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7 (1740) Lettres P - SEG
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QUI.

s’étoit point allez garanti, fervirent de prétexte à fes ennemispour le pourfuivre comme un criminel & un homme perdu devices. On entendit des témoins contre lui, on reçut leurs dé-pofitions: & quoique la plupart fuflent ou faulTes ou exagé-rées , on engagea l’Official de Dijon à donner une Sentencecontre les Adhcrens & Seftateurs de Robert, & l’on y compritM. Quillot. Cette Sentence eft du 17 de juillet 1700. Les cou-pables , ou ceux que l’on y juge tels, font condamnez par Aéteà differentes peines, & M. Quillot y eft déclaré bien & duementcontumace, atteint & convaincu d’avoir diltribué quelques livresiufpeéts des erreurs duQuiétifme;d'avoir tenu des difcourscon-formes à ces erreurs ; ôt d’avoir eu des liaifons fufpectes avecRobert & autres. Pour réparation de ces crimes, la Sentence lecondamne à trois ans de prifon dans un monaftére, à y jeûnerpendant ledit tems au pain & à l’eau tous les Vendredis, à réci-ter à genoux l'Office de la fainte Vierge & le Pfeaume 50 félonla Vulgate & le 51 félon l’Hébreu ; lui interdit à perpétuité l’admi-niftration du Sacrement de Pénitence, & le fufpend pendant unan de la fonction de fes Ordres. La même Sentence le condam-ne à trente livres d’aumône, & à faire fa profeffion de foi en-tre les mains de l’Evêque de Langres, avant que d’entrer dansle monaftére qui lui fera indiqué. Pendant le cours de cetteprocédure, qui avoit commencé dès le mois de décembre 1098,Al. Quillot qui ne fe croyoit pas en fûreté, malgré le nombrede fes amis & de fes protefteurs, s’étoit plufieurs fois caché, &ne s’étoit montré que lorsqu’il avoit cru que la fureur de fes en-nemis étoit un peu appaifée. Mais lors de la Sentence il s’étoitretiré, & comme on ne favoit où il étoit, on le fonna à fonde trompe , & on appofa les fceaux à fa maifon. La Juftice fé-culiére examinoit de fon côté toute cette affaire pour ce qui laregardoit : il y eut fucceffivement plufieurs Commiffaires nom-mez pour cet examen, dont le réfultat fut, que le Parlementde Dijon le mit hors de Cour, fur le cas privilégié par fon ar-rêt du 27 d’août 1700. Durant cette longue procédure, M. Quil-lot produifit plufieurs Faétums en fa faveur, & fes Adverfairesy répondirent par d'autres, mais pius encore par quantité de Sa-tyres en vers & en profe, dont ils inondèrent toute la ville deDijon. Après l’Arrêt du Parlement, M. Quillot voyant que fes en-nemis n’avoient triomphé qu’à demi, crut qu’il pourroit bienleur arracher entièrement une viétoire doht ils poffédoient mêmeune partie injuftement. H fit folliciter larévifion du procès & dela Sentence de i’Official, & quand il eut été affuré d’un examenimpartial, il fe rendit en prifon ; & peu de tems après, l'Officialrendit une nouvelle Sentence qui le renvoyé à pur & à plein deFaccufation formée contre lui. Ce nouvel A£te eft du dixiéme d’a-vril 1701. Claude Quiilot fortit de prifon le 2r du même mois,& reprit fes fonctions, excepté l’adminiftration du Sacrementde Pénitence, dont on ne jugea pas encore à propos de le char-ger. Nous ignorons combien il a furvécu à cette affaire. Sesennemis irritez de ce fuccès, tâchèrent au moins de le noircir danslapoftérité, en forgeant une Seétc imaginaire qu’ils appelèrentde fon nom , le Quillotifme, & en donnant une Hiftoire de la viede M. Quillot pleine defauffetez & de calomnies, & une rélationdu procès qu’ils lui avoient fufcité. Elle eft intitulée, Hiftoiredu Qtiillotijme, ou de ce qui s'ejl pajjè à Dijon au fujet du Quiétifme,avec une réponfe à l'Apologie en forme de Requête (compofée parM.Alenekt, Avocat célébré à Dijon,) produite au procès criminelparClaude Qiiülot, Prêtre habitué de l’églife de S. Pierre de Dijon, &de depuis, les mêmes charges fubjiftant, mis hors de Cour par le mê-me juge, à Zell, chez Henriette Hermille, à l’Image du bonPalteur, in quarto. Cette Hiftoire parut au mois d’avril 1703,& fut répandue le foir du neuvième du mois dans les principa-les maifons de Dijon, & même dans les monaftéres des Religieu-fes, où elle fut jettée par deffus les murs. II y régne une gran-de partialité , & une paillon effrénée de médire de tout le mon-de. Dès que Aleffire Clermont de Tonnerre, Evêque de Lan-gres, en eut connoiffance, il la fit examiner, & la condamnafévérement par une Ordonnance Paftorale du 21 d’avril de lamême année 1703, qui fut lue, publiée & affichée à Dijon , &lue aux prônes des îvleffes paroifliales de ladite ville. Ce Pré-lat y déclare que Claude Quillot avoit fait connoître fon inno-cence devant tous fes Juges, & que cette Hiftoire du Quillotif-me bleffoit également la vérité des faits par les calomnies dontelle eft remplie; & la pureté des mœurs, parle détail honteuxdans lequel elle entre. Le Parlement de Dijon de concert avecl’autorité eccléfiaftique, faifant droit fur les conclurions du Pro-cureur Général du Roi, condamna p.ireillement la même Hi-ftoire le neuvième de juin fuivant, à être lacérée & brûlée parl'Exécuteur de la Haute Juftice, comme calomnieufe, bleffantégalement le Sacerdoce & l’Empire, & attaquant fans ménage-ment & fans vérité les Aliniftres du Seigneur, & quantité defamilles honnêtes que l’on s’y efforçoit de deshonorer. Au re-fte on tira un très petit nombre d’exemplaires de cette Hiftoire,& on la trouve avec peine dans les cabinets de quelques Cu-rieux. C’elt un in quarto, de 434 pages, en y comprenant laRequête de M. Alenekt, accompagnée de réflexions longuesqui rcfpirent le même efprit que l’Hiftoire. L’Ordonnance deM. de Langres, & l’Arrêt du Parlement de Dijon ont auffi étéimprimez. * Mtmoires du tems. Supplément de Paris 1736.

