PAC.
mée. M. de Peirefc fit ce qu’il put pour l’attirer â Aix, & pourl’engager à renoncer à la Religion Proteftante; mais ce fut desdeux côtez inutilement. - De cette Univerfité, il vint à celle deValence en Dauphiné, où il trouva de plus grands avantages.La réputation de fon nom le répandit bientôt par toute l’Europe.On lui offrit des Chaires de Profelfeur à Leyden en Hollande,à Pife & û Padoue. Il choifit Padoue, où il alla avec un de fesfils, & fut reçu avec eftime dans toutes les villes où il paifa. LaRépublique de Venife lui donna' le Collier de fon Ordre deSaint-Marc, & accorda une Chaire de Profelfeur au fils de Pa-cius, qui enfeigna quelque tems avec fuccès. Mais les prièresde fa famille, qu’il avoit labiée à Valence,l’obligèrent de retour-ner en France. Il continua fes exercices ordinaires dans la mêmeville, où il mourut en 1635, âgé de 85 ans. Un de fes amis fitceDiftique ingénieux,
Itala dat cunas tellus, Germanie a famam ,
Gallica jus Givis : Die mibi, quee Patria?
Il avoit fait un abbrégé de Î3, vie en vers. Outre divers Traitezde Philofophie & plulieurs livres d’Ariltote, qu’il publia en Grec& en Latin avec des Notes & des Commentaires de fa façon, ilcompofa un grand nombre d’Ouvrages de Droit, comme, Detontraüibut Trait. VI. Com. adTii. Cad. de rebus creditis feuobliga-tionibus quee re contrahimtur ; Centuries aliquot; IJagoge in Inftitut.Imper, libri quatuor; Notes in eafdem; Epitome Juris , - In Decretales libriquinque; De Juris Methodo, libri duo ; Synopfis Juris Civil. Com. adlibrum quartum, Cod. de obüg.& de rebus creditis; De Jure Maris A-driatici; De arte Lulliana; Oeconomia Juris, Com. in Tit. de paltisC? tranfaüionibus; Analyfis quinte partis Digejii; PiÜure dues degradi-bits Jecundum Jus Civile & Canonicum; De gradibus affinitatis ; E-ditio Corporis Juris Civilh cum Notis Legum Argumentis. Gaf-fendi, in Vita Peirefcii. Imperialis, in Mufeeo Hijlor. Thomafini,in Elog. Doct. Lorenzo Craifo, Elog. d’Huom. Letter. &c.
P A C O M E (faint) Abbé de Tabenne en Egypte, dans lequatrième fiécle, étoit né l’an 292, deparens Idolâtres; & à l’â-ge de 20 ans, il fut forcé de s’enrôler. La charité qu’il vit pra-tiquer à quelques Chrétiens, le toucha fi fortement, qu’à la finde la guerre, il quitta la profelfion des armes, & revint dans laThébaïde, où étant allé à l’églife du bourg de Chérobofque, ilfe fit Catéchumène, & peu de tems après reçut le batême. De-puis il fut Difciple d’un Solitaire nommé Palémon, & fit un figrand progrès dans la vertu fous cet excellent Maître, qu’il de-vint lui même Maître de plulieurs autres Moines, dans le ntona-fiére de Tabenne, fitué fur les bords du Nil, qu’il bâtit, com- 'me l’on croit, par le commandement d’un Ange, qui lui apportala Régie que Dieu vouloit qu’il donnât à fes Moines. Les Soli-taires y accoururent en fi grand nombre, que la Haute Thébaï-de fut bientôt peuplée de monaftéres, qui reconnurent ce fainthomme pour leur Fondateur. Saint Jérôme dit dans la Préfacefur la Régie de faint Pacôme , que les Difciples de ce Patriarche vi-voient 3° à 4° dans chaque maifon, & que 30 à 40 de ces mai-fons compofoient un monaftére: de cette manière chaque monaftére comprenoit depuis douze cens jufqu’à feize cens Moines.Ils s’afTembloient tous les Dimanches dans l’Oratoire commun detout le monaftére. Chaq’ue monaftére avoit un Abbé, chaquemaifon un Supérieur, & chaque dizaine de Moines un Doyen.Tous les monaftéres reconnoilfoient un feul Chef, & s’aifem-blofent avec lui pour célébrer la Fête de Pâques, quelquefoisjufqu’au nombre de 50000; & cela des feuls monaftéres de Ta-benne ; outre lefquels il y avoit encore en d’autres parties del’Egypte ceux de Sorté, d’Oxiringue, de Nitrie & de la Merco-te: tous déféroiènt à Saint Pacôme comme à leur Général. 