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mira ce qu’ils avoient relâché. On dit auili qu’ayant vaincu leRoi Antiochus, & fait un traité avec lui, par lequel ce Princedevoit lui céder la moitié de fes navires, il les lit tous partageren deux afin d’ôter à ce Roi univerfellement tous les vaiffeaux.
Il femêl’oit de Poëfie; & Santra rapporte que fi Térence avoitété aidé dans la compofîtion de fes Comédies, ce n’avoit pasété par Scipion & par Lelius, qui n’étoient encore que de jeu-nes gens ; mais par Sulpitius Gallus, ou bien par Q. fabius La-béo & par M. Popilius, qui étoient tous deux Confuiaires & Pos-tes ’ * Tite-Live, Decade 4. I. 7 - 9 - & Cicéron, de OJficiis,l 1 Valére Maxime, l, 7. c. 3 - cx - 4 - Donatus m Fita Terentii.'lABE'O (Antillius) excellent Jurifconfulte Romain, Difci-pledu célébré Sulpitius, fut fi étroitement attaché aux intérêtsde fa patrie, qu’après avoir été un des complices de la conjura-tion contre Céfar, voyant fon parti opprimé par la perte de labataille de Philippes, où Brutus & Calîius périrent, il ne vou-lut point furvivre à la perte de la liberté de Rome : c’eft pour-quoi il fe fit tuer dans fa propre tente, par celui de fes Efclaves,auquel il fe fioit le plus, & qu’il venoit d’affranchir, l'an 723,de Rome & 31 avant J. C. il laiffa un fils encore plus grandJurifconfulte que lui. Nous en allons parler.
J lABE'O (Q. Antillius) fils du précédent, & Difcliple dudocte Trébatius, vivoit du tems- d’Augulte, & fut un des plusfavans Jurifconfultes de l’ancienne Rome. D’ailleurs il étoitd’une profonde littérature & d’une intégrité inflexible, bien é-loigné de cet efprit flateur & complaifant, que prefque tous lesRomains de ce tems-là témoignèrent pour s’accommoder à l’e-fprit de l’Empereur; car Labéo perfiila toujours dans les maxi-mes anciennes, & ne voulut jamais confentir à rien qui ne fûtconforme aux loix. Aulu-Gelle & Suétone nous rapportentplufieurs traits de cette conduite, & quoique ce dernier remar-que que cette fermeté d’ame ne fut point préjudiciable à Labéo,Tacite qui dit le contraire, paroît plus croyable, lorsqu’il ditqu’elle l’empêcha de s’élever au confulat, & d’aller même au de-là de la dignité de Préteur : ce qui ne fervit qu’à le rendre plusilluftre. l'omponius allure que Labéo refufa d’être fait Confulfubftitué, lorsqu’Augufte le lui propofa. Mais félon Pompo-nius, la raifon de Labéo fut qu’il craignoit d’être détourné defes études, il n’eft pas tout à fait certain que celui dont nousparlons, foit le même dont parle Pline, l. 35. c. 4, comme é-tant mort depuis peu, extrêmement vieux, & ayant fait gloirede favoir peindre en mignature : vanité de laquelle on fe mo-quait. Labéo compofa un fort grand nombre de livres, danslefquels donnant trop à fon efprit & à fon imagination, il débitabeaucoup de nouveautez. Il partageoit l’année, en forte qu’ilétoit fix mois à Rome à répondre à ceux qui le confultoient furle Droit, & fix mois à la campagne pour compofer des livres.On veut qu’il en ait publié jufqu’à quatre cens. On voit le titrede quelques uns dans l’indice des PandeAes. Il avoit compoféfur le Droit Pontificat & fur les Divinations quelques Ouvragesqui font peut être ceux dont S. Auguftin a cité quelque chofedans le fécond livre de la Cité de Dieu, c. 11. Nous difonspeut-être, parce qu’il auroit pu citer d’après un Cornélius La-be'o, Auteur de quelques livres de Faites, des Dieux Pénates,& de l’Oracle de Claros, cité plufieurs fois par Macrobe. Ondit qu’Antillius Labéo avoit aulfi compofé des Commentaires furles douze Tables. * Aulu-Gelle, L 1. c. 12: l. 7. c. 1 s : L 20.c. 1. Suétone, inAugujto, c. 57. Tacite, Armai. L 2. Bertrand,& Guillaume Grotius, in Viris JurifconJultorum.