QU I LM A N C F., ville d Ethiopie fur la côte d’Ajan, prèsduZanguébar, & à l'emboûchure du Quilmanci, entre Mélin-de & Maga loxo. * Maty, Diüion. Géogr.

Q U I L Al A N C !, rivière qui a fa iource dans I’Abyflinie,où elle porti- le nom d’Oby; enfuite entrant dans la côte d’A-jan , elle baigne Barraboa. & fe décharge dans la Mer de Zan-guébar à QuilmanCe. * Maty. Diüion. Géogr.

QUI LOA, Royaume de Zanguébar en Afrique, fur la cô-te de la Mer d’Ethiopie, a une ville .capitale de même nom,«tuée dans une petite ifle nommée auffi Quiloa, près du Con-

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tinent, & défendue d’une forte citadelle. Le Roi de ce pars,qui eft Mahométan, faifoit ordinairement fa demeure dans cet-te ville ; mais en 1503, Fr. d'Almeida ayant fait aborder la flot-te Portugaife dans cette ifle, envoya quérir ce Roi, qui fei-gnant d’être malade , fe prépara pour fe défendre. Auffi-tôt Al-mtida envoya pour affiéger cette ville 700 de fes Soldats, qui iaprirent. Après quoi, le Roi s’en étant fauvé, ils y changèrentle gouvernement, & la rendirent tributaire du Roi de Portugal.Cette ville a un port très fréquenté. Elle eft, à ce que l'onprétend, la même ville que le fameux Géographe Ptolornée ap-pelle Rapta , autrefois félon le même Auteur capitale de la Bar-barie. 11 la place au feptiéme dtgré de latitude auftrale , maiselle eft au neuvième. Le Royaume de Quiloa forme une iflefertile , & abondante en toute forte de fruits & de vivres.L’air y eft pur & fain. Le Roi de Quiloa étoit autrefois Souve-rain du Mozambique. Les Habitans font en partie Payens, Scen partie Mahométans. ils font blancs & vont vêtus de diver-fes fortes de draps, tant de laine que de foye. Les femmes por-tent pour ornement des chaînes & des bracelets d’or. Ils bâtif-fent leurs maifons de pierre, de bois, & d’autres matériaux,& elles font belles & commodes. Il y a encore une ville de mê-me nom à l’autre bord del’ifle, appellée F ancienne Quiloa, éloi-gnée de Mozambique de 150 lieues Françoifes. "• Baudrand.Davity , de P Afrique. Voyez le Supplément de Paris 1736.

