402 Dialogues.
A. Je vous remercie, monsieur. ... Ce rail-way passe-t-ilsous un tunnel ?
E. Non, monsieur; c’est le chemin de la rive droite quipasse par plusieurs souterrains. Mais tout à l’heure nous pas-serons sur un superbe viaduc. . . . Nous voici tout près. . . .Regardez par la portière, s’il vous plaît.
A. Ce viaduc paraît d’une énorme hauteur. . . . C’est biendommage que les chemins de fer nous fassent passer sur tantd’admirables constructions, sans nous donner le loisir de lescontempler.
B. Cet ouvrage vraiment gigantesque vaut bien une petitepromenade, du reste ce n’est pas loin de la barrière. 1
A. Je suis étonné qu’on ait construit deux chemins de ferpour joindre Paris et Versailles; j’avoue que je ne comprendspas trop cette spéculation. . . .
B. Bien des capitalistes de Paris ont fait la même question,quand la ligne a été concédée par le gouvernement. ... Il yavait bien une idée au fond : Paris, se disait-on, a une étenduesi énorme que les habitants de la rive gauche, surtout ceux desquartiers éloignés et des faubourgs, perdront, pour arriver àà l'embarcadère de la rive droite, un temps qui rendra illusoirela vitesse de la vapeur.
A. Ce raisonnement me paraît pourtant fondé. . . .
B. Il l’était en effet, il n’y avait de faux dans tout cecique la conclusion que l’on en tirait. . . .
A. Laquelle, s’il vous plaît?
B. Qu’il fallait, pour abréger le chemin à messieurs les Pa-risiens de la rive gauche, dépenser quelques millions pour laconstruction d’un rail-way. On avait trop compté sur les grandeseaux de Versailles qui attirent toujours une foule énorme; maisles grandes eaux ne jouent qu’en été et le dimanche seulement,et les frais d'entretien et les intérêts du capital allaient toujoursleur train.
A. Ainsi la compagnie n’a pas fait de bonnes affaires?
B. Elle en a fait de détestables. ... A peine eut-on livréce chemin de fer à la circulation, que l’on put voir que c’étaitune spéculation manquée. Les recettes couvraient tout au plusles dépenses; naturellement les actions éprouvèrent bientôt unebaisse considérable. Plus tard les deux compagnies, celle de larive droite et celle de la rive gauche se fondirent en une seule;mais vous comprenez que les entrepreneurs de la ligne gauche
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