2 NOUVELLES expériences
La méthode de Robins pour déterminer les vitesses des boulets de canona été admirée de tout le monde ; je l’ai imitée , mais en grand, dans lesexpériences que j’ai faites en 1775. Cette méthode , fondée sur une théoriejuste , simple dans sa pratique , ingénieuse sous tous les points de vue,porte avec elle le caractère de la conviction et l’empreinte des talens deson inventeur. Les commentateurs de Robins et beaucoup d’autres per-sonnes ont répété ses expériences avec la plus grande satisfaction. Sonbut en les faisant étoit de chercher les vitesses des bordets, pour les com-parer avec celles qu’il avoit calculées à priori d’après la nouvelle théoriede 1’ artillerie qu’il avoit imaginée, et pour vérifier les principes sur lesquelselle étoit fondée. Le succès répondit à son attente, et ne laissa aucundoute de la vérité de sa théorie , au moins en tant qu’elle seroit appliquéeaux armes et aux projectiles dont il avoit fait usage. Mais ces projectilesn’étoient que d’un fort petit calibre, puisque ce n’étoient que des ballesde fusil du poids d’une once ou environ. Le volume qu’il auroit falludonner aux machines nécessaires pour des expériences plus en grand ,avoit empêché M. Robins et tous ceux qui l’avoient imité, de les tenter;on s’étoit borné à desirer que quelqu’un fût assez hardi pour cela. J’aiessayé de remplir cette tâche , au moins en partie , dans les épreuvesdont j’ai parlé plus haut , dans lesquelles j’ai fait usage de bouletsenviron vingt fois plus gros que ceux de Robins , et pesant depuis unejusqu’à trois livres. Ce sont les seules épreuves que je sache avoir étéfaites de cette manière avec des boulets de canon ; les conséquencesqu’011 en pourroit tirer seroient cependant de la plus grande importancepour toutes les parties de la physique qui ont quelque rapport avec leseffets de la poudre. Je ne connois point d’autre méthode pour déter-miner par l’expérience, et de manière à inspirer quelque confiance ,la vitesse initiale des projectiles en usage à la guerre , à moins qu’onn’emploie pour cela le recul du canon suspendu lui-même comme lependule ; méthode encore indiquée et mise en usage par Robins, etdont s’est servi , il n’y a pas long-temps , Benjamin Thompson, dansla suite d’expériences qu’il a faites avec beaucoup d’intelligence et deprécision sur les balles de fusil, et dont il a donné la description dansles Transactions philosophiques de 1781. La connoissance de cette vitesseest de la .plus grande importance pour l’artillerie : par son. moyen , etavec la loi de la résistance du milieu , on peut déterminer tout ce quiy a rapport. Comme je l’ai remarqué dans mon Mémoire sur les expé-