4 PAC
Rochelle, Montauban, Coignac, & la Charité, pour leur fer-Vir de retraite pendant deux ans.
Après le maffacre de la faint Barthélemi en 1572, le Roi ferendit au Parlement le 27 août, pour déclarer les raifons qu’ilavoit eues de faire exterminer les Huguenots par cette langlanteexécution. Il fit publier en même tems une déclaration, portantdéfenfes aüx Réformez de faire aucunes affemblées pour le faitde leur Religion ; & le 28, il écrivit à tous les Gouverneurs desprovinces, pour leur donner avis qu'il ne vouloit point fouffrird’autre Religion dansfon Royaume, que la Catholique. Maisle Roi Henri III fit la paix avec .les Réformez au mois d’avril1576, & publia l’Edit de pacification adreifé au Parlementle 14 demai. Cet Edit leur donna la liberté de faire publiquement leursprêches, dans toutes les villes, bourgs, & villages, fans reftri-clion de tems, de lieux ni de perfonnes, avec la permiffion defaire conftruire des temples. Ce même Edit leur accorda desChambres mi-parties, & huit places de fûreté, Aiguës-mortes &Beaucaire en Languedoc; Périgueux & le Mas de Verdun enGuienne; Nions ét Serres en Dauphiné; Moire en Auvergne;& Seyne la Grand’-Tour en Provence. Quelques Catholiques,partifans de la Maifon de Guife, ne purent foiiffrir qu’on eûtaccordé une liberté fi générale aux Calvinilfes; & commencèrentà fe liguer à Péronne, pour maintenir, difoient-ils, la ReligionCatholique, contre les efforts des Hérétiques. Cette Ligue de-vint fi puiflante, qu’elle obligea le Roi Henri III, à convoquerles Etats-Généraux, au mois de décembre 1576, dans la ville deBlois, où il fut arrêté qu’il n’y auroit qu’une feule Religion enFrance, & que l’on en banniroit les Miniftres de la ReligionRéformée. Ceréfultat fut préfenté au Roi, qui protelta dansl’alTemblée qu’il vouloit maintenir la Religion Catholique, ban-nir les Minifires, exclurre des Offices & des charges de Jufticeou de fa maifon, tous ceux qui feroient profeffion de la Reli-gion nouvelle , l’aiffant feulement en paix dans leurs maifonsceux de cette Religion, qui n’exciteroient aucuns troubles dans •l’Etat. A l’égard du dernier Edit de 1576 , il déclara qu’il avoitété forcé & contraint de l’accorder, pour retirer fon frère leDuc d’Alençon des engagemens qu’il avoit contractez avec lesCalvinilfes & les Mécontens, & pour renvoyer les Etrangersdans leur païs. En 1577, le Roi voulant abfolument pacifier lestroubles de fon Etat, envoya fes Députez à Bergérac, où lapaix fut conclue le 17 feptembre. Les articles furent portez auRoi qui s’étoit rendu à Poitiers pour faciliter ce traité, fur le-quel l’Edit de feptembre fut expédié, & publié au Parlement deParis le huitième octobre. Cet Edit de Poitiers accorda auxHauts-Jufticiers les mêmes privilèges, que les précédens Editsleur avoient donnez ; mais l’article VII ne permit l’exercice dela Religion Réformée, que dans les lieux où ils l’avoient le 17feptembre, & non pas dans toutes les villes, bourgs & villages,comme il leur étoit permis par l’Edit de 1576. L’article VIII leurdonna un exercice public en chaque Sénéchauffée , pour êtrefait aux fauxbourgs d’une ville. Ce même Edit leur accorda desChambres mi-parties, & huit places de fûreté, pour fix ans, fa-voir Montpellier, Aigues-mortes,Seyne-la-Grand’ Tour, Nions& Serres en Dauphiné, Périgueux, la Réole, & le Mas de Ver-dun en Guienne.