Q U 1 M P E R - C O R E N T 1 N , ville épifcopale en Bre-tagne, eft fituée au confluent de l’Oder, & dune petite rivièrenommée Bénaudet. Elle eft la capitale de l’ancien Comté deCornouaille. S. Corentin , fon premier Evêque, a augmentéfon nom. Le Chapitre de la cathédrale eft compofé du Doyen,de deux Archidiacres , d’un Thréforier , d’un Chantre , d’unThéologal & de douze Chanoines. L’Abbé de Daoulas eft lepremier Chanoine de ce Chapitre : fa chaire eft dans le chœur visà vis de celle de l’Evêque; & aux proceflions il marche à fa gauche,de même que fes Religieux marchent à la gauche des Chanoi-nes. L’Evêque eft Seigneur de la ville, qui a Sénéchauffée,Préfidial, & un fiége d’Amirauté.

* QUIMPER LAY ou QUI M PERLE’ petite vil-le de France dans la Bretagne , dans le diocéfe de Quimperco-rentin , fur la rive gauche de la rivière de Laita. Elle à l’eft-fud-eft de la ville deQuimper-corentin, dont elle eft éloignée,de huit à neuf lieues. Il y a une célébré Abbaïe, fondée parAlain Cagnard , Comte de Cornouaille, vers l’an 1034.

QUINAULT (Philippe) Poète François très - eftimé,malgré ces deux vers de Al. Defpreaux, Satyre 2. v. 19 & 20.

Si je penfe exprimer un Auteur fans défaut ,

La raifon dit Virgile, & la rime Quinault.

Au fortir de fes études, il s’appliqua à la Poëfie, pour Iaquell»il avoit beaucoup de talent, & compofa dès l’âge de quinze an*des Coniediés très-agréables. Dans le même tems, il fe mit chezun Avocat au Confeil, pour apprendre les affaires, où bien-tôtil fe rendit habile. Je ne puis m’empêcher de rapporter ici unechofe, à la vérité peu importante, mais qui marque bien l’é-tendue & la facilité de fon efprit. Cet Avocat au Confeil lechargea de mener une de fes Parties, Gentilhomme d’efprit &de mérite, chez fon Rapporteur, pour l’inftruire de fon affai-re. Le Rapporteur ne s’étant pas trouvé chez lui, & ne devantrevenir que fort tard , M. Quinault propofa au Gentilhomme dele mener à la Comédie en attendant, & promit de le bien pla-cer fur le Théâtre. A peine y furent-ils, que tout ce qu’il yavoit de gens de la plus haute qualité vinrent einbraffer AL Qui-nault & le féliciter fur la beauté de fa Pièce, qu’ils venoientvoir repréfenter, à ce qu’ils difoient, pour la troifiéme ou qua-trième fois. Le Gentilhomme étonné de ce qu’il entendoit, lefut encore davantage, quand on joua la Comédie, où le Par-terre, & les Loges retentiffoient fans ceffe des applaudiffemensqu’on y donnoif. Quelque grande que fût fa furprife, elle futencore toute autre, lorsqu’étant chez fon Rapporteur, il en-tendit M. Quinault lui expliquer fon affaire , non feulementavec beaucoup de netteté, mais auffi avec des raifons, qui enfaifoient voir la juftice fl évidemment, qu’il ne douta plus dugain de fa caufe. Les Comédies de AI. Quinault furent pen-dant dix ou douze ans les délices de Paris & de toute la Fran-ce, quoique les Connoifieurs de profeffion prétendiffent, qu’iln’y en avoit aucune, où les régies fuflent bien obfervées ; ima-gination toute pure, & qui n’avoit d’autre fondement que lafauffe prévention où ils étoient, qu’un jeune homme , qui n’a-voit pas étudié à fond la Poétique d 'Ariftote, ne pouvoit fairede bonnes pièces de Théâtre. On lit dans le fécond volume desMénagiana, qu’un Marchand, qui aimoit la Comédie, conçuetant d’eftime pour AI. Quinault, qu’il l'obligea de prendre unappartement chez lui. Ce Marchand quelque tems après vintà mourir. M. Quinault fit les affaires de la Famille, & époufaenfuite la Veuve de fon bon ami, de laquelle il eut plus dequarante mille écus de biens.

Les Opéra étant venus à la mode en France, M. Quinault enfit de très-bons; mais qui n’eurent pas d’abord les applaudiffe-mens fans bornes, qu’ils ont reçu depuis. On tâcha même d’endégoûter Lulli; mais cet excellent Muficien avoit trop de goût& de fens, pour ne pas fentir qu’il étoit difficile de faire desvers plus beaux , plus doux , & plus propres à faire paroître laMufique. Ce qui le charmoit encore davantage , c’eft que M.Quinault avoit le talent de faire des paroles fur les airs de Dan-fe dont il embelliffoit fes Opéra, & qui y convenoient auffi bien& fouvent mieux, que fi elles avoient été compofées les pre-mières. .

Le Roi de France ayant voulu donner à la Cour le divertiiie-ment des Opéra, ne voulut point prendre d’autre Auteur que

C a M-