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bouc de trois mois, & M. de Salio l’abandonna fans retour,après avoir effuyé plufieurs chagrins et des querelles allez vivesavec quelques Savans offenfez de fa liberté; entre autres avecM- Le Févre de Saumur, M. l’Abbé Ménage, 6c M* CharlesPatin. Cet Ouvrage nailîant alloit donc périr peu après avoirvu le jour, fi M. l'Abbé Gallois, connu par d’autres Ouvragesdans la République des Lettres, n’eût trouvé des tempéramenspour le rétablir. Il le reprit en 1666, lui alTura la protectionde M. Colbert, fincére Proteéteur des Sciences; & pour 11’êtreplus traverfé par les Auteurs toûjours jaloux de leur réputation,il s’appliqua uniquement à donner des extraits des livres, fansen faire la cenfure. Moniteur l’Abbé de La Roque lui fuccédafur la fin de l’an 1674., & eut lui même pour fuccelfeur M. Cou-fin, Préfident de la Cour des Monnoyes, qui fut aidé par quel-ques uns de Tes amis, comme M. de Sallo avoit reçu lui mêmeplus d’une fois des Mémoires de Meilleurs de Rourzeis, deüomberville, Chapelain, & autres. Vers le commencement decefiécle, M. le Chancelier de Pontchartrain, dont les vues nes’étendoient pas moins à l’avancement des Sciences, qu’au ré-glement de l’Etat, faifant attention que le Journal des Savans eftune entreprife trop forte pour un feul homme, & que d’ailleursles matières qui font de fon relfort, roulent fur des fujets tropdifférens pour être tous également à la portée d’une feule per-fonne, forma une Compagnie de Gens de Lettres pour travail-ler à ces Ouvrages ; & afin qu’ils fe produililent fous lesyeux de l’Abbé Bignon, fon neveu, Bibliothécaire du Roi,les ailemblées fe tinrent chez lui une fois la lèmaine. Les plusconnus de ceux qui ont formé cette alfemblée jufqu’au change-ment arrivé en 1724; font Mrs Andri & Burette, Médecins,qui travaillent encore au Journal; M. de Idéricourt, Avocat,qui y travaille auflî encore aujourd’hui; M. Ralficod, Avo-cat fi connu par fes Notes fur le Concile de Trente; Melfieursles Abbez Bigres, Du Pin, Fraguier, Terraffon, Raguet, &de Vertot; & Melfieurs Havard, Miron, Pouchard & Saurin.Le premier Journal de cette nouvelle Compagnie parut le lundideuxième janvier 1702, & il a toû'ours continué à paroitre tousles lundis, à quelques petites interruptions près, jufqu’au moisde juin 1723, où il fut difeontinué. Après une interruptionde fept mois, dont il ne feroit pas aifé d’expliquer les raifons,il reparut au commencement de 1724, fous une nouvelle for-me: au lieu de le donner par feuilles tous les lundis, comme onfaifoit auparavant, on ne le publia plus que tous les mois, &l’on en donne douze parties par an. Melfieurs Andri, Burette &Héricourt ont toujours continué d’y travailler, & on leur a af-focié dès le commencement de 1724, une quatrième perfonne,qui a été changée plufieurs fois. Ce fut d’abord M. l’Abbé Des-fontaines, & c'ed à lui que l’on doit la préface du mois de jan-vier 1724. On lui a fubrtitué dans la fuite M. l’Abbé Mange-not, quis’eft retiré chez les Réguliers du Temple, où il a faitprofeflion, & en fa place on a mis M. l’Abbé du Refnel, aujourd hui de l’Académie Royale des Infcriptions St Belles Let-tres , & Cenfeur des livres.
