PUA PUB.
PUA. PUB. P UC. PUD. PUE. PUF. PUG. PUH.
P U A.. Voyez P H U A.
PUAGORE. Voyez P LO A G U E.
PUANTS, nation fauvage du Canada, aujourd’hui très-peu nombreufe. Leur propre nom eil Otcbagras. On les appel-le Puants, parce qu’ils ont habité fur ie bord d'une rivière fortpoiffonneufe , fur les bords de laquelle on trouvoit toûjoursquantité de poiffons pourris qui rendoient l’eau puante; ou bienfélon d’autres, parce qu’ils habitoient des lieux marécageux &puants. Ils ont donné leur nom à une grande baye, qui faitcomme une efpéce de cul-de-fac au Lac Michigan, & au fond delaquelle ils ont demeuré dans le plus charmant endroit qui fepuifle voir. Us font à préfent au pié du Fort que les Françoisont un peirplus bas fur la rivière des Renards. * Mémoires duCanada. Voyez le Père Hennepin, Nouvelle Découverte de l’Amé-r.que feptentrionale.
PUBLIC AINS , nom que portoient ceux qui étoientchargez chez les Romains du recouvrement des impôts : ils é-toient prefque par tout en horreur. Chez les Juifs il en elt parlédès le tems de Job & des Prophètes, comme de gens d’une pro-fellîon méprifée & haïe de la nation; & l’on voit que dans leNouveau Teftament, du tems de Notre-Seigneur, les Juifs lesregardoient comme des pécheurs & des fcélérats. Cette haineparticulière des Juifs, contre les Publicains, venpit de ce qu’ilscroyoient être exempts de payer le tribut aux nations étrangères.11 y avoit même parmi eux du tems de Notre-Seigneur, une Se-éte de gens, qui dura jufqu’à la prile de Jérufalem, laquelle en-feignoit cette maxime comme un point de Religion. Parmi lesRomains, ceux qui prenoient les Fermes publiques, & qui le-voient toutes fortes d’impôts pour l’Etat, étoient ordinairementdes Chevaliers Romains qui s’afibcioient pour cela, & qui é-toientainiî les Fermiers Généraux de la République. Cicéron ena fait un grand éloge, comme d’une Compagnie à qui la Répu-blique étoit fort redevable, & dont la probité étoit fi reconnue,qu’on les choififioitpour y mettre en dépôt les deniers des familles.Tite-Live n’en fait pas un portrait fi avantageux. Ces Fermiersavoient fous eux des Commis, qui pouvoient être de diverfesnations. Saint Matthieu, par exemple, qui étoit Juif, ne laif-foit pas d’être Commis dans l’un des Bureaux de ceux qui te-noient la Ferme de la Judée. Comme ces gens-là faifoient fou-vent des violences pour fe faire payer, ils s’étoient attiré la hai-ne de tout le monde. Ils abufoient même quelquefois tyranni-quement du pouvoir que leur emploi leur donnoit. On en peutvoir un exemple dans la Vie de Lucullus, où Plutarque rappor-te que ces gens-là & les Ufuriérs avoient fait mille maux en A-fie, & que Lucullus y mit ordre en faifant certain réglementqu’il rapporte. Mais il ne dit pas qu’il chafia les Publicains del’Afie, ce qui auroit été perdre la meilleure partie des revenusde l’Etat, comme on le peut voir dans la Harangue de Cicéron,pro Lege Manilia. * Les Evangiles, en plufieurs endroits. Plu-tarque. Tite-Live, Dec. 3. /. 5. Tertullien, l. de Pudicitia, c. 9.Cicéron, pro Lege Manilia, £?pro Planco, Epijl. ai Famil. I. 5.Epijl. 20. vers la fin.
PUBL 1 COLA. Cherchez VALE'RIUS PUBLI-C O L A (P.)
PUBLIE (Sainte) veuve, Abbefle d’Antioche, vivoit dansle quatrième fiécle fous l’empire de Confiance. Elle avoit unfils nommé Jean, Prêtre d’Antioche, que quelques uns ontcru être faint Jean Chryfoftome, mais fans fondement. Etantreliée veuve fort jeune, elle établit une Communauté de Reli-gieufcs à Antioche. Pendant que Julien l'ApoJlat étoit dans cet-te ville, ces filles, quand il lui arrivoit de palier devant leurmaifon, affectoient de chanter les endroits des Pfeaumes, où ilelt parlé contre les idoles. Julien leur fit dire de fe taire; maiscomme il palfoit une autre fois, Publie fit chanter à ces filles ceverfet du Pfeaume 67 félon la Vulgate, ou 68 félon l’Hébreu,Que Dieu s’élève, {J que Jes ennemis foient dijjipez, R que ceuxqui le baïjjent fuyent devant fa face. L’Empereur irrité fit venirPublie, & lui fit donner des foufîlets par fes Gardes. Cette fain-te veuve fe croyant fort honorée d’avoir fouffert pour le nomde Jefus Chrilt, s’en retourna dans fa maifon, & continua dechanter des Pfeaumes, & de mener une vie très-fainte. On nefait pas en quel tems elle mourut. Les Grecs honorent fa mé-moire au neuvième d’oétobre. * Théodoret, Hift. I. 3. c. 19.Baillet, Vies des Saints, neuvième oBobre.
