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7 (1740) Lettres P - SEG
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404 PYG. PYL.

que, dutems d’Ezéchiel, les Pygmées, dans l’idée que nous enavons, n’étoient point inconnus. Selon d’autres Auteurs, Ezéchielne parle des Pygméee, que dans la Vulgate, & dans lesEcritsde quelques Interprètes. Il y a dans l’Hébreu gammadin , motqui ne fe trouve qu’une fois dans l’Ecriture, & qui elt inter*prété très.-diverfement. L’explication la plus vrai - femblableeft celle de Euller, qui croit que le Prophète entend ici lesHabitans d’une ville de la Phénicie. Homère eft le premier quiait fait mention des Pygmées. Ariftote ne fe contente pas dedire qu’il y en a eu ; il affûre même qu'ils habitoient dans levoifinage du Nil ; qu’ils étoient toûjours en' guerre avec les grues ;& que c’étoient des hommes d’une fort petite taille, quilogeoient dans des cavernes : c’eft pourquoi les Grecs les ontappeliez Troglodytes. Saint Auguitin ne convient pas de ces faits.Pline, Strabon, Solin, & les autres Géographes ont parlé despeuples appeliez Pygmées, & les ont placez les uns en Ethio-pie , & les autres dans les Indes, & Solin dans la Thrace. LesSamoyédes, qui font des peuples de Mofcovie, vers le détroitde Weygats, peuvent être mis au nombre des Pygmées, aufllbien que les Lapons, à caufe delà petiteiTe de leur ftature;mais tout ce que l’on a dit des Pygmées anciens paraît fabu-leux. * Ezéchiel, c. 27. Ariftote, Hijl. Animal. L 8. SaintAuguftin, de Civil. Dei. I. 16. Homère, Iliade, l. 3. üppien,l. de Pifcibus.

PYGME’ES (L’Ifle des) l’une des Illes Wefternes d’Ecof-fe. 11 y a une chapelle où les Habitans croyentque les Pygméesétoient autrefois enterrez; parce qu’en creufant bien avant dansla terre, on y a trouvé de petites têtes rondes, & de petits osdes autres parties du corps humain, n’y ayant rien qu’on puif-fe oppofer à ce que les Anciens ont rapporté des Pygmées. *Buchanan.

PYLA ou SCHNEIDMUHL, en Latin Pyla ouMylotene , bourg de Pologne, fur le Nétec, dans le Palatinatde Pofnanie, à douze lieues de la ville de ce nom vers le nord.* M aty, Diction. Geogr.

P Y L A D E, Pylades, eft célébré dans l’Hiftoire Gréque parfon union très-étroite avec Orefte, qu’il accompagna dans tousles malheurs & dans tous fes dangers, jufqu’à fon entière gué-rifon. il étoit fils de Strophius , à la garde duquel Orefte avoitété confié ; & il fut élevé dès fa plus tendre jeuneffe avec cejeune Prince. Lorsqu’ils furent fortis de l’enfance, il lui aidaà venger la mort du grand Agamemnon par celle du perfideEgirthe, & par celle de Clytemneftre même. Enfuite il fuivitfon ami dans la Tauride , où l’Oracle de Delphes l’avoit en-voyé pour y être guéri de fa fureur , (Y pour en rapporter laIlatue de Diane. Là ils furent tous deux fur le point d’êtreimmolez par les mains d’Iphigénie même, PrêtrelTe de Diane,& fœur d’Orefte. Mais après qu’elle les eut reconnus, elleleur livra le fimulacre de la Déeire, & s’enfuit avec eux enGrèce. Pylade y époufa Eleétre, autre fœur d’Orefte, lorsquece Prince fut demeuré paifible polfelfeur du Royaume de My-cénes, par la mort d’Aléthes , fils d’Egilthe , qu’il vainquit &qu’il tua. Euripide. Sophocle. Apollodore. Iiygin. Nata-lis Cornes ou Noël le Comte-

PYLADE, Pylades, célébré Pantomime , natif de Cilicie,parut à Rome du tems de l’Empereur Augufte, & inventa unelorte de danfe compofée de fujets tragiques , de comiques, &de fabriques, dans laquelle il répréfentoit par des geftes ingé-nieux , tout ce que le difeours aurait exprimé. Il fit une trou-pe à part, fans fe mêler dans les Tragédies & Comédies ordinai-res, & fe fit admirer du peuple par l’artifice de ces Comédiesmuettes , dont les A fleurs ne parloient que par les divers mou-vemens du corps, des doits & des yeux. Bathylle exerçaavec lui le même Art; mais il n’excelloit que dans les fujets co-miques ou fatiriques ; & Pylade réüflllToit beaucoup mieux dansles fujets tragiques, graves & férieux. C’eft pourquoi ils fi-rent deux bandes. C’eft ce Pylade qui difputa contre Hyllusfon Difciple, en prefence du peuple Romain, pour favoir quides deux jouerait le perfounage d’Agamemnon. Hyllus, pourle répréfenter grand, s’éleva fur fes piez ; Pylade au contraire lefit rêveur, infinuant par là que le principal devoir d’un grandPrince étoit de penfer au bien de fes Sujets. Pylade dit alorsa fon Difciple; Tu le fais long, £? non pas grand. * Plutarque,Sympof. I. 7. Lucien , de Pantomimi feena.