Le Journal des Savans parut fi utile, dès qu’il fut connu,que prefque toute l’Europe voulut y prendre part; en forte quedepuis 166?, on en a vu paroître & difparoître plus de cin-quante, écrits en diverfes Langues. L’Angleterre commençadès l’an 1665 même, fes TranjaStions Pbilofopbiques en Anglois; maiscet Ouvrage ne regarde guéres que la Phyfique & les Mathé-matiques. M. l’Abbé Nazari fe chargea du même travail pourla ville de Rome en 1668, fous les aufpices du Cardinal Maifimi. Le’Journal de Leiplic, intitulé, Acta Eruiitorum, com-mença en 1682, par les foins de feu M. Mencken, un des plusfavans hommes de fon tems, & cet Ouvrage a toûjours été continué depuis avec beaucoup de réputation, fur tout par une in-finité de morceaux de Mathématiques, qu’on auroit peine àtrouver ailleurs. M. Bayle, furpris de voir qu’en Hollande,où il y avoit tant d’habiles gens & tant de Libraires, & une figrande liberté d’imprimer, on ne fe fût pas encore avifé de don-ner un Journal de Littérature, tenta plufieurs fois de le faire:mais confidérant qu’un Ouvrage de cette nature demandoitbeaucoup de tems & d’application, il renonça plufieurs fois àcette entreprife. Cependant on vit paroitre vers la fin du mois defévrier 1684. un Journal imprimé à Amfterdam, fous le titre deMercure /avant, du mois de janvier 1684, & qui difparut aprèsle mois de février. Le principal Auteur étoit le Sieur de Ble'-gny. C’étoit un Chirurgien de Paris, homme fertile en pro-jets. Dès 1679, il avoit entrepris une efpéce de Journal, inti-tulé , Nouvelles découvertes dans toutes les parties de la Médecine.Il le publioit tous les mois ; mais la manière outrageante-dont iltraitoit plufieurs perfonnes de mérite, donna lieu à un Arrêt duConfeil, qui le fit cefier en 1682. Le Sieur de Blégny n’ofantdonc plus faire imprimer ce Journal en France, jetta les yeuxfur la Hollande, & s’alTocia avec M. Gautier , Médecin deNiort qui demeuroit à Amflerdam, & à qui il envoyoit des Mé-moires. Ce nouveau Journal ne contenoit point d’extraits delivres, mais plufieurs petites pièces qui rouloient prefque tou-tes fur la Médecine, On y trouvoit aulfi des Chanfons avec laMufique, des Poëfies & des Nouvelles Politiques. La médifan-ce y régnoit encore plus que dans le Journal de Médecine. UnOuvrage fi mal conçu & fi mal exécuté piqua M. Bayle, & luifit reprendre la penfée qu’il avoit eue de donner un Journal. M.Jurieu l’y exhorta fortement. 11 étoit bien aife d’avoir une plu-me affurée, qui fît le panégyrique des livres qu’il publieroit.M. Bayle fe rendit à fes follicitations, & commença de travailler àfon Journal le 21 de mars 1684, & il le donna fous le titre deNouvelles de la République des Lettres. Les Nouvelles de chaquemois paroiffoient les premiers jours du mois fuivant. Prefquetout étoit vif & animé dans fes extraits: il avoit l’art d’égayertoutes fes matières, & de renfermer en peu de mots l’idée d’un
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livre. 11 étoit ordinairement fage & retenu dahs fes jugemens-11 s’etuic flatté que fon Ouvrage ne feroit p as défendu en Fran-ce; cependant il le fut, parce que l’on prétendoit qu’il renfer-moitdes lemences d’erreur. Mais cette défenfe n’empêcha pas qu’iln’y en palfâc tous les mois un grand nombre d’exemplaires. Lesoccupations multip.iées de l’Auteur & quelques maladies Payantobligé de difeontinuer fes Nouvelles du mois de février 1687 , M.Bafnage de Beauval les reprit à la foüicitation au mois de feptem-brede la même année, & lespubliafous le titre d’ilijtoire des Ou-vrages des Savans. D’un autre côté le Sieur Desbordes qui avoitimprimé ce que M. Bayle avoit publié jufques- là de ies Nouvel-les , les fit continuer fous le preuiier titre par M. de Larroque &quelques autres perionnes, jufqu’au mois d’août de la même an-née, ôt M. j. Barrin , Miniftre François, y travailla feul depuisle mois de feptembre jufqu’au mois d’avril 1689. Cet Ouvragefut interrompu alors jufqu’au mois de janvier 1699, que M.Jacques Bernard le reprit & le donna jufqu’à la hn de 1710,qu’il l’interrompit lui même pour ne le reprendre qu’en janvier1716; & il le laifla abfolumenc au mois de juin 1718. L'Ouvra-ge complet de M. Bayl*,& de fes Continuateurs forme 56 volu-mes. M. Bainage ne laifibit pas de continuer fon Hiftoire desOuvrages des Savans, & il Pa poulfée jufqu’au mois de juin1709 inclufivenient; mais il ne donna rien du tout pour l’année1707. Le fameux M. Jean Le Clerc, Minillre Arminien à Am-llerdam, émule de Mrs Bayle éc Bernard, entreprit auifi unJournal dès 