L
L.
Cette lettre des Latins répond au des
Grecs, & eft mife au nombre de ces lettres qu’onnomme liquides, parce qu’elles font coulantesdans la prononciation ; ou immuables , parcequ’elles ne fe changent pas facilement. LesLatins remarquent que L rend indifférente la
__lettre muette qui la précédé dans une même fyl-
l'abe, "comme en ce mot Atlas, la première fyllabe eft faite di-verfement, brève ou longue par les Poètes. En effet, Martial,l. 6 . Epigr. 77. v. 7, l’a abbrégée,
( Non aliter monjlratur Atlas, cum compare ginrio.
Au contraire Virgile, Enéide, l.i.v. 745, l’a allongéeDocuit quce maximus Atlas.
II faut encore remarquer que R eft fouvent changé en L, furtout dans les diminutifs, comme frater, fratellus; & Ovide, Faji.I. 5. v. 481, a dit à ce fujet,
Afpera mutata ejl in lenem tempore longoLittera.
Scaliger dit auffi, que L étoit Une marque de lbuange. Voyezencore, Robertus Titius, l. 10. c. 14. Pierius, Hieroglyph.
L redoublée & précédée d’un I voyelle a en François une autreprononciation, comme dans ces mots, vermillon, travailler, recueil-lir , fouiller. On l’appelle alors mouillée, & elle eft prefque tou-jours ainfi prononcée, lors même qu’elle eft feule après un làla fin des mots, comme ceux-ci, travail, pareil, œil, péril. Lfeule dans les médailles Gréques marque l’année. Dans les in-fcriptions L lignifie Lucius, Lcelius, Libertus, Locus, Lex, Le-ttor. L eft aufli chez les Anciens une lettre numérale, qui mar-que cinquante, dont on fe fert encore dans le chiffre Romain ,fuivant ce vers,
Qiiinquies L denos numéros defignat babendos .,
Quand on ajoûte une barre au delfus, L fignifie cinquantemille.
L A A. L A B.
L A - A B E Z. Voyez L A B E Z.
L A A B I A, ville du Royaume de Servie fous la domina-tion du Turc, à 36 milles d’Ufcopia à l’occident, & à 52 au mi-di de Nilfa. * Diüion. Anglais.
L A A B I M, troifiéme fils de Mifraïm, eft, à ce qu’on croit,le Chef des Lybiens en Afrique. Il y en avoit auprès de l’Egy-pte, au Couchant de la Thébaïde; & d’autres habitoient le longde la. Méditerranée. Lahabim fignifie enflammé: or la Lybie eftun païs fort expofé aux ardeurs du Soleil. * Genefe , ch. 10. v.13. D. Calmet, Diiïion, de la Bible;
L A A C. Voyez I, A B A.
LA AND ER, frère de Nicocrate Tyran de Cyréne, futpouffé à tuer fon frère par Arétaphile, qui fe fervit pour le ga-gner d’une très-belle fille , qu’elle lui envoya. * Polyænus,l. 8 -
LAAR* province de Perfe. Cette province, qui étoit, ily a un peu plus de cent ans, un Royaume particulier, fut con-quife par Abbas le Grand en 1612 , & il la réunit à fon Empire.Le climat eft entièrement chaud, fec & infupportable à ceux quin’y font pas nez. Sa latitude commence à 29 degrez 40 minutes.La ville capitale porte aufîi le nom de Laar. Elle eft petite & en-tre des montagnes, n’ayant rien de confidérable. * Chardin,Voyages, &c.tome 3 .p. 153.
* LAAR, ville de Perfe, recommandable par le voifinaged’une montagne qui produit par une petite fource un baume fiexcellent que jufqu’à préfent il ne s’eft point encore trouvé depoifon qui ait pu réfifter à fa vertu. * Gr, Dièt. Univ. Holl.LAAR (Pierre de) Voyez L A E R.
LAAS, en Latin Lafmm, petite ville du Cercle d’Autricheen Allemagne. Elle eft dans la Baffe Carniole au pié des monta-gnes, & à une lieue du Lac de Czirnicz, du côté du nord, &eft capitale d’un petit païs, qu’on nomme la Kacféole. * Maty,DiSt. Géogr.
* L A A X, Seigneurie de Suifle dans le païs des Grifons, eftà la gauche du Bas Rhin,- au fud-oueft de Coire, dont elle eft é-loignée d’environ cinq lieues. Cette Terre a eu des Seigneursde la Maifon de Fatz, & enfuite des Comtes de Werdeberg. Ce-pendant les Habitans ont toujours eu de très-grands privilèges:c’eft pourquoi on les appelloit les Gens libres de Laax. L’an 1424,Rodolphe * Comte de Werdeberg, leur vendit pour le prix de300 ducats tous les droits qu’il avoit fur eux. * Etat £? DélicesdeSuijJe, tome 4 .p. 15. édit. d’Amfterdam 1730.
L À B A, LAHA,LAAB ouLAAÇ, petite ville d’Au-triche en Allemagne, eft aux confins de la Moravie, environ à
quatre lieues de Znaim, en tirant vers Vienne. C’eft là qu’eh1278, fe donna le combat entre l’Empereur Rodolphe deHâbS-bourg, & Ottocare Primiflas, Roi de Bohême. La viftoire fédéclara pour l’Empereur & le Roi de Bohême y perdit la vie.* Maty, Ditt. Géogr. Th. Corneille, Dm. Géogr.
