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5 (1740) Lettres I - L
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4* L A. B'

vil, & fit venir des Orfèvres pour travailler à cette croix &pour’én faire une d’or & de pierreries, de la manière qu il la leur dé-peignoit. Eufébe qui l’avoit vue, en fait une defcription fortexafte ; mais qui a été entendue de peu de gens. On peut lavoir fur les Médailles de Conftantin, avec la Note qu’on en afaite dans le Recueil des Médailles du P. Banduri. Conftantinfe fervit toujours de ce Labarum, comme d’un rampart qui lemettoit à couvert contre toutes fortes d’ennemis. Socrate fein-ble dire que de fon tems, c’eft à dire, vers l’an 430, on le gar-doit dans le Palais de Conftantinople. IP fe voyoir encore auneuvième fiécle félon 'I'héophane. Conftantin en fit faire en-core plufieurs autres femblables, pour être toujours portez à latête de fes armées; car c’en étoit le principal étendart,^ qui te-noit feul la place de toutes les idoles d’or qu’on y portoit aupa-ravant; mais il n’étoit pas toujours fait de la même manière, &allez fouvent le nom de Christ n’étoit pas au haut de la pique,mais furie drapeau. Conftantin le faifoit porter par tout où ilvoyoit que quelques troupes de fon parti fléchiffoient auifi-tôt Dieu récompenfant fa foi, faifoit pencher la viftoire de cecôté-là, & mettoit les ennemis en fuite. 11 choilit entre fes Gar-des cinquante des plus forts & des plus courageux, & qui avoientle plus de crainte de Dieu, pour être autour de cet étendart, &le porter tour à tour. Eufébe allure que ceux qui le portoientn’étoient jamais bleffez dans le combat. Il rapporte que dansune occafion fortpérilleufe, celui qui le tenoit étant effrayé, &l’ayant donné à un autre pour s’enfuir, futaulfi-tôt percé d’undard qui le tua, & que l’autre ne reçut pas un feul coup, quoi-que plufieurs traits donnaffent dans le bois qui portoit la croix& s’y atcachaffent. C’eft ce qu’Eufébe dit avoir appris de Con-ftantin même. Théodofe le Jeune donna de grands privilèges en416, à ceux qui étoient chargez du Labarum ou Laborum; caré’cft ainli que faint Grégoire de Nazianze, faint Ambroife, Pru-dence & d’autres enfuite appellent cet étendart confacré par lenom de Jesus-Ciirist , félon les termes de faint Ambroife.. LesSoldats le faluoient avec un profond refpeét; & on croit queClaudien marque la même chofe des Empereurs mêmes. Il fitmettre aufii la Croix fur les armes des Soldats,fur leurs boucliers,& fur leurs cafques, comme on le voit encore par divers monu-mens qui nous relient de fes fucceffeurs & de lui-même. Sozo-nréne dit que Conftantin fit mettre exprès la Croix & le nom deJesus-Christ fur le Labarum, afin que les Soldats accoutumezde tout tems à rendre de grands refpeéts à cet étendart, fe por-taffent infenfiblement à étendre ce refpeft à Jesus-Christ même,dont ils avoient fans celle le ligne & le nom devant les yeux, &qu’ils oubliaffent ainfi peu à peu leurs idoles, pour embraffer leculte du vrai Dieu, à l’imitation de leur Empereur. Dans quel-ques Médailles de ce Prince, on voyoit d’autres formes du La-barum, ligne militaire, avec ces mots, La gloire de l’armée, Iaver-tu de l’armée, l’union des Soldats. Julien l'Apofiat fupprima ce li-gne facré, & faint Grégoire de Nazianze, en fa première Orai-fon contre ce Prince , dit qu’011 avoit donné le nom de Labarumou Laborum à cet étendart, pour dire que par fon fecours on fi-niffoit les travaux. Les autres ajoûtent que Conftantin l’appellaainli, afin qu’on connût que par la Croix qu’il avoit reçue, il fi-niroit les perfécutions que l’Eglife fouffroit depuis deux ou troisliécles ; ou qu’il ferait ceffer les maux que le Tyran.Maxence a-voit caufez à la ville de Rome. Les François eurent depuis, l’o-riflamme & la châtie de S. Martin, qui étoit leur ligne militaire,fatal aux ennemis. * Confultez Eufébe, in Vita Confiant. Sozo-méne, /. 1. Turnébe, Æverf. I. 15. c. 16. Cujas, de Prcep. La-bar. Baronius, A. C. 312. Gretfer , de Cruee, l. 2. c. 37.38-Prudence en parle au premier livre contre Symmaque, v. 487.en ces termes,

Chrifius purpitreum geminanti textus in auro

Signabat Labarum.