PYLÆME'NE, Pylcemenes, ancien Roi de Paphlagoniedans l’Afie Mineure, vers la côte du Pont-Euxin, laiffa fonnom aux Rois qui lui fuccédérent, & le rendit aulfi communentre eux, que l’étoit celui d’Ariarathe aux Rois de Cappado-ce , de Ptoléméeaux Rois d’Egypte, & de Céfar aux Empe-reurs Romains. Homère dans le fécond livre de l’Iliade , faitmention d’un Pylæméne qui étoit Chef des Paphlagoniens aufiége deTroye ; & dans le cinquième livre il dit qu’il fut tué parMénélaüs. juftinien parlant de l’alliance contraflée entre Mi-thridate&Nicoméde, pour la conquête de la Paphlagonie, qu’ilspartagèrent entre eux, dit que Nicoméde donna le nom dePy-læméne à fon fils, pour retenir ce Royaume, fous prétextede ce nom fuppofé, comme s’il l’eût remis entre les mains d’unPrince de la race royale. Ce fut la raifon pourquoi, félon letémoignage de Pline, la Paphlagonie fut appellée Pylcemenie.Xénophon parle d’un Corylas & d’un Otys ou Cotys, Rois desPaphlagoniens ; mais cela n’empêche pas que ces Rois n’euffentauflî le nom commun aux Princes de ce païs. Le nom de Py-læméne étant propre aux Monarques de cette nation, on lesdiftingua par des furnoms tirez des vertus, ou d’autres quali-tez du corps & de l’efprit. Il eft donc vrai qu’avant l’entréedes Romains en Afie, il y a eu plufieurs Pylæménes Rois dePaphlagonie; mais leurs actions ne fe lifent point dans lesHi-ftoires qui font venues jufqu’à nous. Orofe eft lepremiérquien fait mention, lorsqu’il parle de la guerre des Romains con-

PYL. PYN. PYR.

tre Ariftonicus, frère d’Attalus, l’an de la fondation de Rome672, & 82 ans avant Jefus-Chrift. Quelque tems après, le RoiPylæméne, ami du peuple Romain, ayant été dépouillé’de fonRoyaume par Mithridate , fut remis fur le thrône par les Ro-mains; & après fa mort, la Paphlagonie fut réduite en provin-ce. Les Hiftoriens néanmoins ne font pas d’accord touchantle rétabliffement de Pylæméne & la fin du Royaume de Paphla-gonie. * Spon, Recherches Curieufes d’Antiquité.

P Y L E L. Cherchez PILE.

P Y I, O S , petite ville du Belvédère en Morée. Elle eftfur la petite rivière de Pénée, à deux lieues de la mer, & à en-viron autant de Caftel-Tornéfe, vers le nord. * Maty, Dict.Geogr.

PYNACKER (Corneille) étoit de Delft. Il naquit en1570, & mourut en 1645. Il fut Profeffeur en Droit à Gro-ningue. 11 compoià un Indice fur les Controverfes de Fachi-næus. Il avoit de plus compofé des Commentaires fur diverslivres des Pandeétes , & un nombre prefque innombrable deConfeils, mais on ne put jamais le porter à donner ces Ouvra-ges au Public ; & la raifon qu’il en alléguoit, c’eft qu’on ne pou-voit rien dire de nouveau. * Voyez l’Auteur des Vies des Pro -fejfeurs de Groningue , p. 63.

♦PYNACKER (Adam) ainfi appellé du village de Fy-nacker entre Delft & Schiedain, où il naquit en 1621, fut unhabile Peintre en Païfages. * M. Jacques Campo Weyerman,Vies des Peintres des Pais-Bas, en Hollandois, tome 2. p. 180.

PYRACMON, l’un des Forgerons du Dieu Vulcain,étoit toûjours à l’enclume pour battre le fer. C’eft ce qui eftmarqué par fon nom; car rrvp, lignifie le feu, & axpwv veut di-re une enclume.

