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cité dans cet article! Ghiîini, Theatro d'buomini letterati , Urne I.Le Père Nicéron , Mémoires pour J'ervir à l'Hift. des Hommes II-iuftres, tome 27. p% 98 &? fuiv.
QUINTIEN (Saint) Evêque de Rodés, puis de Cler-mont en Auvergne dans les V & VI fiécles , étoit né en Afri-que fous la domination des Vandales. II quitta fon pais &vint en France fur la fin du cinquième fiécle, du tems du RoiClovis. Il s’arrêta dans le Rouergue, & fut élu Evêque deRodés. Il allilta au Concile d’Agde en 506, à celui d’Orléansen 51I. Après la mort de Clovis, les Vifigoths que ce Princeavoit fournis à fa domination , fe rendirent Maîtres du Rouer-gue. Quintien qui étoit alors Evêque de Rodés, & qui étoitfort zélé pour la Religion Catholique, fe vit avec douleur re-tombé fous la domination des Ariens, & l’on croit qu’il cher-cha à s’en délivrer, en tentant quelques années après de li-vrer fa ville épifcopale au Roi Thierry. II en fut au moinsfoupçonné, & Toit que ce foupçon fût ou bien ou mal fondé,ils cherchèrent à s’ailurer de fa perfonne ; mais fur l’avis qu’ileut de leur deffein, il prit la fuite de lui même, & fe retira àClermont en Auvergne auprès de S. Eufraife qui en étoit Evê-que & à qui il fuccéda en 515. Le Roi Childcbert s’étant em-paré de Clermont fur Thierri, ce dernier vint alfiéger la ville«te Clermont, qui fut défendue par les prières de S. Quintien.Ce Saint mourut le 13 novembre 527 , & fut enterré dans l’églifede faint Etienne, où il fe fit plufieurs miracles à fon tom-tombeau. On fait fa Fête le 14 de Juin, qui elt peut-être lejour de la tranflation de fon corps, de l’églife de faint Etiennedans celle de faint Geneit & de faint Symphorien. * Grégoi-re de Tours , Hijl. I. 3. Grégoire le Grand, Vitte Patrum hali-coru.n. Le Cointe, Annal. Bollandus. Bailiet, Pies des Saints.
* QUINTILIEN (Saint) Abbé célébré par fa faintetédans le feptiéme fiécle, comme on le croit, gouverna avec urçegrande piété les Religieufes que S. Eloi établit à Paris & qui yont fubfillé longtems. Le même Saint fit auffi bâtir, comme onle fait, une églife hors de la ville de Paris, pour la fépulturedes Religieufes, & dédiée en l’honneur de S. Paul. C’eft au-jourd’hui l’églife paroilfiale qui porte le nom de ce faint Apôtre,•St qui eft une des plus confidérables de Paris. Saint Quintilieny fut enterré, & l’on voit encore aujourd’hui fon tombeau danscette églife. Le Père le Cointe de l’Oratoire , dans fes Annalesde l’Hiltoire Eccléfiaftique de France, en rapporte cette Epita-phe, qui fut mife, félon lui, fur fa tombe, l’an 1490. m’ap-pelle Quintinien.
Quintinianus ibi jacet, Abbas ejje beatus
Qui feriptis fertur parum, fed canonizatus ;
Nondum comperitur, ut ab Ecclejia veneretur.
* Voyez auffi YHijloirede l'Eglife Gallicane, l.ç. par lePéreLon-gueval Jéfuite.
♦QUINTILIEN, Abbé de S. Germain d’Auxerre dansle huitième fiécle, fut élevé fur le Siège épifcopal de cette villeaprès Théodran. Il a été recommandable, non feulement parfes bonnes qualitez perfonnelles, mais encore parce qu’il étoitfils de S. Quintilien, lequel fonda pour les Pèlerins, le mona-ftére de Mélc-ret, aujourd’hui nommé Môntier. Ce dernier eftconnu du peuple fous le nom de faint Quinquelin. * Hijl. Epif-copor. Altijfiodor. c. 27. Le Père Longuevai, Jéfuite, Hijloirede l’Eglife Gallic. I. 11. p. 261. £?c.
QUINTILIEN, Quintilianus, père ou ayeul de l’Ora-teur, compofa les cent quarante-cinq Déclamations que nousavons, dont il y en eut cent trente-fix publiées par Ugolin deParme dans le XV fiécle, & augmentées de neuf autres, quin’avoient point encore paru, par Pierre Ayrault l’an 1563,puis par Pierre Pithou en 1580. * Bayle, Dift. Crit. Voyezaufli la fin de l’article fuivant. S. Jérome , in Cbron. Eufébe.Sénéque, Controv. Volüus, Injl. Orat. I. 1. c. 11 £? c. 15.deRhetor. Natura ac Conflit.