1686, & le publia fous le titre de Bibliothèque Uni -verjelle 3 Hijlorique. M. Cornant de La Croze y travailloit aveclui. Feu M, Locke y a fourni plufieurs extraits: M. Bernard ya aulfi travaillé. Mais après le 25 volume, cet Ouvrage chan-gea de titre, & fut continué par M. Le Clerc feul, fous celuide Bibliothèque Cho jie, pour Jeruir de Juite à la Bibliothèque Uni-verjelle. Cette Bibliothèque Choifie commença en 1703, & fi-nit en 1713, après le 27 volume. En 1715, M. Le Clerc quienfantoiten même tems quantité d’autres Ouvrages, & fur tou-te forte de matières , ht encore paroître Ja Bibliothèque An-cienne Moderne, qu’il a continuée jufqu’à ces derniers tems.Mais l’Auteur avancé en âge, & épuifé par fes travaux , n’a plusrien produit jufqu’à fa mort. En 1712, M.Maffon, Miniftre del’Eglife Angloife de.Dordrecht, fit imprimera Utrecht le premiertome de Vtliftuire Critique de la République des Lettres, tant An-cienne que Moderne. Ce titre piqua la curiofité du public. Onfe flattoit d’autant plus de le voir rempli, que l’Auteur étoitinconnu. Mais l’examen du livre, & le nom de l’Auteur quine putfe cacher longcems, firent perdre toute efpérance. Aprèsle fécond volume, le Libraire d’Utrecht ne voulut plus l’impri-mer: un autre d’Amlterdam plus hardi, l’entreprit & l’a conti-nué. M. Johnfon, Libraire de la Haye, publia en 1713, lecommencement du 'journal Littéraire , Mai-Juin. Le livre s’a-quit en peu de tems beaucoup de réputation, 11 étoit l’Ouvraged’une Société cotnpofée de Mrs Alexandre, Van Effen, ’S Gra-vefande, Marchand, DeSallengre, & Themifeul de Saint-Hya-cinthe. Cette Société s’étant difperfée au mois de décembre1715, M. Van EtFen fe chargea lèul de la continuation de ceJournal ; mais le Libraire incertain s’il pourroit le faire paroî-tre tous les deux mois, comme il faifoit auparavant, ne mitplus le nom des mois au titre de chaque partie de ce livre. M,Van Effen mit enfuite fon travail en d autres mains, où l’y laiffa al-ler; èt ces nouveaux Auteurs, après avoir donné quelques vo-lumes, Différent imparfaits l’onzième & le douzième, dont lesfeules premières parties ont paru. En 1729, une nouvelle So-ciété de Gens de Lettres a continué cet Ouvrage fous le mêmetitre de Journal Littéraire , & a donné au premier volumele titre de treiziéme volume. L’Ouvrage eft bien fait & d’un ftilepoli. On affure que M. de Joncourt, Miniftre Proteffant àBois-le-Duc, y lourniffoit les extraits qui ont rapport à laThéologie; M. ’S Gravtfande, ceux qui regardent la Philofo-phie & les Mathématiques; M. Sacrelaire, ceux de Médecine;M. Marchand, ce qui regarde la Littérature. Ce Journal ainlirepris en janvier 1729, a continué jufques en juin 1732 inclufi-vement. Alors il a encore paffé en d’autres mains qui conti-nuent de le publier fous le titre de Journal Hijiorique de la Répu-blique des Lettres , Les Jéfuites ont été plus conftans dans leJournal qu'ils entreprirent dès 1701, & qu’ils publièrent à Tré-voux, fous les aufpices de M. le Duc du Maine, fous le titrede Mémoires pour l'Hijloire des Sciences 3 des Beaux Arts. Sil’on en excepte fix ou fept mois de l’année 1720, ils en ontdonné prefque toûjours fort régulièrement douze volumes, &quelquefois treize par an. Les Auteurs ont fouvent changé.Les Pères Buffier, Germon, &Tellier, ConfelTeur du Roi, yont eu part autrefois. Les Pères de Tpurnemine & Marquaire,y ont travaillé longtems. Le Père Catrou, qui y avoit aulfidonné fes foins autrefois, reprit cet Ouvrage en 1715. Les Pè-res Hoignan & Cartel y ont mis la main dans ces derniers tems.Depuis le mois de janvier 1734, que cet Ouvrage s’imprime àParis, & qu’il a été remis en d’autres mains, le public trouve ceJournal écrit avec plus de legereté de ftile, & que le choix quel’on y fait des matières, eft plus utile à la République des Let-tres.
Pendant que plufieurs des Journaux, dont on vient de par-ler, ont continué, l’on en a vu paroître & difparoître beau-coup d’autres, dont plufieurs font recherchez. Les plus dignesd’attention font, 1. Bibliotbeca Librorum Novorum, que le fa-vant M. Ludolphe Kufter commença feul en 1697, & qu’il fitimprimer à Utrecht, fous le nom de Neocorus, terme tiré duGrec, qui lignifie ce que veut dire Kufter en Allemand, un Sa-crifiai». Cet Auteur, qui de Luthérien s’eft fait Catholique,commença cet Ouvrage au mois d’avril 1697, le continua juf-qu’à la fin de la même année, & s'affocia en 1698, & jufqu’à lafin d’avril 1699, où ce Journal finit, M.HenriSik, favant Anglois,
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