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M. Quinault. Ses pièces commencèrent alors à prendre le def-fus & à fe faire eilimer de tout le monde. Mais quand il futmort, & que divers Auteurs, quoique très-habiles, eurent faitvoir qu’ils ne pouvoicnt atteindre au même degré de perfeétion,fa réputation s’augmenta encore très-confidérablement. On nes’eft pas contenté de dire, qu’il étoit un Poète excellent dansle Lyrique du Théâtre, & que perfonne , ni des Anciens ni desModernes, ne l’avoit égalé dans cette efpéce de Poëfie , on aété jufqu’à dire, & à le dire tout d’une voix, qu’il n’en vien-droit, peut-être, jamais un autre qui l’égalât. Il a fait encorebeaucoup d’autres Pièces d’un autre genre, qui ont été fort efti-mées. De ce nombre eft la Defcription de la Maifon de Seauxde M. Colbert, petit Poërne très-ingenieux & très agréable. LaHarangue qu’il prononça en entrant dans l’Académie Françoi-fe, & deux autres qu’il fit au Roi fur fes Conquêtes à la tête decette Compagnie, ont fait voir qu’il n’étoit pas moins bon Ora-teur, que bon Poète, fur tout lorsqu’ayant appris la nouvellede la mort du Maréchal de Turenne, au moment qu’il alloit ha-ranguer le Roi, il en parla fur le champ d’une manière fi jufte& fi fpirituelle, que toute la Cour en parut furprife. Dans laCharge d’Auditeur des Comptes, qu’il exerça pendant quinze oufeize ans, il en fit toutes les fonctions avec autant d’exaétitude,que les plus habiles de fes Confrères, qui n’avoient point d’au-tre emploi ni d’autre occupation.
Sur la fin de fa vie, il eut regret d’avoir donné fon tems àfaire des Opéra, & il prit la réfolution de ne plus compofer devers qu’à la gloire de Dieu, & du Roi de France. 11 commen-ça par un Poëme fur l’exftinétion de la Religion Réformée dansle Royaume , dont voici les quatre premiers vers.
Je n’ai que trop chanté les jeux (J les amours,
Sur un ton plus fublime il faut me faire entendre:
Je vous dis Adieu, Mufe tendre,
Je vous dis Adieu , pour toujours.
M. l’Abbé d’Olivet dit que Quinault étoit d’une bonne fa-mille & que c’eft ainlî qu’en parlent fes contemporains. Tri-flan l’Hermite, qui avoit vieilli dans la carrière du théâtre, en-treprit de former Quinault, qui fe mit en état de fe faire con-noître avant l’âge de vint ans. Lulli préféra Quinault à tousles autres Poëtes, parce qu’il trouvoit, en lui feul , réüniestoutes les qualitez qu’il cherchoit; une oreille délicate pour nechoifîr que des paroles harmonieufes ; un goût tourné à la ten-dreffe pour varier en cent & cent manières les fentimens confa-crez à cette efpéce de Tragédie ; une grande facilité à rimerpour être toûjours prêt à fervir le Roi dans le befoin , & unedocilité très rare pour fe conformer toujours aux idées du Mu-ficien. Ménage dit que lorsque les premières pièces de Quinaultparurent, elles furent fi goûtées & fi applaudies que l’on en-tendoit les brouhaha à deux rues de l’Hôtel de Bourgogne. Jedoute dit encore Ménage que dans les Opéra on puiffe mieuxiéüffir que lui. Defpreaux à lancé contre Quinault quantité detraits fatyriques, cependant il n’a jamais répliqué. Bien loinde là il rechercha l’amitié de fon aggrefleur. M. de Merille,premier Valet de chambre de M. frère du Roi, fut le Médiateur.Enfuite, Quinault alloit voir fouvent Defpréaux, mais ce n’é-toit que pour a\(oir occafion de lui faire voir fes Ouvrages. Iln'a voulu fe racommoder avec moi, difoit M. Defpreaux, que pourme parler de fes vers, (J il ne me parle jamais des miens. Ce filen-lence affefté ne piquoit-il point davantage Defpreaux qu’uneSatyre en forme. * Hifl. de l'Acad. Franpoife, (Je. tome 2. p. 251,(Je. Oeuvres de Defpreaux édition de Genève, tome 1. p. 303 ,(Je. Menagiana, tome 2. p. 155, (Je.
