Druckschrift 
7 (1740) Lettres P - SEG
Entstehung
Seite
407
Einzelbild herunterladen
 

P Y R. P Y T.

Jkîaîtrefle qu’avoit ce Prince, & qui ne lui plaifoit pas. Ptolé-mée, qui fuccéda à Pyrrhus fon frère,ne lui furvécut pas beau-coup. Leur mère les fuivit bientôt, ayant été accablée dela perte de fes deux fils. Il ne rcftoit que deux Princelfes dela famille Royale, Ntrêls êcDéïdamïe, iœurs d’Olympias, &filles de Pyrrhus l'ayeul de celui-ci. Néréïs fut femme de Ge-lon, Roi de Sicile, & Déïdamie fut tuée auprès de l’autel deDiane, pendant une fédition. Les Dieux, pour punir ce cri-me , affligèrent les Epirotes en tant de manières, qu’ils furentprefque réduits à rien par la famine, & par les guerres civiles& étrangères. * Juftin. Athénée.

P Y R R H US, Moine Monothélite, fut fait Patriarche deConftantinople après Sergius vers l’an 639. Il fut convaincud’avoir eu part à la mort de l’Empereur Conftantin fils d’Héra-clius en 641. La crainte du châtiment le fit fuir en Afrique,où ayant trouvé Maxime, qui étoit un tres-faint & tres-doéteReligieux, il fut initruit par lui dans la créance orthodoxe.De là il paffa à Rome, où il préfenta au Pape Théodore , fuc-ceffeur de Jean IV, une profelfion d*Foi, par laquelle il ab-juroit fon héréfie: enfuite de quoi il fut reçu à la communionde l’Eglife. Mais il ne fut pas plutôt forti de Rome, qu’il ré-pandit fon poifon dans Ravenne : ce qui le fit condamner & pri-ver du facerdoce par ce Pontife, qui fe voyant obligé de lignerce jufte anathème, trempa fa plume dans le calice, où l’on a-voit confacré le fang de Jefus - ChrilL Depuis, Pyrrhus futrétabli fur le fiége Epifcopal de Conftantinople en 655, mais ilne le tint -que quatre mois & quelques jours. Par fa mort ilfit place à Pierre, qui étoit infeété des mêmes erreurs. * Théo-phane, in Annal. Nicéphore, in Chron. Baronius, A. C. 639.642. 652. Anaftafe, in Vit. Pont. &c.

* PYRRHUS, fameux dans l’Hiftoire des Croifades, étpitun des premiers Officiers à Antioche , lorsque cette ville futaffiégée par Boamond & les François. Il fit amitié avec Boa-mond, qui fe fervit de la confiance & de l’eftime qu’il lui té-moignoit, pour l’engager à lui faciliter les moyens d’entrerdans Antioche. II obtint de lui qu’il lui Iivreroit trois tours oùil commandoit. Cela fut exécuté, & de cette manière Boamondfe rendit maître de la ville d’Antioche. * Voyez le Supplémentde Paris 1736.

PYRRO LIGORIO. Voyez L I G O R I O.

P Y T.

P YTHAéORE. Pytbagoras, Philofophe, auteur de laSeéte dite YItalique, naquit à Sidon vers la XLVII Olympia-de, environ 592 ans avant Jefus - Chrift. Son père nomméMnèfarcbus ou Mnémarcbus , Jouaillier, rapporta fon fils à Sa-iiios, lieu de fa demeure , & le donna à élever à Hermodamas.Dans la fuite, pour s’inflruire à fond de toutes les Sciences, ilc'onfulta les plus grands hommes de la Grèce & voyagea en E-gypte, en Phénicie & dans la Chaldée , où il converfa avec lesMages, quiétoient les Philofophes du pals. On prétend qu’ilapprit plufièürs chofes des Juifs. A fon retour à Samos , nepouvant fouffrir la tyrannie de Polycrate, ou félon d’autres,de Silo fon frère, qui lui avoit fuccédé, il fe retira dans cettepartîè d’Italie, qu’on appelloit la Grande Grèce, d’où fa Seétea pris le nom d'italique. Il fit fa demeure ordinaire à Croton,i Métaponte, à Tarente , & dans les villes voifines , & eutbeaucoup de part au gouvernement." On convient que rejettantlé nom de Sage, qu’on lui vouloit donner, il fe contenta decelui de Pbilofopbs , ou d’Ami de la Sageffe. Jamblique ajoûtequ’avant que de recevoir ceux qui fe préientoient pour être fesDifcples , il les éprouvoit par un iilence rigoureux de plufieursannées. Il poffédoit diverfes Sciences; & quoique quelques-unsprétendent qu’il n’avoit rien écrit, les Anciens nous affurentqu’il avoit compofé plufieurs Ouvrages, que nous n’avons plus,& dont Diogène Laërce fait mention : mais il excella particu-liérement dans les Mathématiques ; car ce fut lui qui inventade nouvelles régies d’Arithmétique , & qui perfeétionna laGéométrie, dont on ne connoiffoit auparavant que les premiersélémens, trouvez par un certain Mœris. On remarque qu’il aété le premier des Philofophes qui ait foutenu l’immortalitédes âmes: mais il enfeignoit en même tems la Métempfycofe,ou tranfinigration des âmes après la mort dans d’autres corps,