En juillet 1585, la Ligue obligea le Roi Henri III, à faire unEdit qui fut appellé de Réunion. Par cet Edit il révoqua tousles précédens donnez en faveur des Réformez, dont il défenditla Religion dans tout fon Royaume. Il ordonna à tous les Mini-ftres d’en fortirun mois après la publication qui en feroit faite, -& à tous ceux de la nouvelle Religion, de fe rendre Catholiquesdans fix mois, - & à faute de ce faire, il leur commanda pareille-ment de fortir du Royaume; il caffa auffi toutes les Chambresmi-parties. Au mois d’oCtobre de la même année, les Ligueursobtinrent du Roi un fécond Edit de réünion, encore plus rigou-reux , en ce qu’il ne donnoit que quinze jours de tems aux Ré-formez, pour fe faire Catholiques, ou pour fortir du Royaume.En juillet 1588, la Ligue obligea encore le Roi Henri III, dedonner un troifiéme Edit, portant que tous fes Sujets feroientréunis à la véritable Eglife, & qu’on ne recevrait à être Roi,après la mort de fa Majefté, aucun Prince qui ne fît profeffionde la Religion Catholique. Mais Henri IV, étant parvenu à laCouronne , fit une déclaration à Mante le quatrième juillet1591, par laquelle il cafla les trois Edits de réünion, & ordonnaque l’Edit de feptembre, donné à Poitiers l’an 1577, feroit exé-cuté félon fa forme & téneur. Cette déclaration fut vérifiée auParlement féant à Châlons le 24 du même mois. Les troublesqui continuoient dans les provinces, empêchèrent qu’elle ne fûtvérifiée dans les autres Parlemens: de forte qu’elle demeura inu-tile, & que les Réformez n’eurent la liberté de faire leurs prê-ches, que dans les places où ils étoient les maîtres, & dont ilsavoient banni la Religion Catholique. Le dernier jour d’avril1598, le Roi étant à Nantes fit dreffer un nouvel Edit de pacifi-cation qui permettoit aux Réformez l’exercice public de leur Re-ligion , dans tous les lieux où il avoit été fait publiquement pen-dant les années 1596 & 1597, jufqu’à la fin du mois d’août; & illeur accordoit un exercice pour chaque Bailliage à deux lieuesdes principales villes, dans lefquelles on ne pouvoit établirl’exercice public fans trouble. Cet Edit de Nantes fut confirméà Nîmes par le Roi Louis XIII, l’an 1610; & par Louïs XIV,en 1652. Mais parce que ce Prince n’avoit accordé cette confir-mation, que pour obliger les Calviniftes à fe contenir dans leurdevoir pendant' les divifions de fon Etat ; les guerres civilesayant été heureufement terminées, il le révoqua en 1656, avectout ce qui s’en étoit enfuivi. Depuis il a entièrement fupprimécet Edit de Nantes, & celui de Nîmes, en l’année 1685. VoyezCALVINISME, vers la fin de l’article. * Soulier, Hiji.des Edits de Pacification.
PACIFIQUE (La Mer) ou la M E R. DU SUD.
PAC.
C’efl une vafie partie de l’Océan t qui s’étend du nord au Sud,depuis la Terre de Jeffo, julqu’au Tropique du Capricorne, quila fépare de la Mer Magellanique, ayant au Levant l’Amérique &au Couchant les Mes des Larrons. On l’a appel lée'IWer du Sud ,parce que les Efpagnols la découvrirent à l’endroit, quiet! aumidi de la Mer du Nôrd; & on lui a donné depuis le nom deMer Pacifique, parce qu’elle eft fi peu fujette aux orages, queles vaiffeaux qui partent d’Acapulco, port du Mexique, pour lesPhilippines, y arrivent fouvent, fans être obligez de changerleurs voiles de place. Elle eft divifée en quatre parties, qu’onappelle Mer de Jeffo, de Californie, de Sud & du Pérou. On adécouvert plufieurs Mes dans cette mer, dont celles de Salo-mon, & la Terre de Quir font les principales. * Maty, Dict.Géogr.
PACIFIQUE, de Nôvare , Religieux de l’Ordre defaint François, dans le XV fiécle, vers l’an 1470, écrivit uneSomme des Cas de Confidence, dite Summa Pacifica, que Fran-çois Tarvifi traduifit en Italien, & qui fut imprimée en Latin.
* Wadingue, in Bibliotb. Minor. Bellarmin, de Script. Eccl. Pof-fevin, in Appar. J'acro.
P A C I F I Q U FI (Maxime) d’Afcoli, qui mourut au com-mencement du XVI fiécle, âgé de près de cent ans, écrivit con-tre Ange Politien , & publia divers Poëmes fur Lucrèce femmede Collatinus, fur Virginie, furies Guerres de Cyrus, de Syüa& de Marius, &c. Volfius, de Hiftor. Lat. I. 3. c. 8.
PACIFIQUES ou P A C I F I C A T E U R S eft lenom qu’on donna dans le cinquième fiécle à ceux qui fuivoientl’Hénotique de l’Empereur Zénon, & qui, fous prétexte d’u-nion entre les Catholiques & les Hérétiques, détruifoient la vé-rité de la F’oi, exprimée dans le Concile de Chalcédoine. * E-vagre, 1.3. Sandére, Hcer. 103. Baronius, A..C. 482. n. 25.
, PACIFIQUES. On donna dans le XVI fiécle ce nom àcertains Anabatiftes, qui courant dans les bourgs, fe vantoientd’annoncer la paix, & par cet artifice trompoient les peuples.
* Pratéole, V. Pacif. Sandére, Hcer. 232.
