du Grand Maître, & compofa une De-scription de cette ifle en Langue Latine. A fon retour il futpourvu d'un Bénéfice eccléfialtique dans l’ordre des Chevaliersde Malte , & fut inftallé Profeffeur en Droit Canon à Paris en1536. Pierre Ramus le choifit en 1544, pour l’un des Juges dela difpute qu’il foutint contre Govea; mais Quintin, & Jean deBeaumont, Doéleur en Médecine, qui étoit l’autre Juge, lorsqu’il fut queftion de prononcer la fentence, déclarèrent qu’ilsne vouloient pas fe mêler de cette affaire*. Ce fut lui qui ha-rangua pour le Clergé dans l’aflemblée générale de: Etats duRoyaume, convoquez à Orléans en l’année 1560. 11 avoit au-trefois été fonpçonné d héréfie, à caufe de quelques difcourstrop libres & trop fincéres; mais il fit bien connoître dans lafuite que fes fentimens étoient orthodoxes. Son zélé pour lerétabliffement de la difcipline eccléfiaftique lui fit remontrerd’-abord que les Eccléfiaftiques avoient befoin d’être réformezpar l’autorité du Roi. Mais il ajoûta que la correétion de-voir être précifement pour les mœurs , non pour la doétri-ne ; qu’il n’y avoit rien à changer dans les articles de laFoi, dans l’ufage desSacremens, dans la Tradition de l’Kgli-gli, ni dans les ordonnances des Conciles Généraux. Il propo-fa enfuite d’une manière fort pathétique l’extirpation de l’hé-réfie, confeilla qu’on s’attachât à l’uniformité de la difcipli-ne , qu’il pretendoit être abfolument néceflaire dans une Mo-narchie , & avança beaucoup d’autres chofes dont l’Amiral deChâtillon & les Proteftans fe plaignirent au Roi & à la Reine.On manda Quintin pour rendre raifon de fon difcours ; mais ilfejuftifia en difant qu’il avoit parlé conformément aux Mémoi-res > que ie Corps dont il avoit porté la parole, lui avoit fournis.

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On ne fut pas content de cette réponfe ,& il fallut qu’il déclarâtdevant les Etats qu’il n’avoil^joint eu en vue l’Amiral de Châtillondans quelques endroits de fon Difcours, comme ce Seigneur qui a-voit cru y êtredéfigné, s’en étoit plaint à la Reine. Il mourut lçneuvième avril 1561, & fut enterré en l’églife de S. Jeân de Latranà'Paris, où l’on voit fon Epitaphe. Il fut Auteur de quelques Ou-vrages , dont voici les titres, Melitce Infulce Defcriptio ; TraBa-tus de ventis & mutica buxula ventorum indice ; ScLolia in Tertullia-ni librum de Prcefcriptionibus Hcereticorum ; Repetitæ PrceleBiones Ca-pitulé de multa providentia , de prœbendis dignitatibus, Cap.noVit. de Judiciis ; OBoginta quinque Regulte feu Canaries Apofiolo-rum , cum vetuftis Joannis Monachi Zonaræ Scboliis Latine modo ver-fis ; Spéculum Sacerdotis ; Synodus Gangrenfis explicata Commenta-riolis ex Gratiani DiftinBione trigefima; Hæreticorum Catalogue £?Hiftoria ex Gratiano. Il avoit traduit en Latin le Syntagma Ca-nonum Grœcorum, compofé par le moine Matthieu Blallarès. Cet-te Traduction n’elt qu’en Manufcrit dans la Bibliothèque du Roide France. *Mézeray, Hifi. de France. Varillas, IL il. de Char-les IX. Bayle, Dict. Crit.

QUINTIN, ville de Bretagne fituée dans un vallon â cinqlieues de S. Brieux. Elle a cinq gros fauxbourgs & une EglifeParoifiiale dédiée à S. Thurien & unie à la Collegiale de No-tre-Dame de S. Blin , où l’on conferve la ceinture de la Viergequ’on porte en proceflîon à S. Thurien le jour de l’AlTomption.Le commerce de la ville cônfifte en toiles. 11 y a proche deQuintin une grande forêt du même nom & qu’on appelle aulfiLütras. Quintin elt Une ancienne Baronnie, qui fut érigée enDuché l’an 1692, en faveur de Guy de Durfort, Maréchal deFrance. Voyez DURFORT. * Mémoires drejjez fur les lieux en1704. Th. Corneille, DiB. Géogr.