11leur avoit donné pour habit une tunique de lin fans manches,une peau de chèvre ou de brebis blanche paiTée, une ceinture,un cuculle ou capuce ras & fans poil , fur lequel il y avoitaine pièce rouge en forme de croix. La fœur de ce Saint fondade l’autre côté du Nil un monaftére de filles, qui vivoient encommunauté, & pratiquoient une viecénobitique, - & en peu detems elle devint la Mère d’une grande quantité de Religieufes.La foi de faint Pacôme étoit fi vive, qu’il marchoit fur les fer-pens, & que, lorsqu’il vouloit palier le Nil, il fe faifoit porter,dit-on, par les crocodiles, d’un rivage à l’autre. Après avoirbâti divers monaftéres , & mené une vie toute pénitente, ilmourut le neuvième de mai de l’an 348- Sigebert dit que ce futen 406, & Trithéme en 390; mais ils fe trompent. Gérard Vof-fius a fait imprimer en 1604, Pacomii Monita , avec les Oeuvresde faint Grégoire Thaumaturge. On trouve auffi dans le recueilde Benoît d’Aniane, onze Lettres de faint Pacôme, écritesavec beaucoup de fimplicité, qui font citées par Gennade; &une lettre de Théodore fon Difcipfe touchant la Pâque. Nousavons dans fa Vie la Régie que l’on prétend lui avoir été don-née par les Anges; & il y en a une autre qui porte fon nom,dans le recueil des Régies d’Orient, &r dans les Bibliothèquesdes Pères. Un ancien Auteur Grec écrivit la Vie de faint Paco-me, que Denys le Petit traduifit en Latin, & que M. Arnauldd’Andilly a mife en notre Langue, entre celles des Pères du Dé-fert. * Gennade, deVir. Illufl.c. 7. Trithéme. Bellarmin. Ba-ronius. Poifevin, &c. M. Du Pin, Bibliothèque des Auteurs Ec-cléfiaftiques du quatrième fiécle, fécondé édition. Hermant, Hijl.des Ord. Religieux, tome 1.
P AGONI US (Agrippinus) Sénateur Romain, Philofo-phe de la Se£te des Stoïciens, fut enveloppé fous Néron dans la dif-grace de Soranus & de Thraféa, dont tout le crime, comme le fien,étoit d’être trop gens de bien. Lorsqu’on lui eut annoncé quele Sénat l’avoit banni d’Italie, & qu'on lui laifloit fes biens,Allons, dit-il froidement, Allons dîner à Aricia. Ce Paconius,dont Tacite vante extrêmement la modeftie, étoit fils d’un Mar-ias Paconius, que Tibère avoit fait mourir feulement pour faire
P A C. ^
plaifïr à un Nain dont il fe fervoit dans fes divertiffemens. * Tacite,- Annal. I. 16. Suétone, l. 3 - c. 61.
PACORUS I, Prince des Parthes, étoit fils d’Orodès*Roi des Parthes, & donna des marques de fon courage dans la-défaite de Cralfus, dont il tailla l’armée en pièces, avec l’aidede Suréna, l’an de Rome 701, & 53 avant Jefus Chrit't. Deuxans après, il porta la guerre dans laSyrie, ëtattaqua inutilementAntioche. Après la mort de Céfar,pour fe venger de Marc-Antoi-ne qui avoit déclaré, la guerre aux Parthes, il entra encore enSyrie, & fut tué dans un combat par Ventidius, l’an 715 de Ro-me, 39 an-s avant l’Ere Chrétienne. * Joféphe, Antiq.Judaïq. L14. ç. 23. 24. £fr. Velleius Paterculus,!. 2. Juftin, 1.42. Dion.Fiorus. Eutrope. Ventidius remporta trois viétoires fur Paco-rus ; -ce fut dans la troifiéme que Pacorus perdit la vie avec vintmille hommes de fes meilleures troupes. Le Général Romain fefervit pour tromperies Parthes, de ftratagémes qui lui réüfli-rent. L’Hiftoire remarque que cette célébré bataille, qui ven-gea fi bien la défaite de Craifus, fe donna précifément le mêmejour que celle de Carres s’étoit donnée quatorze ans auparavant.Orodès perdit l’efprit à l’ouïe de la nouvelle de la mort de fonfils. Il fut plulieurs jours fans ouvrir la bouche & fans vouloirprendre aucune nourriture. Quand l’excès de fa douleur fut af-fez modéré pour lui permettre de parler, on ne lui entendoitprononcer que le nom de Pacorus, tantôt il s’imaginoit le voir& l’appelloit, tantôt il fembloit qu’il s’entretenoit avec lui,qu’il lui parloit, & qu’il l’entendoit parler, tantôt il fe relfou-venoit qu’il étoit mort, & verfoit un torrent de larmes. La Mo-narchie avoit fait une grande perte dans la mort de Pacorus,Prince jufte, clément, rempli de valeur, & orné de toutes lesqualitez qui forment le caractère d’un grand Prince. Il s’étoit faitfi fort aimer en Syrie par toutes fes belles qualitez dans le peude tems qu’il y avoit palfé, qu’on n’y a jamais vu plus d’attache-ment pour aucun de leurs Souverains, qu’on en manifetia pource Prince étranger. * Prideaux, Hijl. des Juifs, &c. tome 4. p,381. iÿc.