Il mourut le 26 novembre i<58Ô, âgé de 53 ans. Il a laiffé deuxfilles dans le monde, l’une mariée à M. le Brun, Auditeur desComptes, Neveu de M. le Brun premier Peintre du Roi, & l'au-tre à M. Gaillard Confeiller de la Cour des Aides. Comme ilavoit époufé une femme riche, qu’il gagnoit beaucoup, & qu’ilétoit naturellement ménager, il eft mort riche de plus de centmille écus, en forte que ce ne fut point par befoin, mais plu-tôt pour fe divertir, qu’il fit l’Opéra difficile qu’il adreffe au Roi,& que voici.
Ce n’efl pas l’Opera que je fais pour le RoiQiri m’empêche d’être tranquille;
Tout ce qu’on fait pour lui parait toujours facile.
La grande peine où je me vol,
Ce fl; d’avoir cinq filles chez moi,
Dont la moins âgée ejl nubile.
Je dois les établir , (J voudrais le pouvoir,
Mais à fuivre Apollon on ne s’enrichit guère,
C’ejl avec peu de bien un terrible devoir,
De fe fentir preffé d’être cinq fois Beau-pére.
Quoi cinq A Et es devant Notaire ,
Four cinq filles , qu’il faut pourvoir,
O Ciel! peut-on jamais avoirOpéra plus fâcheux à faire ?
On fit plufieurs réponfes à ce Madrigal; mais voici celle quia paru la meilleure.
Si cet empreffement
Î 'en fai, Galant Auteur, qui ne vous plaignent guèree vous fentir preffé d’être cinq fois Beau-pere.
Si cet empreffement
Vient des Partis , qui brûlent pour vos filles,
Et qui cherchent votre agrément,
Pour les mettre dans leurs familles,
Vous favez l’art de feindre, (J pourrez finementApporter des delais à leur contentement.
QUI.
Si c’ejl d’elles qu’il vient, ah, c’ejl une autre affaire,
Le danger en ce cas fuit le retardement,
Il faut pour l’éloigner veiller exa&ement,
A cinq dots à la fois qui pourrait Jatisf aire ?
L’embarras n'eji pas ordinaire,
L’un ejl un Opéra , l'autre un fâcheux tourment,
Je vous en plains alors, (J plains extrêmement.
Ses principaux Ouvrages furent les Fêtes de l'Amour (J de Bac -chus, Cadmus (J Hermione, Alcefle , Pfycbé, la Mafcarade du Car-naval, Tbéfée , Atys , Ifis , Proferpine , Rolland, le Temple de laPaix , Armide. Le Triomphe de l’Amour , Perfée, Phaèton, Bèllè-rophon , (J Amadis. Outre les Opéra dont on vient de donnerla lifte, il a fait encore feize autres pièces de théâtre qu’ildonna avant l’âge de 30 ans, favoir, les Rivales, Comédie; L’A-mant Indifférent ou le Maître Indifcret, Comédie; La Comédie fansComédie ; La Gènéreufe Ingratitude, Tragicomédie ; La Mort deCyrus, Tragédie; Le Mariage de Cambyfe, Tragicomédie; Stra-tonice , Tragicomédie ; Les Coups de l’Amour (J de la Fortune, Tra-gicomédie; Amalafonte, Tragédie; Le Feint Alcibiade , Tragico-médie; Le Fantôme Amoureux , Tragicomédie ; Agrippa ou LeFaux Tiberinus , Tragicomédie; Aflrate, Roi de Tyr, Tragédie ;La Mère Coquette ou Les Amans Brouillez , Comédie; Paiîfanias,Tragédie. Il avoit aufîi compofé une Paftorale fous les nomsde Lifis (J d'IIefpérie , au fujet de la négociation de la paix,&du mariage de Louis XIV. Cette pièce fut compofée de con-cert avec M. de Lyonne , Miniflre & Secrétaire d’Etat pour lesaffaires étrangères , fur les Mémoires que fournit le CardinalMazarin. On la répréfenta au Louvre devant leurs Majeftez leneuvième décembre 1660; mais elle n’a pas été imprimée. Ileut l’honneur de haranguer le Roi au nom de l’Académie Fran-çoife , au retour de fes campagnes de 1675 & de 1677. * Mé-moires Hifloriques. Journal des Savons du 23 mars 1(565. Baillet,Jugemens des Savons, (Je. tome 4. partie 2. p. 502. n. 1543. édit.d’Amfterdam 1725. Boileau-Defpreaux, dans la Préface de fesOeuvres, (J Satyre 2 (J 3. Menagiana, tome 2. Perrault, lesHommes Illujlres qui ont paru en France dans le XVII Jiécle.
