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7 (1740) Lettres P - SEG
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crimpe pour aller jufquau Commet. Vers le milieu il y a àPun des coins, des pierres qui manquent, & qui font une brè-che ou petite chambre de quelques piez de profondeur. Ellene perce pourtant point jufqu’au dedans. On ne fait fi lespierres en font tombées, ou fi elles n’y ont jamais été mifes.il y a grande apparence qu’on Ce fervoit de cet endroit pouralTùrer les machines, qui tiroient les matériaux en haut. C’eflencore une raifon qui a obligé de bâtir la Pyramide, avec desdevrez à chaque rang; puisque fi les pierres eufient été tailléesen* 3 talus, 6c pofées l’une fur l’autre fans qu’il y fût demeuréaucun rebord , il auroit été abfolument iinpoflible de conduireiufqu’à fon fommet, les lourdes malles qu’on y a portées. Onle repofe ordinairement dans cette brèche, le travail étant grand às’élancer ainfi trois piez chaque fois, pour monter jufqu’au faîte.

Il y a environ deux cens huit degrez formez par le rebordde ces grofies pierres, dont l’épaiffeur fait la hauteur de l’un àl'autre. Ce qui femble être pointu d’embas, a quinze à feizepiez en quarré , & fait une platte-forme qui peut contenirquarante perfonnes. On a remarqué qu’un homme bien fortétant fur cette platte-forme ne pouvoir jetter une pierre audelà de la Pyramide, mais feulement fur le douzième degré,ou un peu plus bas; mai s il n’eft pas vrai qu’on ne puiiïe tirerune flèche plus loin que la Pyramide; car il eft certain qu’uneflèche tirée d’un bon bras, pallèra facilement trois cens quaran-te & un piez, qui font la largeur de la moitié de la Pyrami-de. Ceux qui y montent découvrent de là une partie de l’E-gypte, & le défert fablonneux qui s’étend dans le pais deBar-ca, ôc ceux de la Thébaide de l’autre côté. Le Caire ne pa-roît prefque pas éloigné de ce lieu , quoiqu’il en foit à neufmilles. On entre aulli dans la même Pyramide, & il faut fepourvoir de lumières pour cela, ün palfe la première entréeen fe courbant, & l’on trouve comme une allée, qui va endefeendant environ 80 pas. Elle eft voûtée en dos d’âne, &apparemment toute entière dans l’épailfeur du mur, puisqu’onn’y voit rien qui ne foit folide de cous côtez. Cette allée aafTez d’élévation & de largeur pour y pouvoir marcher, maisfon pavé baiifé encore bien plus droit qu’un glacis, fans avoiraucun degré, & la pierre n'a que de légères picqures de pasen pas pour retenir les talons ; de forte que pour s’empêcherde tomber, on eft obligé de fe tenir avec les mains aux deuxcôtez du mur. Les pierres font fi bien unies enfemble, qu’àpeine peut-on appercevoir les jointures. Au bout de cetteal-lée, on trouve un paflage qui n’a d'ouverture que ce qu’il enfaut pour lailTer palier un homme. Il efl ordinairement remplide fable, qui n’elt pas fi-tôt poulie par lèvent dans la premiè-re ouverture, qu’il fuit le penchant de la pierre , & fe vienttout ralfembler en ce lieu-là. Lorsqu’on a ôté ce fable &qu’on a paffé ce trou, en fe traînant huit ou dix pas fur leventre, on voit à la main droite une voûte qui femble defeen-dre à côté de la Pyramide. On trouve aulli un grand vuide,avec un puits d’une grande profondeur. Ce puits va en baspar une ligne perpendiculaire à l’horifon, qui ne laifle pas debiaifer un peu; & quand ceux qui y defeendent font environ àfoixante fept piez, comptant de haut en bas, ils trouvent unefenêtre quarrée qui entre dans une petite grotte creufée dansla montagne, qui en cet endroit n’eft pas de pierre vive : cen'eft qu’une efpéce de gravier fortement attaché l’un contrel’autre. Cette grotte s’étend en long, de l’Orient à l’Occident ;Et de là à quinze piez en continuant de defeendre en bas, efl;une codifie fort penchante, & entaillée dans le roc. Elle ap-proche prefque de la ligne perpendiculaire , & eft large envi-ron de deux piez & un tiers, & haute de deux piez & demi.Elle defeend cent vint-trois piez en bas , après quoi elle eftremplie de fable & de fiente de chauve-fouris. On croit quece puits avoit été fait pour y defeendre les corps que l’on dé-pofoit dans les cavernes qui font fous la Pyramide.

