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Dialogues.
A. Eh bien! apprenez que cette sublime invention a étéfaite pour charmer les ennuis d’un fou ; c’était pour Charles VI,
roi de France, frappé subitement d’aliénation mentale .
Ainsi donc le whist, le boston, etc., ce sont les passe-temps deséchappés des Petites-Maisons. 1
B. La conclusion use paraît un peu forte. . . . Passe en-core pour le pharaon. . . . Mais vous avez voulu prendre votrerevanche; vous avez réussi: nous voilà quittes.
A. Parlez-moi du jeu déchecs ou du jeu de dames, à labonne heure! . . . Dans ces jeux-là on peut au moins employerson esprit; mais ces malheureux jeux de hasard, je les déteste.
B. En fait de jeux d'adresse, j’aimerais encore mieux lebillard et même le jeu de quilles; car tous ces jeux exercent lecorps, c’est une véritable gymnastique, excellente pour la santédes personnes que leur profession 2 force à une vie sédentaire.
A. Est-ce aussi par goût pour la locomotion que vous aimeztant à danser? Vous êtes un des danseurs les plus intrépides,je le sais. . . . Aux nombreux bals où l’on s’empresse de vousinviter, vous ne manquez pas une contredanse, pas une valse, pasun galop; et au fond, avouez-le, qu’y a-t-il de plus insipideque la danse ?
B. Oh, par exemple! Voilà qui est un peu fort; il paraîtque vous tenez décidément à vous singulariser avec vos opinionsextravagantes. . . . C’est un plaisir divin que la danse.
A. Vous ne pouvez pas être juge dans votre propre cause....Quand il est au milieu du tourbillon, je conçois presque quemême un homme de bon sens perde assez l’usage de sa raisonpour s’imaginer que c’est un plaisir. . . . Mais moi, observateurfroid et désintéressé, qui ne danse jain^s, je vous assure qu’iln’y a rien de plus absurde que de voir une cohue de personnesdes deux sexes lever les pieds en cadence, frapper le plancheret tourner sur elles-mêmes comme des possédés.
B. Assez, mou cher, assez. ... Si vous voulez faire l’ana-
tomie d’un plaisir. . . . Mais je m'en vais vous rendre la pa-reille. . . . Vous ne pouvez nier que vous ne soyez un fumeurenragé; car on ne vous voit que le cigare ou la pipe à labouche.
A. Est-ce que la fumée de tabac vous incommode?
B. Pas en plein air. . . . Mais, dites-moi, s'il vous plaît,quel plaisir un gosier humain peut-il éprouver à humer la fuméeinfecte d’une mauvaise herbe brûlée à petit feu et à la repousser
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1 Voyez page 5, note 4.
2 Voyez page 230, note 4.