PAC 1 MONTAN (Balthar Pacimontanus) de Zurich,
donna au commencement du XVI fiécle, dans les fentimens desAnabatiftes, dont il prêcha les erreurs. Le Magiftrat le voulutpunir, & Pacimontan abjura en apparence ces opinions extra-vagantes; mais il fortit de fon païs, & fe retira dans la Moravie,où il continua à débiter les mêmes impiétez. 11 fut enfin arrê-té, conduit» Vienne en Autriche, & condamné à être brûlé : cequi fut exécuté peu après, en 1525. * Pratéole. Sponde, A.C’. 1525. n. 14.
PACINELLI (Auguftin) natif de Sienne, célébré entreles Savans Italiens du XVII fiécle, floriffoit fous le pontificat dePaulV, & d’Urbain VIII. 11 favoit le Droit Canon & les BellesLettres, & étoit encore recommandable par fa prudence, par fadouceur & par fa modeftie. Il s’attacha au Cardinal Paul EmileSfondrati, qui le choifit pour être Grand Vicaire du diocéfe deCrémone. Après la mort de ce Prélat, il paffa près de Scaglia,puis près de Marc-Antoine Bragadin, tous deux Cardinaux. 11refufa quelques Bénéfices, entre autres l’Archevêché de Sienne;& fit un faint ufage de fes biens, qu’il diftribuoit libéralementaux pauvres. Quelques Ouvrages qu’il avoit compofez n’ontpas été publiez. * Janus Nicius Erythræus a fait fon Eloge, Pi-nac. II. Imag. Illujl. c. 29.
P A C I US (Fabius) Médecin, né en 1547, à Vicenze, aufeptiéine mois de la groffeffe de fa mère, apprit jeune les BellesLettres, la Philofophie, la Médecine & les Langues, & reçutles honneurs du Doétorat en 1575. Il s’étoit déjà aquis de la ré-putation, par une Comédie intitulée Eugène, qu’il avoit fait rë-préfenter; & il vint enfuite exercer dans fa patrie la Médecine,qu’ilenfeigna en particulier, auffi bien que la Philofophie. Onlui offrit de grands avantages à Padoue, à Melline, & dansd’autres Univerfîtez célébrés; & le Roi dé Pologne le voulut fai-re fon premier Médecin. Mais l’amour qu’il avoit pour fa pa-trie, & le foin de fa famille, le retinrent en Italie. Il demeuraquelque tems à Venife, & mourut le onzième oftobre 1614,âgé de 67 ans. Il avoit compofé divers Traitez qui n’ont pas étépubliez. Ses fils ont très-bien foutenu la réputation qu’il s’étoitaquife. * Thomafini, in Elog. DoÜ. Viror.
PACIUS (Julius) Chevalier de Saint-Marc, Philofophe& Jurifconfulte, frère de Fabius , dont nous avons parlé, naquità Vicenze l’an 1550, & dès l’âge de treize ans, compofa un Trai-té d’Arithmétique. 11 apprit en très pdu de tems les Langues,principalement la Gréque & i’Hébraïque; & réduifit en abbrégétous les fecrets de l’Art de Raimond Lulle, qu’il mit depuis af-fez heureufement en pratique. Lorsqu’il fut de retour à Vi-cenze, fa curiofité le porta à lire des livres défendus. On lui enfit un crime auprès de fon Evêque, qui donna ordre de l’arrêter.Ses amis auraient pu faire fa paix; mais Pacius en prit l’épou-vante, & fe retira en Suiffe. Comme il n’avoit pas de quoi fub-fifter, il fut obligé d’enfeigner: ce qu’il fit avec tant d’applau-diffement, qu’on l’attira bientôt dans l’Univerfitéd'Heidelberg,où il fut Profeffeur en Philofophie. Pacius fe fit appeller Bcri-ga, qui eft le nom d’une maifon de campagne, que fa famille après de Vicenze. Depuis, le defir de voir l’Allemagne, le fitpaffer jufqu’en Hongrie, où il enfeigna le Droit. A fon retour,le Duc de Bouillon l’attira dans fa nouvelle Univerfité de Sedan,que le grand favoir de Pacius mit en réputation. Mais la fureurdes guerres civiles le chaffa de cette ville. Il fe retira à Nîmesen Languedoc; & de là on lui ménagea une Chaire de Profeffeuren Droit, dans l’Univerfité de Montpellier, où il eut le célébréM. de Peirefc pour Difciple & Penfionnaire en 1602. Ce fut à laconfidération de ce grand homme, que Pacius alla enfuite en-feigner à Aix en Provence, mais il n’y refta que très-peu detems, & retourna à Montpellier, qui lui plaifoit davantage, àcaufe de la liberté qu’il y avoit de profeffer la Religion Réfor-mée.