P U B LI U S, étoit un des principaux Habitans de rifle deMalte, dans le tems que le vaiffeau qui portoit S. Paul à Rome,fit naufrage auprès de cette ille. 11 recueillit fort humainementfaint Paul & ceux qui étoient avec lui, & les traita pendanttrois jours. L’Apôtre guérit miraculeufement le père de Publius,malade de la fièvre & de la dyfenterie. On alfûre qu'il fe fitChrétien avec tous ceux de fa maifon, & qu’il fe joignit à faintPaul pour travailler à la converfion de tous les Habitans de l’ifle,dont il fut fait Evêque. Il fit de fa maifon une églife, qui eftpréfentement dédiée à l’honneur de cet Apôtre. 11 y ep a quiîroyent que Publius étoit Gouverneur de Malte pour les Ro-mains, mais faint Luc ne le dit point. * Allés, cb. 28. v. 2 R fuiv.
PUBLIUS NONIUS A S P R E'N A S, ConfuI dé-fijné par Tibère avec M. Aquilius Julianus, fut confirmé parCiligula l’an 38 de Jefus Chriit. Il fut tué par les Allemands dela Garde de Caligula, après que ce Prince eut été maffacré l’an41 de Jefus Chriit. * Dion, l. 59. Joféphe, Antiq. Juiaïq. I.10. c. 1.
PUBLIUS SYRUS.de Syrie, Poète Mimique, florif-foit à Rome vers la 710année de cette ville, & la 44 avant Je-fus Chriit, comme nous l’apprenons de faint Jérôme, PubliusMimograpbus , natione Syrus, Ronue feenam tenet. Son efprit lui
PUB. P U C.
39 *
fit mériter l’eitime de Jules Céfar. Macrobe rapporte diverfesfentences delui, Satum. I. 1. c. 7. & Aulu-Gelle, l. 17. c. 14. Ona recueilli fes Sentences avec celles de Labérius. Jofeph Scaliger,Tannegui le Févre, & divers autres les ont expliquées. Publiuseilappellé Poète Mimique ou Mimographe, c’eit à dire, Bouf-fon & Baladin, contrefaisant les aidions ou les paroles des autres,pour les rendre ridicules au public. Décimus Labérius, Cheva-lier Romain affez eitimé pour fes Mimes, dont il nous reliequelques fragmens recueillis dans l’édition de Lyon 1603, étantmort à Pouzzol, dix mois après l’affalfinat de Jules Céfar, enla fécondé année de la CLXXXIV Olympiade, on vit monterfur le théâtre avec plus d’éclat ce Publius venu de Syrie, & ileffaça Labérius. 11 ne refie plus de fes Mimes que les Sentencesqui en furent extraites dès le tems des Antonins : elles ont étéfouvent imprimées avec des Notes de divers Critiques. Avantl’an 1708, la meilleure édition étoit celle que M. le Févre deSaumur en a donnée à la fin de fon Phèdre ; mais il faut à préfent luipréférer celle de Mrs Havercamp &Preiger, donnée en Hollande,l’an 1708. On y trouve les Notes de ces deux Editeurs, cel-les de Gruterqui n’avoient jamais paru, & une partie de la Venlion Gréque que Jofeph Scaliger avoit faite des Sentences de cePoète, & qui n’avoit pas non plus été publiée. On y trouveauiïï les Sentences de Sénéque. Les Anciens goûtoient û fort cequ’a voit fait cet Auteur, qu’ils le jugeoient préférable à tout ceque les Poètes Tragiques & Comiques avoient jamais produit demeilleur, foitdans la Grèce , foit dans l’Italie. C’étoit le fenti*ment de Jules Céfar; ç’a été depuis celui de Caifius Sévérus,& celui de Sénéque le PüiloJ'opbe. Parmi les Modernes, les deuxScaliger père & fils faifoient un très-grand cas de ce Poète.* Baillet, Jugemens des Savans, Rc.tome 3 .partie 2.p. 93. n. 1142.édit. d’Amlterdam 1725.
■ PUBLIUS. Cherchez EGNATIUS, LICINIUST E G U L A, R U T 1 L I U S , & les autres noms plus con-nus.
