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K.
K.
eft une lettre plutôt Gréque que Latine. LesGrecs la nomment iO&TTra, & les Latins s’enfont fervis autrefois. Ils lui ont depuis fubfti-tué le C, qui a le même ufage. Daufqueïus ditaprès Sallufte, que l’inventeur du K fut unnommé Salvius, ■& que cette lettre étoit com-mune parmi les anciens Romains. Prifcien aremarqué que le K étoit tout à fait inutile aux Latins. Les An-gles les lrlandois , lesEcoffois, les Danois, les Bretons, &c.s’en fervent fouvent dans leur Langue, pour des noms propres.L’ufage de cette lettre eft rare chez les autres nations. Jufte-Lipfe remarque qu’autrefois on imprimoit avec un fer chaud le Kfur le front des Calomniateurs. Le K étoit anciennement allezfouvent employé dans des mots où l’on met à préfent le C,comme nous l’apprenons de ces vers de Terentianus Maurus,
K, Sinûliter otiofa eft cæteris fermonibus,
Tumque in uju eft, cum Kalendas anmtamus, aut Kaput :
Seepe Kefones notabant hac vetufti litera.
A préfent en écrivant en Latin & en François, cette lettren’eft plus guéres en ufage qu’aux noms propres, ou aux termesd’art, & aux mots de Kalendes & de Kyrie eleifon. 11 n’y a paslongtems qu’on s’en fervoit encore au nom de Karolus. K prispour lettre numérale, marque 250, & en mettant une barre audeffus, cent cinquante mille.
Lorsqu’on ne trouve pas fous la lettre K le mot que. l’oncherche, il faut le chercher fous la lettre C.
K A A. K A B. K AC. K A D. K A F. K A I. K A K.
K A A R. Voyez K A R S.
K A B A L E. Voyez CABALE.
* K A B E L (Jean Vander) s’appelloit auparavant Jean Van-der Touvi. M. Weyerman, Vies des Peintres des Fais-Bas, tome2. p. 277 è? 278, donne la raifon pour laquelle on lui changeafon nom. Il a paffé pour habile Païfagifte. 11 étoit né en 1631,& mourut en France à Lyon.
KABELIAU S.. Voyez CABILLAUX.
K A B I L A K. Voyez K O B I L A K.
RABIN ou QUË'B 1 N, forte de mariage permis en Tur-quie & en Perfe, par lequel un homme prend une femme pourun certain tems, en convenant devant le Cadi du prix qu’il don-nera à fa femme à la lin du terme, lorsqu’il la quittera. Kabinou Kebin en Turc, lignifie douaire ou un don fait à la femme.Quelques Hi (loritms difent que ce demi-mariage n’a lieu queparmi les Perfes, qui fuivent la Sefte d’Aii, & qu’il eft condam-né de tous les Turcs. * Ricaut, de l’Empire Ottoman. Piecrodélia Valle, tome 3.
* KABSDORF, en Latin Villa compofni, petite ville dela Hongrie feptentrionale dans le Comté de Cépulz. L’on ybrade de fort bonne bière. * Gr. üict. Univ. Hall.
* KABSE'EL ouKABTSE'EL, ville de la Tribu deTuda. * Jofué, ch. 15. 0.21.
K A C H A N. Voyez C A C H A N.