Après qu’on eft arrivé à ce grand vuide, oii le puits eft àla gauche, on eft obligé de monter fur un rocher, dont la hau-teur eft de vint cinq ou trente piez. Au deflus eft une efpacelong de dix ou douze pas; 6c quand on l’a traverfé, on montepar une ouverture qui n’eft pas plus large que le paflage oùl’on eft obligé de fe traîner; mais qui a pourtant allez d’éléva-tion pour y marcher fans qu’on fe baifie. Il n’y a point dedegrez non plus qu’au refte: on y fait feulement de chaque cô-té des trous, qui font de diftanceen diftance. On y met les piezen s’écartant un peu, & l’on s’appuye contre les murs, quifont de pierres de taille fort polies, & jointes enfemble avecautant d’adrefie que toutes les autres. Les niches vuides quel’on y voit, de trois en trois piez , & qui en ont un de lar-geur , & deux de hauteur, donnent lieu de croire qu’ellesétoientautrefois remplies d idoles. Ce paiTage eft haut de quatre-vintspas, & on n y fauroit monter fans beaucoup de peine. Ontrouve au deflus un peu d’efpace de plein-pié, & enfuite unechambre qui a trente deux piez de long & feize de large. Sahauteur eft de dix - neuf piez, & au lieu de voûte , elle a unplancher ou lambris tout plat. Il eft compofé de neuf pierres,dont les fept du milieu font larges chacune de quatre piez , &longues de feize. Les deux autres qui font à l’un & à l’autrebout, ne paroiflent larges que de deux piez feulement : celavient de ce que 1 autre moitié de chacune eft appuyée fur lamuraille. Elles font de la même longueur que les fept autres,& toutes les neuf traverfent la largeur de cette chambre, ayantchacune un bout appuyé fur la muraille qui eft de l’autre cô-té. Cette chambre dont les murs font fort unis, ne reçoit au-cun jour; & dans le bout qui eft oppofé à la porte, il y a untombeau vuide fait tout d’une pièce. Il eft long de fept piez,& large de trois, & a trois piez quatre poulces de hauteur, &cinq poulces d’épaifleur. La pierre en eft d’un gris tirant furle rouge pâle, & à peu près femblable au porphyre. Quand ou

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la frappe , elle rend un fon clair comme une cloche. Elleeft fort belle lorsqu’elle eft polie , & d’ailleurs fi du-re, que le marteau a peine à la rompre. Il y a une autre cham-bre à côté de celle-ci; mais plus petite, 6c fans aucun fépul-cre. C’eft là le plus haut endroit où l’on puifie aller au dedansde la Pyramide, qui n’a pour toute ouverture, que le paftaged’en bas, au déifias duquel eft un^ pierre en travers, qui a on-ze piez de long & huit de large. Vers cette entrée eft un "écho qui répété les paroles jufqu’à dix fois. Le défaut de jourdans toute la Pyramide, eft caufe qu’on y refpire un air extrê-mement étouffé. La flamme des flambeaux que l’on y porteparoît toute bleue , & l’on s’en fournit toûjours d’un fort bonnombre, puisque s’ils venoient à s’éteindre lorsqu’on eft mon-té bien haut, il feroit abfolument impoffible d’en fortir. Lesdeux autres Pyramides ne font ni fi hautes , ni fi grofies quela première. Elles n’ont aucune ouverture, & bien qu’elles foientauiïî bâties par degrez , on n’y peut monter, à caufe que le ci-ment dont l’une & l’autre eft enduite, n’eft pas afTez tombé.Elles paroiflent d’enbas tout à fait pointues dans leur fommet.On attribue ces fuperbes monumens à celui des Pharaons, quifut englouti dans la Mer Rouge. On prétend que les deuxmoindres étoient pour la Reine fa femme, & pour la PrincelTefa fille, & que leurs corps y ayant été mis, on les a fermezenfuite, en forte que l’on ne peut reconnoîcre de quel côté enétoit l’entrée. La grande étoit , dit-on, deftinée pour ceMonarque; & comme il n’a pas eu befoin de tombeau, elle efttoûjours demeurée ouverte. Devant chacune des trois Pyra-mides, il paroît des relies de certains bâtiinens quarrez , quifemblent avoir été des temples. A quelques pas de la Pyra-mide ouverte, on voit une idole, que les Arabes appellent A-bou-elbaoxn, c’eft à dire, père de Colomne ; & Pline l’appelleSphinx. C’eft un bufte taillé dans le roc vif, qui femble êtrede cinq pierres ajuftées les unes fur les autres ; mais y regar-dant attentivement, on reconnoît que ce qui paroifioit êtreles jointures des pierres, ne font que des veines de roc. Cebulle répréfente un vifage de femme, avec fon fein; mais il eftd une prodigieufe grandeur, ayant vint-fix piez de haut; &depuis fon oreille jufqu’à fon menton , il y a quinze piez. Lehaut de fa tête eft ouvert, 6c ce trou, par où un homme peutentrer aifément, va s’étréciflant en dedans jufqu’au fein, où ilfinit. Les Payens adoroient cette idole, & la confultoientpouren recevoir des Oracles au foleil levant. Ce qui fait préfumetque celui qui vouloit féduire le peuple par fes faulfes prédi-ftions, montoit la nuit avec une échelle fur la tête de ce Sphinx,ôt defeendoit dans le trou, d’où fa voix fortoit dès que le fo-leil étoit levé. Les anciens Egyptiens croyoient que le corpsdu Roi Ainafis étoit enfermé dedans ; d’autres difent que cefut un Roi d’Egypte qui fit tailler cette figure, en mémoired’une certaine Rhodopé, Corinthienne, qu’il aimoit fort. Il ya une autre Pyramide à feize ou dix - fept milles du Caire qu’onappelle la Pyramide des Momies , à caufe qu’elle eft proche dulieu où elles fe trouvent. Elle eft aulli grande que les deuxmoindres des trois dont il vient d’être parlé , mais bien plusrompue. Elle a cent quarante-huit degrez de grofies pierres,pareilles à celles des autres, & il manque un efpace à ion fom-met , qui femble n’avoir jamais été achevé. Son ouverturequi eft du côté du nord, à trois piez & demi de largeur, 6cqua-tre de hauteur. On defeend au dedans encore plus bas qu’à lagrande Pyramide, 6c il n’y a rien à obferver qu’une falle aufond, dont le plancher eft d’une élévation extraordinaire. Quel-ques - uns font venir le mot de Pyramide du Grec nvfbç , fro-ment , 6c de uf/Aüi, j'ajfemble , je moijfonne , prétendant que lePatriarche Jofeph fit bâtir plufieurs greniers en pointe, pour yamafler le blé d’Egypte: ce qui a fait inventer les Pyramides.Les autres le dérivent de orvp , à caufe qu’elles s’élèvent de mê-me que le feu monte. * Pline, l. 36. c. 12. Vartier, Egypte.Poulet, Voyage du Levant. Vincent le Blanc. Monc onis. The-venot , Voyages. Dict. des Arts.