LABE'O (Domitius) a été mis par Rutilius entre les illu-flres Jurifconfultes, qui floriffoient fous l’empire d’Adrien; maisfans aucun fondement, puisque ce qui l’a trompé après Rivait,efl un palfage, Leg. 27 qui tejlam.fac. où Domitius Labéo eltdit avoir confulté le Jurifconfulte Celfus. Or bien loin que ceDomitius Labéo paroiflfe là un habile Jurifconfulte, on en peutinférer qu’il étoit fort peu inltruit du Droit. * Guillaume Gro-tius, in Vit. Jurifc. p. 133.
LABE'O (Acdus ou Attius) Poète Latin, qui fe mêla detraduire l’Iliade d’Homére, mais avec tant d’obfcurité & fi peude fuccès, qu’il s’attira la raillerie de tous les honnêtes gens deRome. Perfe le tourne en ridicule dans la première de fes Sa-tyres, v. 4, où il en parle en ces termes,
Na mihi Polydamas, if Troïades Labeonevi
Prietulerint.
L’ancien Interprète de Perfe ajoûte que cette Traduélion de La-béo étoit de mot à mot; ce qui lui avoit fait dire les chofes dumonde les plus ridicules, que Perfe ne pou voit confidérer, fans*’en mettre en colère. Il en parle encore ainfi, plus bas, v. 50.
- Non eji bic Ilias Atti
Ebria veratro.
* L A B E R (Le grand) rivière d’Allemagne dans le Cerclede Bavière, prend fa fource dans le Gouvernement de Land-fhut, coule d’abord du fud au nord, puis à peu près de l’ouedà l’elt, & fe rend dans le Danube, environ une lieue & demieau deffus de Straubing.
* LABER (Le petit) rivière d’Allemagne, qui coule à peuprès en ligne parallèle à la précédente, fe rend dans le Danubeimmédiatement au delfous du grand Laber.
LABE'RIUS (Decimus) Chevalier Romain & Poëte,s’attacha à compofer de ces fortes de pièces de théâtre ou far-ces, qu’on appelloit Mimi. Il y réiUfiffoit par le penchant natu-rel qu’il avoit à la médifance & à la raillerie. Cicéron qui fepiquoit de bons mots, éprouva plus d’une fois que Labériusavoit la repartie promte & piquante. A l’âge de foixante ans,il ’fe laiffa perfuader par les follicitations & les libéralitez de Cé-
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far, de monter fur le théâtre, pour être lui même l’Afteur defes pièces. 11 y cenfura affez vivement Céfar: ce qui fit croîtrela faveur d’un autre Poëte du même métier nommé Publius Sy-rus : en forte qu’ayant difputé le prix fur le théâtre,- il obtint aujugement de Céfar la préférence fur tous les autres, fans exce-pter Labérius. Céfar, pour confoler en quelque manière Labé-rius, lui donna un anneau d’or & une bonne fournie d’argent.Une fois que Labérius en defcendant du théâtre, voulut allerprendre place parmi les Chevaliers, il ne S’en trouva aucun quilui en voulût faire, chacun jugeant qu’il s’étoit rendu indignede ce rang. Il mourut à Pouzzolles dix mois après l’affaflinatde Céfar, l’an 710 de Rome & 44 avant J. C. * Macrobe, Sa-turn. 1.2. Aulu-Gelle, L 3. c. 18: l. 10. c. 16. Horace, L x.Sat. io’v.6: l. 17. v. 14. Sénéque, Controv. 18. S. Jérôme, inCbron. Eufébe. Bayle, Diü. Crit.
L A B E Z, Royaume d’Afrique, compté entre les Provincesde celui d’Alger parce qu’il en eft tributaire. Voici à peu près ceque le Sieur de la Croix en rapporte dans fa Relation de cettepartie du monde, tome 2. „ Labez eft un païs de montagnes fi-„ tué fur une partie du Mont-Atlas, à trois milles de Cuco, &
,, à dix ou onze de Bugie, entre l’Occident & le Midi. Sur le„ fommet de la montagne il y a unFort nommé Caloa ou Calao. Du„ même côté on voit une autre montagne, qu’on appelle Cuco de„ Téléta , où eft le tombeau des Rois. Au pié de cette monta-„ gne eft une place qu’on appelle Tesli, où l’on a bâti unecita-„ delle pour'réfifter aux irruptions des Turcs. Il y en a encore„ une autre appellée Bori. Cette dernière montagne produit peu„ de grains & de fruits. Il n’y a prefque que du glayeul. C’eft„ peut-être de là que ce Royaume a pris le nom de Labez, puis-„ que Gramaye dit que ce mot marque une efpéce de jonc, que„ les Efpagnols nomment Efparte, & nous glayeul. Les Habi-„ tans font des Bérébéres & des Azuagues, à peu près des mê-„ mes mœurs que ceux de Cuco. Le Roi de Labez peut mettre„ fur pié une armée de trente mille hommes, tant d’infanterie„ que de Cavalerie. C’étoit autrefois un Prince fouverain,
„ mais préfentement il eft Vaffal du Bacha d’Alger, auquel il„ fournit tous les ans quatre cens chevaux & mille chèvres. Le„ Bacha lui donne de fon côté un fabre de Turquie, garni de„ pierreries. ” * Th. Corneille, Ditt. Géogr.