& même des corps des hommes dans ceux des bêtes, & descorps des bêtes dans ceux des hommes. On croit que c’eft la rai-fon pour laquelle les Pythagoriciens s’abftenoient de mangerde la viande , mais d’autres prétendent que ce n’étoit que leprétexte. Ils s’abftenoient auffi de manger des fèves. Pytha-gore aenfeigné, comme plufieurs autres Anciens, que c’étoitla terre & non pas le ciel qui tournoit. Il enfeignoit de deuxmanières, la première par des difeours fuivis.la fécondé par des fen-tcnces courtes & énigmatiques, fous lefquelles il comprenoitles plus importantes Maximes de la Morale. Il eft le premier,félon Platon, qui enfeigna que tout devoit être commun entreles amis; & fes Difciples fuivant cette Maxime, mettoient tout !ce qu’ils avoient en commun. Outre cela, ils rejettoient lesonétions d’huile, taéprifoient les plaifirs, portoient des habitsblancs de laine, s’abftenoient du jurement, avoient un fouverainrefpeft pour les Vieillards, n’ofoient épancher de l’eau en pré-fbnee du foleil, & avoient une déférence infinie pour les fend-mens de leurs Maîtres. On dit qu’on ne le vit jamais ni rireni pleurer; & que fes Difciples avoient tant de refpeét pour toutce qui venoit de lui, que pour alîurer quelque chofe, ilss’ex-pliquoient ordinairement par ces mots, àuro; ’étpx, il V a dit. Di-vers Auteurs l’ont accufé de Magie; mais avec peu de raifon,

& ont publié à ce fujet cent contes fabuleux. Les uns ni lesautres ne s’accordent pas entre eux touchant les diverfes aven-tures de la vie de ce Philofophe, ni avec juftin, qui dit que

P Y T. 4 o 7

ceux de Métaponte l’adorèrent comme un Dieu. Cylon jeunehomme de Crotone qu’il n’avoit pas voulu recevoir au nombrede fes Difciples, mit le feu au logis où il s’étoit retiré avecplufieurs de ceux qui étudioient fous lui, & ils y périrent tous,excepté Pythagore, qui s’en fauva lui troifiéme. Dans fa fui-te les Locriens lui refuférent l’entrée de leur ville; ceux deTarente ie firent fortir de la leur; & enfin il fut tué à Méta-ponte dans vne émeute populaire , âgé de 90 ans, dans la qua-trième année de la LXX Olympiade, 497 ans avant Jefus-Chrift.Dicéarque afiure que Pythagore s’étant retiré dans le templedes Mufes à Métaponte , s’y laiffa mourir de faim. Ilermipperapporte que la guerre s’étant élevée entre les Agrigentins , &les Syracuiains, Pythagore & fes Difciples portèrent les armespour les Agrigentins; que ceux-ci ayant été défaits, Pytha-gore, plutôt que de fouler un champ planté de fèves, en fiele tour & fe livra lui-même aux ennemis. Ce même Auteurrapporte une autre Hiftoire de Pythagore; mais qui paroît fa-buieufe. 11 dit qu’étant venu en Italie, il fit une foire en ter-re, dans laquelle il fe fit defeendre; qu’il en fortit après biendu tems, comme s’il revenoit des Enfers, & qu’ayant été in-struit par fa mère de ce qui s’etoit palfé pendant qu’il avoit étéfous terre , il le rapporta aux Affiftans, pour les perfuader qu’ilétoit defeendu véritablement aux Enfers où il avoit appris toucce qui s’étoit pallé fur terre. Pythagore étoit, félon Héracli-de , âgé de 80 ans quand il mourut, quoique d’autres lui don-nent 90 ou 99 ans de vie. 11 avoit une femme nommée Tbéa-110, fille de Brontin Crotoniate.que quelques-uns difent n’avoirété que fa Difciple. Cependant il eut d’elle un fils nomméTüauges , & une fille appellée Damo , qu’il éleva dans la Phi-lofophie. Un dit qu’en mourant il recommanda à fa fille de nepoint donner fes Ouvrages à lire publiquement , & qu’elle nevoulut pas les vendre, quoiqu’on lui en offrît une grolfe fom-me. Quelques-uns ont dit que Pythagore a fleuri eu Italie fousle régne de Huma Pompilius; mais il eit beaucoup plus récent;car il ne peut être venu en Italie que fous le régne de ScrviusTullius, comme le remarquent Cicéron & Tite-Live. On aencore à préfent un Ouvrage attribué à Pythagore, intitulé lisFers dores i mais il eft confiant qu’ils ne font point de lui. L’onpeut voir dans Lucien un entretien agréable au fujet de Pytha-gore, dans le Dialogue des Selles, ou des Pbilofopbes à l’encan,où l'on voit toute la doctrine de Pythagore tournée d’une fa-çon très-ingénieufe. De tous les Auteurs qui avoient écrit faVie, il ne nous en refie que cinq, favoir, Diogène Laërce ,Maichus dit Porphyre, Jamblique, l’Anonyme , dont Photiusrapporte l'extrait dans fa bibliothèque, cod. 259, & M. Dacierde l’Académie Erançoife, qui a donné la Vie de ce Philofo-phe l’an 1706.