PACORUS, Grand Echanfon du précédent, fut envoyépar fon Maître pour fe joindre à Antigone, qui avoit imploré lefecours des Parthes contre Hérode & Hyrcan, & qui leur avoitpromis mille talens & cinq cens femmes, s’ils vouloient ôter leRoyaume à Hyrcan pour le lui donner. Pacorus entra dans Jé-rufalem avec peu de fuite & perfuada à Phafaël de fe rendre au-près de Barzapharnès, le Général de Pacorus. Phafaël & Hyrcandonnèrent dans le piège, & fe rendirent fous une efeorte auprèsdu Général Parthe, qui les fit arrêter. Pacorus devoit fe faifird’Hérode à Jérufalem, mais il en eut le vent & fe retira à Mafia-da. Antigone fut mis fur le thrône, & Phafaël & Hyrcan lui fu-rent remis entre les mains. Phafaël fe fit mourir, & Antigonefit couper les oreilles à Hyrcan. * Joféphe, Hijl. des Juifs, l,14. c. 24. É? 25.
PACORUS, Roi des Parthes,fut d’intelligence avecDé-cébale, Roi des Daces, dans la guerre que ce dernier fit auxRomains fous l’Empire de Domitien. Pacorus avoit fuccédé àArtabane, & régnoit encore vers l’an cent& un. Ses enfansfurent Partbamijiris & CoJ'roê's. *.Pline le Jeune, l. 10. Epifl. iQ.Dion, l. 68-
PACORUS, fils de Vononès, Roi des Parthes, eut en par-tage le païs des Médes, que lui affigna fon frère Fologéfe, enconfidération de ce qu’il lui avoit cédé fes prétentions fur l’Em-pire des Parthes. Pacorus avoit un autre frère nommé Tiridate,auquel échut le Royaume d’Arménie. Ce dernier emmena aveclui les enfans de fes deux frères à Rome, lorsqu’en l’année 66 ,il y alla recevoir la Couronne des mains de l’Empereur Néron.En 72, Pacorus fut défait par les Alains qui ravagèrent fonRoyaume, firent fa femme prifonniére, & l’obligèrent lui-mè-tne à s’enfuir. * Joféphe, Antiq. Judaïq. I. 20. c. 2. Tacite,Annal. 12. c. 44. Dion, L 63. Joféphe, Guerre des Juif s, l.-j.cb. 27. de l’édit, de Cologne 1691 ; & cb. 29, de la Tradu&ionde M. Arnaud d’Andilly, de l’édit. d’Amfterdam 1681, in folio,
P A C T I U S. Cherchez P A Z Z I.
PACTOLE, Paftolus, fleuve de Lydie, avoit fa fourceauMont-Tmole, paifoit à Sardes & fe jettoit dans l’Hermus. Le*Modernes le nomment Sarabat. Pline. Strabon. Solin, &c. enfont mention, auffi-bien que les Poètes, qui parlent fouvent defon fable d’or.
P A C T Y A S, Lydien, après la deftruftion du Royaume deLydie, fut chargé de la garde des thréfors de Créfus. Un em-ploi qui paroiifoit fi honorable, ne fervit qu’à perdre Paftyas:il crut pouvoir fe fervir des • richelfes qu’on lui avoit confiéespour fe rendre indépendant; & fes largelfes attirant à lui beau-coup de vagabonds, ou de gens qui haïfioient la domination *des Perfes, on le vit bientôt à la tête d’un parti confidérable, au-quel rien ne manquoit qu’un bon Chef. Ce feul défaut rendittout le refte inutile. Paftyas ayant afiîégé en vain la citadellede Sardes, prit honteufement la fuite, dès qu’il apprit que Ma»zarès, l'un des Généraux de Cyrus approchoit, & depuis il nefit plus qu’errer de ville en ville, jufques à ce que-les Infulaire»de Chio le livrèrent aux Perfes. * Hérodote, l.i.
PACUVIUS (Marcus) de Brindes, Poëte Tragique, é-toit en grande réputation, vers l’an 600 de Rome, & 154 avantJefus Chrift, 6? étoit félon quelques uns fils d’une fœur d ’Ennius,
& félon d'autres fils de fa fille. Ce Poëte aimoit la Peinture,delîinoit aflez bien, publia diverfes pièces de théâtre, & mou-rut à Tarente, agi de plus de 90 ans. Il compofa lui même fonEpitaphe, qui eft rapportée par Aulu-Gelle, en ces termes,
Adolefcens, tamen etji properas, hoc tefaxumrogat
Utei ad fe adfpicias : demie quoiferiptu’ ejl legas.
Hic funt Poëte Marcel Pacuviei fita
OJJa. Hoc vokbam nefeius ne ejfes. Valet
A3
* Pli.