QUINTILIEN (Marcus-Fabius) fils d’un autre Quinti-lien , naquit à Calahorra en Efpagne. Il fe forma dans l’élo-quence fous le célébré Domitius Afer , qui mourut l’an de Je-fus Chrift 59. Lorsque Vefpafien eut aiîigné des gages pour lesProfeffeurs en éloquence, Quintilien fut couché fur l’Etat, &tint Ecole publique à Rome, emploi qu’il exerça vint annéesavec beaucoup de réputation ; & l’on peut dire que c’étoit leplus judicieux Maître d’étude qui fût alors dans tout l’EmpireRomain. Au bout de ce tems, il fe fit décharger de i’inftru-ftion de la Jeuneffe, & compofa un livre des Caufes de la Cor-ruption de l’éloquence. On ne fait pas bien néanmoins fi c'eftle Dialogue que nous avons encore aujourd’hui fur cette matiè-re, & que l’on attribue communément à Tacite. Ce qui en faitdouter, c’efl que l’Auteur dit qu’il étoit encore fort jeune enl’an 76 de Jefus Chrift. Quintilien fut engagé par fes amis àentreprendre un plus grand Ouvrage, qui font les douze livresde la Rhétorique , extrêmement eftimez par les perfonnes lesplus habiles, pour le ftyle, pour les préceptes & pour la foli-dité du jugement. 11 fut plus de deux ans à y travailler, &vouloit les garder encore du tems avant que de les publier,pour les revoir avec plus de maturité, comme un Ouvrage é-tranger; mais on les lui demanda avec tant d’inftance, qu’il futobligé de les donner. Il les adreifa à un Marcelius Viétorius,
& il y flatte Domitien par des louanges baffes & indignes d’unhomme d’honneur. On trouve auffi de l’excès dans la maniè-re dont il pleure la mort de fon fils dans l’une de fes Préfaces;
& c’eft ce dont nous parlerons dans l’article de Quintilien fonfils. On peut voir au même endroit quelques particularitez defon domeftique. Lorsqu’il compofoit cet Ouvrage, Domitienle Chargea du foin des fils ou petits-fils de fa fœur, & fils de JFlavius Clément, qui avoitépouféDomitille, fille de la fœur 1
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de Domitien. Ainfi c’efl fans doute ce même Clément qui luifit donner les ornemens confulaires, félon Aufone. Peut-êtrele même Aufone veut-il dire que Quintilien-après avoir acquis,tant de gloire à Rome , fut réduit à aller enfeigner à Bezançon& à Lyon; ce qu’on pourroit croire avoir été une fuite de Umort de Clément. Mais il ne faut pas apparemment prendrece fens, fi c’eft, comme on le croit, & comme il y a toute ap-parence, le même Quintilien à qui Pline écrit fur le mariagede fa fille. Ce Quintilien ayant un très-grand mérite avec desbiens médiocres, en comparaifon des plus riches, Pline le priefort civilement d’agréer qu’il .donne une fournie d’argent à fafille, pour être en état de foutenir la dignité de Nonius Celer,qui la devoit époufer. Outre les Auteurs qui ont parlé de Quin-tilien, Sidoine Apollinaire relève beaucoup fes Ecrits, à. luiattribue un ftyle vif & comparable à un foudre. Pour les dé-clamations qui portent le nom de Quintilien, données par M.Pithou en 1580 , & qui font fort célébrés dans l’Antiquité, oncroit qu’elles ne font pas de celui dont nous parlons; mais d’unautre plus ancien qui pouvoit être fon père,ou plutôt fon grandpère, comme le croit M. Pithou; puisque Sénéque le père enparle comme d’un homme plus âgé que lui, & déjà mort. Ily a encore dix-neuf autres Déclamations imprimées avant celles-ci fous le nom de Quintilien , que Voffius ne croit être ni delui, ni de fon grand-père; mais plutôt du jeune Poftume, quïprit, dit-on, le nom de Céfar & d’Augufte dans les Gaules,avec Foftume fon père en 260. Les Inftitutions de Quintilienfurent trouvées toutes entières par le Pogge dans une ancienne& vieille tour de l’Abbaïe de faint Gai, & non pas comme quel-ques Auteurs ont écrit, dans la boutique d’un Epicier Alle-mand. Poggio l’a marqué lui-même dans une lettre qui eft à lafin du Manufcrit dans la bibliothèque de Milan, rapportée parle P. Mabillon, in Mufœo It&lico. Cette découverte parut degrande conféquence , parce que jufqu’alors le texte de Quinti-lien avoit été fort imparfait & défectueux. Quelques uns ontcru qu’il n’y en avoit point d’autres exemplaires; mais il s’entrouve dans la bibliothèque d’Oxford & dans celle du Roi deFrance. M. Nicolle & l’Abbé de Pure nous ont donné uneTraduétion Françoife des Déclamations attribuées à Quintilien ,
& M. i’Abbé Gédoin une de l 'Orateur , avec une belle & lavan-te préface. La meilleure édition que nous ayons de fes Ouvra-ges en Latin , après celle de M. Obrecht à Strasbourg en 1698,Annales Quintiniales, c’eft celle du favant M. Caperonier,Diacre deMont-didier, Licentié en Théologie, &Profeffeur pour la LangueGréque au Collège Royal, avec quantité de Notes. M. Bur-man, Profeffeur à I.eyde a publié contre l’Auteur de cette édi-tion un Ecrit affez piquant. * Bayle, Ditt. Crit. Quintilien»l. 4- 9 - Tacite, Annal. I. 12. Pline, Epifl. 14: £? L 6. Epijl.