L A B A T (Pierre) Religieux de l’Ordre de faint Domini-que, natif de Touloufe, enfeigna très-longtems la Théologie àBourdeaux & dans fa patrie, joù il mourut le trentième mars1670. On a de lui une Théologie Scholaftique en huit volu-mes, inoiïavo, imprimez à Touloufe en 1658, & dans les troisannées fuivantes. * Echard, Script. Ord. Prced. tome 2.

L A B A T A (François) Efpagnol, entra jeune chez les Jé-fuites l’an 1567, & mourut fort âgé le 27 mars de l’an 1631.Nous avons de lui, Apparatus Concionatorum , feu Loci Communesad Conciones ordine alpbabetico ; Difcurfus morales , £ÿc. * Alegam-be, Biblioth. Script. Soc. Jefit. Nicolas Antonio, Bibliotb. Jtiifp.Le Mire, de Script, fœc. XFII.

* L A B A T II SAN, village de la Baffe Hongrie, litué àune lieue de Gran. Il parait par une Infcription qu’on y a trou-vée , qu'il eft l’ancien Commercium, bourg de la Baffe Pannonie.

* Maty, Dût. Géogr.

L A B A Z I N. Fuyez A L B A Z I N.

L A B B E' (Louïfe) Courtifane de Lyon, vivoit dans leXVI fiécle, & excelloit dans la Poëfie & dans la Mufique. LaCroix-du-Maine & du Verdier-Vauprivas la citent dans leursBibliothèques, & louent un Ouvrage qu’elle avoit fait, quiétoit un Dialogue de l’Honneur & de la Folie. Us parlent peuavantageufement de fa conduite. C’étoit une franche Courtifa-ne ; mais délintéreffée, & qui par un penchant allez rare, pré-férait les Savans aux Riches.

L A B B E (Philippe) Jéfuite, né à Bourges le dixiéme juil-let 1607, favoit les Belles Lettres, la Philofophie & la Théolo-gie qu’il enfeigna avec réputation; mais il s’en aquit une plusgrande par fon humeur honnête & bienfaifante & par fes Ouvra-ges. Il fut l’ami particulier de prefque tous les Savans de fontems. Plufieurs même des Protellans parlent de lui avec éloge.Ce Père mourut le 25 de mars l’an 1667 > âgé de prés de 60 ans.

L A B.

Il étoit extrêmement laborieux, & médiocre Critique. Nousavons de lui, Nova Bibliotbeca MSS. Librorum, en deux volu-mes , in folio ; de Byzantince Hifioriœ Jcriptoribus; Galeni Fita ; Bi-bliotbeca Biblïotbecarum ; Concordia Cbronologica ; de Scriptoribus Ec-clefiafiicis ; Bellarmini Pbilologica c? Hiftorica Diÿertatio ; AllianceChronologique, &c. Le Père Labbe avoit d’autres Ouvrages enétat d’être publiez, comme, les Oeuvres de S. Jean de Damas,&c. 11 avoit commencé la dernière édition des Conciles, quenous avons en dix fept volumes. On imprimoit le onzièmequand il mourut. Le Père Collait fon Confrère, eut foin detaire achever cet Ouvrage. L’Auteur de la Bibliothèque du Ri-chelet de 1728, foutient qu’on fait une injultice au P. Labbe dele traiter de médiocre Critique. Aulli avoit-il entrepris de tairefon Apologie, & fur cet article & fur celui de plagiat, dont plu-fieurs ont accufé le P. Labbe. Il l’avoit promife au P. Iviéri quine favoit fur quel ton parler du P. Labbe dans fa Bibliothèque. du Berri. Mais le P. Méri étant mort, l’Apologie eft demeuréeentre les mains de l’Auteur, qui fe contente d’en donner le pré-cis dans l’article où il parle du P. Labbe. 11 ramaffe un très-grand nombre d’éloges que les Savans de tous partis ont fait duP. Labbe, & pendant fa vie & après fa mort, il examine, avecfoin, toutes les imputations de plagiat, & il tache de juttifierfon Auteur. Cependant il n’en eft pas idolâtre & il n’en cano-nife pas les fautes. D’un côté il l’accufe d’avoir écrit fes livrestrop à la hâte, & de l’autre d’avoir été trop dur dans fa critique.A ce fujet il rapporte que le Dodeur Boileau difoit dans fonTraité de la ConfeJJion Auriculaire , que c’eft un vrai plaifir devoir comme le très dofte P. Labbe étrille les Critiques Calvini-ftes, & cela par droit de répréfailles, injurias retaliat. L’Auteurqui nous fournit ceci n’approuve pas ce procédé; il croit, &avec juftice, que les injures doivent être laiffées aux Harangé-res & aux Crocheteurs; mais que les Auteurs doivent combattrepar de bonnes raifons, bien rangées & bien exprimées.