RACHE'GUER. Voyez RAS C H E' G U E R.RACHEMIRE, Royaume des Indes, dans les Etats duGrand Mogol, eft une campagne d’environ trente lieues de lon-gueur fur douze de large, avec de petites collines agréables, ileft fitué à l’extrémité feptentrionale' de l’indoftan , vers leRoyaume de Lahor & le long du Caucafe. Ses montagnes fontextrêmement fertiles : il y a d’excellens pâturages, & une grandequantité de fources d’eau. On voit dans ce païs une efpéce degreffes chauves-fouris, dont les ailes font fans plumes, & nefont compofées que de cartilages. Elles font de lagrolfeur d’unepoule, ou d’une oye, & les Habitans les trouvent d’un goût ex-cellent. La ville capitale de Xachemire donne fon nom au païs.Elle eft bâtie de bois & fans murailles, & a environ trois quartsde lieues de longueur. Elle a d’un côté un grand lac de quatreou cinq lieues de tour, qui fe décharge par deux canaux portantbateau, dans une rivière qui traverfe la ville, & qu’on ypaftefur deux ponts. Aux environs de la ville de Kachemire, on voitfur une colline, une Mofquée avec un bâtiment très-ancien,qu’on appelle Taét-Soliman, c’eft à dire, le Ttiràne de Salomon,parce que Salomon, à ce que difent les Perfes, le fit bâtir lors-qu’il alla à Kachemire ; mais il faut que cela s'entende d’un autreSalomon que de celui qui étoit fils de David. Le lac a cela departiculier qu’il eft plein dïfles, qui font autant de jardins deplaifance ; mais les plus beaux jardins font fur le penchant deçmontagnes en vue du lac, des îlles & de la ville. Celui du Roieft un lieu de délices, & le palais très-magnifique. Les Mogolsappellent le païs de Kachemire, le Paradis terreftre des Indes; &il n’y a pas lieu de s’étonner, qu’Ekbar, Empereur du Mogol,fit de fi grands efforts pour s’en emparer fur les Rois naturels dupaïs, & que fon fils Géhan Ghir, ne pouvoit quitter un féjour fiagréable : jufques là qu’il difoit quelquefois , qu’il aimeroitjpieux perdre tout fon Royaume, que de perdre Kachemire.K
Les peuples de cette province nommez Kachemerys , ont la répu-tation d’être beaucoup plus fpirituels &plus adroits que les au-tres Indiens, & ont autant de génie pour la Poëfie & pour lesSciences que les Perfans. Ils font aufîi bien faits que les Euro-péens: les femmes y font très-belles, & c’eft de là qu’en pren-nent la plupart des Etrangers nouveaux venus à la Cour duGrand Mogol, afin d’avoir des enfans qui foient plus blancs queles Indiens, & qu’ils puiffent ainfî palier pour vrais Mogols. iln’eft pas vrai qu’il y ait des Juifs dans la province de Kachemi-re ; mais il y a quelque apparence qu’il y en a eu autrefois, carvers la montagne de Pire-penjale, prefque tous les Habitans ontun certain air de Juifs, & ont je ne fai quoi dans leurs maniè-res qui peut faire croire qu’ils font de cette nation. D’ailleurs,parmi le/inenu peuple de Kachemire, quoique Mahométan, lenom de Moujd, qui veut dire Moîfe, eft fort en ufage: ils difentmeme que fon tombeau eft à une lieue de cette ville. Us croyentauffi que Salomon eft venu en leur païs, & qu’il y a fait bâtirl’édifice, appellé le Tbràne de Salomon. Quoique ce qu’ils difentdu tombeau de Moîfe, & du voyage de Salomon ne foit pas vé-ritable, il fe pourroit faire que quelques Juifs auroient paffédans ce païs, & que par la fuite du tems ils feroient devenusidolâtres ou Mafiométans. En effet on voit quantité de gens decette nation dans l’Indoftan, du côté de Goa & de Cochin ; &l’on affure même qu’on en a vu à Peking dans la Chine, quiavoient confervé le Judaïfine& l’Ancien Teftament, & qui ne la-voient rien de la mort de Jésus Christ. * Bernier, Hift. du.Grand Mogol, tome 4. Tavernier, Voyage des Indes.
KACHE'TI, GAGHE'TI où Z ACHE'TI , con-trée d’Afie dans la Géorgie. Elle a fon étendue dans les mon-tagnes, entre la province de Carduel au feptentrion, & cellesde Samfec & d’imirette à l’occident. Le Schirvan lui fert de bor-nes à l’orient, & l’Arménie au midi. Zagan ou Zagain en eft laville capitale. Ce païs a fon Roi particulier, tributaire du Roide Perfe. Le P. Archange Lamberti, qui y a fait un long fé-jour, met auffi la ville de Téflis dans cette contïée, & dit qu’ilne s’y trouve point d’autres lieux confidérables. * Th. Cor-neille, Ditlion. Géograpb.