* PUBLIUS, Martyr de Saragoffe, fouffrit vers l’an 304.On trouve fon nom dans l’Hymne quatrième des Couronnes du Poè-te Prudence.
! P U C C I (Laurent) Cardinal, d’une famille noble & ancien-ne de Florence, étoit fils d’Antoine Pueci; & après avoir fait duprogrès dans l’étude du Droit, il vint à Rome, où fon mérite lefit bientôt connoître. Le Pape Jules II lui donna une charge deDataire, & l’employa dans les affaires les plus importantes. De-puis, Léon X le fie Cardinal en 1513, & par là il s’aquitta eni quelque manière des grandes obligations que la Maifon de Médi-I cis avoit à celle de Pucci, dont plufieurs avoient fouffert l’exil! & la mort pour fa défenfe. Ce Cardinal fut Evêque d’Albe &
: de Palettrine ; & il eut encore les Evêchez de Pittoye, de Mel-! fi, deRapolle, &c. & outre la charge de Grand Pénitencier del’Eglife, il pofféda les emplois les plus importans de la Cour deRome. Il fut accufé de concuflion & de péculat, & d’avoirdonné occafion à Luther de s’emporter contre l’avarice de laCour de Rome, & en particulier contre les Indulgences, par laprofufion extraordinaire que Pucci en faifoit. Paul Jove avouequ’il avoit abufé du bon naturel du Pape Léon X, par fes flat-teries , & par fon adreffe à modérer la févérité des Canons pardes interprétations commodes & agréables. On dit même qu’iln’avoit point eu honte d’établir cette maxime pernicieufe & dé-tellable, que cette forte de gain étoit permife à un fouverain Pontife.Cette conduite rendit odieux Pucci, à qui on voulut faire ren-dre compte de fon miniltére fous le pontificat d’Adrien VI. LeCardinal de Médicis détourna ce coup par fon crédit ; & étantdevenu Pape fous le nom de Clément VII, il rétablit Pucci dansfon ancienne autorité. Pour lors ce Cardinal ménagea plusadroitement fa faveur, & mourut à Rome le 15 ou 16 jour defeptembre de l’an 1531, âgé de 73 ans. * Guichardin , l. 2. 3.
9 R 14. Paul Jove, in Vita Leonis X. Onuphre. Ughell. Aubé-ry, Hijt. des Cardinaux.
PUCCI (Robert) Cardinal, Evêque de Piltoye, & frèredu Cardinal Laurent Pucci, exerça les premiers emplois de la Ré-publique de Florence fa patrie, où il fut Gonfalonier & Prieurde la Liberté. Depuis il fut nouimé par Alexandre de Médicis,qui étoit pour lors Duc de Florence, entre les quarante-huitPrud'hommes que ce Prince choifit dans les principales famillesnobles, pour être fes Confeillers. Il donna dans cet emploi desmarques ordinaires de fon expérience, de fon zèle & de fa pro-bité; & après la perte qu’il lit de Léonora Lenza fon époufe, ils’engagea dans l’état eccléiiaftique. Le Pape Paul III lui donnal’Evêché de Piiloye, & le fit depuis Cardinal en 1542. Il nojouît que peu d’années de cette dignité, & mourut le 17 janvierde fan i 547 > le 83 de fon âge. * Ughell, Italia Sacra. Onu-phre. Aubéry, &c.
PUCCI (Antoine) Cardinal, Evêque de Piiloye, fils d'A-lexandre, & neveu des Cardinaux Laurent & Robert, étudia à PUfe, & de là vint à Florence fa patrie, où il fut pourvu d’un ca-nonicat, & fit valoir le talent qu’il avoit pour la prédication. LeCardinal Laurent fon oncle, le fit venir à Rome, lui remit l’E-vêché de Piftoye, & lui procura une charge de Clerc de la Cham-bre Apoftolique. On admira le difeours Latin qu’il prononçadans la neuvième Seilion du Concile de Latran. Peu après il allaNonce en Suiffe, puis en France, fut arrêté à Rome par les Im-périaux qui prirent cette ville en 1527, & fut un des Prélatsqu’on donna pour étages. Ils furent traitez de la manière dumonde la plus dure, jufqucs-là qu’on les traîna honteufementdans le champ de Flore, pour les y faire mourir comme des fcé-lérats ; mais ils s’enfuirent la nuit fuivante des mains de leursGardes, & allèrent joindre Clément VU, qui envoya Pucci enEfpagne, puis en France. U fut récompenfé de fes fervices parle chapeau de Cardinal que le Pape lui donna au mois de feptem-bre de l’an 1531, & il fuccéda en même tems aux Bénéfices de
fon