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ment hautes, & fi ferrées, qu’elles laiflent à peine cinq routesétroites pour paifer tle France en Efpagne ; la première, deSaint-Jean de Luz à S. Stbaftien, & de là Je long du Mont-ée Adrien à Vitcoria dans la Bifcaye ; la fécondé, de Bayonepar Annoa, à Maya, qui eft à l’extrémité orientale de la Na-varre, & de Maya à Pampelune; la troiliéme, de Saint Jean-Pié-de-Port à Taraffa, & à Pampelune; la quatrième duComté de Cominges en Aragon; la cinquième, du Languedocen Catalogne par la montagne de Salfes, & par Perpignan.Tous ces pafl'ages font fi étroits , fi rudes, & fi montueux,qu’il n’y a qu’un mulet qui puitfe y paifer. La quatrième rou-te a encore ceci de particulier, que les montées & les defcen-tes en font fi rudes, qu’à peine un mulet peut s’y foutenir; &la cinquième eft coupée de marais. * Strabon, I. 3. Dion, l.53. Ortelius. Briet. Mérula. Sanfon. Duval. Alv. de Colmé-nar , Delices de ïEfpagne.
PYRGOTE'LE, fameux Sculpteur, vivoit du tems d’A-lexandre le Grand. Ce Prince en faifoit fi grand cas, qu’il dé-fendit à tout autre Ouvrier que lui, de le répréfenter en relief;comme il voulut que le fetil Apelles eût permiflion de le pein-dre. C’ell ce que nous dit Pline, Hijt. Naturelle, l. 7. cb. 38. fé-lon la divifion du Père Hardouin. Horace, qui dit que le feulAppelles eut permiflion de peindre Alexandre, & le feul Lyfip-pe de le jetter en fonte, ne nous dit rien de Pyrgotéle. Quin-te - Curce ne dit pas un mot de tout cela. On prétend que lecachet de Michel Ange, que l’on poiféde en France, & qui eftune cornaline, fur laquelle on croit voir la figure d’Alexandre,& une vendange , eft un ouvrage ds Pyrgotéle.
P Y R M O N T, bourg célèbre pour les eaux minérales. Ileft dans le Cercle de Weftphalie, à lîx lieues de Lemgovv versle Levant. Pyrmont eft chef du Comté qui porte fon nom,fitué au Levant de celui de Lemgovv. Il appartient aux Com-tes de Wàldeck, à la réferve de la petite ville de Lugde, dontles Evêques de Paderborn font les maîtres. * Mat y, Diâion.Géogr.
P Y R R H A. Voyez l’article deDEUCALION.
PY R R H 1 QU E, danfé de gens armez, qui étoit en ufa-ge chez les Anciens, & tiroit fon origine de Pyrrhus , félonquelques-uns, ou félon d’autres, de Pyrrhicus, Lacédémo-monien. Quoiqu’elle le dansât ordinairemenr à pié, quelquesAuteurs, & Felîus entre autres, en ont étendu le nom jufquesfur les combats de chevaux qui fe faifoient par de jeunes gens,tel qu’étoit celui dont Virgile nous a laifie la defeription dansle cinquième livre de l'Eneide. C’étoit fur tout à Sparte queles jeunes gens armez de toutes pièces , s’éxerçoient à cettedanfe. Jules Scaliger témoigne de lui-même, qu’étant encorejeune, il la répréfenta plufieurs fois en préfencede l’EmpereurMaximilien; & que ce Prince furpris de le voir fe remuer avectant de facilité, fous des armes fipefantes, s’écria qu’il falloirque cet enfant 11’eût point d’autre lit ou d’autre berceau quefa cuiraffe. * Pline, l. 7 - c ■ SS- Athénée. Scaliger, Poèt.