Le P. Philippe Teflier, Religieux Carme , foutint à Béziersen 1682, dans un Chapitre Provincial des Théfes , où il éta-blifloit qu’il étoit probable que Pythagore & fes Difciples étoientReligieux Profès de l’Ordre du Mont - Carmel, auffi - bien queles anciens Druides des Gaules. Mais ces Théfes furent cen-furées à Rome par un Décret du 25 janvier 1684. J. I’rid.Mayer a fait une Diifertation fur cette matière, Utrum Py-tbagoras Judæus fuerit , an Monacbus Carmelita. Selon quelque»Doéteurs Mahométans, Pythagore eft né d’une vierge commeJefus-Chrift. La Philofophie de Pythagore eft reçue univer-sellement dans les Indes & chez tous les peuples idolâtres del’Orient. Cette Philofophie eft enfeignée entre les Mahomé-tans & fur tout entre les Perfans, par les Soufys. Cette Secteeft ancienne; mais peu connue parce que fa doétrine eft toutemyftérieufe. Il y a eu plufieurs autres Pythagores. DiogèneLaërce fait mention de quatre, l’un Tyran de Crotone; le fé-cond, Athlète de Phliafe; le troifiéme de Zacynthe, que l’ondit avoir enfeigné une Philofophie myftérieufe, à qui l'on at-tribue V&vToq ’éipx-, & un quatrième, de Samos , Peintre < 5 c Scul-pteur: à celui-ci on ajoûte deux autres Sculpteurs, l’un deReggio, & l’autre de Samos. On met un Pythagore Athlètefous l’Olympiade XLVII 1 , que l’on croit auffi Philofophe; tinMédecin; un Orateur; un Auteur Grec, dont le fiécle eft in-certain. Athénée fait auffi mention d’un autre Pythagore;mais il y a bien de l'apparence que la plupart de ces Pythago-res ne font que le Philofophe, que l’on a multiplié fuivant lesdiverfes Sciences aufqueiles il s’étoit appliqué. * Athénée l.

4. £■? 14, Elien, Hift. Animal. L 7. c. 8, Diogène Laërce, inPytbagora, Diodore de Sicile, Plutarque, Clément Alexandrin,Aulu-Gelle, Eufébc , &c. citez par Naudé , Apologie des grandsHommes, c. 10. Voilius, de Seiï. Pbilof. c. 6 : tÿ de Hift. Grcec.

I. 4. La Motlie Le Vayer, de la Vertu des Payens . partie 2.Ménage, Jur Diogène Laërce. Voyez M. Dacier, fur la TraxduSion Françoije des Vers dorés de Pythagore.

P Y T H A R C H U S ou P Y T H A R Q U E , de Cli-que, gagna la bienveillance de Cyrus, le Fondateur de l’Em-pire des Perfes; qui lui donna les revenus de fix villes voifinesde Cyzique. 11 voulut enfuite fe rendre Souverain de fa patrie,

& il marcha contre elle avec des troupes ; mais l’union de fescompatriotes rendit fes efforts inutiles. Agathoclès cité parAthénée, i. 1, nomme les villes données à Pytharchus: c’étoitPédafe, Olympe, Camantium, Sceptres, Artypfe, & Tortyra.

P Y P IIE'A S, Pytbeas, Géographe de Marfeille, Philofo-phe, Mathématicien & Altronome, vivoit vers le tems d’Alexan-.dre le Grand, & l’an 325 avant Jefus-Chrift. II écrivit unTraité de Ambitu Terres, cité fouvent par les Anciens, & fur toutpar Strabon, qui l’a convaincu de diverfes iinpoftures, commede ce qu’il dit qu’au deffus de Thulé on ne trouvoit plus ni rnérni terre; mais un corps compofé de deux élémens. Il mâle fesrécits de tant de fables, que plufieurs Critiques anciens & mo-dernes en ont pris occafion d’attaquer & de rejetter fon autori-té fur tout. Ni cet Ouvrage du Tour de la Terre, ni les autres

' d*