* LABIA (Jean-François) né à Florence, a amaffé des rl-cheffes immenfes par le commerce qui ne déroge point à Veni-fe. Cette famille eft originaire d’Avignon. Dahs le tems dufiége de Candie, Labia voyant que les Vénitiens avoient befoind’argent, leur offrit cent mille ducats pour être aggrégé au Corpsdes Nobles. Après bien de la réfiftance on accepta fes offres,mais comme il y eut enfuite au moins quatre-vints familles quimontèrent à la même dignité par la même route, il eut du cha-grin de n’avoir pas mis une plus haute taxe, pour ôter aux au-tres l’envie d’acheter cet honneur à fi haut prix. * Gr. Diéiion.Univ. IIoll.
L A B I A W, petite ville de la Pruffe Ducale. Elle eft danslaNadravie, àl’emboûchure de la Dème dans le Curifch-Haff,& à onze lieues de Konisberg. * Maty, DiS. Géogr.
LABIENUS (Titus) Hiftorien & Orateur, vivoit dutems d’Augufte. Suétone parle de lui dans la Vie de Caligula,en ces termes, Caligula permit la curiojité de chercher if de lire lesEcrits de Titus Labienus , de Cordus Cremutius, if de Cajfius' Seve-rus, quoiqu’ils eujjent été défendus if Jupprimez par arrêt du Sénat.Sénéque en fait mention dans la préface du cinquième livre desControverfes. On ne croit pas qu’il foit le même Labienus,Lieutenant de Céfar dans les Gaules, qui fuivit depuis le parti dePompée, & qui fut tué en Efpagne, comme nous le voyonsdans les Commentaires du même Céfar, & dans la continuationsde Hirtius. On doit encore diftinguer ce dernier d’un autre La-bienus , qui fuivit le parti de Brutus & de Calîius ; & qui ayantété envoyé chez les Parthes, pour demander du fecours à Oro-dès leur Roi, fe mit à la tête de fes troupes quand il apprit ladéfaite des fiens, & voulut être appellé le Parthiqire. Il furpritplufieurs villes des Romains, & fut défait par Ventidius, & prispar Démétrius, Affranchi de Céfar, qu’Antoine avoit fait Gou-verneur de Cypre l’an 40 avant J. C. * Strabon, l. 4. Dion,l. 48. Vofiius, de Hijl. Lat. I. 1. c. 23.
L A B I N E T. Voyez L A B Y N I T E.
LABORADOR ou TERRE de LABRADOR,que les uns confondent avec l’Eftotiland, & que d’autres pla-cent entre l’Eftotiland & le Canada, eft un grand païs dans lenord de l’Amérique. Quelques uns le prennent pour une 111 eétendue vers Groenland, autoür de laquelle plufieurs Voyageurstant Efpagnols qu’Anglois & François ont été, afin de trouverquelque détroit pour aller aux Indes Orientales; mais la grandequantité de neiges & de glaces à rendu leur entreprife inutile.11 s’y trouve force ours blancs & même de grands grifons toutblancs, différens de ceux d’Orient & d’Afrique, qui font decouleur grilàtre & un peu rouge fous le ventre. Les uns & lesautres n’ont que deux piez, quoiqu’on les peigne avec quatre.Ils s’y trouve aulfi des perdrix & quantité de petits oifeaux, &tout le païs eft plein de bois, de montagnes & de bêtes fauva-,ges. Les Habitans font bien proportionnez de corps, de bonneconftitution & fort propres au travail. Ils fe peignent le vifage& le corps, croyant en être plus agréables, & ils portent auxoreilles des bagues d’or & d’argent. Leurs habits font faits depeaux de martres & d’autres femblables bêtes, dont ils mettenten hiver la fourrure contre leur corps, la tournant en dehorsl’été. Ils fe ceignent avec des bandes de coton & de cuir depoiffon & chofes femb'ables; & le poiffon, fur tout le faumon,eft leur principale nourriture. Leurs maifons font faites de bois& couvertes de peaux de poiffons & d’autres animaux. * Davi-ty, Amérique feptentrionale. Th. Corneille, Di£l. Géogr.
L AB OR ADO R, la petite LABORADOR ou LA-A3 BEA-