L A B D A, fille d’Amphion de la famille des Bacchides, étoitboiteufe, & ne trouva perfonne de fa famille qui voulût l’épou-fer: de forte qu’elle fut mariée àEtion fils d’Echécrate, ôc eneut Cypféle qui fut Tyran de Corinthe, & père de Périandre.On dit que les Corinthiens, ayant fçu par les prédirions de l’O-racle , que le fils de Labda s'emparerait un jour de là tyrannie deleur ville, les Magiftrats envoyèrent des gens pour le tuer; maisque l’enfant livré par la mère à un d’eux, s’étant mis à fourire,cet homme en eut pitié, & qu’aucun de ceux qui étoient en-• voyez pour ltvfaire mourir, n’ayant eu le cœur d’exécuter cetordre, il l’avoit rendu à fa mère qui le cacha dans une inefure deblé, que les Grecs appellent Cypjele. * Hérodote, l. 5. ou Ter-pfie bore , c. 92. Paulanias, in Corintbiacis.

L A B D A C U S ou L A B D A Q U E, fils de Phénix, Roide Thébes, fut père de Laius, père d’Oedipe. * Conjultez Sta-ce, l. 6. de laTbebaïde. Apollodore, &c.

LABE’DE, petite Province maritime d’Afrique dans laGuinée fur la Côte d’Or. Elle a au Couchant le grand Acara, &au Levant & au Nord Ningo, & a pris fon nom de la feule placequ’elle ait fur la côte. Le féjour de cette place, qui eft à troislieues au Levant du petit Acara, & fermée de murailles, eftplaifant & agréable. C’ell un pais de plaines de de pâturagesqu’arrofent plufieurs ruiffeaux. Les Habitans ont un Roi, &s’occupent les uns à faire du fel, & les autres à cultiver les terres.Il y en a qui trafiquent en gros bétail qu’ils nourriffent, ou qu’ilsvont quérir à Ley pour le mener vendre à Acara. * De la Croix,Relation d’Afrique, tome 3. Th. Corneille, DiB.Géogr.

* LABELLE (Etienne) de Florence. Son père étoit Or-fèvre , & lui même avoit aulli commencé à travailler à l’Orfè-vrerie. Il la quita pour s’appliquer entièrement à la Gravure.Canta Gallina fut fon premier Maître. Après avoir gravé beau-coup d’ouvrages à Rome & à Florence, il vint à Paris en 1642,à la fuite d’un Réfident de Florence. Lorsqu'il eut demeuréquelque tems à fe divertir, voyant qu’il cominençoit à manquerd’argent, il fe mit à travailler, & fit un livre de combats de mer& de batailles, qu’il porta chez un Marchand de la rue-S. Jac-ques, nommé Chartres ; mais n’ayant pu convenir du prix, Co-lignon & un nommé Goyran, lui confeillérent d’aller trouverll’raël pour lequel ils travailloient: ce qu’il fit, & lui ayant faitvoir fon ouvrage, il en reçut plus qu’il n’en demandoit, & en-fuite continua de graver pour lui. Durant dix ou douze ans .queLabelle demeura à Paris, il fit quantité d’ouvrages. Ses affairesdomeftiques l’ayant obligé de retourner à Florence, il y fut fa-vorablement reçu du Grand Duc qui lui donna une penfion. Pen-dant le relie de fa vie qui fut affez languiffante, il ne laiffa pasde faire plufieurs ouvrages; mais après avoir longtems fouffertdegrands maux de tête, il mourut vers l’an 1664. * Félibien, En-tretiensfur les Fies fur les Ouvrages des Peintres, Entr. 7. p. 38sè? fuiv. édit, de Trévoux 1725.

L A B E'O, nom qui a été donné aux familles des Antiftius,des Afconius , des Attinius, des Fabius, des Pacuvius, desPomponius, &c. & originairement à ceux qui avoient de greffeslèvres. * Appien, de Bello Civili, l. 4. Bertrand, de Jurifper.p. 58- Hardouin, in Plinium, l. 11. c. 37.

L A B E'()(Q. Fabius) Romain, fut Quefteur l’an 557 de Rome,& 197 avant J. C. En l’an 564 de Rome, il fut Préteur, com-manda la flotte Romaine, & entre autres exploits, redemandaaux Candiots tous les prifonniers de la République, qui fe trou-veraient en leur puiffance. Cela lui valut l’honneur du triomphenaval. L’an 570 & 184 avant J. C. il fut Conful avec ClaudiusMarcellus, & commanda une armée dans la Ligurie. On rap-porte certaines chofes de lui, qui démentent la bonne foi dontles Romains fepiquoient: c’eft qu’étant choifi pour Arbitre parceux de Noie & par ceux de Naples, qui fe difputoient un cer-tain canton de païs, il les exhorta à relâcher les uns & les au-tres quelque chofe de leurs prétentions, & ajugea au peuple Ro-main