* QUINCY, bourg de France, dans cette partie du Gou-vernement de Champagne qui eft connue fous le nom de Brie.11 eft à peu près au fud de la ville de Meaux , dont il eft éloi-gné d’un peu plus d’une lieue. Le Diftionaire Univerfel de laFrance lui donne près de dix-fept cens Habitans.
QUINDE’CIMVIRS, Magiftrats Romains, avoientfoin de garder les livres des Sibylles; ce que faifoient aupara-vant les Décemvirs & les Duumvirs. Us confultoient ces Ora-cles lorsque le Sénat l’avoit ordonné, & en faifoient leur rap-port, y ajoûtant leur avis. Ces Magiftrats étoient aufli commispour exécuter tout ce qui étoit preferit dans ces livres des Si-bylles , & pour faire célébrer les Jeux féculaires. Ce nom leurfut donné parce qu’ils étoient quinze, de quindecim, qui ligni-fie quinze, & de vir , homme. On croit que ce fut Sylla, Diélateur,qui les établit, créant cinq Magiftrats , qu’il ajoûta au Collègedes Décemvirs. * Tite-Live, 1 . 6 .
Q U I N G E Y, bourg avec Bailliage. Il eft dans le Comtéde Bourgogne , fur la Louve , à fept lieues de Dole vers le Le-vant , & à quatre de Bezançon vers le fud. Maty, Diction.Géogr.
QUINIDE (Saint) Ouinidius, Evêque de Vaifon , aprèsavoir été Diacre de cette églife , & affifté l’an 552 au Conciled’Arles, en qualité de Député de fon Evêque Théodore, futchoifi pour fon Coadjuteur, & lui fuccéda en 571. Il affifta auquatrième Concile de Paris en 572 & mourut le 15 février 579,jour auquel on fait mémoire de lui dans l’églife de France.11 y a une églife de fon nom à Vaifon qui étoit autrefois uneAbbaïe. Cette églife fort ancienne fut réparée vers la fin du XVIIfiécle pas l’illuftre & favant Jofeph Maria Suarès, Evêque deVaifon, qui y fit graver ces deux vers.
SanElo Quinidio répara venerabile templum.
Ut mibi cœleflem praparet ipfe tbronum.
L’autel eft d’un très beau marbre: il eft creux, & plufieurs Criti-ques croyent que c’eft ie tombeau même de S. Quinide. *Bol-landus. Baillet, Vies des Saints, au mois de février.
Q U l N O B I. Voyez G I N O P O L I.
QU1N0 CUNI, ville de l’Ifle de Niphon dans le Japon.Elle eft capitale d’un petit Royaume qui porte fon nom, & fi-tuée fur la côte méridionale de la contrée de Jetfengo. * Ma-ty , DiÙion. Géogr.
* Q U I N O F ou G U Y N O T de L A U S I E'R E S,Sénéchal de Quercy, étoit un homme de confiance de LouisXI , Roi de 1 rance, & ce fut lui qui lui fit venir Françoisde Paule , Inflituteur des Minimes, dont il efpéroit la guérifonde fes infirmitez & un long retardement du tems de fa mort.Ce Prince par reconnoiffance donna à Quinot une penfion de600 livres tournois. François de Ginas, Général des Linancesen Languedoc, en retrancha la moitié, difant que c’étoit parl’ordre du Roi. Quinot s’en plaignit, & Louis XI lui renditune prompte juftice, en ordonnant à Ginas de fatisfaire pleine-ment Quinot & pour le préfent & pour l’avenir, & en le me-naçant en cas de contravention. * Voyez le Supplément de Pa-ris 1736.
QUiNPERCORENTIN. Cherchez QUIMPER-CÜ RE N TI N.
QUINQUARBRES, QUINCABRES ou CINQ-ARBRES (Jean de) dit en Latin Quinquarboreus , natif d Au-rillac en Auvergne , vivoit dans leXVl fiécle. Il fe rendit très -bile dans la Langue Hébraïque qu’il profeffa au Collège Koya ,à Paris, dès l’an 1558. Il paroit qu’il en continua 1 exercice