K A C H S CII A G A, ville de la Partarie Mofcovite, dansle Royaume de Cafan, fur le Wolga, environ à vint-cinq lieuesau deffus de la ville de Cafan. * Maty, Diit. Géogr.
K A C O N G O. Voyez C A C O N G O.
K A D A R E S ou KADARIT ES, Seête de Mahomé-tans , qui nient le deftin & la prédeflination, &qui croyent qu’ileft abfolument en notre pouvoir de faire le bien ou le mal, &d’ufer de notre liberté comme il nous plait. Cette Seéte eft op-pofée à celle desGiabares, qui dépouillent l’homme de fa liber-té, & regardent le deftin comme la feule caufe de toutes nosaiftions. Kadar, lignifie pouvoir; & ils prennent ce nom, parcequ’ils foutiennent que l’homme peut faire ce qu’il juge à pro-pos, & agir félon fa volonté, en ce qui eft de bien ou de mal.
* Ricaut, de l’Empire Ottoman.
* KADELBOURG, village de Suiffe dans le Comté de1 Bade. 11 appartient au Collège des Chanoines de Zurzach.
* Etat Delices de Suijje, tome 3. p. 143. édit. d’Amfterdain,1730.
K A D PIS. Voyez CADE’S & C E'D E’S.
K A D E’ S B A R N E', ville dans le Défert de Pharan , où lesI Ifraëlites firent leur quinziéme campement. Ce fut de là qu’ilsenvoyèrent par l’ordre de Dieu un homme de chaque Tribu pourreconnoître le païs de Canaan, & en rapporter l’état. Ceuxque l’on envoya furent, pour la Tribu de Ruben, Sçammuah yfils de Zacur : pour la Tribu de Simeon, Sçaphat, fils àtHori:pour la Tribu de Juda, Caleb fils de Jéphunné : pour la Tribud ’ljjdcbar, Jigueal fils de Jofeph : pour la Tribu d ’Epbraïm, Jo-fué ou Ojée fils de Nun: pour la Tribu de Benjamin, Palti fils deRapbu: pour la Tribu de Zabulon, Gaddiel, fils d eSodi: pour laTribu de ManaJJ'é, Gaddi fils de Sujî : pour la Tribu de Dan ,Hammiel fils de Guemalli: pour la Tribu d'Afer, Sétbur fils de Mi-caël: pour la Tribu de Nepbtali, Nabbi, fils deVapbfi: pour laTribu de Gad, Gueüel fils de Maki. * Nombres, cb. 13. v. 5.
C fc.
Ces douze Députez eurent ordre de vifiter tout le païs, &d’en venir faire leur rapport à Moîfe, au Grand Sacrificateur, &au Sénat. Us employèrent quarante jours dans ce voyage; & é-tant de retour ils en firent au peuple une rélation fi étonnanteque le peuple perdit la réfolution d’en pourfuivrela conquête ,tant pour la difficulté de l’entreprife, qu’à caufe de la force pro-digieufe des Habitans. Us les affurérent, qu’il falloit traverferde grandes rivières très-profondes, paffer des montagnes prefque'inacceffibles, attaquer de très-fortes & puiffantes villes, com-battre des Géans, qu’ils avoient vus en Hébron, & qu’enfin ilsn’avoient rien trouvé de fi redoutable depuis qu’ils étoient fortisde l’Egypte. Ces difeours faits par des perfonnes, qui avoientété fur les lieux, & à qui la peur avoit groffi les objets & les dif-ficultez, firent une fi grande impreffion fur l’efprit du peuple, qu’ilstombèrent en un découragement effroyable, & defefpérérent dès-lors de réüffir en un deffein fi difficile. Us commencèrent mêmeà murmurer contre Dieu , fe plaignant de ce qu’il leur promet-toit bien des chofes, dont ils ne voyoient point d’effet. Us vou-lurent décharger leur colère fur Moîfe & fur Aaron. Us prirentdes pierpes pour les affommer, &. ils l’auroient exécuté, fi JofuéA &