6. Tillemont, Hijloire des Empereurs , l. 2. Baillët, Jugement desSavans, tfc. tome 2. partie 1. p. 5. n. 54. édit. d’Amfteraam 1736-QUINTILIEN, fils du précédent, un des plus illuftresEcoliers de fon père Quintilien, fut un prodige d’efprit. Nousne pouvons en dire rien de plus certain , que ce que fon père:nous en apprend dans l’excellente préface de fa Rhétorique. Ilperdit cet enfant à la fleur de fon âge. „ Je n’avois plus dans„ le monde, dit Quintilien, d’autre efpérance ni d’autre plai-„ fir que celui que je trouvois dans mon fils Quintilien: il fuf-,, fifoit lui feul pour me confoler de la perte que j’avois faite„ de fa mère & de fon frère. 11 ne fe contentoit pas de faire„ paroître du brillant & de la vivacité, comme avoit fait fon„ frère , & la fécondité de fon efprit n’en étoit pas demeurée,, aux boutons & aux fleurs. A peine étoit-il entré dans la dixié-„ me année de fa vie, que l’on voyoit déjà cet efprit porter des„ fruits tout développez, tout formez, & hors des dangers„ qu’on auroit pu craindre pour leur maturité. Faut-il que je„ prenne mon propre malheur à témoin, pour trouver créance„ dans l’efprit de ceux qui fe contenteront de me plaindre,
,, fans vouloir fe fier à ma parole? N’eft-ce point affez que„ je fois fi cruellement affligé , fans me voir encore fufpeét au„ milieu des témoignages de ma propre confcience? Puisque,, l’on veut de moi un ferment, je jure par les mânes mêmes de„ mon fils, c’efl: à dire, par les divinité z de ma douleur , que je,, n’ai encore rien vu parmi l’élite de la Jeuneffe Romaine, de,, comparable d l’excellence de fon efprit, qui avoit pour a c-,, quérir les Sciences, outre la force & la beauté, une folidité,, que j’avois mife à l’épreuve. 11 étoit déjà capable d’étudier,, feul, & de fuivre fes propres lumières. Quand la modellie,
„ continue Quintilien, m’impoferoit filence en cette occafion, fes„ Maîtres ne voudroient pas fouffrir que je diffimulaffe une vé-,, rité , qu’ils connoiffoient encore mieux que moi. Tout le„ monde remarquoit en lui un fonds de probité, de piété, de„ douceur & d’honnêteté, qui capti voit tous ceux qui le voyoient,, ou qui l’entendoient. II avoit reçu de la nature diverfes fa-„ veurs de furérogation, qui fervoient d’ornement extérieur aux„ qualitez admirables de fon efprit & de fon cœur, une délica-„ teffe charmante dans les traits de fon vifage , des attraits mer-„ veilleux dans fes regards, une modeftie compofée fans affe-„ dation dans fes geftes, un ton de voix accompagné dune„ clarté & d’une netteté d’organe; en un mot, tous les agré-„ mens d’un corps bien fait. Non content d’avoir acquis une„ connoiffance parfaite de deux Langues, il avoit une grâce„ toute extraordinaire pour les parler. Il avoit l’expreffion des,, termes dans leur propriété & dans toute leur force, & lavoïc,, la véritable prononciation des lettres. Tous ces talens nous,, prometroient un homme accompli pour l’avenir; mais fes ver-,, tus étoient encore tout autrement eftimables que tous ce,, rares talens. 11 avo : t une fermeté & une confiance, e„ que les Philofophes la chercheroient dans leur Sage. H se-„ toit déjà rendu le maître des pallions qui affujettiffent les au-„ très, fit il s’étoit particulièrement fortifié contre la crainte oc
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