P Y R A M E, Babylonien , aima paffionnément une jeunefille nommée Thifbé. Ces deux Amans s’étant donné un ren-dez-vous fous un meurier , Thifbé y arriva la première, &futattaquée par un lion, dont elle fe fauva, mais ayant Iaillétom-ber fon voile en fuyant, la bête le déchira & l’enfanglanta.Pyrame ayant trouvé le voile de fa Maîtreffe enfanglanté, crutqu’elle avoit été dévorée, & fe tua de defefpoir. Thifbé quivit fon Amant mort, fe perça aufll le fein avec la même épée.Ovide décrit leurs amours, & dit que leur mort a fait changerles meures de couleur , & qu’elles font devenues rouges deblanches qu’elles étoient auparavant. * Ovid. Metamorpb. I. 4.

PYRAME, rivière. Voyez MALMISTRA.

PYRAMIDES, fuperbes monumens de l’Antiquité,élevez par les Rois d’Egypte. Elles font à deux milles duCaire, & on commence à les voir dès qu’on eft forti de la pe-tite ville de Dézize, qui en eft à fix milles. Ce qui les faitpa-roître de fi loin, c'eft qu’elles font fituées fur un terrain pier-reux & infertile, qui eft beaucoup plus élevé que la plaine.L’on ne peut voir fans étonnement ces maffes énormes, quel’on n’admire pas tant pour la dépenfe incroyable qu’il a fallufaire pour achever un bâtiment fi prodigieux, que parce qu’onne peut comprendre comment il a été poifible de monter fi hautdes pierres aulfi grandes que celles que l’on y voit, dans letems où la plupart des inventions méchaniques étoient incon-nues. 11 y a trois groffes Pyramides diftantes l’une de l’au-tre d’environ deux cens pas ; mais l’on ne fauroit entrer quedans la plus grande, qui eft du côté du nord. Elle eft d'uneélévation fi prodigieufe, qu’on dit qu’elle a 520 piez de hau-teur & de largeur 682 en quarré. Quelques uns tiennent qu’el-le fut bâtie il y a plus de 3000 ans par un Roi d’Egypte appei-lé Copbtus, par d’autres Cbeofpes ou Cbemnis; & difent que cet-te dépenfe lui fut inutile, parce qu’ayant opprimé le peuple,par la longue fatigue de ce bâtiment, on le menaça de brûlerfon corps après fa mort ; ce qui l’empêcha d’y choifir fa fépul-ture , & l’obligea de commander qu’on l’enterrât dans un autrelieu fecret. Plufieurs ne favent d’où on a pu tirer ces groffespierres, & en fi grande quantité, parce qu’on ne voit que dufable aux environs ; mais ils n’ont pas pris garde que fous cefable il y a de la roche vive qui fourniffoit ces pierres, outrequ’il y a plufieurs montagnes fort peu éloignées, où la pierrene manque pas. Quelques-uns difent aufll qu’on en amenoitde Saïd, c’eft à dire , de la Haute Egypte, fur le Nil. Ondit que ce Prince employa pendant vint - trois années , troiscens foixante mille Ouvriers à ce travail. Pline qui en parle,ajoûte qu’il y fut dépenfé dix-huit cens talens feulement enraves & en oignons, les anciens Egyptiens étant grands man-geurs de raves & de légumes. Plufieurs croyent que ces Pyra-mides étoient autrefois plus élevées fur terre qu’elles ne le fontpréfentement, & que le fable a caché une partie de leur bafe.Cela pourroit être puisque le vent de tramontane faufilant dece côté-là avec plus de violence qu’aucun autre vent, il y aplus porté de fable que n’ont fait les autres vents aux autrescôtez. L’ouverture de la grande Pyramide où l’on peut en-trer , eft un trou prefque quarré .d’un peu plus de trois piez dehaut. Il eft rélevé du refte du terrain, & l’on y monte furdes fables que le vent jette contre, & qui le bouchent fouvent:en forte qu’on eft obligé de le faire ouvrir. On dit qu’autre-fois il y avoit auprès de l’entrée une groffe pierre, qu’on avoittaillée exprès pour boucher cette ouverture, lorsque le corpsdevoit être mis dedans. Cette pierre la fermoit fi jufte, qu oun’auroit pu reconnoître qu’on l’eût ajoûtée; mais un Bacha 1sfit enlever, quelque grande qu’elle fût, afin qu’on ne pût fermercette Pyramide. Sa forme eft quarrée, & en fartant de terre ellea onze cens foixante pas, ou cinq cens quatre - vints toiles decircuit. Toutes les pierres qui la compofent ont trois piez dehaut & cinq ou fix de longueur, & les côtez qui paroiffenr etidehors font tous droits, fans être taillez en talus: chaque rançfe retire en dedans de neuf ou dix pouces, afin de venir eterminer en pointe à la cime ; & c’eft fur ces avances q ue , orT

* orim-