PYRRHON, Philofophe Grec, natif d’Elide au Pélo-ponnéfe, Chef de la Seifte des Sceptiques, exerça laprofelfionde Peintre , & fut enfuite Auditeur de Dryfon. Depuis il de-vint Difciple d’Anaxarque d’Abdére, & s’attacha fi fort à lui,qu’il le fuivit dans les Indes , pour voir les Gymnofophiftes. 11confulta auili les Mages, & les autres Savans. Selon fes prin-cipes, il prétendit que la nature des chofes dépendoit du pré-jugé des loix & de la coutume ; & qu’il n’y avoit rien d’honnê-te ou de mal-honnête, d’injufte ou u’équitable, de bon ou demauvais en foi. Pyrrhon étoit extrêmement folitaire, & atta-ché à fes méditations philofophiques. 11 vécut prés de 90 ans,& fut tellement refpefté par ceux de fon pals, qu’ils le créè-rent fouverain Pontife de leur Religion. Ce Philofophe vivoitdu tems d’Epicure & de Théophrafte, vers la CXX Olympia-de, & l’an 300 avant Jefus-Chrift. Ses Seftateurs n’ont pasété feulement appeliez Pyrrboniens, de fon nom: ils ont eutrois ou quatre autres noms, qui fe rapportent tous aux dou-tes dont ces P.hilofophes fàifoient profelfion , dans une recher-che continuelle de la vérité. C’eft ce qui les a fait nommerEpbétiques, Zététiques,^ Aporétiques, & plus communément en-core Sceptiques, c’eft à dire , inquisiteurs , fufpendans, douteux,examinateurs. La fin dans laquelle cette Seifte établiffoit fonfouverain bien , étoit de poiTéder une fituation d’efprit, exemtede toute paillon, par le moyen de 1 'Ataraxie , qui régie lesopinions; & de la Métriopatbie , qui modère les pallions, de tel-le forte qu’il jouïfle d’un parfait repos, tant à l’égard de la vo-lonté , que de l’entendement. Ils difoient qu’il n’y a que lafeule époque ou fufpenfion d’efprit, qui puifle nous mettredans cet heureux état. Cette époque, dont on a tant parlé,ne fe peut acquérir que par un examen bien exaft des appa-rences du vrai & du faux , qui fe trouvent en toutes chofes. Pourcela les Sceptiques avoient inventé une Topique particulière, quicontenoit dix moyens pour examiner tout ce qu’on leur pro-pofoit. Quelques-uns les ont réduits à trois, & ceux-ci fe rap-portent à un, qui eft le plus général de tous. C’eft celui dela rélation, par lequel les Sceptiques prétendent que nous nejugeons que par comparaifon : ce qu’ils énoncent en ces ter-mes , omnia faut ad aliquid. * Les Curieux pourront confulterDiogène Laërce, in Vita Pyrrhonis, l. 9. Sextus, Hypotb. 1 . 1. c.14. La Mothe Le Vayer, de la Vertu des Payons , partie 2.Voflius, de Se ci. PbiloJ. c. 20. Bayle, Diction. Critique.
PYRRHUS, furnommé Neoptoléme , fils du fameux Achil-le , & de Deïdamie , fut élevé à la Cour du Roi Lycoméde fonayeul maternel, jufqu’au tems que les Grecs perfuadez qu’on nepouvoit prendre 'l’roye fans lui, le firent venir au fiége decette ville, après la mort d’Achille fon père. Il s ’y diftinguapar plufieurs exploits, qui dégénérèrent fouvent en cruautez;car ce fut lui qui maffacra le K,oi Priain, & qui précipita le
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j jeune Aftyahax, fils d’PIeftor, du haut d’une tour. Androma-que, veuve de ce dernier, lui échut en partage, après la pri*fe de Troye, & il en fit fa femme, félon quelques-uns , ou faMaîtrefife, félon d’autres. Quoiqu’il en foit, elle donna un filsà Pyrrhus, qui félon quelques-uns, s’établit à Phthia dans laThelTalie ; & félon d'autres dans l’Epire. Pyrrhus avoit évitéle naufrage, dans lequel avoit été enfevelie une partie des Prin-ces Grecs, à leur retour de Phrygie ; & ce lut par les confeilsdu Devin Hélénus, fils de Priam. Depuis, il devint amoureuxd’Hermione, fille de Ménélaüs , laquelle il époula, quoiqu’ileût encore une autre femme nommée LanaJJe, outre Androma-que. Mais Hermione, jaloufe de cette dernière, réfolut des’en défaire ; & n’y ayant pu réüflir, elle communiqua fes cha-grins à Orefte, qui avoit été amoureux d’elle avant que Pyr-rhus l’eût époufée. Orefte vengea Hermione en fe vengeantlui même, & alfallina Pyrrhus dans le temple de Delphes. *Homère. Euripide. Ovide, in Heroïd. Euftathius , in HomerumServius, in Æneïde. Diftys, l. 6. Bayle, Diction. Crit.
PYRRHUS, de Bérée, père de Sopater ou Sopatre, celui quidevoit accompagner faint Paul jufques en Afie. il faut remarquerque le mot de Pyrrhus ne fe trouve que dans la Vulgate, &peut-être dans un petit nombre d’autres exemplaires au livredes Allés, cb. 20. m 4. où il eft parlé de Sopater. 11 y a feu-lement dans la plupart des Exemplaires Grecs, Sopater de Ité-rée.