* L A B A, rivière qui fépare l’Ingrie d’ave^c la Principautéde Novogorod-Wéliki, coule du fud au nord, & fe déchargedans le Lac de Ladoga dans l’endroit où eft îa ville de Laba.
* LABA, petite ville de l’Ingrie fur le bord méridional duLac de Ladoga, à l’embouchure de la rivière de Laba.
* LAÉACH ou LAUBACH, rivière de la Carnioledans le Cercle d’Autriche, coüle du fud-oueft au nord-eft, & fejette dans la Save , à trois lieues ou environ, de la ville de Lau-bach qu’elle arrofe.
LABACH ou LAUBACH, ville d’Allemagne, capita-le de la Carniole, avec Evêché fuffragant de Saltzbourg, eft fi-tuée dans la Baffe Carniole, fur une rivière qui lui donne fonnom, & qüi fe jette peu après dans la Save. Les Auteurs Latinsla nomment Lnbacum; &plufieurs Modernes conjeéturent qu’el-le eft l’Æmona des Anciens. D’autres l’ont prife pour Nauportus;mais on eft perfuadé que cette dernière eft ce qu’on appelle lepetit Laubach. * Ilermenberger, Defcr. Borufs. Erafmus Stella,de Antiq. Borufs.
* LABACH ou LAUBACH, Evêché, fut érigé à La-bach en 1461, par l’Empereur Frédéric III, que d’autres nom-ment Frédéric IV, avec une Prévôté, un Doyenné, & un Cha-pitre de dix Chanoines. Valvafor dit que cette éreétion n’eftproprement qu’un renouvellement de l’Evêché d’Æmona. L’E-vêque de Labach n’èft à préfent fuffragant d’aucun Archevêque;& il eft Prince de l’Empire, fans avoir droit de féance & de fuf-frage à la Diète. Le Pape Pie II a accordé pour toujours en 1463à l’Empereur, le droit de nommer à cet Evéché.
LISTE DES E V E £ U E S de L A B A C H.félon Valvafor.
Sigismônd üe Lamberg , premier Evêque de Labach, mouruten 1488.
Christophle Rauber, premier Evêque, avec titre de Prince,fut auffi Confeiller de l’Empereur, Commiffaire général de guer-re &Stadholder devienne, où il mourut en 1536.
François Katzianer , Baron de Katzenftein ; mourut en1544- .
Urbain Textor, de Carniole, né de p'arens de baffe extra-ction , fut Aumônier, Confeffeur & Prédicateur de l’Empereur.C’eft lui qui a le premier introduit l’Ordre des Jéfuites en Au-triche. Etant à Donayvert, il tomba du haut en bas d’un efca-lier, & mourut fur le champ de cette chûte en 1558.
Pierre de Seebach, Chevalier de Carniole, mourut en 1560.
Conrad GluSitzsch fut Curé de Camiri avant que d’être Evê-que, & mourut en 1578.
Balthazar Radlitz fut Doyen & Prédicateur de la Cathédra-le , avant que d’être Evêque, & moürut en 1580.
Jean Tautscher fut Archidiacre à Gortz, avant qüë d’êtreEvêque, & mourut en 1597.
Thomas Chron , furnommé l 'Apôtre de Carniole, à eaufe defon zélé contre les Luthériens, mourut en 1630.
Reinald ou Renaud Starlichtius , Gentilhomme de Dal-matie, fut Evêque deTriefte, avant que de l’être de Labach, Stmourut en 1640.
Othon Fre’de’ric, Comte de Buchheim, mourut en 1664.
Joseph, Comte de Rabatta, mourut en 1684.
Sigismond-Christophle, Comte de Herberfteirt ......
Ferdinand, Comte de Khuenbourg, qui en 1710 fut fait Ar-chevêque de Prague, conduifit la Princeffe de Neubourg en Poritugal, & demeura dans cette Cour là en qualité d’Ambafladeurjufqu’en 1712.
LABADIE (Jean de) naquit à Bourg ert Gùienne, fur laDordogne, le 13 février 1610, de Jean-Charles de Labadie,Gen-tilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, & Gouverneur decette ville. On l’envoya dès l’âge de fix à feptans, étudier àBourdeaux au Collège des Jéfuites , & 11 y fit de fi grands pro-grès que fes Maîtres crurent beaucoup faire pour leur Ordre, enl’y attirant. I.’efprit de piété, qüi l’animoit alors, le fit facile-ment entrer dans leurs vues ; mais l’oppofition de fon père re-tarda l’exécution de fes deffeins, qui n’eurent lieu qüe lorsqu’ilfut mort. Labadie étant donc entré chez les Jéfuites, S’appli-qua pendant trois ans à la Rhétorique & à la Philofophie. Cesétudes finies il fe donna à la Prédication , quoiqu’il ne fût pointencore entré dans les Ordres facrez. Ce ne fut même que quel-ques années après qu’il fut ordonné Prêtre, étant encore dansla Société. Ses infirmitez fréquentes, & le défir d’une plus gran-de perfeftion, comme il le prétend lui-même, l’engagèrent à enfortir en 1639. D’autres cependant veulent que les JéfuitesPayent chaffé après avoir découvert fes idées finguliéres fur lapiété, & fon hypocrifie. Quoiqu’il en foit , il vint auffi-tôtaprès à Paris, où il prêcha avec beaucoup de zélé en plufieurSendroits, & s’aquit l’eftime & l’amitié du Père de Gondren, Gé-néral de l’Oratoire. M. François de Caumartin, Evêque d’A-miens , ayant un jour entendu un de fes Sermons, en fut fi con-A tient;
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