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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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COMMENT. DE M A T T H.

Erreur deVlrne.

Il'erreur de"Brafduoljurla fleur demàepertuif

ANDROSAEMViM.

QUdlitcS &vertus de miliepertuk.

lesutrtu*d'Andro*femtott.

Ut noms.

§0

£ç Juillet ornces de fleurs dorees , auec toutes les marques HYPERIC VM.

que Diof attribue à chacune d'icelles. Celle qui eft nomméeCoris ne retire pas àl'hypericum,comme l'andrafa:mum > &afcyron. Car ellene /ùrpaflè pas la hauteur d'vn empan , lesfeuilles font lèmblables à la bruyere,moindres, & graiîi'ttes:fes branches font rou/fatres,d'odeur louëue & plaçante.Nosherboriftes nous en ont fouuent apporté , & croift ordinai-rement en Italie. L'hypericum s'apelle en noftre vulgairePerforata, Mille-pertuis , parce que les feuilles font toutes

{>leines de trous fi petis qu'à peine les peut-on voir, fi on nees regarde contre le foleil.Dequoi Diolco.n'a Tonné mot,nePline aulsi, autrement curieus rechercheur des chofes. le-quel Pli.pour certain fe trompe en cette hiftoire, écriuant auli.z6.chap. 8.le mille-pertuis porter fa graine noire en gofiès,laquelle meurit auec 1 orge. Car Diofco. n'écrit point que lemille-pertuis meurit quant & quant l'orge,mais que fa grai-ne noire eft en golfes,velues, rondes,tirans fur le long, de lagrolfeur d'orge. On void aufsi par expérience annuelle l'or-ge meurir fur la fin de Mai, la graine de mille-pertuis neftremeure finon en Iuillet & Aouft. LeBrafauol aufsi erre gran-dement en cett'hiftoire,difant l'hypericum, félon Diof.auoirla fleur blanche : pource le vulgaire duquel on vie aiant lafleur iaune, n'eftre le vrai, ains eftre la rue làuuage. En quoiil faut doublement. Premièrement en ce que Diofc.dit l'hy-pericum auoirla fleur iaune, non blanche contre l'opinionou Brafauol & la mauuaife interprétation de Marcel.Floren-tin, laquelle, pofsible, a deceu le Brafauol. Secondement ence qu il prend le mille-pertuis pour la rue fauuage, veu tou-tesfois qu'en la fin de fon liure comme s'eltant oublié de iondire, enlêignant la maniéré de faire l'huile de mille-pertuis,il dit noftre vulgaire hyperiçum eftre afcyrum. Autant ontfailli les moines commentateurs de Mefue, dilans auec leBrafauol, lecommum hypencum eftre la première elpece derue fauuage. Ce que i'aireprouué ci-deuant traînant de larue , par bones railons & autorités : pource il n'eft beloind'vfer ici de reditte. Le mille-pertuis a vertu d'ouurir,refou-dre , louder, aufsi de referrer. La graine beue auec du vinfait fortir la pierre hors du corps, refille aus poifons : tant lagraine que l'herbe mangee , ou prinlè en bruuage , ou ap-

fliquee guérit les morlixres venimeulès. L'eau diftillee deherbe ellant en fleur eft eftimee d'aucujis fort fingulicre àeeus qui ont le haut mal, & aus paralytics,fi on leur en bail-le à boire. La graine en poudre auec du fuc de renouee fertbien contre le crachement de fang. Elle euacue le ventre.Lesfleurs & la graine ont vne merueilleufe vertu pour guérirtoutes plaies , horfinis celles de la telle. Pource l'huile danslequel les fleurs, & les gollès pleines de graine auront longtems trampé ,& tenues au foJeil, guérit merueilleufementbien les plaies récentes : encores mieus il le.fait, fi il eft mê-lé auec de la terebenthine de larege , ou de fapin. Cet huile,lion en frotte le ventre , eft bon contre la dyfenterie : vnecuilleree d'iceluibeue tue les vers. Aucuns ont écrit les dx-jnons haïr tant le millepertuis,que le parfum feul d'icelui lesfait incontinent fuir:pource ils l'ont nommé ChalTedarmon.

Gai. declaire ainfi les propriétés de millepertuis au liur.S.desiîmples, Le millepertuis échauffe & defeche, & eft d'elfenccfubtile , tellement qu'il émeut les fleurs aus femmes & faitVriner. Mais à ce il faut prendre tout le fruit, non la grainefeule: parquoi tmplaftré auec fes feuilles cicatrife les vlceres,

6c les brûlures. Eftant fec & puluerifé guérit les vlceres hu-mides,& pourris. Aucuns en donnent à boire aus Iciatiques.

£t au li. <?. il dit ainfi d Androfemum: Andro&mum eft vneplante branchue, dont y en a deus efpeces. L'vn s'apelle Alcyron, & Afcyroides , qui eft vn'efpece d'hy-pericum.L'autre eft nommee d'aucuns Dionyfias. Leur graine eft laxatiue.Leurs feuilles font moiennementabfterfiues & deficcatiues , de forte qu'on dit qu'elles gueriffent les brulures. Au refte cuittes en vin vercrendent leur deco&ion fort propre à fouder plaies. Quant à Coris, ie ne fai point que Galien en ait faitmention aus liures des fimples. La plante nommee en Grec , en Latin pareillement s'apelle Hype-

riçum : en Arabe, Reiofricon , ou Reiofaricon : en Italien Hiperico, & Perforata : en Aleman, S. Iohanskraut : en Elpagnol, Coraioncillo : en François, Millepertuis & Trucheram.a^upor en Grec, en Latin auf-fi Afcyrum : en Arabie, Asbirach : en Italien Afciro. «icTpôa-a^cv en Grec, en Latin de même, Androfe-mum : en Arabie, Androlèman , Androfion, ou Andrefagian : çn Italien Androfemo. Kop*ç en Latin aufsiCoris ; Cori en Italien.

AN N O

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