PYRRHUS, Roi des Epirotes, étoit du fang des Æaci-des, & defeendoit d’Achille. Son père l’avoit laiifé extrême-ment jeune, fous la tutelle de Glaucias , qui refufa de le re-mettre entre les mains de ceux qui ne le demandoient que pourle faire mourir. 11 fe rétablit malgré fes ennemis, & fe défit deNéoptoléme, qui étoit fon compétiteur à la Couronne. Pyr-rhus étoit extrêmement ambitieux, & après avoir rempli toutela terre du bruit de fa valeur, il monta fur divers thrônes; maisil étoit aufli propre à perdre des Royaumes, qu’à les acquérir.Il commença de donner des marques de fa bravoure à la batail-le d’Ipfus, fous la CXIX Olympiade , vers l’an 304 avant Je-fus-Chrift. Danslafuite.il défit Démétrius, qui avoit étéehaffé de Macédoine par fes Sujets , & fe rendit maître de fouEtat, vers la CXX 1 IOlympiade, & l’an 292 avant Jefus-Chrift.Mais fept mois après il fut chaiTé par les Macédoniens, qui nevouloient point d’un Etranger pour leur Souverain. Quelquetems après, à la follicitation des Tarentins , Pyrrhus eut guer-re contre les Romains, & pafia la mer avec toute les forces del’Epire, de la Macédoine & de la Theifalie. On compte troisprincipales batailles qu’il leur donna. La première fut livréeen l’an 281 avant Jefus-Chrift, prés d’Héraclée, dans la gran-de Grèce, fur la rivière de Siris. Pyrrhus y perdit plus demonde que les Romains, qui ne lui abandonnèrent le champde bataille, que parla terreur desEléphans, jufqu’alors incon-nus dans l’Italie. Le Vainqueur fut fi peu fatisfait de fa viftoi-re, qu’il avoua qu’il étoit perdu, s’il en rempoîtoit encore uneautre qui lui coûtât fi cher. On députa vers lui C. Fabricius,pour retirer les prifonniers, qui furent délivrez fans rançon:depuis, F’abricius livra à ce Prince fon Médecin, qui s’étoitobligé de le faire mourir. Cynéas, qui demandoit la paix, futrenvoyé fans avoir pu faire recevoir des préfens tres-confidé-rables, dont il étoit chargé pour eux. Ces honnêtetez récipro-ques furent fuivies de la bataille d’Afcoli dans la Pouille, l’an279 avant Jefus-Chrift. La viftoire fut aiTez douteufe : Pyrrhusy perdit pourtant plus d’hommes que les Romains, & y futlui-même bleflfé. Peu après il pafia dans la Sicile, & y gagnaen l’an 276 & 277 avant Jefus - Chrift, deux batailles contreles Carthaginois, & prit liryx, avec quelques autres places.Mais l’infolence des fiens le rendit odieux: de forte qu’après a-voir levé le fiége de Lilybée, il fut contraint de repafler enItalie, où il étoit rappellé par ceux de Tarente, extrêmementpreflez par les Romains. Alors dans une troifiéme batailledonnée dans la Lucanie, il fut entièrement défait en l’an 2 6$avant Jefus-Chrift, par le Conful Curius Dentatus: de forteque l’année fuivante , qui étoit la troifiéme de la CXXVI.Olympiade, il repafla en Epire avec fept mille hommes de pié& cinq mille chevaux. Il leva bientôt une nouvelle armée, at-taqua Antigone Gonatas, Roi de Macédoine, le défit, & peuaprès fe rendit maître de cet Etat. Enfuite il entra dans le Pé-loponnéfe, & ravagea le païs des Lacédémoniens ; mais il futobligé de lever le fiége de devant Sparte. De là il prit la rou-te d’Argos, où il fut afiommé d’une tuile que lui jetta fur latête une femme, dont il vouloit tuer le fils, la première an-née de la CXXV 1 I Olympiade, & 272 ans avant Jefus-Chrift.Elien remarque qu’une chouette fe pofa fur la javeline de cePrince, la nuit avant qu’il fut tué. C’eft à lui qu’on attri-bue l’invention du jeu des Echets. * Elien, Hift. Animal. I.10. c. 7. Juftin ,l.i 7. 24. &? 25. Plutarque, en fa Vie , Ti-te-Live , l. 13. £? 14. Polybe. Florus. Orofe. Bayle, Diction.Critique.
PYRRHUS, Roi d’Epire, petit-fils du précédent, fuc-céda à fon père Alexandre , & fut fous la tutelle de fa mère O-lympias. Sa minorité rendit les Etoliens allez injuftes pour en-treprendre de lui enlever une partie de l’Acarnanie. C’étoitcelle qui étoit échue à fon père dans un partage de conquêtesqu’il avoit fait avec eux. Olympias eut recours à Démétrius»Roi de Macédoine ; & pour l’engager plus fortement à la re-courir, elle lui donna en mariage Phthia fa fille. Juftin quiraconte tout cela, /. 28, nous laiffe là fans nous apprendre d au-tres fuites du defiein des Etoliens, que l’irruption qu ils firentfur les frontières de l’Epire au tems de Ptolémée , frère; a iuc-ceflëur de notre Pyrrhus. 11 faut qu’il y ait là du vuid e > c ^ rfans doute il fe pafia quelques années entre la minorité « 1*mort de Pyrrhus. La Priucefle Olympia* fit empoifonner^une