P Y R A M i E , contrée dont parle Plutarque dans la Viede Pyrrhus, 6c qu’il met dans la Région Thyréatide. Etiennede Byzance dit que Thyrca étoit frontière des Argiens 6c desLacédémoniens, 6c qu’ils fe font fait ia guerre pour cette pla-ce. Cela donne lieu de croire que c’étoit dans cet endroit duPéloponnéfe qu’étoit le petit pais qu’on appelloit Pyramie. *Le Père Lubin, Tables Giogr. Th. Corneille , Ditl. Géogr.

P Y R E'N E'E S , montagnes .féparent la France de l’Efpa-gne 6c s’étendent de la Mer Méditerranée à l’Océan l’efpacedequatre-vint cinq lieues en longueur, leur largeur eft différentefélon les lieux; la plus grande eft de quarante à cinquantelieues. Elles commencent au port de Vendres, dans le Rouf-fillon, fur la Méditerranée, 6c à Saint-Jean de Luz dans laBifcaye Françoife fur l’Océan , d’où elles s’étendent jufqu’àSaint-Sébaftien, fameux port dans la Bifcaye Efpagnole, àPampelune dans la Navarre, à Vénafca dans l’Aragon, à Lérida6c à Tortofe dans la Catalogne. Dans la France , il y a cinqpetits pais le long de ces montagnes, la Bifcaye, la Principautéde Béarn , & les Comtez de Bigorre, de Cominges, & dcRouf-fillon. Dans l’Efpagne il y en a quatre ; la Bifcaye , la Navar-re, l’Aragon, & la Catalogne: elles ont divers noms, féloniesdivers lieux dont elles font voifines. Ainfi on les nomme Col de Per-tuis, entre la Catalogne & le Roufiillon; 6c il y a du mêmecôté Monte Canigo , Sierra de Guara, Col de la Prexa , Col de l’Ar-genture , & Porto de Viella. Celles qu’on voit entre la Gafcogne& l’Aragon, font Montx de Jacca 6c de Sainte Chrijline , dans laNavarre; Monts d’Aldule, entre Pampelune & faint Jean Pié-de-Port. Les Anciens ont cru que les Pyrénées s’étendoientpar toute I’Efpagne jufqu’à l’Océan Atlantique; 6c ils n’avoientpas tout à fait tort, toutes les autres montagnes d’Efpagne,n’étant que des rameaux de celles - ci. Elles font effroyable-K c t 3 ment