Q U I N T I N E de la Seéte des Caïnites , vint en Afriquedu tems de Tertullien , & pervertit plufieurs perfonnes en par-lant contre Le Batême , comme Tertullien le remarque dans fonlivre du Batême, qu’il compofa à cette occafion. *. M. DuPin,Bibliothèque des Auteurs Eccléfiaftiques des trois premiers fiécles.

Q UI N T IN I E (Jean de la) Directeur de tous les Jardinsfruitiers & potagers du Roi, naquit près de Poitiers en l’année1626 , & fit fes études au Collège des Jéfuites de cette ville.Dès qu’il eut achevé fon Cours de Philofophie, & pris quel-ques leçons de Droit, il fe fendit à Paris, pour fe faire rece-voir Avocat. 11 était naturellement éloquent. L’art qu’il joi-gnoit à cet heureux don de la naiflance, lui acquit en peu detems beaucoup de réputation dans le Barreau, & une eftime fin-guliére dans l’efprit des premiers Magiftrats. M. Tambonneau,Préfident en la Chambre des Comptes, informé de fon mérite,lui confia la conduite de fon fils , & lui donna des appointe-mens confidérables. Quoique cet emploi lui laiffât peu de temsdont il pût difpofer , il en trouva néanmoins pour fatisfairelapaflion qu’il avoitrpour l’Agriculture. 11 lut Columelle, Var-ron, Virgile, & tous les autres anciens Auteurs qui ont traitéde cette matière, N tout ce qu’en ont écrit les Modernes ; enforte qu’il s-’acquit toute la théorie qu’on pouvoit avoir alorsde cet Art. Il fit dans ce tems-là un voyage en Italie avec fonDifciple, où la vue de ce qui s’y pratique-dans le Jardinage luifit faire encore une infinité de réflexions très-curieufes & très-utiles. Il ne lui manquoit plus que de joindre à cette théoriel’expérience & la pratique: ce qu’il fit dès qu’il fut de retourParis. M. Tambonneau lui abandonna entièrement le jardin defa maifon, où il planta ce qu’il voulut. II fit un grand nombred’expériences avant que de fe déterminer. Pour bien connoîtrecomment la nature opère dans la produftion des racines, il plan-ta en un même jour plufieurs arbres de la même efpéce , puis illes arracha tous l’un après l’autre de huit jours en huit jours,pour voir le commencement, ie progrès & l’accompliflement dela produétion -des racines. Il apprit ce qu’on nefavoitpas en-core , qu’un arbre tranfplanté ne prend de nourriture que parles racines qu’il a pouffées depuis qu’il eft replanté, & qui foptcomme autant de bouches par lefquelles il reçoit l’humeur nour-rifliére de la terre , & nullement par les petites racines qu’onlui a laiffées, qu’on appelle ordinairement le chevelu. De là ilnous a enfeigné, que loin de conferve* ces anciennes petites ra-cines, quand on tranfplanté l’arbre, comme on faifoit autrefoisavec grand foin, il eft meilleur de les couper, parce qu’ordi-nairement elles fe féchent & fe moififlent; ce qui nuit à l’ar-bre, au lieu'de lui aider. II découvrit par fes expériences laméthode certaine & infaillible de bien tailler les arbres. Avantlui on ne fongeoit prefque à autre chofe , en taillant un arbre,qu’à lui donner une belle forme , & le dégager de6 branchesqui l’offufquoient. Il a fu, puis il a enfeigné ce qu’il falloitfaire pour contraindre un arbre à donner du fruit, &à en don-ner aux endroits où l’on veut qu’il en vienne, même à le ré-pandre également fur toutes fes branches ; ce qui n’avoit jamaisété nipenfé, ni même cru poffible. Il prétendoit, & l’expé-rience le confirme tous les jours, qu’un arbre qui a trop de vi-gueur, & qu’on abandonne entièrement à lui-même, ne pouf-fe ordinairement que des branches & des feuilles. Qu’il fautreprimer avec adrefle Ta forte pente qu’il a à ne travailler quepour fa propre utilité ; qu’il faut lui couper de certaines grof-fes branches, où il porte prefque toute fa fève, & l’obligerpar là à nourrir les autres branches foibles & comme delaif-fées, parce que ce font les feules qui apportent du fruit enabondance. Il faudroit tranferire ici prefque tout l’excellentlivre qu’il nous a laiffé fous le tître d InfiruBions pour les Jar-dins fruitiers £? potagers , fi on vouloit rapporter toutes les dé-couvertes dont nous lui fommes redevables. Ce livre, qui aeu l'approbation de toute l’Europe, a été imprimé plus d’unefois en France & en Hollande. Il a été traduit en Anglois,& l’on ne doute point qu’on ne le traduife aafli en plufieurs1 autres Langues .